LA FERME DE DIMA
La ferme de dima
La Compagnie du Kasai a fait installer à Dima une ferme avec toutes ses dépendances, qui, dans l’idée de la Direction générale est destinée à ;
1° Ravitailler la station de Dima en vivres frais indispensables aux Européens ;
2° Tenter l’élevage en grand et la culture rationnelle ;
3° Décider l’indigène par l’exemple à entreprendre sur une grande échelle des cultures de plantes vivrières.
Les cultures vivrières comportent principalement ; manioc, arachide, canne à sucre, graminées, etc.
Mais, M. A. Sapin le dit avec raison, avant de songer à faire ces grandes cultures pour ravitailler les noirs, il faut songer à les faire pour l’élevage du bétail et des animaux de basse-cour.
A Dima, on peut espérer, encore longtemps, pouvoir se procurer des vivres végétaux chez les agriculteurs du Kwilu,qui augmentent leurs cultures en raison des débouchés nouveaux. Mais il n’en est pas de même pour le bétail et les animaux de basse-cour. Les vivres végétaux augmentent, tandis que les vivres animaux diminuent.
Il y a là un réel danger, c’est à la ferme à y parer en s’occupant activement de l’élevage et des cultures nécessaires à cet élevage : prairies artificielles, fourrages verts, cactus, maïs, riz, etc. Quand le gros bétail sera acclimaté et en quantité suffisante, la ferme pourra avantageusement s’occuper de la grande culture vivrière, en utilisant le travail et l’engrais de ses propres animaux.
Malheureusement cette ferme n’a pu être installée dès le début de l’occupation de Dima, et, pour arriver à fournir au poste une alimentation saine, la Direction d’Afrique a eu recours à la belle région agricole du moyen Kwilu.
Un steamer amène hebdomadairement encore des vivres en abondance à Dima. Mais si les riverains du moyen Kwilu peuvent assez facilement fournir
Il existe actuellement à la ferme de Dima :
24 hectares de manioc.
3 hectares de patates douces.
4 hectares de riz en préparation.
i5 hectares de prairies améliorées, dont 5 hectares de prairies artificielles situées à proximité de la ferme et dans lesquelles sont plantés des arbres fruitiers.
On a aussi constitué des vergers où pommiers et poiriers sont remplacés par manguiers, cœurs de bœuf, etc.
En saison sèche, un puits, une pompe et un réservoir servent à irriguer les prairies qui toujours sont vertes et qui retiennent le bétail près de la ferme. Dès maintenant, les prairies de la ferme suffiraient à alimenter un troupeau double de celui existant actuellement, et la Direction d’Afrique s’occupe d’y envoyer des bêtes de choix originaires du Sud.
La question importante, l’emplacement une fois trouvé, est le choix des animaux de la ferme ; malheureusement, dans cette question tout est à faire, car il faut établir des expériences pour le gros comme pour le petit bétail, la basse-cour, tous demandent des conditions différentes.
Alimentation du gros bétail.
Des essais ont été faits sur quelques têtes de bétail d’origine anglaise; ils ont été infructueux pour les raisons suivantes :
i” Les bêtes arrivent, en général, en mauvais état à Dima après un voyage de un à deux mois;
2® Le manque de plantureuses prairies à l’arrivée du bétail.
Si l’on veut obtenir un résultat, il faut que le bétail fatigué trouve, dès l’arrivée, une nourriture abondante et saine. Heureusement, des prairies artificielles sont actuellement créées et les quelques têtes de gros bétail qui ont résisté sont actuellement en bonne santé. Grâce aux améliorations, la ferme sera bientôt en état de loger un important troupeau. On doit cependant encore compter sur une certaine mortalité peu après l’arrivée, par suite des fatigues du voyage.
Il y a actuellement à la ferme cinq têtes de gros bétail. Ces animaux paissent autour de la ferme sans jamais s’en éloigner; ils y trouvent une nourriture saine et abondante.
Quinze autres bêtes étaient en route en décembre dernier.
Il y a naturellement lieu d’augmenter le nombre de têtes ; plus le troupeau sera grand mieux les bêtes s’acclimateront.
Il n’est pas mauvais d’insister ici sur un certain nombre de plantes déjà introduites dans les pâturages de Dima, ou très communes dans les environs de cette station, qui, vu leurs excellentes propriétés, pourraient être largement cultivées.
Parmi les graminées, qui semblent convenir surtout pour la région, une des plus importantes et des plus répandues dans la zone du Kasai est le Panicunt maximum Jacq.
Parmi les graminées pérennantes,l’herbedeGuinée est de première valeur au point de vue général ; sa valeur nutritive est considérable, elle se cultive facilement, est très résistante, et peut se développer depuis le niveau de la mer jusqu’à 4,000 ou 5, 000 pieds d’altitude. Elle est très variable et a été
décrite sous plusieurs noms {Panicum polyganum Sw., Panicum laevis Lam. Panicumpoiforme, Panicum^ongylodesKunth^PanicMnpubiglumis K. Schum., etc.,
Le Panicum maximum et ses nombreuses variétés, possèdent souvent une base épaissie en tubercule. La hauteur des tiges varie de 6o centimètres à 2 mètres et même plus, elles acquièrent alors une très grande résistance, les feuilles peuvent atteindre 2 centimètres de diamètre; les tiges sont parfois densément velues au niveau des bourrelets, parfois totalement glabres, et il en est de même des graines. Il existe au point de vue de la villosité tous les intermédiaires entre les formes très velues et les formes totalement glabres. La grandeur des inflorescences varie d’après le développement de la plante; on en trouve mesurant 8 centimètres seulement de long et d’autres ayant jusqu’à 5o centimètres de longueur. Cette panicule peut être très ramifiée et on rencontre parfois 7 rameaux verticillés autour du rachis, qui est plus ou moins canaliculé.
Le meilleur caractère distinctif du Panicum maximum réside dans la grandeur relative des glumes. La glume externe atteint ordinairement environ le tiers de la longueur de l’épillet. La seconde glume externe et la première glumelle sont environ de même longueur, elles sont parfois colorées en violet. La première glume recouvre généralement une fleur mâle, la seconde une fleur hermaphrodite; cette glume est nettement sculptée, la sculpture peut se voir à l’œil nu.
Le professeur K. Schumann, de Berlin (i), a proposé de classer comme suit les variétés de cette espèce polymorphe.
A. Glume et glumelle externe glabres.
a) Pédicelle de l’épillet glabre.