PTEROCARPUS L
Pterocarpus Dekindtianus Harms in Engler Bot. Jahrb. XXX (1901) p. 89; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p i48(i9o6)p. 266. Pterocarpus erinaceus Auct. [non Poir.]; Th. Dur. et Schinz Études fl. Congo (1906) p. 117; De Wild. et Th. Dur. PI. Gilletianae II (1901) p. 78; De Wild. Études fl. Katanga (1902) p.
Bienge, octobre 1907 (A. Sapin). — Nomvern. : Museke |BampendeJ).
Observations. — D’après les notes de M. A. Sapin, cet arbre se rencontre surtout dans la plaine à proximité des cours d’eau. Les feuilles composées sont glabres, mais velues sur les nervures de la face inférieure. Les fruits très caractéristiques, atteignent
10 centimètres de diamètre, ils sont portés par un pédicelle grêle entouré à la base par la partie inférieure du calice persistante,et constitués par un noyau central s’amincissant en aile ondulée sur les bords et garnie en son centre de poils raides, fauves. Tout le fruit est d’un vert pâle à l’état frais, brunissant à l’état sec.
L’écorce de cet arbre fortement ridée, rugueuse, est grisâtre à l’extérieur, verdâtre à l’intérieur, devenant rouge à l’air. Le bois est jaunâtre. Le cambium mis à nu laisse couler une petite quantité de suc qui se solidifie en une masse tannique rappelant les kinos.
11 est intéressant de noter que lors de son voyage au Kunene-Zambèse, donc au sud du Kasai, M. Baum a également observé un Pterocarpus, dont l’écorce, contenant un kino rouge, sert à la teinture chez les populations de la région.
Les kinos des Pterocarpus du Kasai et de l’Angola pourraient probablement être utilisés dans l’industrie.
ABRUS Adans.
Abrus canescens Welw. ex Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II (1871) p. 170; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 248; De Wild. et Th. Dur. Mat. fl, Congo I (1897) p. 14; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. i5o et II (1907) i53.
Rives du Kasai (Ed. Luja).
Abrus precatorius L. Syst. veget. ed. 12 (1767) p. 472; Descourtilz Fl. des Antilles, IV tab. 275; Lam. Encycl. bot. tab. 608; Guill. et Perr. Fl. Seneg. Tent. p. 212; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. lyS; Hiern Cat. Welw. Afr, PI, I p. 247; De Wild. Not. pi. util. ou intér. du Congo II {1906) p. 104.
District des Cataractes (Ed. Luja); Bords du Kasai (Éd. Luja); en aval de Bumba (Ed. Luja); Bienge, octobre 1907 (A. Sapin. — Nom ind. :Itentchi [Bangala]); Atènes, novembre 1907 (A. Sapin).
Observation. — Cette plant© est répandue dans toute l’Afrique tropicale, elle est également très commune dans les autres régions équatoriales et a parfois même été plantée.
Elle forme une sorte d’arbrisseau à rameaux grimpants. Les feuilles sont formées par 10 à i5 paires de folioles de 12 à i3 millimètres de long. Les fleurs sont violacées, et un fruit renfermant 4 à 5 graines rouges y succède ; les graines ou jequirity sont sphériques, lisses, d’un rouge brillant avec une tache noire au niveau du hile.
Ces graines sont bien connues des collectionneurs, ce sont elles que l’on trouve souvent incrustées sur les boîtes et les objets que l’on vend dans nos stations balnéaires. Elles renferment une toxalbumine qui a été signalée, pour la première fois, en 1891, par le chimiste allemand Kobert. Ces graines sont considérées comme aphrodisiaques, elles posséderaient encore des propriétés émétiques, anthelmintiques, diaphorétiques . Employées en macération sur les yeux, elles détermineraient une irritation substitutive dans les ophtalmies purulentes. Aussi, a-t-on cherché à utiliser cette graine dans l’ophtalmologie, et elle a fait, à diverses reprises, l’objet de communications dans les journaux médicaux spéciaux.
