‹ Compagnie du KasaiChapitre 20 sur 74 · IÔ · texte numérisé non relu

IÔ

OU Fundungi (Sierra-Leone), Kodo ou Koda millet (Indes anglaises), Ditch millet (Nouvelle-Galles du Sud), Herbe à épée (Maurice).

Suivant les régions, on le considère comme annuel ou comme vivace, il varie de 6o centimètres à i mètre de hauteur.

Ce Paspalum, comme plusieurs espèces du même genre, se développe en terrain pauvre et sec, comme en terrain marécageux. A l’état jeune, il est très estimé du bétail, mais lors delà maturitédes graines, le fourrage occasionnerait un empoisonnement par ses propriétés narcotiques; il faudrait donc empêcher le bétail d’entrer dans les parcs à ce moment. Dans des pâturages permanents il y aurait avantage à ne pas introduire cette graminée dont l’étude chimique devrait être reprise.

L’analyse suivante en a été donnée par le professeur Church :

Eau 11,7 p. c.

Albuminoïdes 7.0 »

Amidon 77.2 »

Matières grasses 2.1 »

Cellulose 0.7 »

Cendres i.3 »

Le Pennisetum typhoideum est une graminée comestible pour l’homme et utile pour le bétail; elle est, actuellement, très répandue par la culture, mais paraît originaire de l’Afrique; elle est cultivée depuis un temps immémorial dans les Indes, l’Arabie et l’Égypte, et semble avoir donné partout naissance à toute une série de variétés. Aussi, grâce à sa grande distribution, est-elle connue sous un grand nombre de noms; on la désigne fréquemment sous le nom de « Millet Africain » ou « Millet perlé ». C’est une plante annuelle, à croissance rapide, atteignant souvent plus de 2 mètres de hauteur,ses feuilles sont larges. Les rejets du pied donnent de très belles feuilles.

Il y a lieu d’aider autant que possible sa dispersion, ce qui ne sera pas difficile dans la zone du Kasai, car le planteur est sûr de trouver en elle une graminée fourragère de culture facile et â haut rendement.

La récolte du fourrage doit se faire avant maturité complète et la plante étant annuelle, il faudra la resemer tous les ans, ce qui peut présenter certains inconvénients dans la pratique coloniale ; mais le millet se sème souvent de lui-même.

La préparation du sol devra être faite avec le plus grand soin, si l’on désire faire une belle culture; il faut, en outre, un terrain meuble, léger.

sablonneux, mais cependant riche en humus, pour pouvoir obtenir de bonnes récoltes.

M. Semler, dans son Traité d’ Agriculture tropicale, recommande le semis en lignes distantes de j5 centimètres; les plantules ayant atteint 5 centimètres de hauteur, sont éclaircies de manière à laisser un pied environ tous les i5 centimètres ; même si le sol est très riche il y aura avantage, pour permettre à la plante de prendre toute son ampleur, de disposer les lignes à i mètre les unes des autres. Dans le début de la culture il faudra naturellement passer entre les lignes pour faire disparaître les mauvaises herbes.

Le sucre forme un des éléments nutritifs les plus importants de ce fourrage.

Les analyses récentes publiées par M. S.-W. Leather dans The Agricultural Ledger, 1903, n° 7, « Indian food grains and fodder », fournissent les chiffres ci-dessous de la composition chimique des graines :

Eau

Matières grasses

Albuminoïdes

Hydrates de carbone solubles .

Cellulose, ligneux

Matières minérales solubles . .

Silice

Azote totale

Azote albuminoïde

Moyennes.

La canne à sucre peut également être considérée comme plante fourra- I gère. Dans les pays de forte production sucrière, les extrémités des cannes et ' les parties munies de feuilles sont souvent données fraîches au bétail et constituent, d’ailleurs, un excellent fourrage. On peut également conserver ce fourrage; le procédé le plus profitable consiste à sécher les tiges, à les lier en bottes, et à les empaqueter en meules. Dans ces conditions, les qualités I nutritives sont assez bien conservées, comme le montre l’analyse de ce foin, publiée par M. Watts dans le West Indian Bulletin.

Eau 68.41 p. c.

Matières grasses 0.26 »

Protéine brute i.35 »

Hydrates de carbone ... 16.62 »

Cellulose 11.12 »

Cendres 2.23 »

D’autres analyses de fourrage de cannes à sucre, tendres et jeunes, ont

donné à M Bonâme :

Matières azotées o.Sz p. c.

Matières non azotées. . . . 16.00 »

Matières grasses o 28 »

Cellulose 6.12 »

Cendres • • • i.oi »

Eau 76.27 »

Au Queensland, on a établi des cultures de cannes, spécialement pour le fourrage. On fauche quand les tiges ont atteint de 4 à 6 pieds de hauteur, avant qu’elles ne soient devenues dures; de cette manière, on peut faire plusieurs récoltes dans la saison. Si la quantité de sucre, présente dans ces coupes, est moins forte qu’à maturité complète, cela ne diminue pas nécessairement la valeur du fourrage, car les hydrates de carbone s’y trouvent sous une forme différente.

