I.OO
— muticum . .
— Crus-Galli . .
Paspalum scrobiculatum.
— sanguinale . .
Setaria italica ....
lo.oo
Sorghum saccharatum .
Zea Mays
Jl
Petit bétail.
Le petit bétail est d’introduction relativement plus facile que le gros bétail, mais il lui faut également les prairies sèches en saison des pluies, les prairies humides en saison sèche.
La chèvre est essentiellement un animal des villages indigènes. Elle ne se plait guère en troupeaux, elle recherche le voisinage des cases, où elle trouve sa principale nourriture. On peut dire que le nombre de chèvres d’un village est en rapport avec le nombre de ses cases. Actuellement la ferme de Dima préfère à l’élevage de la chèvre celui du mouton. Cependant il est indiscutable qu’avec certains soins, et par une sélection attentive, on pourrait arriver à obtenir des races plus stables et de meilleur rendement.
A Madibi les essais ont donné de bons résultats, on prenait d’ailleurs des précautions particulières, et par les périodes mauvaises, du feu était fait le matin et la nuit dans la chèvrerie, surtout en temps de brouillard, et il était beau de voir les mères venir y réchauffer leurs petits.
Le mouton convient mieux pour l’élevage en grand. Il se plait en troupeaux, se reproduit facilement, et résiste en général mieux aux maladies que la chèvre.
Il est bon, toutefois, que chaque troupeau n’atteigne pas plus de 5oo moutons, car alors la mortalité dépasse souvent les naissances.
Dans les plaines où l’herbe est fine et abondante, où elle existe en toutes saisons, le mouton peut être très aisément réuni en troupeaux. C’est parce qu’il se contente d’une nourriture moins variée que celle de la chèvre, que son élev.ige est beaucoup plus facile. Comme tous les autres animaux de la ferme, il faut protéger le mouton contre les rayons du soleil; il est nécessaire de créer ou de conserver dans la plaine des abris, sous lesquels il pourra se réfugier, pendant les heures les plus chaudes de la journée, soit de i à 3 heures.
C’est généralement pendant la saison sèche que la mortalité est la plus grande; il sera utile de ne lais.ser sortir le troupeau de l’étable que vers 8 heures du matin.
Des registres tenus à Dima on peut extraire la marche du troupeau de moutons, durant les 44 premières semaines de 190g.
Moutons,
ire semaine ,
Sujets
existants.
Sortie.
Entrée.
Mortalité,
Naissances.
ge
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2Je
3oe
3ie
Ce qui frappe le plus dans ce tableau, c’est le taux des naissances comparé à celui des décès; soit 85 naissances contre 8 décès.
Ce résultat est magnifique et l’on peut dire qu’un troupeau de moutons adultes double en un an.
L’élevage en grand du cochon paraît difficile en Afrique.
De même que la chèvre, le cochon est un animal des villages. L’élevage en grand ne pourrait être essayé que dans une ferme où la nourriture est abondante. De plus, les épidémies causent souvent de très grands ravages.
C’est donc dans les villages qu’il faudra encourager cet élevage.
Il faudrait également essayer de faire traiter les animaux avec plus de douceur par les indigènes, car la cause principale de la mortalité chez les chèvres, les moutons et les porcs réside dans la façon brutale dont les noirs dirigent les convois de bêtes destinés aux postes et factoreries.
Les animaux étant attachés l’un à l’autre par le cou, au moyen d’un morceau de liane, doivent suivre l’indigène pendant des journées entières sur d’étroits sentiers qui relient les villages. C’est ainsi qu’à travers la plaine ou la forêt, ces animaux sont traînés, sans le moindre repos, sous un soleil brûlant et sans la moindre nourriture, jusqu’au moment où, vers le soir, l’indigène s’arrête pour passer la nuit.
Les bêtes sont alors attachées près de la case jusqu’au lendemain, ne broutant que par ci par là les quelques brins d’herbes qui se trouvent à leur portée.
Les bêtes qui résistent à cette première partie du voyage ont à supporter de nouvelles tribulations dans leur transport par eau jusqu’à Dima. Le voyage s’effectue en général dans une pirogue ou dans une barque amarrée au steamer, cochons, moutons, chèvres et volailles grouillent ensemble, la nourriture qui leur est servie est quelconque, donnée sans régularité, et l’on voit souvent pluieurs animaux mourir durant le transfert.
Quand les animaux arrivent enfin à destination, ils ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient au moment de leur achat.
La mortalité est encore augmentée par ce fait que l’indigène vend de préférence les bêtes de qualité médiocre, M. A. Sapin a vu dans les régions du Sud de jeunes taureaux mourir quelques jours après l’achat par le blanc, celui-ci n’avait pas judicieusement choisi la bête, très souvent, malheureusement, il n’a pas la moindre connaissance de l’élevage.
La basse-cour mérite de fixer fortement l’attention ; dans ces derniers temps, nous avons vu tous les gouvernements coloniaux s’occuper
de cette partie de l’élevage et l’encourager vivement. C’est aussi ce qu’a fait la Compagnie du Kasai, à la ferme de Dima.
