‹ Compagnie du KasaiChapitre 15 sur 74 · PRODUITS DIVERS · texte numérisé non relu

PRODUITS DIVERS

Dans ce paragraphe nous signalerons quelques notes incomplètes, mais néanmoins intéressantes, qui ont été prises sur place par les agents de la Compagnie du Kasai et des Plantations Lacourt.

Pour la plupart de ces plantes nous ne pouvons entrer dans des détails, car nous ne possédons pas d’échantillons d'herbier.

Dans bien des cas, les notes recueillies par les agents de la Compagnie ou ï des Plantations Lacourt ont été placées à la suite de leur dénomination et se

(trouveront donc dans l’énumération systématique, que nous annexons à ces notes, des nombreuses espèces trouvées au Congo par les agents.

1 II convient de signaler ici, tout particulièrement, les eftbrts faits par les

< Plantations Lacourt, qui dès 1897, ont introduit dans le Kasai-Sankuru, le i cacaoyer, le vanillier, VHevea, le Castilloa et les autres plantes dont il a été J. parlé et essayé l’acclimatation d’un très grand nombre d’essences. Nous citerons en particulier les suivantes :

’j Le thé de Chine pour lequel le résultat des cultures a dépassé les espé- ^ rances. En quelques années, en effet, on a obtenu à la Kondue des cenf taines de sujets porte-graines.

' j Si l’on ne donne pas à cette culture une plus grande extension, c’est i| qu’on estime qu’elle n’est pas de grand rapport; de plus elle exige, pour la ii préparation du produit, une main-d’œuvre employée ailleurs. Déjà en 1904, il y avait à la Kondue six hectares en culture entre des Funtumia.

Le cannelier, le poivre noir poussent parfaitement, et il en est de même i du camphrier qui a déjà pu être multiplié.

On a également essayé la balata et la gutta-percha, dont l’introduction ; a été particulièrement difficile ; à l’époque où M. V. Lacourt a lui-même introduit cette dernière essence, il fallait quatre mois pour parvenir dans le Haut-Sankuru, il n’en faut plus actuellement que la moitié.

Déjà, en igo5, M. Éd. Luja signalait que du seul pied sauvé par M. V. Lacourt, il avait pu obtenir cinq belles boutures.

On ne se rend généralement pas compte des efforts qu’il faut faire, et des difficultés qu’il faut vaincre pour introduire des plantes nouvelles dans l’intérieur d’un pays comme le Congo. Si l’on a réussi aux Plantations Lacourt, c’est uniquement parce que chaque envoi a été convoyé par un blanc capable de donner en cours de route tous les soins nécessaires à ces frêles boutures.

Il nous faudrait encore citer de nombreuses introductions tant parmi les plantes industrielles que parmi les plantes vivrières.

La Compagnie du Kasai et les Plantations Lacourt ont introduit presque toutes les essences capables de produire ; c’est ainsi que des essais ont été faits avec des CryPtostegia, que les légumes d’Europe sont cultivés avec succès à Dima, à Kondue et dans beaucoup d’autres postes. La planche XV nous montre une photographie d’une touffe de barbadine, dont les fruits sont très estimés du blanc, et qui pousse admirablement bien dans les potagers de Dima et du siège principal des Plantations Lacourt.

Citronniers, orangers, manguiers, goyaviers, ananas, groseillers du Cap, etc,, ont été introduits pour donner en tous temps des fruits sains au personnel blanc; toutes les variétés de fruits indigènes ont été propagées, et nul doute que par la sélection qui va s’opérer on ne parvienne à obtenir des races de mieux en mieux appropriées.

Maïs, manioc, patates douces, haricots, arachides, tomates, ignames sont largement cultivés et en toute saison donnent des légumes frais pour ravitailler les postes.

PASSIFLORA QUADRANGULAUIS » L. OU BARBADINE.

Sel indigène.

Le sel est, pour le Congolais, un article de très grande valeur, aussi : cherche-t-il les moyens de s’en procurer. L’achat de sel aux blancs est pour lui une aubaine, mais cela est relativement rare. Il a remarqué que l’inciné- I ration de diverses plantes peut fournir une matière saline et c’est par ce procédé qu’il opère fréquemment pour se la procurer.

Dans les diverses régions du Kasai l’indigène opère plus ou moins j différemment.

Le sel des indigènes du Kwilu provient des cendres de deux plantes : herbacées des marécages, très répandues le long des rivières. L’une est à grandes feuilles et est appelée « Kepini » au Kwilu, « Motola » chez les , Bangala.

j L’autre, appelée au Kwilu « Mokutu », est une petite plante des marais, mangée également comme légume.

Les indigènes rassemblent ces herbes, les font sécher au soleil, puis les i disposent en tas de 3 mètres environ qu’ils brûlent. Les cendres sont recueillies, déposées dans un petit panier triangulaire qui est placé au-dessus d’un récipient en terre, sur un feu de bois. Les cendres sont arrosées lentement d’eau et la solution concentrée s’écoule dans le récipient en terre chauffé, la solution s’évapore, laissant le sel comme résidu.

