‹ Commodien, Arnobe, Lactance et autres fragments inéditsChapitre 2 sur 52 · PRÉFACE DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

Les fragments contenus dans ce volume ne sont ni du même temps, ni d*une égale valeur; toutefois on leur rendra cette justice qu'aucun n'est dépourvu d'intérêt. Outre le charme de la variété, ils auront le mérite de faire mieux connaître Mgr Freppel aux premières époques de sa vie d'écrivain. Peu de gens ignorent les œuvres principales du professeur de Sorbonne, de l'évéque ou du député; mais on ne soupçonne guère généralement les études plus modestes et déjà remarquables qui ont préparé ces magnifiques travaux. Pour le commun des auteurs, la gloire, quand elle vient, arrive d'ordinaire assez tard, ou s'éteint par degrés avec le talent qui décline; celle de Mgr Freppel n'aura subi ni ces lenteurs, ni cette décrépitude. Rarement un homme aura brillé plus tôt dans une carrière qui devait durer quarante ans, et dont la renommée ne s^est pas plus fait attendre qu'elle ne s'est vue diminuer.

VI PRÉFACE DE l'ÉDITEUR

Il n'avait pas encore vingt-trois ans, lorsqu'en 1850 il combattait avec une implacable dialectique et un succèa inespéré les erreurs de M. Bonnetty. Ce coup retentissant, qui eut son écho jusque dans la Sorbonne, valut au professeur du petit séminaire de Strasbourg des amitiés puissantes et de hautes garanties d'avenir. On lui confia aussitôt, à l'école des Carmes, la chaire de philosophie, autour de laquelle des élèves distingués purent suivre avec profit les leçons d'un maître plus jeune qu'eux. Un pareil enseignement convenait à cet esprit lucide et vigoureux, qui aimait les grands horizons, les idées générales, les vastes synthèses, et pour lequel la logique forgea toujours des armes si fortement trempées. Mais l'obéissance l'appelait à Saint- Arbogaste par la voix de Mgr Rœss. Il quitta, non sans regrets, l'école des Carmes, avec le secret espoir de rentrer un jour à Paris, où ses amis présageaient qu'il deviendrait quelqu'un. Il y revint, en effet, dès Pautomne suivant. On sait le reste : Sainte-Geneviève le garda trois ans, durant lesquels sa parole ne fut point inactive; et, au mois de décembre 1855, il paraissait eu Sorbonne où, pendant quatorze années, il sut se montrer digne des faveurs du public et de l'estime des savants. Quand il descendit de sa chaire pour prendre possession de Tévèché d'Angers, son cours d'éloquence sacrée formait déjà dix volumes; mais ni le commencement, ni la fin n'avaient été publiés. Afin de

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