‹ Compagnie du KasaiChapitre 46 sur 74 · CROTON L · texte numérisé non relu

CROTON L

Croton Mubango Muell. Arg. in Seem. Journ. of Bot. II (1864) p. 338; Ficalho PI. Uteis p. 969; Hiern Cat. Welw. Afr. PL I p 969; De Wild. et Th. Dur. PI. Gilletianae II p. 96 et et Reliq. Dewevr. (1906) p. 208; De Wild. Mission Laurent (igo5) p. 128 et Études fl. Bas et Moyen- Congo I (1906) p. 276; II (rgo8) p. 277.

Boala (Éd. Lescrauwaet) ; Kansombi, juin 1907 (A. Sapin. — Nom ind. : Monianga [Bangala]; Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Nom ind. : Bognianga [Bangala]).

CROTONOGYNE Muell. Arg.

Crotonogyne Sapini De Wild. nov. spec.

Plante des marais, dioïque, à rameaux munis à l’état jeune de lépides plus ou moins étoilés. Feuilles très courtement pétiolées, à pétiole atteignant 5 millimètres de long, muni de lépides et pourvu à la base de stipules falciformes environ aussi longues que le pétiole, à limbe obovale ou oblong, muni à l’état jeune de poils ou de lépides étoilés sur les deux faces, devenant glabre à l’état adulte, atteignant i3.5 centimètres de long et 5 centimètres de large, arrondi ou légèrement subcordé à la base, celle-ci munie de 2 glandes^ plus ou moins brusquement acuminé au sommet, à acumen atteignant 1 5 millimètres de long et 5 millimètres de large environ dans sa partie médiane. Inflorescences mâles de x i à i3 centimètres de long, à rachis à poils simples et à lépides étoilés mélangés. Fleurs mâles en glomérules plus ou moins distants, naissant à la base de bractées de 3 millimètres environ de long, velues. Fleurs femelles et fruits inconnus.

Bondo, septembre 1907 (A. Sapin. — Nom indig. ; Mofofoi [BangalaJ. — Plante fétiche dont les cendres sont placées dans des incisions de la peau pour rendre l’indigène habile dans la pêche).

Observations. — Par les caractères que nous venons de rappeler le C. Sapini se rapproche du C. Manniana Muell. Arg. (Cf. Fax in Engler Bot. Jahrbüch. XIX p. 82). Comme chez lui les inflorescences sont environ aussi longues que les feuilles, mais les feuilles ne sont pas chez le C. Sapini longuement rétrécies, spatulées vers la base, mais au contraire subcordées. Nous ne pouvons malheureusement tirer de caractère des fleurs mâles, celles de notre échantillon étant en fort mauvais état.

MANNIOPHYTON Muell. Arg.

Manniophyton africanum Muell. Arg. in Flora XL VII (1864) p. 53i; Th. Dur. et De Wild. Mat. fl. Congo II (1898) p. 59; De Wild. Not. pl.util. ou intér. du Congo I (1903) pp. 3i-32; Mission Laurent (ipoS) p. 129 et Études Fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 279.

Kwilu, juillet 1908 (A. Sapin. — Noms vern. ; Mosamba [Sankuru], Lukosa [Bangala]. — Les fibres servent à faire des cordes pour les filets de pêche); Sankuru, septembre 1908 (A. Sapin. — Nom vern. : Lukosa [Bangala]); Bena - Dibele (Éd. Lescrauwaet) ; Djoko - Punda , novembre ipoS (Éd. Lescrauwaet, n. 398).

Manniophyton fulvum Muell. Arg. in Seem. journ. of Bot. II (1864) p.332; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 972 ; DeWild. et Th. Dur. Reliq. Dewevr. (1901) p. 208; De Wild. Not. pl. util. ou intér. du Congo I (1903) p. 32; Mission Laurent (1905) p. 129 et Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 276.

Sonagongo (Ed. Luja); Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Noms indig. : Bussamboi [Baluba], Lokossa [Bangala et Batetela]. — Plante textile) ; Dima, janvier 1908 (A. Sapin. — Nom indig. : Mussambo [Baluba]).

CLAOXYLON A. Juss.

Claoxylon africanum [Baill.] Muell. Arg. in DC. Prodr. XV (1866) p. 2777; De Wild.etTh. Dur. PI. Gilletianae I (1900) p.47 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 209 ; De Wild. Mission Laurent (1905) p. i3o et Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 279.

Trewia africanum Baill. in Adansonia I (1860) p. 68.

Sankuru, septembre 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Masoha [Sankuru] ; Ntenteke [Bangala]. — Les feuilles sont comestibles et constituent un excellent légume).

MALLOTUS Lour.

Mallotus oppositifolius [Geisel.] Muell. Arg. in Linnaea XXXIV (i865- 1866) p. 170; Pax in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. p. 238; Th. Dur. et De Wild. Mat. fl. Congo II (1898) p. 60 ; De Wild. et Th. Dur. PI. Thonnerianae (1900) p. 21 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 211; Hiern Cat. Welw. Afr. PL I p. 980; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 276 et Mission Laurent {igo5) p. i3o.

Croton oppositifolius Geiseler Croton Monog. (1807) p. 23.

Luebo (Éd. Lescrauwaet) ; Kwilu, décembre 1907 (A. Sapin).

ALCHORNEA Sw.

Alchornea cordifolia Muell. Arg. in Linnaea XXXIV (i865-i866) p. 170 ; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo H (1899) p. 67; De Wild. Mission Laurent (i9o5)p. 129 et Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 276; II (1908) p. 280.