Il est difficile de se prononcer sur le résultat que donnera l’élevage en i grand des poules. Pour ravitailler Dima, il faudrait que celui-ci soit fait sur une énorme échelle, car la poule est et sera encore pendant longtemps, en ' Afrique, la base de l’alimentation de l’Européen.
En attendant les résultats des expériences, conduites avec méthode, la ferme de Dima doit avoir surtout pour but la production d’œufs frais, et l’amélioration de la race des poules indigènes, en cédant à l’indigène une partie de son élevage. J
Dans certains centres, autrefois occupés par les Portugais, M. A. Sapin a ;| pu constater que pour les poules il y a amélioration de la race, et cette amélioration est actuellement aussi manifeste aux environs des Missions où l’on a y soigné ces volatiles. ;|
Pour améliorer la race indigène, il est utile de rechercher, parmi les sujets t qu’on possède, ceux chez lesquels se trouvent réunies les qualités que l’on veut |
propager; en faisant cette sélection pendant plusieurs générations on obtiendra [1
de meilleurs produits. ; i
Il est de toute nécessité d’aérer et de purifier l’air des poulailler et de | soigner en particulier leur propreté. j
Il y a lieu également d’envisager la question de nourriture. '
L’alimentation de la poule doit comporter, si moyen, du maïs, soit en t
grains, soit en farine, c’est la nourriture par excellence pour l’engraisse- t
ment; le riz est moins nourrissant; la viande bouillie est un aliment fortifiant qui devra être distribué en morceaux finement hachés ; les grains de millet et de sorgho forment aussi une très bonne nourriture. .
On pourra également trouver dans les arachides un excellent aliment '<
pour les poules, qui recherchent également les herbes et sont même très i-
friandes de plantes de culture, à tel point que l’on a dû fréquemment pro- f
téger, contre leurs déprédations, certaines d’entre elles, telles les bananiers, ceux-ci sont, dans leurs diverses parties, très nourrissants pour les oiseaux de basse-cour.
Ce que nous avons rappelé ici, relativement à l’élevage de la poule, s’applique également à celui du canard, bien que celui-ci se développe plus facilement dans le voisinage des rivières, comme l’ont démontré les essais de Munungu. On avait pris, dans ce poste, la précaution de faire du feu la nuit dans la remise à canards, une vieille femme y habitait, et était chargée de faire, aux jeunes canetons, la pâtée quotidienne; c’est une des raisons pour lesquelles l’élevage des canards est prospère dans ce poste.
A Dima les résultats n’ont pas été brillants, à quoi taut-il attribuer cet insuccès?
Il est entré, en 1908, à la ferme : 180 canards.
Il y a eu : 60 naissances et i63 décès.
On a, malgré cet insuccès, commencé à la terme de Dima des essais de sélection des races indigènes du canard, cardans plusieurs régions cette bête fort utile n’existe pas encore.
La ferme de Dima possède depuis plusieurs années des oies qui semblent s’être très bien acclimatées, on peut donc tenter l’élevage en grand de cet oiseau.
L’élevage du lapin a réussi dans divers postes de la Compagnie du Kasai.
Depuis quelques années des lapins ont été introduits aux plantations de Lukombe (Kwilu), où ils se multiplient à merveille, y vivant quasi à l’état sauvage. Des lapins ont été aussi introduits à la ferme de Dima.
Mais, tout en se multipliant très bien, il faut cependant tenir compte de la mortalité notable qui peut se produire parmi ces animaux. Entre autres causes de perte, M. Rom cite les invasions de fourmis rousses, celles-ci, une fois dans un terrier, détruisent tout ce qui s’y trouve. Il a observé un cas à Lukombe où de jeunes lapins avaient été tués et à moitié dévorés par les fourmis. Le même fait a été constaté pour des canards.
Les serpents sont à craindre.
Les djiques, les puces et quantité d’autres insectes s’attaquent aussi aux lapins et réduisent souvent des deux tiers le nombre de jeunes lapins, si l’on n’a pas pris les mesures nécessaires.
L’élevage du pigeon est fait également par quelques indigènes et il donne, en Afrique, des résultats très satisfaisants.
Cet élevage peut être fait en grand, sans crainte de déboires, surtout si l’on dispose de nourriture en abondance; à Dima et aux postes des Plantations Lacourt, on a élevé des pigeonniers bien entretenus, qui ont permis de certifier que l’élevage des pigeons pourra être en Afrique d’un grand secours.
Il faudrait encourager cet élevage chez l’indigène.
Il existait au i®'" janvier 1909, à Dima, 134 pigeons.
Au i®*" novembre il y en avait 223, soit un boni de 89 pigeons en dix mois. Malheureusement, les pigeons sont de race médiocre, ici il faudra aussi chercher à introduire des races nouvelles, et modifier par croisement et sélection les caractères des races élevées actuellement.