La fibre des tiges a été employée à la Réunion pour tresser des paniers et même, dans diverses régions, on a réussi, dit-on, à en faire des tissus grossiers. Les feuilles mâchées faciliteraient l’émission des sons, et la racine de cette plante, parfois dénommée « fausse réglisse » ou n liane réglisse *, jouirait jusqu’à un certain point des propriétés adoucissantes de la réglisse vraie. Les racines renferment, comme celles de la réglisse vraie, de la glycyrrhizine, mais la teneur en glycyrrhizine n’est que de i.5 p. c.; par contre, les feuilles seraient beaucoup plus riches, elles renfermeraient de 9 à 10 p. c. de ce produit, c’est-à-dire environ deux fois autant que la racine de réglisse.
Bien que cette plante soit connue des indigènes du Kasai, nous n’avons pas trouvé dans les notes des agents de la « Compagnie du Kasai » des indications sur son emploi.
ERYTHRINA L.
Erythrina abyssinica Lam. Encycl. méth. Bot. II (1786)392; A. Rich. Tent. fl. Abyss. I p. 214, t. 41; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. 184 in obs.; Taub. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. C. p. 221.
Erythrina tomentosa R. Br. in Sait. voy. to Abyss. Append. {1814) t. 65; Baker in Oliver loc. cit. p. 184; De Wild. Etudes 11. Bas et Moyen- Congo I (1906) p. 268; (1907) p. i55.
Lubefu (Éd. Lescrauwaet).
Erythrina huillensis Welw. ex Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II (1871) p i83 ; Hiern Cat. Welw. Afr. pl. I p. 260; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 164.
Au Sud de Tshitadi (Éd. Lescrauwaet).
MUCUNA Adans.
Mucuna flagellipes Vogel ex Benth. in Hook. Niger Fl. (1849) p. 807 ; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. i85; De Wild. et Th. Dur. Pl. Gilletianae I (1900) p. 67 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 67; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 268; II (1907) p. i53 et Mission Laurent (ipoS) p. 118.
Madibi (Éd. Lescrauwaet); Madibi, mai 1907 (A. Sapin. — Nom indig. : Bosaka [Bangala]. — Le suc des feuilles sert à faire de la couleur noire).
Mucuna pruriens[Medic.] DC. Prodr. II (1826) 406; Baker in Oliv. Fl. trop. Afr. II p. 187; Taub. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. C. p. 221 ; De Wild. et Th. Dur. Pl. Thonnerianae (1900) p. 19; Pl. Gilletianae I (1900) p. 17; Contr. fl. Congo II (1900) p. 16 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 68; De Wild. Not. pl. util. ou intéressantes du Congo II (1906) pp. i3i-i36 et Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. i53.
Stizolobium pruriens Medic. in Vorles. Churpf. Phys. Ges. II (1787) p. 399; Hiern Cat. Welw. Afr. pl. I p. 261.
Lubue (Éd. Luja).
DIOCLEA H. B. et K.
Dioclea reflexa Hook. f. in Hook. Niger Fl. (1843) p. 3o6; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p.189; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p.254; De Wild. et Th. Dur. Reliq. Dewevr. (1901) p. 68; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) pp. 37, i55.
Rives du Sankuru (Éd. Luja); Lutshima, juillet 1907 (A. Sapin. — Nom indig. : Itotjo).
CANAVALIA DC.
Canavalia incurva Thou. in Desv. Journ. de Bot. I u8i3) p. 8o; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 254.
Canavalia ensiformis DC. Prod. regn. veg. II (i825) p. 404; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. 190; De Wild. Études fl. Bas et Moyen Congo I p. i55 et 268; Mission Laurent (igoSjp. iig.
Bondo, septembre 1907. (A. Sapin).
CAJANUS DC.
Cajanus indicus Spreng. Syst. veget. III (1826) p. 248; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. Il p. 216; (1896) ii5; Taub. in Engler Pflanzenw. Ost- Afr. p.22i tab. 24; De Wild. Mission Laurent (igo5) p. 119 et Études fl. Bas et Moyen-Congo II 1907) p. i55.
Cytisus Cajan L. Sp.pl. ed. I (i753) p. 739.
Cvlisus pseudo-Cajan JîLcq. Hort. Vindob. II (1772) p. 54 t. 119.