Alchornea cordata Benth. in Hook. Niger Fl. (1849) p. 607 ; Hiern Cat, Welw. Afr. PI. I p. 979.

Kasongo-Batetela (A. Sapin. — Noms vern. : Diongi [Batetela]; Libunji [BangalaJ); Mushenge, octobre 1905 (Éd. Lescrauwaet, n. 889); Bienge, octobre 1907 (A. Sapin, — Noms ind. : Djileondji [Bangala]; Ditolo [Baluba]. — Le long des cours d’eau et dans la plaine).

MACARANGA Thou.

Macaranga saccifera Pax in Engler Bot. Jahrb. XIX (1894) p. 98; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo II (1900) p. 87 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 212; De Wild. Mission Laurent (1908) p. i3o tab. 89-41 et Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 288.

Madibi, juin 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Motukunkao [Kwilu]; Kolokote [Bangala]).

ACALYPHA L.

Acalypha Vahliana Muell. Arg. in Linnaea XXXIV (i865-i866) p. 48; Hiern Cat.Welw.Afr. PL I p. gy8; DeWild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) P- 5i; II (1900) p. 57 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 211 ; DeWild. Mission Laurent (i9o5) p. i3i et Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 284.

Acalypha ciliata Vahl. Symb. bot. I (1790) p. 77 tab. 20.

Sona-Gongo (Éd. Luja).

PYCNOCOMA Benth.

Pycnocoma Sapini De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1908) p. 285.

Sankuru, septembre 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Montende [Bangala] ; Montende [Sankuru]).

Pycnocoma trilobata De Wild. Mission Laurent (1905) p. i32 tab. 18.

Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Arbuste des bois).

RICINUS L.

Ricinus communis L. var.

Bondo, septembre 1907 (A. Sapin) ; Bienge, octobre 1907 (A. Sapin. — Nom ind. : Modiantondo [Baluba]. — Les tiges servent à faire des tuyaux de pipe).

Observations. — Le ricin est, d’après certains auteurs, originaire des Indes, et on lui donne, comme patrie, l’Asie méridionale ; d’autres botanistes croient cette plante spontanée dans l’Afrique tropicale. D’après De Candolle, le pays d’origine du ricin serait sûrement l’Abyssinie, en particulier les régions du Sennaar et du Kordofan, et il pourrait se faire qu’il soit également spontané dans le Mozambique et la Guinée, dès lors il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’il soit indigène au Kasai.

Le ricin appartient à la famille des Euphorbiacées et se rencontre sous forme de nombreuses variétés d’une seule espèce dénommée : Ricinus communis L.

Actuellement, cette plante est répandue dans presque toutes les régions tempérées et tropicales du globe et dans beaucoup de régions elle paraît se rencontrer à l’état subspontané.

Tandis qu’en Afrique, dans les Indes et dans les autres régions tropicales où elle a été introduite, cette plante est vivace, dans les régions tempérées elle devient annuelle, et fréquemment, ses fruits n’arrivent pas à maturité, aussi est-ce surtout pour ses qualités ornementales et non pour sa graine qu’elle s’y trouve cultivée.

Le ricin est connu depuis la plus haute antiquité, des graines ont été retrouvées dans les tombeaux égyptiens ; il semble que les anciens Égyptiens aient employé, non seulement les fruits, mais encore l’huile et la feuille.

C’est principalement pour l’huile fournie par ses graines que le ricin est cultivé ; cette huile était employée déjà dans l’antiquité comme huile à brûler. Quant aux pro-

priétés médicinales elles sont connues depuis moins longtemps. Pline signale l’extraction de l’huile soit par ébullition de la graine, soit par un mélange de graines et de sel et par expression de la masse. Il lui reconnaît des propriétés purgatives et lui accorde des vertus curatives contre ; brûlures, maladie des articulations, des oreilles, la gale.

C'est aussi pour l’huile que les indigènes du Kasai cultivent le ricinier autour de leurs cases. C’est très souvent la rareté ou l’absence de palmiers à huile qui pousse l’indigène, comme par exemple dans la région de Katola-Dilolo, à cultiver les variétés de ricins pour extraire des graines l’huile nécessaire à la toilette. M. Sapin a pu voir dans cette région de vastes cultures, de véritables champs de riciniers.

La racine a été préconisée dans le temps contre les douleurs de reins, la feuille contre les abcès et les maladies des yeux. L’huile n’est plus aussi réputée en médecine, bien qu’elle soit restée un purgatif énergique, mais elle a trouvé son emploi dans l’industrie de la savonnerie et pour le graissage des machines.

Jusqu’au commencement du XIX® siècle, l’huile de ricin était importée d’Amérique, surtout du Brésil et des Antilles, mais lors des guerres de Napoléon avec l’Angleterre, l’Europe dut fabriquer elle-même l’huile qu’elle ne pouvait obtenir d’Amérique ; le Midi de la France et l’Italie fournirent les graines dont, par l’eau bouillante, on extrayait l’huile; celle-ci chauffée jusqu’à évaporation complète de l’eau, était purifiée par filtration. Depuis lors, cette méthode primitive a été remplacée et l’on obtient une plus belle huile.

Le ricin est une plante arborescente qui peut atteindre quatre mètres de haut. Les variétés rencontrées en Afrique tropicale ne paraissent pas atteindre cette hauteur.

