‹ Compagnie du KasaiChapitre 49 sur 74 · HIBISCUS L · texte numérisé non relu

HIBISCUS L

Hibiscus Abelmoschus L. Sp. pl. ed. I (1753) p. 696; Cav. Monadelph. class. diss. t. 62 ; Descourtilz Fl, des Antilles, V. t. 36i ; DC.Prodr.Regn. I. 452; Mast. in Oliver Fl. trop. Afr. I p. 207.; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 75; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo II (1900) p. 7; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1903) p. 53 (1906) p. 288; II (1907) p. 48 et (1908) p. 3oi et Mission Laurent (i9o5) p. 154.

Madibi, juin 1906 (A. Sapin. — Noms ind. : Bekaie, Bolinda [Bangala]; Monfimi, Intsimi, Ndzimi [Kwilu]).

Observation. — Les indigènes mangent les fruits cuits à l’eau avec du pili-pili.

Hibiscus cannabinus L. Syst. nat. ed. 10 (1758-59) p. 1149; Reichb. Iconogr. bot. t. 164; Mast. in Oliver Fl. trop. Afr. I p. 204; Guerke. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. p. 267; Hiern Cat. Welw, Afr. Pl. I p. 72 ; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. ii ; II (1900) p. 71 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 18; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1904) p. 166 et 288, II (1907) p. 48 (1908) p. 3o2 et Mission Laurent (i9o5) p. 154.

Hibiscus verrucosus Guill. et Perr. Fl. Seneg. tent. I (i83i) p. 87.

Hibiscus radiaius Cav. Monadelph. class. diss. (1786-90) t. 54; Bot. Mag. tab. 1911.

Madibi, juin 1906 (A. Sapin. — Noms vern. ; Takataka [Kwilu]; Bokaie [Bangala]).

Hibiscus esculentus L. Sp. pl. ed. I (1753) 676; Descourtilz Fl. des Antilles IV, t. 269; Mast. in Oliver Fl. trop. Afr. I p 207; Guerke in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. p. 267; Hiern Cat. Welw. Afr.Pl. I p. 75; De Wild. et Th. Dur. Pl. Gilletianae, II (1900) p. 5 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 19; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 48, (1908) p. 3o2.

Madibi,juin 1906 {A. Sapin. — Noms vern. : Kinkumi [Kwilu], Molenda

I Bangala]).

Observation. — Les fruits verts sont mangés comme légume.

Hibiscus physaloides Guill. et Perr. Fl. Seneg. tent. I (i83i) p. 52; Mast. in Oliver Fl. trop. Afr. I p. 199; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo

II (1900) p. 7 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 22; Guerke in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. C. p. 267; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 69; De Wild. Études fl. Kat. (1903) p. 87; Mission Laurent (i9o5) p. i54 et Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 48, (1908) p. 3o2.

Lac Foa (Éd. Lescrauwaet).

Hibiscus surattensis L. Sp. pl. ed. I (1753) p. 696; Bot. Mag. (i8i3) tab. i356; Mast. in Oliver Fl. trop. Afr. I p. 201 ; Guerke in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. C. p. 267; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 71; De Wild. et Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. 7; Pl. Gilletianae, I (1900) p.5et Reliq. Dewevr. (1901) p. 22; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen- Congo I (1906) p. 288, (1908) p. 3o2 et Mission Laurent (igoS) p. 154.^

Madibi, juin 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : N’Danana, Ndanan [Kwilu|; N’kaikai, Mikankai [Bangala]); Lubue (Éd. Luja).

GOSSYPIUM L.

Gossypium barbadense L. Sp. pl. ed. I (i753) p. 698; Bot. Reg. I (1916) tab. 84; Reichb. Fl. exot. III (i835) tab. i5o; Mast. in Oliver Fl. trop. Afr. I p. 210 ; Guerke in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. C. p. 268; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. 12, 25; Pl. Gilletianae I (1900) p. 8 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 28; De Wild. Mission Laurent (1907) p. 391.

Gossypium pimctatum Schumàch. etThonn. Beskr. Guin. Pl. (1827) p. 2. Madibi (Éd. Lescrauwaet).

Planche XXXIX.

