LE RATIONALISME ET LA LIBERTÉ DE PENSER
ment supérieur à la raison individuelle si changeante et si variable, qui, sur la même question et souvent par la même bouche, dira le oui et le non, niant le principe de causalité dans Hume, la notion du bien et du mal dans Hobbes, le passage du subjectif à l'objectif dans Kant, Texistence du non-moi dans Fichte, du relatif dans Schelling, du fini dans M. Cousin. Il est donc clair qu'une doctrine religieuse infaillible borne nécessairement le cours des spéculations privées de chaque penseur individuel ; et nous n'avions pas tort de soutenir que les vérités de la foi opposent à la liberté de penser une troisième limite, non moins infranchissable que le& deux autres. Faut-il d'ailleurs s'étonner. Messieurs, que l'homme trouve un frein à sa propre pensée en Dieu, en lui-même, et dans Thumanité? Non, certainement; et, si M. Cousin s'est laissé dire quelque part qu'une des gloires de la raison humaine c'est de pouvoir se tromper, nous ne devons pas rougir d'être limités dans notre liberté intellectuelle par ces trois grandes puissances intellectuelles, qui sont : l'humanité, nous-mêmes et Dieu.
SEPTIÈME LEÇON
LE RATIONALISME ET L'INDÉPENDAiNGE COMPLÈTE DE LA