Sa tige fistuleuse varie fortement de couleur; ses feuilles alternes sont longuement pétiolées, à pétiole mesurant parfois 40 centimètres de long, le limbe est palmatinervé et palmatilobé, variant en diamètre de 20 à 60 centimètres, et fréquemment recouvert comme les autres parties du végétal d’un enduit cireux, glauque.

Les fleurs du ricinier sont disposées en grappes multiflores terminales ou axillaires, les fleurs sont mâles ou femelles, mais existent dans la même inflorescence, celles de la base sont ordinairement mâles, celles du sommet femelles, les inflorescences peuvent mesurer 5o centimètres de long et même davantage. Les fleurs mâles sont à étamines nombreuses, les fleurs femelles possèdent un ovaire à trois carpelles ou triloculaire, surmonté d’un style à trois branches. Le fruit est capsulaire, sa couleur varie, il est? déhiscent ou indéhiscent suivant les variétés; ce caractère est important à consigner, car les variétés à fruits indéhiscents, telles que le Ricinus communis var. minor de l’Inde, sont plus difficiles à travailler et exigent une plus longue manipulation.

La grandeur des graines est très variable, on a observé des graines de 9 à 20 millimètres de long, de 6 à 17 millimètres de large et de 4,25 à 9,5 millimètres d’épaisseur. Cette graine est donc toujours plus ou moins ovale, brunâtre, rayée ou tachetée de brun foncé, ce qui permet de la reconnaître parmi un grand nombre d’autres graines. Ces taches sont dues à une matière résineuse ; d’après les observations de M. Poisson, la résine est localisée dans certaines cellules du tégument externe, et elle peut être enlevée par la potasse. La graine de ricin, arrondie à une de ses extrémités, possède à l’autre extrémité un renflement ou caroncule, comme d’ailleurs beaucoup de graines d’Euphorbiacées.

M. A. Sapin a remarqué surtout deux variétés qu’il caractérise sommairement comme suit, mais dont nous n’avons malheureusement pas pu étudier de matériaux authentiques et complets :

1° L’une, à petites graines grisâtres, à tiges vertes, à feuilles relativement petites qu’on rencontre beaucoup dans le Bas-Congo ;

2° L’autre, à graines deux à trois fois plus grosses et tachetées de diverses couleurs.

Les feuilles et les tiges plus vigoureuses prennent un ton violacé caractéristique.

Mais à côté de ces deux variétés qui ont frappé M. A. Sapin par une série de caractères, il doit en exister bien d’autres, car parmi quelques graines recueillies au hasard par cet agent, il s’en trouvait de très différentes les unes des autres, et une d’elles se distinguait non seulement par un coloris d’un brun noirâtre foncé, peu tacheté de blanc, mais encore par une forme très allongée, environ quatre fois aussi longue que large.

Il y a donc là une indication.

La culture des riciniers étant importante pour les indigènes, il devient nécessaire pour les blancs de rechercher, tant dans leur intérêt que dans celui de la population qu’ils ont à éduquer, laquelle des variétés il convient de propager spécialement.

Le ricin, comme plusieurs autres plantes de la même famille, renferme de l’acide cyanhydrique, qui paraît se développer sous certaines conditions chez beaucoup de végétaux; il existe aussi dans les Manihot et dans les Hevea.

La graine de ricin a souvent la constitution moyenne suivante :

Eau 6 p. c.

Matières azotées ig » »

Huile 66 » »

Matières azotées solubles 3 » »

Cellulose 2 » »

Cendres 3 » »

Mais dans beaucoup de graines de ricin la teneur en huile ne dépasse guère 45 p. c.

Les graines de ricin renferment en outre une substance toxique qui a été dénommée « Ricine » par MM. Kobert et Stillmark. Cette substance est neutre, sans goût ni odeur. Ce poison se conserve pendant des années dans la graine sèche et est toxique pour l’homme et pour les animaux. C’est la raison pour laquelle la graine et ses dérivés ne peuvent entrer sous aucune forme dans l’alimentation.

Le ricin est une plante éminemment variable, aussi les anciens avaient-ils élevé au rang d’espèces les nombreuses formes observées et qui sont des variations dues aux conditions de milieu. On a prouvé que les ricins de semis ne conservent pas toujours les caractères de leurs parents, preuve que les caractères de forme, de couleur de la plante et des feuilles sont en grande partie sous la dépendance des facteurs extérieurs.

Par des recherches déjà anciennes, qui n’ont pas été reprises, et qui mériteraient de l’être au point de vue agronomique, on a groupé les très nombreuses variations du ricinier sous dix-sept noms, en se basant sur la forme et la grosseur des capsules, la grosseur et la couleur des graines.

Nous ne pouvons entrer dans les détails de cette classification, sans intérêt pour le moment ici, puisque faute d’éléments, nous ne pourrions rapporter les plantes observées par M. Sapin, à l’une ou l’autre des variétés du botaniste Mueller-Arg.

La culture du ricin est possible dans les climats les plus variés, mais si l’on envisage sa culture au point de vue d’un rendement commercial et industriel, il ne faudra la faire que dans une région chaude; sous les tropiques, la graine de ricin contient un pourcentage d’huile qui peut atteindre 60 p. c., tandis qu’une même variété donne parfois, dans les

régions plus froides 3o p. c. d’huile seulement. Il faut, à ce sujet, faire cependant la remarque suivante : si, dans les régions tropicales, le pourcentage d’huile est plus considérable, cette huile a moins de valeur et ne peut souvent être employée que dans l’industrie; les ricins cultivés dans les régions subtropicales paraissent être les seuls dont on puisse extraire de l’huile médicinale. Dans ce cas, la valeur du produit compenserait donc, jusqu’à un certain point, la quantité.