. Cajan indoriim Med. in Vorles. Churpfl. Gesellsch. II (1787) p. 363; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 266.
Atènes, novembre 1907 (A. Sapin. — Nom indig. : Gounde |Bampende- Bandundu]. — Légumineuse très cultivée et comestible.
RHYNCHOSIA Lour.
Rhynchosia congensis Baker, var. Gilletii De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. i52. Madibi, juin 1906 (A. Sapin). — Noms vern. ; M’passa, mosinga M’passa [Kwilu]).
Rhynchosia Mannii Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II (1871) p. 217; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 267 et II (1907) p. i55; De Wild. Mission Laurent (igoS) p. 119.
Idanga (Sankuru), septembre 1901 (Léon Rom).
ERIOSEMA Desv.
Eriosema cajanoides (Guill. et Perr.) Hook. f. in Hook. Niger Fl. (1849) 314; Harv. et Sond. Fl. Capens. II 261; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II 227; Taub. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. 222; De \Vild. Étud. fl. Kat. (1902) p. 61; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. 164 ; (1906) p. 268 II (1907) p. i56 et Mission Laurent (igo5) p. 120. Rhynchosia cajanoides GmW. et Perr. Fl. Seneg. tent. (i832) p. 2i5. Eriosema psoraleoides Don Gen. Syst, Bot. II (i832) p. 348 ; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 273.
Environs de Dima (Éd.Lescrauwaet); Dima,août 1906 (A.Sapin);Illongonga, décembre 190 5 (A. Sapin).
Eriosema sericeum Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II ^1871) p. 226; DeWild.
et Th. Dur. Plantae Gilletianae I (1900) p. ig.
Dima, avril 1907 (A. Sapin. — Nomindig. ; Kambeyambey [Baluba]. — Les feuilles contusées sont employées pour guérir les brûlures).
PHYSOSTIGMA Balf.
Physostigma venenosum Balf. in Trans. roy. Soc. Edinb. XXII (1861) p. 3io, Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. 191; De Wild. et Th. Dur. PI. Gilletianae II (1901) p. 76; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. i56.
Luanu (Éd. Lescrauwaet, n. 21); Ikoka, 10 février igo5 (Éd. Lescrauvvaet, n, 416).
VIGNA Sa VI.
Vigna luteola Benth. in Mart. Fl. Bras. XV (i85g) p. 194. t. 5o fig. 2; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. 2o5; Taub. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. 223; De Wild. Mission Laurent (igo5) p. i23 et Études fl. Bas et Moyen- Congo I (1906) p. 269. II (1908) p. 256.
Vigna glabra Savi Mem. Phaseol. III (i825) p. 8; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I 260; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 269. Dima, mai 1904 (Éd. Lescrauwaet, n. 7).
var. Villosa M. Micheli in Th. Dur. et DeWild. Mat. fl. Congo II
(1898) p. 7; De Wild. et Th. Dur. PI. Gilletianae I (1900) p. 17 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 69.
Dolo, 23 mai 1906 (A. Sapin); Kwilu, ii juin 1906 (A. Sapin).
Vigna reticulata Hook. in Hook. Niger Fl. (1849) p. 3io ; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. 198; Taub. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. p. 223; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 256; De Wild. et Th. Dur. Reliq. Dewevr. (1901) p. 69; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. i56, (1906) p. 270; II (1908) p. 257.
Environs de Léopoldville (Éd. Luja).
SPHENOSTYLIS E. Mey.
Sphenostylis stenocarpa (Hochst.) Harms in Engler Bot. Jahrb. XXVl 1899) p. 3og.
Dolichos stenocarpa Hochst. ex A. Rich. Tent. Fl. Abyss. I (1847) p. 224. Vigna ornata VVelw. ex Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II (1871) p. 2o3; De Wild. et Th. Dur. Plantae Gilletianae I (1900) p. 17; Hiern Cat.
Welw. Afr. PL I p, 258; De Wild, Études fl. Bas et Moyen-Congo T, pp. i56 et 269; II p. 257 et Mission Laurent (igo5) p. 123.