D’ailleurs, si à l’état de maturité la canne contient une quantité plus grande de sucre, dont la valeur nutritive est indéniable, elle contient aussi à ce moment une très-forte proportion de matières assimilables.

L’alimentation du bétail, au sucre et à la mélasse, a fait l’objet de nombreuses recherches; nous ne pouvons entrer dans le détail de cette importante question, mais renverrons le lecteur qui s’y intéresse aux travaux de M. Bonâme, qui s’est occupé de l’alimentation des troupeaux à l’aide du sucre et de la mélasse, principalement au point de vue tropical (i).

Cultivée comme plante fourragère, la canne à sucre peut être conservée sur le même terrain pendant de longues années, et cela dans des régions relativement assez élevées, situées à 900 et même 1,200 mètres audessus du niveau de la mer, conditions dans lesquelles la culture ne pourrait être faite en vue de l’obtention du sucre.

Au Congo, où la canne à sucre se cultive facilement, et où elle est même devenue une culture indigène, il y aura dans cette graminée une source de fourrage des plus utilisables.

Le Cynodon Dactylon (2) existe depuis bien des années dans diverses régions de l’Afrique tropicale, où il a fort probablement été introduit, on le rencontre dans le Bas-Congo, et sa culture sera aisée dans le Kasai. Cette

(i) Bulletin n° 10 de la Station agronomique de l’ile Maurice, 1904.

(2' Cynoàon Dactylon{l..) Pers.(= Panicum Dactylon L.; Dactylus o£ficinalis Villi).

graminée mérite à plus d’un titre d’être introduite ou multipliée dans les pâturages tropicaux.

Vu sa grande dispersion, on la trouve signalée sous un très grand nombre de noms, tels : Couch grass, Bermuda grass (États-Unis de l’Amérique du Nord); Bahama grass, Devil grass (Indes occidentales), Durba (Bengale); Dub ou Doub (Indes septentrionales); Cynodon, Gros chiendent. Chiendent, Pied-de-poule, etc.

Le Cynodon Dactylon se développe dans les situations les plus diverses, soit dans des terrains secs, soit dans des terrains humides, depuis le bord de la mer jusqu’à une assez grande altitude. Sa valeur réside dans le fait qu’il est capable de se développer sans soins dans un sol pauvre, dans des terrains abandonnés où d’autres graminées ne se développeraient pas. Il jouit, d’ailleurs, de la propriété d’éliminer facilement la plupart des autres plantes, de l’endroit où il a pris pied. Un sol pierreux, très rocailleux même, n’empêche pas son développement, on a vu des rhizomes ou des tiges couchées de cette graminée recouvrir, au bout de peu de semaines, des blccs de rochers de i m. 5o de diamètre.

En outre, il possède la propriété, très importante pour une plante fourragère, de résister à de fortes sécheresses; il convient donc pour bien des régions du Kasai.

Cette graminée est très prisée comme fourrage, tant pour les chevaux que pour le gros bétail, elle est pérennante, rampante, s’enracine aux nœuds, elle atteint 5o à 6o centimètres de hauteur, suivant la fertilité du sol. Les tiges florifères sont terminées par 3 à 5 épis divergents et grêles, d’où vient le nom « de pied-de-poule.

C'est grâce à ses rhizomes souterrains que la plante peut résister à la sécheresse, mais la propriété de s’enraciner vigoureusement dans le sol rend cette espèce difficile à enlever des terrains où elle s’est développée. Aussi, ne doit-on l’introduire que dans les pâturages où elle pourra être cultivée comme culture permanente.

Le Département de l’Agriculture des États-Unis a donné de cette espèce l’analyse suivante :

Eau 14.3 p. c.

Cendres 7 8 »

Matières grasses i.3 »

» extractives non azotées 45.0 »

Cellulose brute 19.9 »

Albuminoïdes ii.5 »

Ce Département a donné, du foin séché à loo degrés, l’analyse suivante :

Matières grasses i.38p.c.

Cire 0.36 »

Sucre 6.56 »

Gomme et dextrine .... 9.29 »

Fibres 5i 98 n

Hydrates de carbone ... 12.64 »

Albuminoïdes 1 1 . 1 5 »

Cendres 6.16 »

Ces dernières comportent :

Potasse 6.66 p. c.

Oxyde de potasse 22.29 ”

Chaux i3 44 »

Magnésie 5. 00 »

Acide sulfurique 9.37 »

Acide phosphorique . ... 6 20 »

Acide silicique 30.29 ’>

Chlore 6.o5 »

La multiplication de cette espèce se fera de préférence par bouturage, les graines, pour diverses raisons, mûrissent mal et germent difficilement, d’ailleurs le bouturage donne des plantes beaucoup plus vigoureuses. Les boutures, fragments de parties souterraines, sont mises irrégulièrement en terre, mais ne doivent jamais être enterrées à plus de 5 centimètres de profondeur.