Mais au Congo, en particulier dans la région du Kasai, il ne sera jamais question de faire la culture du ricinier pour obtenir de l’huile médicinale ; cette culture mérite d’être faite pour remplacer l’huile de toilette, et peut-être pour obtenir sur place de l’huile de graissage et d’éclairage. Peut-être un jour pourrait-on songer à son exportation.

Comme toutes les plantes à croissance rapide, le ricin a besoin d’eau, on ne pourra par suite essayer sa culture dans les pays où les pluies sont rares et où l’irrigation ne pourrait se faire. Aussi voyons-nous les indigènes du Kasai cultiver généralement le ricinier le plus près possible des régions humides, c’est-à-dire sur les versants, dans les vallées, ou près des rideaux forestiers.

Le semis s’effectuera au commencement de la saison des pluies et, si la culture se fait dans une région subtropicale, on attendra la fin de la période de refroidissement. On ne peut espérer obtenir une récolte dans un terrain pauvre; comme le montre l’analyse chimique de la graine, les cendres renferment une notable quantité de sels minéraux que

la plante prend au sol.

Chaux ii,3i p. c.

Magnésie y,33 » »

Oxyde de fer 0,89 » »

Acide phosphorique 38,65 » »

Acide sulfurique 2,21 » »

Chlore 0,89 » »

Potasse 29,52 » »

Soude 8,75 » »

Sans une forte proportion d’acide phosphorique et de potasse, le sol ne pourra fournir à la plante les éléments capables de donner de bonnes graines.

On a prétendu que le ricin enrichissait le sol dans lequel il était planté. Ce qui a pu faire croire à cette action du ricin, c’est qu’après destruction du pied les racines restent dans le sol qu’elles enrichissent en matières organiques et rendent plus meuble, mais il n’y a jamais véritable enrichissement.

Avant de commencer le semis on fait subir au terrain à cultiver un labourage profond. Les graines, trempées dans l’eau tiède pendant un à deux jours, sont disposées par deux à cinq dans des trous et recouvertes de 2 à 3 centimètres de terre ; le minimum d’espace entre les plants est de 60 centimètres, le maximum de 5 mètres, il dépend naturellement de la variété cultivée; le nombre de pieds variera donc de i,8oo à 10,000 pieds par hectare, il devra être déterminé par des expériences.

Les graines lèvent environ au bout de 10 jours et quand les plantules atteignent 10 à i5 centimètres on arrache les plus faibles, n’en laissant qu’une. La plantation sera entretenue avec soin pendant le jeune âge, au bout de peu de temps, la plante deviendra suffisamment forte pour étouffer toutes les mauvaises herbes.

Si l’on veut cultiver le ricin en plante vivace, on aura grand avantage à installer entre les pieds des cultures intercalaires, soit de rapport, soit destinées à enrichir le sol.

Si la culture du ricin est destinée à persister plusieurs années, on aura avantage à effectuer au début de la quatrième année un pincement de l’extrémité des axes et des rameaux, de manière à les ramener à 2 mètres 5o centimètres de haut, pour faciliter la récolte, celle-ci devant être faite à la main. A partir de la même époque, il faudra songer à restituer au terrain, si moyen, par des engrais chimiques, les éléments minéraux enlevés au sol et qui sont de première nécessité pour la plante.

Dans certaines régions des Indes, l’indigène s’est aperçu de l’importance de l’apport d’un engrais et il emploie un amendement à base de cendres de bois et de bouse de vache.

Le ricin a fort peu d’ennemis, il possède au contraire la propriété de chasser un grand nombre d’insectes. Les terrains sur lesquels cette plante a été cultivée seraient préservés, dit-on, de beaucoup d’insectes pendant plusieurs années ; pour cette raison on a essayé, dans certaines régions, de préserver d’autres végétaux de culture en plantant au bord des champs des pieds de riciniers, ou en les intercalant entre les rangées des autres plantes. Cette propriété préservatrice est peut-être un peu exagérée, cependant les tourteaux jouissent indiscutablement de propriétés insecticides.

La plante atteint sa maturité au bout de 4 à 6 mois après le semis, parfois plus tôt pour les variétés hâtives, les capsules mûres sont dures et cassantes, et doivent être enlevées au fur et à mesure de la maturité et avant qu’elles n’éclatent. Les fruits sont mis en tas de y 5 centimètres de hauteur, pendant quelques jours, sous un hangar, puis on les étend au soleil, dans un endroit sec, en les retournant plusieurs fois par jour. On aura soin d’entourer l’espace dans lequel les graines sont séchées d’une cloison en planches d’au moins i mètre de hauteur, afin d’empêcher les graines projetées de se perdre. Au bout de 4 à 5 jours les capsules ont laissé échapper la plupart de leurs graines, on achève leur libération par un brassage. On sépare ensuite graines et débris par vannage.

Il n’est peut-être pas sans utilité de jeter un coup d’œil sur les principaux procédés de préparation de l’huile.

