‹ Compagnie du KasaiChapitre 45 sur 74 · MEDIA L · texte numérisé non relu

MEDIA L

Melia Azedarach L. Sp. pl. ed. I (i753) p. 384 ; Bot. Mag. (1807) t. 1066; Oliver Fl, trop. Afr. I p. 332; Guerke in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. p. 23i ; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I ("1899) p. i5; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. i3o; De Wild. Mission Laurent (1903) p. 37 et Not. pl. util. ou intér. du Congo 1(1903) pp. 42-49 (i9o5) pp. 486-488; Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 262.

Meha angustifolia Schumach. et Thonn. Beskr. Guin. Pl. (1827) p. 214.

Lonkala, septembre 1906 (A. Sapin); Sankuru, septembre igo8 (A. Sapin).

Observations. — Le Melia Azedarach n’est certes pas indigène au Congo, comme on l’a parfois cru, mais il y a été introduit par la culture, comme d’ailleurs dans la plupart des régions tropicales. C’est un arbre pouvant atteindre 40 pieds de haut, à tronc assez court, à couronne large, à feuilles réunies au sommet des ramifications, bipennées, à folioles ovales, aiguës, plus ou moins profondément dentées ou lobées, glabres sur les deux faces, à fleurs disposées en panicules axillaires, dressées, rosées ou violacées, à odeur assez douce et agréable, à fruits drupacés de la grosseur d’une cerise. La couleur des fleurs a fait donner à cet arbre, dans certaines parties de notre Congo, le nom de « Lilas des Falls »; dans la région du Kasai cette essence paraît assez répandue.

Ce Melia paraît originaire de l’Himalaya, où on le rencontrerait à l’état sauvage entre 2,000 et 3, 000 pieds d’altitude. Il aurait été, croit-on, introduit dans les régions méridionales des Indes par les Mahométans; mais d’autres auteurs, assez nombreux, lui assignent comme patrie le Nord des Indes, la Perse et la Chine.

La vaste dispersion, en grande partie artificielle, fait que cette plante, fréquemment employée comme arbre d’ornement, a été décrite sous toute une série de noms diflérents et l'on a essayé son emploi en pharmacie.

Le Melia Azedarach croît rapidement, même dans des sols peu riches; cependant, un terrain à sous-sol très humide ne lui convient guère, car ses racines pourrissent assez rapidement. A l’âge de 4 à 5 ans, les plantes atteignent 6 à 7 mètres de haut et 5o centimètres de circonférence, portant pendant toute l’année des fleurs et des fruits.

On ne connaît guère la constitution chimique de ce végétal; M. J. Oudenampsen a étudié la chimie du Melia Azedarach, le « Xoan» des Indo-Chinois, « Mindi », des Indes Néerlandaises et de Chine, ou « Lilas des Indes, de la Chine, du Japon, de Perse et des Barbades ».

L’écorce desséchée arrive dans le commerce, principalement en Amérique, en goût-

tières; elle a environ o m. oi d’épaisseur, et possède une odeur légèrement aromatique, un goût amer et nauséeux. Dans la pharmacopée des États-Unis de l’Amérique du Nord, l’écorce est décrite avec soin, et on la considère comme un anthelmintique assez énergique.

M. Oudenampsen (i) a résumé les propriétés qui ont été attribuées un peu partout à cette plante.

Dymoch, dans la « Pharmacographia Indica » , rapporte que l’arbre exsude une gomme qui a beaucoup de rapports avec celle du Melia Asedarachta, une espèce du même genre, qui n’a pas une dispersion aussi vaste.

On peut extraire des fruits du Melia Azedarach, par expression, 5o à 6o p. c. d’une sorte de graisse d’un jaune sale, devenant assez rapidement rance et se liquéfiant vers 35 degrés. Cette huile, qui porte le nom d’ « huile de margosa », peut être employée dans la savonnerie; elle paraît excellente comme huile d’éclairage et pour la peinture; elle jouirait même de propriétés antirhumatismales.

Les fruits verts entrent, au Texas, dans la fabrication du cirage, et, pendant la dernière guerre, les fruits furent employés en Géorgie pour l'obtention, par fermentation et distillation, d’une sorte de whisky, qui fut même préféré à l’alcool obtenu au moyen du blé et du riz.