Sterculiaceae.

SCAPHOPETALUM Mast.

Scaphopetalum Dewevrei De Wild. et Th. Dur. in Mat. fl. Congo IX (1901) p. 5 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 26; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (ipoS) p. 167.

Scaphopetalum Thonneri De Wild. et Th. Dur. 111. fl. Congo (1898) p. i3 pr. p. tab. VII et PI. Thonnerianae p. 26 pr. p. tab. XIX.

Kondue(Éd. Luja).

STERCULIA L.

Sterculia katangensis De Wild. Études Fl. Katanga (i9o3i p. 21 1.

Dilolo, juin 1908 (A. Sapin. — Nom indig. : Dintjubu. — Très grand arbre des eaux).

COLA ScHOTT et Endl.

Cola diversifolia De Wild. et Th. Dur. in Mat. fl. Congo VI (1899) p. i3 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 25; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1903) p. 59; II (1907) p. 53, (1908) p. 3o4 et Mission Laurent (1907) p. 408.

Madibi, juin 1906 (A. Sapin. — Noms vern. : Nkwakuku [Kwilu]; Ikaie [Bangala]).

Cola Gilletii De Wild. Études fl. Bas et Moyen Congo I (1903) p. 58 et II (1908) p. 304.

Sankuru, septembre 1906 (A. Sapin. -— Noms vern. : Skaie [Bangala] ; Buse [Sankuru]. — Fruits et feuilles comestibles).

Cola griseiflora De Wild. Mission Laurent (1907) p. 408 tab. CXXVI et Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p. 804.

Dima, 1907 (A. Sapin. — Noms vern. : Mokekeri ( Bangala]; Lusole [Baluba]).

Cola Lescrauwaetii De Wild. nov. spec.

Arbre très élancé, à couronne étendue, portant les fruits sur la tige. Feuilles rapprochées, à pétiole élargi à la base, cylindrique, de 20 à 52 centimètres de long, portant au sommet 9-10 folioles sessiles ou très courtement pédicellées, à limbe de 19 à 45 centimètres de long et de 5 à 1 1,5 centimètres de large, glabre sur les deux faces, cunéiforme à la base, assez brusquement acuminé au sommet, à nervures latérales principales au nombre de plus de 1 5 de chaque côté de la nervure médiane, proéminentes en dessous, nettement anastomosées en arc vers le bord de la feuille. Fruit se formant sur le tronc ou les grosses branches, à environ 7 follicules falciformes attachés au support par la base de

leur côté ventral sur i centimètre environ d’épaisseur. Follicules carénés, à plusieurs côtes dorsales, atteignant 1 3 centimètres de long et environ 4 centimètres d’épaisseur, déhiscents à graines disposées sur deux rangs,

Djoko-Punda, 8 novembre igo5 (Éd, Lescrauwaet, n, 400),

OusEUVATioN, — Cette plante curieuse par la forme de ses feuilles et par scs fruits a des analogies avec la plante recueillie par Zenker à Bipinde (Camerun) en igo8, sous le n» 35 1 3, et qui n’a pu être déterminée faute de fleurs, avec le Cola chlaviydanlha K, Schum, (Monog. Sterculiaceae Afr. p, 1 12) et avec le Cola Flamignii provenant de Bena-Dibclc dont nous connaissons les feuilles et les fleurs femelles, mais non les fruits.

Dilleniaceae.

TETRACERA L.

Tetracera MasuianaDe Wild, et Th, Dur, 111, fl, Congo (1899) p. 61 1, ab, 3i Contr. fl, Congo I (1899) p. i et Reliq. Dewevr. (1901) p, 2; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 54; Gilg. in Engler Bot. Jahrb. XXXIII (1902) p. 196.

Région du Kvvilu, 1907 (A. Sapin).

— — var. Sapini De Wild. nov. var.