Au Bengale, la graine est écrasée dans un mortier, puis bouillie avec 4 fois son volume d’eau, l’huile est écumée et après refroidissement on opère une nouvelle séparation fournissant une huile de qualité supérieure. D’autres fois la graine est bouillie, puis séchée, enfin traitée comme dans le premier cas, ou encore la graine trempée pendant une nuit dans l’eau est broyée et la pulpe pressée laisse écouler l’huile que l’on recueille dans des vases spéciaux.

Cette huile, naturellement très impure, ne peut être employée que comme huile à brûler. Parfois la graine est grillée avant d’être bouillie avec de l’eau.

Pour obtenir de l’huile plus pure, on peut placer les graines dans des tubes où elles sont soumises à une pression légère qui chasse l’air et en forme des gâteaux entassés les uns sur les autres, séparés par des plaques de fer et soumis à une pression de plus en plus forte sous une presse hydraulique. L’huile dérivée de cette pression est bouillie avec de l’eau, un demi-litre d’eau environ pour 4 à 5 litres d’huile ; on fait bouillir jusqu’à évaporation complète de l’eau. L’huile est filtrée et, si elle a été bien préparée, elle est d’un beau jaune, parfois verdâtre.

Aux États-Unis, les graines sont séchées au four pendant une heure, puis mises sous une presse à vis. L’huile qui s’écoule est additionnée de son volume d’eau puis chauffée, afin de séparer les matières albuminoïdes; après refroidissement, l’eau est soutirée et l’huile est mise en caisse pendant huit heures, ensuite on l’expose au soleil pour la blanchir.

Actuellement, dans bien des régions tropicales, quant il s’agit de faire l’extraction de l’huile de ricin dans un but industriel, on remplace la main-d’œuvre par des appareils plus ou moins perfectionnés, diminuant le travail et donnant un plus fort rendement.

En France, où l’on reçoit des graines en assez grande quantité, le matériel d’extraction est devenu très compliqué.

Les graines reçues, généralement décortiquées, sont blutées et triées en séries de grosseurs différentes, elles passent dans des laminoirs où amandes et coques sont séparées. La graine est passée à la presse hydraulique, bro5œe, puis de nouveau remise à la presse après avoir été chauffée, et, enfin, exprimée une dernière fois. De cette façon, le tourteau qui persiste, renferme environ 3 à 4 p. c. d’huile seulement.

En Allemagne, on a construit différents types de machines pour l’extraction de l’huile des graines oléagineuses; elles peuvent servir pour le ricin, et être usagées, sans trop d’inconvénients, dans les régions tropicales, elles sont capables d’extraire jusque 40 p. c. d’huile (i). Le rendement en huile peut atteindre, comme nous l’avons dit, 60 p. c., mais ce dernier pourcentage n’est jamais obtenu industriellement.

L’huile ainsi obtenue n’est pas tout à fait pure, elle contient des matières colorantes, des matières albuminoïdes et des résines lui communiquant un aspect trouble, et exige une épuration. Celle-ci peut être obtenue en faisant bouillir l’huile avec de l’eau jusqu’à ce qu’elle devienne claire, puis on laisse le mélange en repos de manière à permettre ■ l’évaporation de l’eau.

M. le Dr A. Schulte im Hofe, de Berlin, a observé, pendant un séjour aux Indes, que l’eau contenant de l’acide tannique permet une séparation plus rapide et plus complète des matières albuminoïdes que l’eau pure, mais ce mode d’épuration n’est pas appliqué dans la pratique courante.

Actuellement, l’épuration se fait en ajoutant petit à petit, à l’huile que l’on a amenée dans un récipient doublé de plomb, 2 à 3 p. c. d’acide sulfurique concentré; cet acide attaque les matières organiques en suspension dans l’huile et les carbonise sans modifier celle-ci; la masse est ensuite brassée avec les deux tiers de son volume d’eau, le liquide bien émulsionné est transporté dans des réservoirs et dans une chambre tenue à la température constante de 3o degrés; après quelques jours l’huile est décantée, puis filtrée au travers de charbon de bois ou de couches de son et de sable.

Pour éviter ce filtrage, certains fabricants emploient la méthode suivante : l’huile est battue pendant une vingtaine de minutes avec 10 p c. de tourteaux très secs, pulvérisés, l’huile limpide est soutirée au bout de quelques jours et on la remplace par une quantité égale d’huile à laquelle on fait subir la même opération. Au bout d’un certain nombre de brassages le tourteau n’est plus apte à clarifier l’huile et est soumis à la presse pour être privé de l’huile qu’il renferme. En Angleterre l’épuration se fait au moyen du chlorure de zinc qui, étant très avide d’eau, attaque également les matières organiques. On a préconisé également l’emploi du chlore, du chlorate de potassium et de l’acide azotique, mais ces modes d’épuration doivent être appliqués avec soin.

L’huile de ricin épurée, le « castor oil » des Anglais, connue parfois aussi sous le nom de « huile de Palma Christi » est assez épaisse, transparente, inodore, plus ou moins âcre ; elle est siccative et légèrement colorée en jaune. Elle rancit à l'air, devient âcre et

(i) G. Christ et Cie, Berlin, Fürstenstrasse, 17. — On trouve dans les volumes de 1901 et 1903 du « Tropenpflanzer » des renseignements au sujet de ces appareils et même des figures.

Planche XXXVII.

visqueuse et finit par devenir sèche. Elle a une densité de 0.960 à 0.964, se congèle à 18® sous zéro, bout à 265° au-dessus de zéro et est très soluble dans l’alcool et l’acide acétique. Cette propriété permet de déceler facilement les substances qui y ont été mélangées, et en particulier, les autres huiles, qui toutes sont moins solubles.