Le sel ainsi obtenu est blanc-grisâtre, de saveur légèrement salée, brûlante et non persistante. Il fait effervescence par les acides et se compose de sels sodiques, potassiques, etc.

Pour M. A. Sapin, la principale occupation des riverains du lac Foa consiste dans la fabrication du sel indigène.

Le lac Foa, marais à eau courante, de lo kilomètres environ de longueur sur 200 mètres environ de largeur, est rempli d’herbes propres à la fabrication de ce sel. Les indigènes les arrachent du fond de l’eau, les rassemblent, les font sécher et les brûlent.

Les cendres sont ensuite lavées et le liquide qui tient le sel en suspension est évaporé.

Les principales plantes du lac Foa qui entreraient dans la préparation du sel seraient : Esolo (Bangala); Maleke (Bangala. — Ce serait un Pandanus des rives et des bancs de sable); Koto (Bangala = Nymphaea Lotus L.).

Au lac Mukamba la préparation du sel est également très importante, là aussi il est obtenu, d’après les notes de M. Sapin, par lixiviation des cendres de certaines plantes aquatiques et évaporation de la solution aqueuse obtenue.

Ce sel doit sa saveur fade et désagréable aux sels potassiques qu’il renferme.

Il est intéressant de noter que malgré l’énorme importation de sel marin, le sel indigène conserve sa valeur, qui correspond à celle de notre sel d’importation.

On a prétendu que des gisements de sel existaient au lac Foa. Il existe! dans la région (Mérode Salvator) des marais tourbeux dont la terre desséchée t au soleil, puis cuite, donne par lixiviation aqueuse et évaporation un sel indigène. C’est probablement cette terre tourbeuse que l’on a considérée comme des gisements de sel.

Note sur le tabac indigène.

s«' Nous ne connaissons guère les types du genre Nicotiana, capables de

I fournir du tabac et cultivés depuis des siècles par les indigènes du Congo, jsi ' M. Sapin a recueilli quelques notes, principalement sur la préparation

du tabac.

sei Au lac Foa, on le prépare en contusant au mortier de bois les feuilles

-M fraîches de tabac. On malaxe la pâte obtenue, on la presse dans de petits paniers, on sèche au soleil.

Le tabac se présente ainsi sous forme d’un cône noir, sur lequel on remarque les côtes du panier dans lequel il a été pressé. Il est fumé et chiqué par les indigènes.

Les indigènes de la côte mettent dans leur tabac à priser le péricarpe

Ides bananes séché et pulvérisé (4 pelures par 1/2 kilog. de tabac à priser). Cela aurait pour elfet de renforcer l’action sternutatoire du tabac.

Takula ou Quia.

Sous ces noms, nous trouvons dans tout le Congo une matière colorante rouge, d’origine végétale, employée dans la teinture indigène et comme fard. Elle est produite par diverses essences, sur lesquelles nous n’avons malheureusement encore que peu de renseignements.

Dans des notes antérieures, publiées par l’État Indépendant du Congo, nous avons parlé de plusieurs bois de teinture : Takula, Sekegna et Gula, qui ne semblent pas du tout être semblables aux bois fournissant dans la région du Kasai le Takula du commerce, de grande valeur pour l’indigène.

Celui-ci est produit par un arbre des grandes galeries dont le bois est blanc-jaunâtre à l’état frais, mais devient rouge en pourrissant.

Cet arbre, qui peut atteindre de grandes dimensions, porte le nom indigène de « Kibanka » au Kwilu et de « Schi » chez les Bangala; il paraît assez répandu, nous n’avons pu le déterminer avec certitude; il appartient probablement, comme les Plerocarpus à la famille des léguminosacées.

D’après M. Sapin, ses feuilles (folioles?) sont alternes, légèrement arrondies à la base. Le sommet légèrement arrondi est terminé brusquement en pointe, la longueur des feuilles (folioles?) est de 8 à 9 centimètres, la largeur 3 1/2 centimètres. La caractéristique de la feuille, serait qu’elle possède la même largeur sur plus de la moitié de sa longueur totale. Sa face inférieure est finement réticulée.

Au dire des indigènes, le fruit serait un follicule très aplati, arrondi, d’un centimètre environ, renfermant plusieurs graines. Ceci demande confirmation.

Pour l’obtention du bois rouge, en vue de la préparation du Gula, les indigènes abattent les plus gros arbres et les laissent à terre pendant plusieurs années, jusqu’à ce que le bois soit devenu friable, c’est la poudre de ce bois qui donne le Gula. Cette façon d’opérer est la même chez les indigènes du Kwilu et chez les Bangala.

Un des principaux centres du commerce de ce Takula est Idanga; dans les régions éloignées des grandes galeries forestières, le produit atteint des prix relativement élevés.

Les Bakete (Kinshassa) frottent, pour l’obtention du Gula, le bois rougi sur une pierre lisse imbibée d’eau. Le bois étant très tendre forme une pâte à grains très fins. Plus la poudre fournissant la pâte est fine, plus elle a de valeur. On fait sécher la pâte au soleil, il en résulte une masse rouge-brique friable très légère. C’est le Gula.