Plante à tiges velues surtout à l’état jeune, s’exfoliant à l’état adulte; feuilles ovales ou obovales-oblongues, arrondies au sommet, assez brusquement rétrécies à la base en un pétiole ailé, de 4.5-1 icentimètres de long etz.S-y centimètres delarge, assez régulièrement mais peu profondément denticulées sur les bords, glabrescentes sur la face supérieure, velues sur la face inférieure, à poils assez allongés surtout sur les nervures en creux sur la face supérieure, en relief sur la face inférieure, au nombre de 12 environ de chaque côté de la nervure médiane, se terminant dans un apicule de la marge, nervation secondaire réticulée; inflorescences terminales, fleurs... calice à 4 sépales de 16 millimètres environ de long sous le fruit, séricés extérieurement, glabres intérieurement; fruit de 18 millimètres de long, de 14 à 1 5 millimètres de large et de 10 millimètres environ d’épaisseur, glabre.

Dilolo, dans la savane, juin 1908 (A. Sapin).

Observation. — Cette plante, dont nous n’avons pu voir les fleurs, est indiscutablement voisine du Tetracera Masuiana De Wild. et Th. Dur. dont elle diffère par la forme des feuilles, celles-ci sont beaucoup plus élargies vers la base que dans les échantillons nombreux que nous avons vus d’autres régions du Congo. Peut-être les fleurs donneraient-elles d’autres caractères différentiels.

Tetracera podotricha Gilg in Engler Bot. Jahrb. XXXIII (1902) p. 200; Études fl. Bas et Moyen-Congo I p. 291 et II pp. 54, 3io.

Tetracera alnifolia Knct. non Willd.; De Wild. Études fl. Bas et Moyen- Congo I (1903) p. 61.

Lubi (Éd. Lescrauwaet, n. 193).

Tetracera Poggei Gilg in Notizbl. bot. Gart. Berlin i (i8g5) p. 71 et in Engler Bot. Jahrb. XXXIII (1902) p. ig8; DeWild. Études fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 55.

Tetracera fragrans De Wild. et Th. Dur. Illustr. fl. Congo (i8gg) p. 55 t. 28; Contr. fl. Congo i (1899) p. i et Reliq. Dewevr. (igoi) p. i. Bicnge, octobre 1907. (A. Sapin. — Liane des bois.)

Ochnaceae.

OCHNA ScHREB.

Ochna Buettneri Engler et Gilg in Engler Bot. Jahrb. XXXIII (igo3) p. 242 ; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (igo6) p. 2g3; III p. ii5.

Madibi, 8 juillet 1906 (A. Sapin); Elombi, octobre igo5 (Éd. Lescrauwaet n. 3g3).

OURATEA Aubl.

Ouratea densiflora De Wild. et Th. Dur. Reliq. Dewevr. (1901) p. 37; De Wild. Mission Laurent (igo5) p. i56 et Études Fl. Bas et Moyen- Congo III p. 116.

Environs de Madibi, 1907 (A. Sapin).

Ouratea elongata (Oliv.) Engler Bot. Jahrb. XVII (i8g3) p. 80; De Wild. et Th. Dur. PI. Gilletianae I (1900) p. 7; De Wild. Mission Laurent (igo5) p. i57 et Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 2g3 et III p. 116.

Sankuru 1906 (A. Sapin. — Nom indig. : Bankali [Bangala]. — Le bois sert à faire des pirogues).

Ouratea subumbellata Gilg in Engler Bot. Jahrb. XXXIII (igo3) p. 25q ; De Wild. Mission Laurent (igo5) p. 1 57 ; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1906) p. 2g3, III p. 116.

Sankuru, septembre 1906 (A. Sapin).

SAUVAGESIA L.

Sauvagesia erecta L. Sp. pl. ed. I (i753) p. 2o3; DC. Prodr. Regn. veget. I p. 3i5 ; St.-Hil. Pl. remarq. du Brésil, tab. 3; Oliver Fl. trop. Afr. I p. ni; Engler Pflanzenw. Ost-Afr. C p. 274; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I J1899) p. 6 et Reliq. Dewevr. (1901) p. 12;

De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (igod) p. 63 (1904) p. 168; II (1908) p. 3ii.

Sauvagesia nutans Pers. Syn. pl. I (180 5) p. 253.

Rive du nord du Kasai [District du Stanley-Pool] (Éd. Luja).

Guttiferaceae.

PSOROSPERMUM Spach.

