‹ Compagnie du KasaiChapitre 34 sur 74 · COSTUS L · texte numérisé non relu

COSTUS L

Costus spectabilis K. Schum. in Engler Bot. Jahrb. XV (1892) p. 422; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. 160.

Caldavena spectabilis Fenzl in Sitzb. Akad. Wiss. Wien Abt. II (]865) p. 140.

Bienge, octobre 1907 (A. Sapin. — Nom ind. : Tutu [Bangala]. — Petite plante de marais de la plaine. — Le suc est employé contre les maux d’oreilles).

Marantaceae.

TRACHYPHRYNIUM Benth.

Trachyphrynium Liebrechtsianum De Wild. et Th. Dur. Mat. fl. Congo V (1899) p. 27 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 233; K. Schum. in Engler Pflanzenreich [Marantaceae] (1902) p. 44; De Wild. Étud. fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. 107 et Mission Laurent (1906) p. 220. Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Petite plante des bois. — Nom ind.: Igombe [Bangala]); Bena-Makima (Éd. Lescrauwaet, n. 267).

SARCOPHRYNIUM K. Schum.

Sarcophrynium Arnoldianum De Wild. Étud. fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. 107 II (1907) p. 24; Notes pl. utiles et intéress. Fl. Congo I (1904) p. 163-167 tab. i3-i5 et Mission Laurent (1906) p. 219.

Sankuru, septembre 1906 (A. Sapin. — Noms indigènes : N’Konko [Bangala], Matete [Sankuru]. — Sert à faire des toitures des huttes indigènes); ^ Lutshima, juillet 1907 (A. Sapin. — Noms indigènes : Mukongo [Ban- |r gala], Kongo [Batelela]. — Les jeunes pousses sont mangées comme » ' asperges); Plantations Lacourt, 1909 (A. Sapin. — Les pétioles fendus ■' congitudinalement servent à faire des nattes).

Observations. — Dans les régions du Congo où l’indigène construit son logis au-dessus de la terre, il emploie presque uniquement des matières végétales; bien rares sont les cases indigènes dont les parois soient faites en torchis; ce n’est guère que dans J les régions où le noir a subi l’influence des Européens ou des Arabes que ce dernier mode de construction a prévalu.

Si l’on jette un coup d’œil sur les nombreuses photographies rapportées de la région du Kasai, on est frappé de la diversité des formes des toitures et de la variété des matériaux employés. Fréquemment, l’indigène fait usage, pour recouvrir son home, de bottes d’herbes mises sans soin sur une carcasse de tiges ligneuses. Ces herbes sont mélangées à des feuilles de bananiers ou de palmiers disposées sans ordre. Mais souvent le toit de la case se fait avec plus de soin, et l’on voit l’indigène rechercher certaines plantes dont les feuilles ou les tiges feuillées serviront, suivant les tribus, à la couverture de certaines toitures.

Pour cet usage, les noirs ont toujours soin de choisir des feuilles qui ne se mouillent pas par la pluie et sont ou vernissées, ou recouvertes d’une sorte d’enduit cireux.

Dans la région des plaines, où les matériaux que le noir trouve à sa disposition sont peu variés, une graminée est généralement employée.

L’indigène va faucher dans la plaine, après la saison des pluies, l’herbe qui commence à se dessécher. Cette herbe est liée en petites bottes de la grosseur du poing et celles-ci sont placées en guise de tuiles sur les traverses du toit. L’indigène commence toujours la construction de la toiture par le bas; il place d’abord la rangée inférieure et adapte sur elle la rangée suivante, de manière que la seconde recouvre la première, comme les ardoises ou les tuiles de nos toitures. Par la superposition d’un grand nombre de ces bottes, la toiture acquiert une épaisseur assez considérable, comparable à celle des toits de chaume de nos campagnes.

Dans les régions forestières, l’indigène trouve'des matériaux plus variés.

Dans presque toutes les forêts du Congo, même dans les galeries, on trouve des plantes de la famille des Marantacées, plantes généralement assez bizarres, composées très souvent d’un rhizome traçant d’où partent, de distance en distance, soit une tige assez grêle feuillée, soit de simples feuilles plus ou moins longuement pétiolées. Ces feuilles possèdent un limbe souvent considérable, qui a trouvé son emploi dans une foule de circonstances. Une des espèces les plus remarquables de ce groupe, dont plusieurs sont ornementales et mériteraient d’être cultivées dans nos serres, est celle que nous avons appelée Sarcophrynium Arnoldianum, et qui paraît assez répandue dans tout notre Congo. Cette plante forme de fortes touffes dans les forêts et surtout dans les clairières non inondées ; elle rappelle, à première vue et de loin, certains bananiers. C’est une plante atteignant 5 mètres de haut, à feuilles très développées, à pétiole assez grêle, de 12 millimètres environ d’épaisseur et de plus de 40 centimètres de long, à épaississement terminal de i5 à 18 centimètres de long, glabe ; limbe atteignant 70 centimètres de long sur 5o centimètres de large, gabe, obtus ou subcordé à la base, triangulaire-aigu au sommet. L’inflorescence paniculée mesure ig centimètres environ de long, son pédoncule commun 5 centimètres environ de long, naissant à la base de la gaine de la feuille. Le fruit globuleux de 1 8 millimètres environ de long et de 20 millimètres environ de large est à paroi externe rouge vif, glabre, à trois graines entourées d’une pulpe se desséchant sous forme d’arille fibreuse. La graine arrondie à la base, subaiguë au sommet, de i5 millimètres environ de long et 9 millimètres de large sur 6 millimètres d’épaisseur, arrondie sur le dos, largement angulaire sur la face ventrale, ovale en coupe à la surface mate, plus ou moins mamelonnée quand elle est privée de la pulpe desséchée. Le rhizome traçant.

Les feuilles de cette plante constituent des tuiles très estimées des noirs, qui vont les chercher par fortes charges dans la forêt.

C’est non seulement pour la construction des toitures que l’on emploie une partie de cette plante, mais les jeunes pousses constituent un légume qui, préparé convenablement, rappelle les asperges et est même très estimé des Européens comme le rappellent encore les notes de M. Sapin. L’écorce du long pétiole qui supporte le limbe, découpée en lanières, sert à fabriquer des nattes et des paniers d’une solidité à toute épreuve.

L’indigène construit d’abord une carcasse formée de troncs légers, mais solides, appartenant à des essences à l’abri des attaques des termites. Cette construction est assez rudimentaire, on installe d’abord en angle les pièces qui devront former la couverture, adaptant ensuite les supports latéraux. Quand la carcasse est achevée, l’indigène fixe ces rachis des grandes feuilles d’un palmier bambou Raphia sectionnés longitudina-

Planche XXIX.

UNE PARTIE DE LA FORÊT (aU FOND)

DÉTRUITE (au PREMIER PLAN) POUR L’INSTALLATION DU POSTE ET DES CULTURES (dIMA).

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