On prétend aussi que les feuilles et les fruits de ce Melia préserveraient les fruits secs des attaques des insectes et éloigneraient les mites du linge; une décoction des fruits pulvérisée sur les plantes est, dit-on en Amérique, un excellent insecticide.

Le fruit serait vénéneux, mais pourrait être employé en usage externe et interne, comme d’ailleurs l’écorce et les feuilles, contre la lèpre et la scrofulose. Les indigènes ont foi en cette plante et fabriquent, à l’aide des fruits, des colliers pour se préserver des maladies contagieuses. On cite des cas où l’ingestion de fruits de cette plante a amené la mort, en particulier celui d’une jeune fille européenne chez laquelle s’est manifestée d’abord une perte de sensibilité suivie rapidement de mort.

Les Chinois, qui se servent de ces fruits comme vermifuge, les font cuire dans du vin et boivent cette décoction sans en être, semble-t-il, incommodés; eux mêmes, cependant, considèrent les graines comme amère?, et les feuilles comme toxiques.

Descourtilz, dans sa célèbre « Flore médicale des Antilles », considère l’ingestion de 6 à 8 graines comme suffisante pour provoquer des crampes et des symptômes cholériques souvent suivis de mort.

Mais s’il paraît prouvé que les fruits constituent un poison pour l’homme, les chèvres et les moutons les consomment impunément et avec plaisir.

On prétend que les fleurs et les feuilles appliquées sous forme de cataplasme guérissent les névralgies ; le suc des feuilles administré intérieurement, est réputé anthelmintique, antilithique, diurétique et emménaguoge ; il réduirait les humeurs froides. Ces mêmes feuilles pourraient aussi débarrasser les animaux des insectes parasites et fréquemment elles sont employées à cet usage à la Réunion.

Un cataplasme de feuilles jouirait aussi de la propriété de guérir les éruptions du cuir chevelu ; les Chinois d’ailleurs emploient ces feuilles dans beaucoup de maladies de peau.

(i) Bijdrage tôt de kcnnis vaa Mrha Aitdivacli L-, Utrecht, 1902.

Là ne s’arrêtent pas encore les propriétés de cette plante ; on attribue, en effet, à la décoction de ses feuilles des propriétés stomachiques et astringentes et elles peuvent aussi servir à préparer une teinture, comme cela se voit aux Indes.

Quant à l’écorce, elle est non seulement un anthelmintique énergique, mais aussi cathartique, vomitive et, grâce à ses propriétés toniques, elle équivaudrait à l’écorce de quinquina et pourrait rendre des services pour combattre, par exemple, le choléra morbus et d’autres affections de l’intestin. C’est la partie interne de l’écorce qui renfermerait surtout les principes actifs. Mais l’écorce, et en particulier celle de la racine, doit être employée fraîche, car sinon elle perd la plus grande partie de ses propriétés vermifuges. La décoction de l’écorce récoltée en mars et en avril produirait la stupeur et une dilatation de la pupille, mais ces effets disparaissent, semble-t-il, rapidement. Ce serait dans la couche interne de l’écorce de la racine que résiderait surtout le principe actif, que l’on a isolé sous forme d’une résine jaunâtre. Préparé en exti-ait fluide, à base d’alcool fort, le Melia Asedarach paraît un des meilleurs vermifuges, surtout quand on l’associe à un purgatif mercuriel.

Ce Melia est aussi employé en Chine pour la pêche.

Outre les emplois médicinaux, cette plante possède encore une certaine valeur par son bois d’un jaune blanchâtre ou rose, dur et résistant; les cercles annuels apparaissent en brun foncé, ce qui donne de très belles veines. Le grain du bois de Melia est fin, serré, et cette particularité permet l’obtention d’un beau poli et de reflets d’un bel aspect. Ce bois peut être employé pour la menuiserie, l’ébénisterie, il ne se fend guère, on peut également l’usager dans la fabrication des instruments de musique, il paraît très recherché dans ce but en Chine et au Japon.

Nous devons cependant ajouter que certains auteurs ont considéré ce bois comme de peu de valeur : c’est ainsi, par exemple, que l’on rapporte qu’à la Martinique et à la Guadeloupe ce bois est réputé comme mou et cassant et bon seulement pour le chauffage.