Entre Luebo et Yoko Punda, décembre {1904) (Èd. Lescrauwaet, n. 276),
i DOLICHOS L.
Dolichos Lablab L. Sp. pl. ed. I (i753) p. 725; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II p. 210; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 262; De Wild. et j Th. Dur. Reliq. Dewevreanae (1901) p. 70.
I Bienge, octobre 1907 (A. Sapin. — Liane à graines comestibles).
I PSOPHOCARPUS Neck.
i Psophocarpus longepedunculatus Hassk. in Flora XXV (1842) Beibl.
p. 75; Baker in Oliver Fl. trop. Afr. II (1871) p. ii3; De Wild. et Th.
! Dur. Pl. Gilletianae I {1900) p. 17 et Reliquiae Dewevreanae (1901)
I p. 69; De Wild. Études fl. Katanga (1902) p. 61; Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. i58 et II (1908) p. 257; Mission Laurent (igoS) p. 122.
Boctor palustris (Desv.) O. Kuntze Rev. Gener. (iSgiJp i63; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 261.
Madibi, 26 juin 1906 (A. Sapin. — Noms indig. : Bokassa [Kwilu] et Busaka [Bangalaj. — Le suc des feuilles sert à noircir le bois).
Oxalîdaceae.
iBIOPHYTUM DC.
Biophytum sensitivum (L) DC. Prodr. I(i824)p. 690; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 37.
Oxalis sensitivum L. Sp. pl. ed. I (1753) p. 434; Jacq. Oxalis t. 78 ; Bot. I Reg. XXXI (1845) t. 68 ; Oliver Fl. trop. Afr. I p. 297; Engler Pflanzenw.
I Ost-Afr. p. 226; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 109; De Wild. Not. pl. util. ou intér. du Congo II (1906) p i38; De Wild. Études fl. Bas et ; Moyen-Congo II (1907) p. 37, III (1908) p. 107. j Luvituku (Éd. Luja); Dima, avril (igo5) (Éd. Lescrauwaet, n. 863).
Linaceae.
HUGONIA L.
I Hugonia obtusifolia C. H. Wright ex De Wild. Études fl. Bas et Moyen- I Congo II (1907) p. 38 ; (1908) p. 258.
I Bienge, octobre (1907) (A. Sapin. — Liane des bois et du bord des eaux); Atènes, novembre (1907) (A. Sapin. — Liane des bois).
3ao —
Rutaceae.
LIMONIA L.
Limonia Poggei var. latialata De Wild. Étud. fl. Bas et Moyen-Congo I (i904)p. i6o; 11(1907) p. 38 et Mission Laurent (1906) p. 238 tab. 43. Rives du Sankuru (Brisac).
Simarulaceae.
QUASSIA L.
Quassia africana Baill. in Adansonia, VIII (1867-68) p. 89 t. 8; De Wild. et Th. Dur. Mat. fl. Congo II (1898) p. 67; PI. Gilletianae II (1901) p. 72; PI. Thonnerianae (1900) p. 20 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 35; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) pp. 161, 272; II (1907) p. 3p et Mission Laurent (1907) p. 38o.
Lukula (Brisac); route de Lusubi à Luano (Éd. Lescrauwaet) ; Madibi, juin et juillet 1906; (A. Sapin. — La décoction sert à tuer les poux. — Noms ind. : Monpenpesse et Monpembesse [Kwilu]; Jaraiotumba et Yalalotumba [Bangala]; Atènes, novembre (1907J (A. Sapin. — Nom ind. : Yalalôtumba [Bangala]).
Meliaceae.
CARAPA Aubl.
Carapa procera DC. Prodr. (1824) p. 626; Hiern Cat. Welvv. Afr. PI. I p. 134 ; De Wild. Not. PI. util. ou intér. Congo I (1903) pp. 55-57; Mission Laurent (1907) p. 38o et Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. 161; II (1908) p. 260.