Dans le commerce, l’huile de ricin est souvent mélangée avec de l’huile d’œillette, et les huiles de ricin provenant des Antilles et du Brésil contiennent souvent de l’huile du médicinier, le pignon d’Inde ou Jatropha curcas, plante que l’on rencontre souvent en Afrique; le mélange de cette dernière graine, aux graines de ricin, communique à l’huile un goût âcre.

L’huile de ricin trouve surtout son application dans l’industrie, car elle possède un très fort pouvoir lubrifiant, et, mélangée à du suif, elle est d’un usage courant pour le graissage des machines. On l’emploie aussi dans la teinturerie, dans la savonnerie, et, principalement, dans la fabrication des savons durs, savons de toilette et savons transparents.

Dans les régions où le ricin est cultivé en grand, l’huile peut être employée pour l’éclairage, car elle donne une lumière très vive.

A Java et aux Moluques elle sert, mélangée avec de la chaux éteinte, à préparer un ciment très tenace dont on enduit les maisons et avec lequel on calfate les navires.

En Chine, l’huile de ricin est employée comme huile comestible, mais on la fait au préalable bouillir avec du sulfate d’aluminium et du sucre pour la priver de son principe âcre.

Quant au tourteau qui reste après les deux expressions, contrairement à celui de l’arachide, il ne peut être employé dans l’alimentation du bétail ; au lieu d’activer la sécrétion lactée, comme on l’a soutenu longtemps, il occasionne des troubles intestinaux par suite de sa causticité. Mais il constitue un engrais de valeur, surtout pour les pâturages, il renferme, en effet, une dose assez considérable d’azote, d’acide phosphorique et de potasse, comme l’on fait voir les analyses :

Azote. Acide Potasse. Huile,

phosphorique.

Tourteau de graines brutes . . 3,67 p. c. 1,62 p. c. 1,12 p. c. 8,25 p. c.

» de graines décortiquées 7,42 » 2,26 » — 8,y5 »

Mais cette teneur varie également d’après l’origine du tourteau ; les analyses reproduites par MM. E. Perrot et Collin dans leur très intéressant volume : Les résidus industriels, auquel nous renvoyons le lecteur (i), le montrent nettement.

Les données suivantes permettent de se rendre compte, par comparaison, de la valeur fertilisante du tourteau de ricin :

Tourteau d’arachides brutes . .

Azote.

Acide

phosphorique.

Potasse.

Huile.

d’arachides décortiquées

de coton brut ....

de coton décortiqué . .

de coton cotonneux . .

de sésame noir . .

de sésame roux . . .

ii,i5

de sésame panaché . .

(i) Collin et Pkrhot, Ltt résiiiu industritU, pp. 124 «t luiv. Paris, Joanin, 1904.

D’ailleurs, l’usage du tourteau de ricin est devenu courant aux Indes et il y a donné des résultats très nets dans la culture de la canne à sucre, dans celle du blé et de la pomme de terre.

Les tourteaux se présentent sous trois formes commerciales, dont la principale est obtenue après expression du tourteau de première pression avec les coques des graines qui avaient été séparées. Le tourteau qui a été traité par le sulfure de carbone peut être employé avec grand avantage comme engrais insecticide. Cette propriété est due à la présence de la ricine, le principe actif de la graine, insoluble dans l’huile et qui n’y passe pas pendant l’expression.

Le tourteau est réduit en poudre avant d’être employé comme engrais. La toxicité de la ricine exige des précautions, car ce produit ne peut être confondu avec des farines alimentaires pour le bétail.

Aux Indes on a utilisé encore autrement les résidus du pressage des graines, ils constituent la matière première de la fabrication du gaz d’éclairage, usagé par les grandes compagnies de chemin de fer; celles-ci ont donc, dans ce but, installé de grandes plantations de ricin dont les graines servent à extraire l’huile pour le graissage des machines, les résidus à préparer le gaz d’éclairage.

Le plant de ricin peut encore servir à divers usages accessoires.

On peut en extraire des fibres dont on a préparé des cordages plus ou moins résistants et de la toile, les résidus fibreux peuvent encore être usagés dans la fabrication de la pâte à papier. La fibre est préparée par rouissage, mais il est utile, pour obtenir une séparation facile, d’ajouter à l’eau un peu d’acide sulfurique. Le rouissage est arrêté quand l’écorce se détache du bois.

Dans certaines régions on emploie le bois des tiges et l’enveloppe des fruits comme combustible ; ce bois, sans résistance à l’état frais, peut être, à l’état sec, employé pour certaines constructions, il se recommande alors par sa dureté et par sa résistance aux insectes. Comme il est très léger il est employé, par exemple, pour les flotteurs des filets de pêche.

Tandis que la graine et le tourteau ne peuvent être employés dans, l’alimentation, les feuilles constituent un bon fourrage pour le bétail, et leur usage agit, même d’après plusieurs auteurs, très favorablement sur la sécrétion lactée.

Les indigènes de certaines régions de l’Afrique tropicale s’en servent pour un usage analogue, les feuilles sont appliquées par les femmes sur leur poitrine pour exciter et augmenter, disent-elles, la sécrétion du lait.

Les feuilles du ricin peuvent encore servir de nourriture à un ver à soie assez réputé de l’Assam : VAttacus Ricini, cette chenille élevée uniquement dans les Indes anglaises pourrait, peut-être, être introduite dans les autres colonies tropicales où cette Euphorbiacée se développe convenablement.