La plante est peu sensible aux conditions du terrain, au point de vue de son développement général, mais sa capacité fourragère augmente considérablement quand on lui fournit un amendement régulier, dans lequel devront se trouver en particulier, comme le montre l’analyse ci-dessus, de la chaux et de la potasse. Dans de bonnes conditions de culture, on a vu la récolte atteindre le triple de la production ordinaire, fait qui prouve une fois de plus la grande importance des engrais sur la végétation, tant dans les cultures tropicales que dans nos cultures tempérées.

On conseille de faire la coupe du foin dès l’apparition des fleurs ; de cette façon, le fourrage obtenu a plus de valeur nutritive et une seconde récolte s’obtient plus rapidement.

Une graminée, que l’on a fréquemment recommandée dans ces dernières

années, pour la formation de pâturages en régions tropicales, est le Téosinte ou Reana (i).

Elle est originaire de l’Amérique. Elle produit de très fortes récoltes ; quand les conditions de culture sont bonnes, deux récoltes sont assurées par an. L’eau surtout lui est nécessaire, elle ne peut se développer avec succès dans les régions sèches.

Certains planteurs prétendent que la valeur de ce fourrage est considérablement surfaite. Le foin qui peut être obtenu dans les meilleures conditions renferme, d’après eux, une dose proportionnellement trop forte de matières cellulosiques ou indigestibles.

Le plus grand des griefs que l’on puisse faire, pensons-nous, à la culture de cette plante, c’est que, d’après la plupart des observateurs dignes de foi, elle doit, pour végéter vigoureusement, se trouver dans un sol meuble et profond et être entourée de certains soins. Il lui faut aussi un climat chaud et humide.

Le Téosinte est une plante vigoureuse, vivace ou parfois annuelle, rappelant par son port le maïs, et pouvant atteindre 7 mètres de hauteur dans les régions favorables à son développement. Un pied peut fournir jusque 25 tiges et occuper une surface de 4 mètres carrés, elle a donc un pouvoir producteur de fourrage plus considérable que beaucoup d’autres graminées. On a même prétendu qu’une seule touffe de cette graminée, développée dans des conditions favorables, était capable de nourrir une couple de grands bœufs. Cette plante a surtout été conseillée comme fourrage vert ; elle renferme, comme le maïs et la canne à sucre, une notable proportion de sucre qui contribue à lui donner de la valeur nutritive; on peut encore insister sur sa valeur comme céréale et cela surtout dans les régions tropicales. Dans les régions tropicales, le rendement pourra être obtenu pendant de nombreuses années sur un même terrain. On estime la production d’un hectare à une moyenne de 80,000 à 100,000 kilos et l’on peut, paraît-il, obtenir souvent le double.

Les résultats obtenus à la « Kansas Experimental Station » et en Géorgie n’ont pas été aussi considérables; le rendement a varié de 19 à 23 tonnes par acre, soit au maximum un peu plus de 60,000 kilos par hectare.

On multiplie la plante au moyen de graines qu’on place à assez grande distance, au moins 2 mètres, vu l’ampleur qu’atteignent les pieds; le terrain doit être bien préparé et autant que possible bien amendé. La multiplication peut également se faire par rejets.

M. Bonâme a donné de cette plante l’analyse suivante, elle prouve qu’au

(i) Euchlaena luxuriant Aschers . , Euchîaena mexicana Schrad,, Reana Giovannini Br.; Reana luxurians Dur

point de vue de sa composition chimique, elle n’est pas de beaucoup inférieure à la plupart des autres graminées fourragères; l’empêchement à la propagation de cette espèce réside donc bien, pour certaines régions, dans

les conditions de culture.

Matières azotées i.i5 p. c.

Matières non azotées. . , . 8.55 »

Graisse o.33 »

Cellulose .' 4,06 »

Cendres 1.19 »

Eau 84 72 »

L’historique de l’extension de cette plante dans la culture a été donné sommairement par M. Chalot, dans le « Bulletin du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne », n° r, igoi.

M. Chalot a fait, en 1899, un essai de culture, au Jardin d’essai de Libreville, et il en a consigné les résultats, très favorables, dans le Rapport auquel nous renvoyons le lecteur, tout en faisant remarquer que cet essai a surtout été fait dans le but d’obtenir des graines et non du fourrage.

Il n’est pas sans intérêt de donner ici, en appendice, un tableau présentant, d’après divers auteurs, une moyenne de îa constitution chimique de différentes graminées qui existent au Congo, soit à l’état spontané, soit en culture, et qui peuvent être employées avec succès, pour la constitution de prairies, et pour l’obtention de bons fourrages.

Eau.

Matières

grasses.

Abumi-

noïdes.

Hydrates

de

carbone

solubles

Cellulose.

Hatières

minérales

solubles.

Silice.

Azote

totale.

Azote

albumi-

noïde.

Andropogon Sorghum. .

Eleusine coracana . . .

Page 1