Carapa Guianensis Oliver [non Aublet] Fl. trop. Afr. I (1868) p. 33g. Kasongo-Batetela, 19 octobre 1908. (A. Sapin. — Arbre caractérisé par ses branches non ramifiées, rassemblées à l’extrémité de la tige. L’écorce de la tige est brunâtre et s’exfolie facilement, le bois est blanc. La partie extérieure du fruit laisse suinter des gouttelettes de résine, le péricarpe est très astringent. L’arbre paraît très recherché par les fourmis. Les indigènes n’utilisent aucune partie de la plante. — Noms ind. : Okoto 1 BasongaJ; Bukalaka [Bangala]).
Observation. — M. le professeur Éd. Heckel, directeur de l’Institut colonial de Marseille, a attiré l’attention sur les produits fournis par le Carapa Touloucoum Guill. et
Perr., un arbre de l’Afrique tropicale, qui avait été indiqué vaguement dans l’État Indépendant du Congo. Dans diverses études, il a fait ressortir les divergences qui existent entre les opinions de plusieurs auteurs sur les espèces du genre Carapa, dont une seule, le Carapa procera DC. (== Carapa Toidoucouna Guill. et Perr.) existerait en Afrique.
Dans un envoi de M. Gentil, provenant de Luluabourg, se trouvait un Carapa, accompagné de ces notes : « L’écorce découpée en tronçons et, mélangée au malafu ou vin de palme, est employée comme succédané de la quinine. »
Les notes de M. Gentil ne signalent pas d’usages de l’huile extraite des graines.
Dans la description originale du Carapa Toidoucouna parue dans le « Florea Senegambiae Tentamen », Guillemin et Perrotet décrivent cette plante comme un grand arbre, atteignant 24 mètres de haut, à folioles de 20 à 3o centimètres de long, disposées en 6 à 12 paires le long d’un rachis. Les fleurs rosées-blanchâtres sont disposées en longues panicules, leur calice est décrit comme pubéruleux.
M. C. de Candolle, dans les « Monographiae Phanerogamarum », en reprenant la description de cette espèce, donne comme caractères à comparer à ceux que nous venons de signaler, des folioles de 21 centimètres de long, disposées par 6 à 9 paires, des fleurs à calice glabre. L’examen des échantillons authentiques conservés à Genève, dans l’Herbier Delessert, montre que l’indication de glabréité du calice, fournie par la description de M. C. de Candolle, est très exacte, les sépales ne présentent pas trace de villosité sur le dos, mais ils sont munis de quelques poils sur le bord et, par suite, plus ou moins ciliés.
Les matériaux de Carapa provenant de la région du Kasai (Gentil) et dont les graines mises en culture au Jardin colonial de Laeken ont germé et donné naissance à plusieurs plantes, ne possèdent pas ce caractère. Les lobes calicinaux, de même que les pédicelles et le rachis, sont courtement mais nettement velus-pubéruleux, la villosité brunâtre qui les recouvre donne une teinte rouille aux diverses parties de l’inflorescence de cette plante, dont les fleurs seraient rouges.
Malheureusement, tous les caractères morphologiques des fleurs de la plante de Luluabourg et de celles du Sénégal, sont très semblables ; on ne pourrait donc se baser uniquement sur cette présence de villosité pour décrire une espèce nouvelle, mais on peut cependant distinguer aisément les deux formes glabre ou pubéruleuse. Les Carapa procera de l’Afrique occidentale (Sénégal), dont nous avons pu examiner des échantillons sont glabres, par contre, ceux du Kameroun(Bipinde, Zenker, n. 2, SSq; Johann-Albrechtshohe Staudt n. g33), comme ceux de Luluabourg, présentent un indûment nettement caractérisé sur le rachis et le calice, peut-être plus accentué dans le n. g33 de Staudt que dans les échantillons du Congo.
Dans les envois plus récents du Congo nous avons trouvé, en particulier dans ceux de M. Sapin, des échantillons de Carapa procera typiques, c’est-à-dire glabres.
La plante de Luluabourg présentant certaines particularités remarquables, nous l’avons séparée du type sous le nom de Carapa procera var. Gentilii De Wild. Elle porte dans la région le nom indigène : « Monangu » .
Nous ne savons si le C. procera du Kameroun peut être employé aux mêmes usages que la plante de Luluabourg et M. Sapin ne nous dit rien de la plante de Kasongo-Batetela, mais ce qu’il est utile de faire remarquer, c’est que le C. Touloucouna possède, d’après Guillemin et Perroret, des propriétés fébrifuges marquées.