MANIHOT Adans.

Manihot utilissima Pohl PI. Brasil. icon. et descr. I (1827) P- ^2 tab 24; Ficalho PI. Uteis p. 25i; Engler Bot. Jahrb. VIII (1886) p. 61; Pax in Engler Pflanzenw. Ost.-Afr. 240; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 97^; De Wild. Mission Laurent (igoS) p. 140.

Jatropha Manihot L. Sp. pl. ed. I (i753) p. 1007.

Madibi, juin 1904 (Éd. Lescrauwaet, n. 82). — Cultivé,

MICRODESMIS Hook. f.

Microdesmis puberula Hook. f. in Hook.Icon. pl. (1848) p. 758 et in Hook. Niger Fl. (1849) p. 5i4, t. 26; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 967; De Wild. et Th. Dur. Mat. fl. Congo II (1898) p. 62 et Reliq. Dewevr. (igoi) p. 207; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. 279 et Mission Laurent (igo5) p. 140.

M-adibi, Juin igo6 (A. Sapin. — Nom vern. : Mponpolo [Bangala]) ; Ikoka, octobre igo6 (A. Sapin. — Nom vern. : Schike [Bangala]) ; Atènes, novembre 1907 (A. Sapin, — Nom vern. : Missekiki [Bangala]).

RICINODENDRON Muell. Arg.

Ricinodendron africanum Muell, Arg. in Flora XLVII (1869) p. 523 ; FicalhoPl. Uteis p. 25i; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 976; De Wild. et Th. Dur. Pl, Gilletianae I (1900) p. 47; De Wild. Mission Laurent (i9o5)p. 141 et Études fl. Bas et Moyen-Congo H (1908) p. 288; Hooker Icon. Pl. tab. i3oo.

Madibi, juillet 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Morigongone [Kwilu], Boifeko [Bangala]. — Le bois de cette espèce, très sonore, sert à faire des tams-tams).

Observations. - Cette plante étant assez répandue en Afrique tropicale et ayant été rencontrée dans la région du Kasai (i), il nous a semblé utile d'attirer l’attention sur les usages possibles du bois et des graines ; signalons que dans la région du Kwilu, M. A. Sapin a aussi noté le nom indigène : « Mongangone ».

Ce Ricinodendron est un arbre à tronc droit rappelant par son aspect le Papayer et mesurant jusque i m. 5o c. de diamètre.

Le bois de ce tronc est blanc, léger, à grain lisse, à fibres compactes, tendre et très sonore, c’est ce qui le ferait fréquemment employer par les indigènes pour la fabrication de tams-tams.

On prétend que ce bois jouirait à peu près des mêmes propriétés que celui de notre tilleul et pourrait être employé aux mêmes usages ; on estime qu’il serait excellent pour la fabrication de la pâte à papier.

Les feuilles sont palmées, à S-y folioles ; le pétiole est relativement long et muni à sa base de deux stipules développées en forme de crête et laciniées, ou profondément dentées sur les bords. Les fleurs sont en panicules. Il s’écoule de la plante un suc verdâtre et viscide, qui se transforme en une résine brunâtre.

(i) Cette plante a été signalée au Congo : dans la Lukula, dans les environs de Kitobola, de Kisantu, d’Eala et dans la forêt de Munungu. Dans les environs d’Eala elle porte le nom de « Bofeko ».

I es graines possèdent un albumen huileux.

L’analyse d’un échantillon de 3 1/2 livres de graines, en parfait état de conservation, a démontré une teneur de 45.2 p. c. d’huile; celle-ci, exposée à l’air libre, sèche en un jour, laissant un résidu semblable à de la cire. Chimiquement cette huile ressemble au « T’ung oil » ou huile de bois de la Chine.

Le tableau suivant donne le résultat de l’analyse de l’huile de ces graines « Nsa- Sana » et de la « T’ung oil » :

Huile.

Sana.

« T’ung oil. »

Poids spécifique à 20° C

Indice de saponification

Indice d’iode

Indice Hehner

Point de solidification des acides gras .

Cette huile d' « Enguessang n ou d’ «Essang », noms gabonais, se rapproche également de l’huile de lin.

Ces données et la manière dont sèche l’huile de Nsa- Sana, montrent qu’elle pourrait remplacer la « T’ung oil » , mais des essais techniques seraient nécessaires pour bien le démontrer. La « T’ung oil » est principalement vendue dans les Etats-Unis d’Amérique, mais il y a aussi un important marché à Trinidad, où elle est utilisée dans la fabrication, du linoléum et dans celle des laques et des vernis.

Le prix actuel de la « T’ung oil » à Londres est de 32 à 33 livres la tonne. L’huile Nsa-Sana pourrait être utilisée pour la fabrication de savons mous, et, pour cet usage, vaudrait 18 à 20 livres la tonne. La valeur des graines serait déterminée par la quantité et la valeur de l’huile qu’elles contiennent.

D’après M. le professeur Heckel, cette huile n’aurait aucune application ni en stéarinerie ni en savonnerie ; « en stéarinerie, parce que les proportions d’acides gras solides qu’elle renferme sont trop faibles et parce que, au contact de l’air les acides gras qu’elle contient s’oxydent facilement et rapidement » ; en savonnerie, parce qu’elle est siccative, et que les savons obtenus ne peuvent être que mous et possèdent la propriété désagréable de se résinifier à leur surface. L’emploi principal serait donc en peinture et dans la fabrication des vernis. Pour M. Heckel, l’huile pourrait, il est vrai, être livrée à la consommation, elle jouit de l’avantage de rancir difficilement et de posséder un goût agréable.