Pour l’emploi, les indigènes font une pâte avec de l’eau et y ajoutent un peu d’huile de palme.

Cette préparation constitue une vraie spécialité, il n’y manque plus que la marque du fabricant.

Sur les marchés des plaines le Gula tout préparé est vendu par certaines vieilles femmes bien connues.

Comme contrefaçon on a le Gula minéral, sorte de terre ferrugineuse gris-rougeâtre, que l’on trouve dans certaines régions du Kasai.

Pour teindre les tissus, les Bakete trempent le pouce dans la pâte et enduisent le tissu uniformément jusqu’à obtention de la teinte désirée. Ils exposent ensuite l’étoffe aij soleil.

M. Dufour, adressa, en igo2 et igoS, à la Compagnie du Kasai, un rapport sur les conditions dans lesquelles se vend ce produit très abondant dans la région de Bolombo où il a une grande valeur commerciale.

Les Bassongo-Menos servent d’intermédiaires entre les gens delà Lukenie et les Bakuba de la rive gauche du Sankuru qui, à leur tour, vont le revendre aux Bakuba de l’intérieur (Lukengo) et aux Baketes.

Le marché le plus important de la région de Bolombo se trouve sur la rive droite du Sankuru, au village d’Ilumbi, (ce marché a lieu tous les 5 jours).

Les échanges se font surtout contre esclaves, poisson sec, cuivre et cauries.

A Lolo se tient un important marché de bois de Tukula; les gens du village de Bulangula vont s’y approvisionner.

Musinga Monene vend son Tukula à Djombo, d’où il est revendu à Bulongula. Le Takula est ensuite dirigé sur la Lubudi.

Ficus.

Le nombre de Ficus laticifères de la région kasaïenne est considérable. M. A. Sapin surtout a étudié ces plantes et en a envoyé d’Afrique des matériaux dont nous ne pouvons nous occuper largement ici. D’ailleurs, leur étude est encore à peine ébauchée, elle touche à trop de questions différentes et doit être traitée à part.

Les Ficîis sont des arbres à croissance très rapide qui souvent entourent les grands arbres et finissent par les étouffer complètement. Les indigènes les transportent dans les plaines ou les savanes, autour de leurs cases, où ils deviennent souvent de magnifiques arbres d’ombrage. Ils s’en servent aussi pour former des haies. Une simple branche mise en terre suffit pour former un arbre. Aussi la multiplication des Ficus est-elle faite inconsciemment par les indigènes, souvent ils emploient dans leurs constructions rudimentaires des bois de Ficus qui ne tardent pas à donner des feuilles.

Il est regrettable qu’ils utilisent le plus souvent des Ficus sans aucune valeur industrielle, il y aurait lieu de profiter des bonnes dispositions des indigènes envers les Congolo (Sankuru) ou Lokumu (Bangala), pour essayer de faire propager les meilleures espèces laticifères.

Malheureusement ces dernières sont encore fort mal connues et très difficiles à distinguer.

Le résultat de la plupart des expériences de M. A. Sapin a été un produit de peu de valeur, très résineux, perdant rapidement son élasticité et devenant poisseux.

Si ce que l’on a annoncé récemment était exact, si d’un caoutchouc très médiocre, comme celui produit par le plus grand nombre des Ficus congolais, on pouvait, par un traitement approprié, faire un caoutchouc de qualité moyenne, il y aurait au Congo une mine inépuisable de caoutchouc. Souhaitons de voir ce procédé, encore secret et qui ne paraît pas être sorti des laboratoires, appliqué en grand dans l’industrie.

(fin décembre igog).

Postes.

Funtumia élastica en pleine terre.

Funtumia élastica en pépinière.

Lianes.

Lianes en pépinière.

Hevea. I

Castilloa. I

Cryptosetgia I grandiflora. I

Graines de Funtumia levées.

Lianes à caoutchouc levées.

Théiers. |

Arbres fruitiers. |

Bolombo . . .

Munungu. . .

ii3

Madibi ....

to

Lukombe ...

ii3

^Fin mars 1909, M. Luja indiquait comme prises à la Kondue :

Funiumia ....... yS

Cacaoyers 34

Caféiers 40

^ Landolphia Klainei .... 13

^ Divers mélanges .... 60

lî

suit la composition des plantations entre-

hectares plantés antérieurement,

hectares plantés fin 1908.

hectares plantés en 1907.

hectares plantés en 1907.

hectares plantés en 1907.

hectares constituant les anciennes plantations.

Totalité.

243 hectares.

PLANTATIONS LACOURT

Aux « Plantations Lacourt » les inventaires donnaient :

Recensement au 3o septembre igoç.

Caféiers . . . .

Cacaoyers , Landoljihia Klainei.

Irehs

43 hectares.

Divers en mélange

Caféiers . , . .

Cacaoyers.

Irehs

Prix de vente à Anvers du Cacao .

» » du Café .

fr. 1.26 le kilog.

» i.io »

Récolte probable pour igio:

Café

12 tonnes.

Cacao

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