L’huile qui a été extraite des graines de Carapa est très amère, et, d’après M. Boullay cette amertume serait due à un principe alcaloïdique analogue à celui des écorces de
quinquina ; deux autres chimistes, MM. Pétroz et Robinet, ont publié dans le tome VII du Journal dt Pharmacie de Paris une étude sur la présence du même alcaloïde dans les écorces de cet arbre, qui seraient fébrifuges.
Depuis cette époque on n’a plus jamais attiré l’attention sur cette propriété, mais bien sur la valeur des graines au point de vue de la production de l’huile ; celle extraite des graines du Carapa Touloucouna serait toujours solide, même en été, tandis que celle extraite des graines du C. guyanensis serait toujours liquide.
Le Carapa Touloucouna ou Carapa procera DC. est très abondant au Sénégal, où il forme un grand et bel arbre, ses graines donnent dans toute la région une huile dont on se sert surtout comme cosmétique, mais qui est parfois aussi employée dans la médecine indigène, pour guérir les douleurs, les plaies, dartres et autres affections de la peau et du cuir chevelu. Cette huile est même considérée comme purgative et vermifuge, et peut être employée pour l’éclairage et le graissage des machines. Elle a été amenée pendant un certain temps sur le marché de Marseille et a servi à la fabrication de savons pour laquelle elle convient très bien ; depuis quelques années les importations ont notablement diminué et pratiquement cette huile ne se trouve plus dans le commerce à Marseille. On serait parvenu à enlever l’amertume de cette huile et à la rendre presque comestible en la faisant bouillir avec de l’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique. On donne pour cette graine une proportion de 6o p . c . d’huile .
L’étude des Carapa africains mérite d’être reprise, car l’huile qui pourrait être extraite sur place par expression, laisse un tourteau qui peut être de grande utilité pour la fumure. 11 pourrait donc y avoir là, pour les planteurs du Kasai, une source de revenus accessoires.
La composition de ce tourteau varie suivant les auteurs (i).
Eau 12. 50-12.63
Huile 4-46- 9. 99
Matières organiques 70. 15-78.22
Azote 2.68- 4.37
Cendres 4.82- 7.20
Acide phosphorique — 0.86
Ces grandes différences sont dues en partie au fait que les analyses ont été exécutées sur des tourteaux de graines brutes et de graines décortiquées.
Ce tourteau est en général classé parmi les tourteaux suspects pour l’alimentation, il ne doit donc être employé que pour la fumure, et, à ce point de vue, on estime que 1 00 kilos de tourteau de C. procera sont équivalents à 670 kilos de fumier type au point de vue azote, et à qBo kilos au point de vue phosphate.
On a cependant signalé de divers côtés l’emploi du tourteau de ce Carapa dans > l’alimentation du bétail, c’est ainsi qu’il est souvent employé pour cet usage en Sénégam- * bie et qu’au Congo, les fruits sont très estimés des porcs sauvages et même employés comme appâts pour la chasse.
TURRAEA L. ^
Turraea Cabrae De Wild. et Th. Dur. Illust. fl. Congo {1898) p. 3i t. 16; Contr. fl. Congo I (1899) p. 14 et Reliq. Dewevr. {1901) p. 40; De Wild. v Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 3g t. 33 (1908) p. 261.
(i) Consulter : Collin et Perrot. Les résidus industriels employés par l'agriculture, p. 212.
Madibi, juin 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Munkanakana, Monganagana [Kwilu]).
Turraea Vogelii Hook. f. in Hook. Niger fl, (1849) P- ^53 ; Oliver Fl. trop. Afr. I p, 33o; Hiern Cat. Welw. Afr. PI, I p. i3o ; De Wild. et Th. Dur. Mat. fl. Congo I (1898) p. 3i et Contr. fl. Congo I (1899) p. i3; De Wild. Études fl. Bas et Moyen Congo II (1907) p, 3g.
Katola, avril 1908 (A. Sapin. — Arbuste des bois).