Le tourteau qui reste après l’extraction de l’huile possède encore une valeur nutritive égale à celle du tourteau des graines de coton décortiquées. Malheureusement, il renferment un alcaloïde. A cause de cette substance et aussi de la nature de l’huile ellemême, il semble impossible d’utiliser ce tourteau dans l’élèvage du bétail ; en tous cas de très soigneuses expériences devraient être faites sur les animaux avant qu’on puisse en toute sécurité recommander son emploi.

Ce tourteau pourrait naturellement être utilisé comme engrais, étant très riche en azote, il contiendrait environ (i) :

(i) Voyez à ce sujet : — Les graines grasses nouvelles des colonies françaises pp. 44 et suiv.,

Paris, Challamel 1902.

Eau 9«47°-

Extraction au pétrole . . 1.990 corps gras.

sol. 3.469 glucose et saccharose, insol. 1.663 matières albuminoïdes et résineuses.

, ,, , 2. 53o gliadine et matières albuminoïdes.

» a 1 eau 2.700. <

S ' I 0.170 sucre.

I Incinération 7- 072 sels fixes.

î Dosage à la chaux . . . 5o.o 18 albuminoïdes.

I Par différence 23. 618 ligneux, cellulose, pertes.

f Les conclusions de M. le Prof. Heckel, en 1902, étaient que le tourteau, par sa forte

I proportion en matières albuminoïdes, pourrait constituer une matière alimentaire d’une

certaine utilité.

Il y a donc, dans les résultats des diverses études entreprises sur les produits de ce Ricinodendron, quelques oppositions, au moins apparentes, qu’il serait intéressant d’étudier en détail, d’autant plus que M. le Prof. Heckel admet en conclusion de ses études que ce Ricinodendron serait un végétal à propager par la culture, dans une certaine mesure, n’était le faible poids de ses fruits et surtout de ses graines qui ne permettent qu’un faible rendement en matière grasse. Néanmoiris, malgré cette affirmation très judicieuse de M. le Prof. Heckel il ne serait pas sans intérêt, pensons-nous, de favoriser chez les indigènes la culture de cette essence, dont l’huile est consommée par les noirs du Gabon-Congo, et dont les feuilles entrent également dans la préparation de certains mets, en particulier cuites avec du poisson sec.

CHAETOCARPUS Thwait.

I Chaetocarpus africanus Pax in Engler Bot. Jahrb. XIX (1894) p. ii3; De Wild. Mission Laurent (igo5) p. 141 et Études fl. Bas et Moyen- Congo II (1908) p. 288.

‘ Yoko-Punda, i5 décembre 1904 (Éd. Lescrauwaet, n. 290); Bienge, octobre 1907 (A. Sapin. — Nom indig. : Bovai [Bangala]. — Grand arbre des bords

I des rivières) ; Illongonga, décembre 1907 (A. Sapin. — Grand arbre des

bois); Atènes, novembre 1907 (A. Sapin). — Arbre des eaux. — Nom ind. :

I Bovale [Bangala]); Sankuru, septembre 1906 (A. Sapin).

SAPIUM Jacq.

Sapium Mannianum [Muell.-Arg.J Benth. in Benth. et Hook. f. Gen. PI. III (1880) p. 335; Hiern. Cat. Welw. Afr. PI. I p. 86; De Wild.

; Mission Laurent (1906) p. 147 et Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1906)

p. 279; II (1908) p. 288.

Excoecaria Mannianum Muell.-Arg. in Flora (1864) p. g33.

Sona-Gongo (Éd. Luja); Lubi 1907 (A. Sapin); Bienge, octobre 1907 (A. Sapin. — Arbre du bord des rivières).

Extraction à l’alcool 5.i32.

Sapium oblongifoHum (Muell.-Arg.) Pax in Engler Bot. Jahrb. XIX (1894) p. 114; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. 52; II (1900) p. 57 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 2i3; De Wild. Mission Laurent (1905) p. 141 et Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 279; II (1908)

Excoecaria oblongifolia Muell.-Arg. in Seem. Journ. of Bot. II (1864) p. 337; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 986.

Madibi, juin 1907 (A. Sapin. — Noms vern. : Monbatieke; Mbatieke; Batieke [Kwilu]. — Les forgerons indigènes préparent leur charbon avec le bois de cette espèce. Les feuilles cuites sont employées pour guérir les maux de dents).

MAPROUNEA Aubl.

Maprounea africana Muell.-Arg. in DC. Prodr. Regn. XV (1866) p. 1191; Th. Dur. et De Wild. Mat fl. Congo II (1898) p. 62 ; Hiern Cat. Welw. afr. PI. I p. 985; De Wild. et Th. Dur. Relia. Dewevr. (1902) p. 2i3; De Wild. Mission Laurent (i9o5) p. 144 et Études, fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 279, II (1908) p. 289.

Madibi, juin igo6 (A. Sapin. — Nom vern. : M’Bossu [Kwilu]); Illongonga, décembre 1907. — Grand arbre des bois de la plaine, à feuilles comestibles. — Nom indig. : Ikenkenke [Bangala]. — A. Sapin); Kimpuki (A. Sapin. — Dans la savane).

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