Psorospermum febrifugum Spach in Annal, sc. nat. sér. 2, V (i836)p. i63 ; Engler Pflanzenw. Ost-Afr. G. p. 274; Oliver Fl. trop. Afr. II p. i58; Hiern Cat. Welvv. Afr. Pl. I p. 5y ; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. 10 et II (1900) p. 5 et Reliq. Dewevr. (1901) p. i5; De Wild. Etudes fl. Katanga (1903) p. 91; Mission Laurent (1906) p. 245 et Etudes Fl. Bas et Moyen-Congo II (1907) p. 55, (1908) p. 3i2. Psorospermum fernigineum Hook. f. in Hooker Niger fl. (1849) p. 241. Environs de Léopoldville (Éd. Luja).

HARONGA Thou.

Haronga paniculata (Pers.) Lodd. ex Steud. Nomencl. bot. ed. 2, I (1841) p. 722; Engler Pflanzenw. Ost-Afr. G. p. 274; Th. Dur. et De Wild. Mat. fl. Congo II (1898) p. 65; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo I (1899) p. 10; Pl. Gilletianae I (1900) p. 14 et Reliq. Dewevr. (1901) p. i5; De Wild. Études fl. Katanga (1908) p. 91 ; Mission Laurent (1906) p. 248 et Études fl. Bas et Moyen-Congo I (1907) p. 55 et II (1908) p. 3x2. Haronga paniculata Pers. Syn. pl. II (1807) p. 91 ; Hiern Cat. Welw. Afr. Pl. I p. 58.

Haronga madagascariensis ChoisyProdr.monog. Hyper. (1821) p.34; Oliver Fl. trop. Afr. I p. 160.

Luano (Éd, Lescrauwaet) ; Madibi, 1907 (A. Sapin. — Noin vern. : Muntoni [Bangala]. — L’écorce est employée pour guérir les plaies et les affections cutanées) ; Kanda-Kanda (Éd. Lescrauwaet).

Observ.\tion. — D’après les notes de Ed. Lescrauwaet il s’écoule des blessures faites au tronc une résine ayant l’aspect de la cire à cacheter. M, Pynaert a signalé la grande quantité de calorique que le bois de cet arbre dégage pendant sa combustion. Il est très recherché, pour faire du feu, par les indigènes de la région d’Eala.

ALLANBLACKIA Oliv.

Allanblackia floribunda Oliver in Journ. Linn. Soc. X (1869) p. 48 et Fl. trop. Afr. I p. i63; Hooker Icon. pl. XI tab. 1004; DeWild. et Th. Dur.

Reliq. Dewevr. (1901) p. 16; De Wild. Mission Laurent (i9o6)p. 246 et Études Fl. Bas et Moyen-Congo I (1903) p. 61, II (1907) p. 55, (1908) p. 3I2.

Kota, octobre 1904 (Éd. Lescrauwaet, n. 244).

Observations. — U Allanblackia a été étudié au point de vue de la valeur industrielle de la matière grasse qu’il renferme par le D*' Heise (Notizbl.des Kônigl.bot. Muséum zu Berlin, iSpS) et par M. le D*" Éd. Heckel, directeur du Musée colonial de Marseille (Les graines grasses des Colonies françaises, Paris, 1902, pp. y3 et suiv.).

Cette plante paraît assez répandue dans notre Congo, où elle porte d’ailleurs, d’après certains collecteurs, le nom indigène « Bondjo » , qui rappelle fort celui appliqué à la même plante au Congo français, où les indigènes ne connaissaient pas la valeur oléifère du (( Bonandjo ».