On peut se demander s’il s’agit bien de la même espèce ou si une différence de conditions de végétation amène, dans le bois, un tel changement de propriétés.

En Indo-Chine on rencontre deux variétés différant par leur bois ; le Xoan-Ha à bois rougeâtre et Xoan-Trang à bois blanchâtre, tous deux très estimés, car ils résistent aux attaques des termites, grâce à leur amertume.

On a préconisé cette essence pour le reboisement de terres impropres à la culture, en moins de dix ans on pourrait obtenir des troncs de 25 à 3o cm. de diamètre ; sous l’abri de ces arbres, dont le bois pourrait être employé à divers usages, il est possible d’introduire des plantes délicates. Aussi a-t-on, dans ces dernières années, conseillé le Melia Azedarach comme ombrage pour le caféier, à la condition de le tailler convenablement dans le jeune âge. Des essais de ce genre ont été faits surtout dans la Régence de Préanger, où l’on trouve, paraît-il, actuellement des caféiers de Libéria eroissant admirablement sous cet abri.

Les graines de Melia sont semées en pépinières, germent facilement et les germinations sont transplantées très aisément quand les plantules ont atteint 3o à 40 cm. de hauteur à une distance de 4 mètres; si, dans l’avenir, l’ombrage fourni par ces arbres est trop considérable, il sera facile d’en enlever quelques-uns.

Cette plante, répandue à cause de la beauté de ses fleurs, mérite donc d’attirer l’attention du planteur à plus d’un titre ; huile industrielle, bois utile, produits médicinaux. Il serait utile de faire avec cette plante quelques expériences locales qui ne seraient guère difficiles. Il faut cependant faire remarquer que les renseignements

obtenus de planteurs de l’Afrique orientale allemande sont peu favorables, ils ont observé que le Melia souffre beaucoup lui- même du vent et que, fréquemment, il est attaqué par les Loranthus ; ce ne sont pas là cependant des empêchements complets à un essai de culture, car beaucoup de plantes de grande culture, même les caféiers et les cacaoyers sont sujets à être envahis en Afrique par des Loranthus. Ce qu’il faut envisager c’est le rendement possible, secondaire toujours, de cet arbre.

Rappelons les résultats principaux des recherches chimiques effectuées par M. Oudenampsen, elles peuvent guider le colon : l’écorce du Melia renferme une substance stupéfiante pour le poisson; cette substance est soluble dans l’eau, mais perd ses qualités par la cuisson. L’écorce renferme une résine difficilement saponifiable, de la ph}dostérine, de l’acide azedarachique, un tanin qui donne un précipité vert par le perchlorure de fer, de la saponine, d’où la plante tire son action stupéfiante sur les poissons, et une substance amère.

Malgré toutes les indications fournies par les auteurs, M. Oudenampsen croit pouvoir conclure que l’action anthelmintique du Melia Azedarach est douteuse. Il serait donc vivement à souhaiter que de nouvelles recherches soient entreprises sur cette plante, elle est, sans le moindre doute, une plante qui peut être utile au planteur.

TRICHILIA L.

Trichilia Pynaertii De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 265.

Madibi, 28 juin 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Mpana [Kwilu], Sobulolo [Bangala]).

Trichilia retusa Oliver Fl. trop. Afr. I (1868) p. 658 ; Guerke in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. p. 282; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1903) p. 5i, II (1907) p. 40 et Mission Laurent (1905) p. 126.

Kasai (Éd. Luja).

DICHAPETALUM Thou.

Dichapetalum Lujaei De Wild. et Th. Dur. Mat. fl. Congo VIII (1900) p. 3 ; PI. Gilletianae I (1900) p. 8; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen- Congo I (1906) p. 273,11 (1907) p. 41,111 p, loget Mission Laurent (1906) p. 326.

Stanley-Pool (Éd. Luja); Madibi, 1906 (A. Sapin).

Euphorbiaceae.

PHYLLANTHUS L.

Phyllanthus Niruri L. Spl. pl. ed. II (1763) p. 981 ; Muell. Arg. in DC. Prod. regn. veget. XV, 2 p. 426; De Wild. Mission Laurent (igoS) p. 127 et Études Fl. Bas et Moyen-Congo II p. 266.

Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Plante de la plaine).

Observations. — Bien que cette plante présente à première vue des différences assez nettes avec le P. Niruri L. type, nous n’avons pu les considérer comme suffisantes pour en former même une variété ; les folioles sont très réduites, atteignent au maximum 6 millimètres de long, elles ne mesurent souvent que 2 millimètres de long; les rameaux sont relativement courts et fastigiés, ce qui communique un faciès assez particulier à la plante. Cette transformation est peut-être due aux conditions de milieu et, dans le cas présent, à la sécheresse, cette plante se développant dans la plaine de la zone du Kasai.

MAESOBOTRYA Benth.

Maesobotrya hirtella Pax in Engler Bot. Jahrb. XXVIII (1900) p. 21; De Wild. Mission Laurent (i9o5) p. i25 et Études Fl. Bas et Moyen- Congo I p. 2jS-, II p. 268.

Bienge, octobre 1907 (A. Sapin); Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Nom indig. : Ekakoloka [Bangala]. — Les feuilles jeunes sont comestibles); Atènes, novembre 1907 (A. Sapin).

Maesobotrya Sapini De Wild. Etudes Fl. Bas et Moyen-Congo II (1908)

Staphysora Sapini De Wild. 1. c. (1908) p. 268.

Madibi, juin 1906 et juillet 1906 {A. Sapin. — Noms vern. ; Smanebuko [Kwilu], Kimanabuka [Kasai]; Kakoloka [Bangala].

— — var. brevipetiolata De Wild. 1. c. (1908) p. 269.

Dima, avril 1907. A. Sapin.

HYMENOCARDIA Wall.

Hymenocardia acida Tul. in Annal, sc. nat. Sér. 3, XV' (i85i) p. 256; Oliv. et Grant in Trans. Linn. Soc. XXIX (1875) p. 145 t. 94; De Wild. et Th. Dur. PI. Gilletianae I (1907) p. 47; Contr. fl. Congo I (1899) 49; II (1900) p. 56 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 207; De Wild. Études Él. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 269.

Léopoldville (Ed. Luja); Bena-Dibele (Éd. Luja); Atènes, novembre 1907 (A. Sapin. — Arbre de la plaine).

ANTIDESMA L.

Antidesma laciniatum Muell. Arg. in Flora (1864) p. 629 et in DC. Prod. regn. veget. XV, 2 p. 260; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 270.

Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin).

Antidesma membranaceum Muell. Arg. in Linnaea XXXIV (i865-i866) ; Pax in De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. 49 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 206; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 270.

Madibi, juin igo6 (A. Sapin. — Nom vern. : Mosalasala [Kwilu]); Dilolo, juin 1908. (A. Sapin. — Arbre des galeries); Bienge, octobre 1908 (A. Sapin, — Grand arbre des bois).

Antidesma venosum E. Mey. ex Tul. in Annal, sc. nat. Sér. 3 XV (i85i) p. 282; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. 49 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 206; Hiern Cat. Wehv. Afr. PI. I g65 ; De Wild. Études fl. Kat. (1902) p. 79; De Wild, Mission Laurent (igoS) p. 128; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 270 (« nervosum » err. cal).

Luozi (Éd. Luja); Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Grand arbre des bois.)

UAPACA Baill.

Uapaca microphylla Pax in Engler Bot. Jahrb. XXIII (1897) p. 523;

De Wild. Études Fl. Katanga (igo3) p. 206.

Katola, avril 1908 (A. Sapin. — Grand arbre des bois, servant à faire des pirogues. — Nom ind. : Mussenge [Bangala]).

BRIDELIA WiLLD.

Bridelia micrantha Muell. Arg.; De Wild. Étud. Fl. Bas et Moyen Congo

1 p. 275; II p. 276.

— — var. ferruginea (Benth.) Muell. Arg. in DC. Pr. Regn. Veg. XV,

2 (1868) p.498; De Wild. Mission Laurent p. 128 et Études Fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 276.

.Sankuru, septembre 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Kufasukite [SankuruJ, Bolanga [Bangala]. — Les écorces servent en tisanes contre les maux de dents).

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