La meilleure saison pour l’élevage des jeunes animaux de basse-cour paraît être celle des pluies; c’est d’ailleurs alors que l’indigène s’occupe le plus de son poulailler. A cette époque on a moins à redouter les djiques et les autres insectes.
En général, il faut faire reproduire les animaux de basse-cour en saison des pluies. C’est d’ailleurs ce que l’indigène connait très bien.
Il est superflu d’ajouter que pour obtenir de bons résultats, il faut donner aux nouveau-nés les soins qui leur sont accordés en Europe.
Les jeunes canetons, poussins, doivent être enfermés et nourris d’une façon spéciale et cela pendant plusieurs jours. De plus, chaque mère et ses jeunes, doivent être séparés, afin d’éviter le massacre des poussins et des canetons par les canards, ceux-ci mangent parfois leurs semblables.
En temps de brouillard, en temps froid et humide, il est bon de ne pas laisser sortir les animaux de la ferme, surtout les jeunes.
Les causes de la mortalité dans les poulaillers, lors de leur constitution, dérivent souvent aussi du peu de soins avec lesquels s’est effectué le transport des volatiles.
Les poules arrivent généralement empilées dans des moutetés ou paniers que les noirs portent sur la tête ou sur l’épaule, et souffrent d’abord énormément de l’ardeur du soleil.
Elles ne sont généralement pas nourries pendant le voyage, et arrivent ainsi épuisées, les pattes souvent meurtries; très souvent des poules sont tuées dans ces paniers par d’autres poules qui s’acharnent surtout sur celles dont la tête est dépourvue de plumes.
La poule indigène étant habituée à courir dans les villages, se nourrit d’insectes et de graminées et souffre de ces privations lorsqu’elle se trouve dans un poulailler fermé, où invariablement on lui donne comme nourriture du maïs, du riz ou du millet.
Le transport à bord des steamers complète l’hécatombe, car les poules sont exposées durant des heures de voyage au soleil, et crèvent de soif et de faim.
Il y aurait, d’après M. Rom, peut-être lieu de réduire la longueur des étapes, de laisser reposer les bêtes (poules, chèvres, etc.) avant de les embarquer sur le steamer qui les amènera à Dima.
Les ennemis du bétail et des animaux de basse-cour sont, il ne faut pas l’oublier, très nombreux; nous ne voulons pas parler ici des maladies microbiennes, dont les évolutions sont relativement mal connues en Afrique.
Le planteur et le fermier doivent surtout chercher à prévenir le mal, la guérison et le traitement sont souvent en dehors de leur compétence.
Mais ils auront à veiller à ce qu’aucun animal ne soit admis à la ferme, avant d’avoir été mis en observation. Les animaux originaires du Kwilu et
destinés à la consommation ne doivent pas faire partie du troupeau de la ferme, et des mesures sont prises actuellement pour qu’ils soient complètement séparés, et même éloignés.
I Parmi les animaux nuisibles, il faut citer surtout le léopard pour le petit I bétail. Les éperviers, les serpents, les rats, les fourmis, la djique pour les { animaux de basse-cour.
Les éperviers sont les léopards de la basse-cour. Ils sont excessivement ! nombreux en Afrique et y sont d’une franchise extraordinaire.
' L’indigène établit ordinairement sur pilotis et sur claies son poulailler j et sa chèvrerie, pour les préserver des animaux et de l’humidité. Les kraals pour le gros bétail sont situés près des cases et confectionnés à l’aide de I troncs d’arbres très élevés.
i Nous n’insisterons pas sur les mesures à prendre pour écarter ces animaux nuisibles, parmi lesquelles il faut noter la propreté et le bon entretien du poste.
Les plantes nuisibles entrent pour une bonne part dans la mortalité du ] bétail. Tel était déjà, en 1904, l’avis du Docteur M. Mulhaupt, qui disait ! dans un rapport : « La cause de la mortalité des moutons est due probablement au manioc frais. » Nous insistons, à propos des cultures vivrières, sur le j danger du manioc et de beaucoup d’autres plantes qui renferment de l’acide cyanhydrique. Malheureusement, l’étude des herbes nuisibles au bétail n’est 1 encore qu’ébauchée.
I Nous avons cité parmi les herbes à propager l’Herbe de Guinée ou Panicum maximum Jacq et le Paspalum scrobiculatum-, parmi les mauvaises I herbes pour lë bétail nous avons reçu de Dima, par l’intermédiaire de la Compagnie du Kasai, le Scoparia dulcis et V Agératum conyzoïdes.
Ces deux espèces n’ont encore jamais été signalées comme nuisibles, nous pourrions même dire le contraire; d’après une étude de M. le Axel Preyer, ayant séjourné à Java, ces deux plantes sont recommandables pour fournir du fourrage aux chevaux et aux bœufs.
Le tableau statistique ci-dessous donne un aperçu des résultats obtenus à la ferme de Dima, après moins d’une année de travail, entre le i®*" janvier
et le ler novembre 1909.