U Allanblackia est un grand arbre qui peut atteindre 12 mètres de hauteur. Les rameaux adultes sont arrondis, les rameaux jeunes subcarrés ou comprimés. Les feuilles sont opposées, oblongues-elliptiques et plus ou moins aiguës-apiculées au sommet, arrondies à la base, elles mesurent de n à 1 6 centimètres de long et 3 à 5 centimètres de large. Les fleurs sont unisexuées et atteignent 3 centimètres de large, elles sont disposées en ombelles ou subpaniculées vers l’extrémité des rameaux. Le fruit bacciforme peut atteindre 35 centimètres de long et 1 1 centimètres de large, il est oblong, légèrement rétréci vers les deux extrémités, tronqué au sommet où il est possible de voir la trace du stigmate. Le péricarpe est épais de 2 centimètres environ; les graines, généralement en deux séries, mesurent 9 centimètres de large sur près de 4 centimètres de long. Elles sont au nombre de 40 à 5o dans chaque fruit, de forme variable, souvent polyédriques par pression réciproque. Elles renferment, traitées par le sulfure de carbone, 46 p. c. de matière grasse solide. Cette graisse serait une oléostéarine mélangée à une faible quantité de glycérides. D’après M. le D’’ Heckel, grâce à la forte proportion de matière stéarique, cette graine pourrait être considérée comme une des graines grasses industrielles à rendement le plus élevé. On pourrait même, vu sa blancheur et son point de solidification, la considérer comme une graine de grand avenir pour le commerce, malheureusement jusqu’à ce jour on n’a pu fournir cette graine en quantité suffisante sur le marché.

De l’examen chimique fait par le professeur Schlagdenhaufen de l’Université de Nancy, il résulterait que le tourteau, obtenu par expression de la graine, pourrait être employé dans l’alimentation du bétail.

Un des avantages de cette graine pour l’industrie est le peu de coloration du tégument-séminal, il n’est donc pas nécessaire de la décortiquer.

Il convient donc d’attirer l’attention des sociétés exploitant au Congo sur ce passage du travail de M. le D*" Heckel, auquel nous renvoyons ci-dessus, car il a pour beaucoup passé inaperçu : « On doit vivement désirer que le végétal producteur de cette graine grasse, si riche, soit rapidement introduit par la culture dans toutes nos colonies tropicales et équatoriales où elle aura chance de produire. » Cette plante existant dans la région du Kasai, pourrait donc y être multipliée, elle mériterait d’attirer l’attention.

Au moment où M. Heckel écrivait la phrase ci-dessus il considérait la valeur de la graine comme variant de 45 à 5o francs les 1 00 kilos, et citait qu’un arbre adulte était capable de produire jusque 100 kilogs de graines par an.

Ce serait là un rendement d’un arbre indigène qu’il ne faudrait pas négliger.

Ajoutons que le bois est considéré comme un excellent bois de construction, car il est dur et résistant.

GARCINIA L.

Garcinia longeacuminata Engler ex De Wild. Études fl. Bas et Moyen- Congo II (1907) p. 56 et in Engler Bot. Jahrb. XL (1908) p. 569.

Sankuru (Èd. Lescrauwaet).

Garcinia Mannii Oliver Fl. trop. Afr. (1868) p. 167; De Wild. Contr. fl. Congo II (1900) p. 5.

Bena-Dibele, 1899 (Éd. Luja).

PENTADESMA Sabine.

Pentadesma butyracea Sabine in Trans. Hort. Soc. V (1824) p. 457; Oliver Fl. trop. Afr. I p. 164; Vesque in DC. Monog. Phan.VIII p. 247; Hiern Cat. Welw. Afr. PI. I p. 59; De Wild. Études fl. Bas et Moyen- Congo II (1907) p. 57, (1908) p. 314.

Pania-Mutombo, mars 1906 (Éd. Lescrauwaet, n. 418); Plantations Lacourt, 1904 (Brisac. — Nom vern. : Kalonga - Longa) ; Munungu, octobre 1906 (A. Sapin. — Nom vern. : Bonzo [Bangala]. — Fruits comestibles).

Observations. — Depuis de nombreuses années, il a été question, dans les ouvrages spéciaux, de la valeur de cette plante, au point de vue de la matière grasse des graines, et M. le professeur Heckel, de Marseille, est à diverses reprises revenu sur la question dans les Annales de l’Institut colonial de Marseille (i).

Le Pentadesma est un grand arbre qui peut atteindre 25 mètres de hauteur, à écorce renfermant une résine jaunâtre. Dans le Congo français, les noirs désignent la plante sous le nom de « Bounzi », qui est à rapprocher de « Bonzo », nom donné à l’arbre par les Bangala du Congo belge. Les feuilles sont lisses et luisantes, les fleurs sont roses et blanches et un fruit pyriforme, renfermant 5 à 12 graines charnues, succède à ces fleurs.

