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S3 — M. LAURIER EN VOYAGE

L'Hon. Wilfrid Laurier ne voulait pas faire sa campagne politique dans la Colombie Anglaise, dans les Territoires du Nord-()uest et dans le Manitoba sans se faire accompagner par de bons et fidèles amis. En effet, c'est bien enuyeux de voyager seul. Le grand chef s'est choisi ses compagnons de voyage parmi les libéraux qui lui étaient le plus sympathiques, pour qui il avait lui-même le plus de sympathie et qui pourraient lui être utiles dans sa grande campagne. Il n'a pas choisi M. Tarte pour qui les libéraux n'ont que du mépris. Non, il est trop compromis et trop compromettant, on ne le sort pas de la province de l^uébec. M. Laurier a choisi ses fidèles amis, MM. Fraser, Gribson et Sutherland, trois députés rouges et trois grand-maitres franc-maçons C'est en compagnie de ces trois personnages et des G-reenway, Watson et Sifton, du juif Martin, quatre fanatiques féroces mangeurs de canadiens, d'abolisseurs d'écoles catholiques et de français que M. Laurier s'en va à la conquête du Nord-Ouest pour y rétablir les écoles catholiques et la langue française. Voyons y a-t-il jamais eu une larce plus stupide et plus méchante, plus triste et plus cruelle. Y a-t-il un homme honorable qui voudrait croire pour un instant que M. Laurier est sérieux. Vraiment M. Laurier se moque de nous canadiens-français catholiques, ou nous prend pour des imbéciles. La Minerve du 23 courant publiait ce qui suit :

Une dépêche de Winnipeg, en date du 23 courant, dit :

" Une réception maçonnique a été faite ce soir aux personnages importants qui accompagnent M. Laurier. Les messieurs en l'honneur desquels cette réception a eu lieu sont MM. Fraser, grand-maitre, Nouvelle-Ecosse ; Gibson, député-grand-maître, Ontario ; et James Sutherland, ancien grand junior warden d'Ontario."

Des démonstrations semblables ont été faites aux personnages par les loges maçonniques des diverses villes d'Ontario.

LES TAXEURS.

Le gouvernement Mackenzie-Laurier avait mis un droit de 6 cts par livre sur le thé vert et le thé noir, le gouvernement Conservateur a mis le thé libre de taxe.

Le gouveruement MacKenzie-Laurier avait taxé le café vert de 2 cts par livre et le café torrifié de trois cents, le gouvernement Conservateur a aboli ces taxes.

Le gouvernement a annulé un droit de $2.3Y par 100 livres sur les sucres qui entrent dans la consommation.

Les libéraux taxent et les conservateurs font disparaître les une après les autres les taxes imposées par les coryphés du parti de l'hypocrisie organisée et des grandes promesses d'économies et de retranchements.

De tous les articles de consommation que nous ne produisons pas, et qu'il nous faut importer, il n'y en a pas de plus nécessaire, ni de plus en usage, que le thé et le café, le sucre et le sel.

Nous consommons de ces produits pour des milions et des milions de piastres chaque année.

Pour avoir une juste idée des quantités considérables de ces articles que nous consommons, qu'il nous sufl5.se de rappeler que les droits perçus sur le thé et le café avant 18*78 s'élevaient à près de trois millions de piastres, et ceux prélevés sur le sucre et le sel, atteignaient le chiffre de trois millions cinq cent mille piastres.

Nous ne payons aucun droit sur aucun des articles que nous achetons pour nourrir nos enfants.

Il n'y a pas de droits su.r la farine canadienne, il n'y en a pas sur le lard, le bœuf, les volailles, les œufs du Canada ; il n'y en a pas depuis plus de douze ans sur le thé et le café, le sucre, et les droits ont été diminués de moitié sur le sel.

Les droits ont été diminués sur l'huile de charbon, sur la ficelle à lier, sur les instruments aratoires, sur le fer, etc. Il n'y a pas de droits sur nos bois, sur les étoffes faites, avec notre laine, sur nos cuirs, sur les meubles, voitures et instruments aratoires faits dans le pays, avec ce qui est produit dans le pays.

A quoi cet heureux état de chose est-il dû ? D'abord à la politique nationale de protection, établie par les conservateurs en 1879 ; et ensuite à la bonne administration des aflfaires publiques par le gouvernement fédéral.

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