Cette plante est connue des indigènes, ils en torréfient les fruits, puis les font bouillir avec de l’eau et recueillent la matière grasse.

La matière grasse que l’on peut extraire des graines est une oléostéarine, solide et d’un blanc jaunâtre à la température ordinaire, sans odeur ni saveur à l’état frais; en Guinée française cette matière grasse, dénommée « beurre de Kanya ou de Lamy », est d’un usage fréquent et le palais européen s’en accommode fort bien.

Par les dissolvants il est possible d’extraire 46.75 p. c. de corps gras renfermant 95. 5o d’acides gras. Cette matière grasse présenterait ainsi la plus grande importance pour la fabrication des bougies.

(I) On trouvera üans ; Éd. Hec kel, Les graines grasses des colonies frattçaises, la littérature relative au sujet.

Le tourteau qui reste après l’extraction du beurre par le sulfure de carbone présente des caractères très spéciaux, il se fait remarquer par l’absence de matières amylacées et sucrées, par une faible proportion de principes protéiques et par environ 0,164 d’acide phosphorique à l’état de phosphates. La forte proportion de tanin qu’il renferme empêchera ce tourteau d’entrer jamais dans l’alimentation du bétail ; sa faible teneur en azote le rend également peu propre au rôle d’engrais. Mais, d’après M. Heckel, cette richesse en tanin pourrait faire employer le tourteau de cette graine dans la teinturerie, pour le fixage des matières colorantes sur les tissus.

Il y a donc pour la zone du Kasai, dans la diffusion des connaissances relatives à cette plante un double intérêt : alimentation du noir et du colon; utilisation du produit et du sous-produit pour l’industrie, soit locale, soit métropolitaine.

SYMPHONIA L. f.

Symphonia globulifera L. f. Suppl, pl. (1781) p. 3oa; Oliver Fl. trop. Afr. I p. i63; Th. Dur. et De Wild. Mat. fl. Congo II (1898J p. 66; De Wild. et Th. Dur. Contr. fl. Congo II (1900) p. 6 et Reliq. Dewevr. (1901) p. i5; De Wild. Études fl. Bas et Moyen-Congo I (igoS) p. 62 II (igo7)p. 56 et Mission Laurent (1906) p. 245; Hiern Cat. Welw. Afr, Pl. I p. 5g; De Wild. Not.pl. util.ou intér. du Congo II (1906) pp. 20-27.

Bombaie (Arbre croissant dans les forêts du Kasai et du Sankuru. — (Éd. Luja).

— — var, gabonensis (Pierre) Vesque in DC. Monog. Phan. VIII (i8g3) p. 23i ; De Wild. Études Fl. Bas et Moyen-Congo II (1908) p.314. 5, gabonensis Pierre ex Vesque loc. cit.VIII (i8g3) p. 23o.

Madibi, mai 1907 (A. Sapin. — Nom vern. : Bolongo. — Le latex coagulé sert à coller les plumes sur les flèches).

Observations, — A diverses reprises il a été question, dans les périodiques coloniaux, de la substance dénommée « Bulungo » ou u Bolongo » (environs de Madibi), dont on n’avait pu déterminer l’origine ; elle est très usagée par le noir des diverses régions de l’Afrique centrale et est produite par l’exsudation du Symphonia globulifera.

C’est M. le commandant Ch. Lemaire qui, un des premiers, attira l’attention sur la valeur possible de ce produit. Dans « Congo et Belgique » qu’il publia en 1 894, il disait : « A l’étude du caoutchouc se rattache une importante question : Y a-t-il au Congo de la gutta-percha? » Je crois pouvoir répondre affirmativement, ajoutait-il; malheureusement, ses affirmations ne se sont pas vérifiées et jusqu’à ce jour on n’a pas encore découvert, au Congo, une essence capable de fournir un succédané de la vraie gutta.

M. le commandant Ch. Lemaire faisait remarquer que c’est avec le Bulungu que les indigènes fixent les plumes sur le bois de leurs flèches, qu’ils collent les têtes de leurs pipes sur les tuyaux et qu’ils calfatent les récipients de tout genre dont ils se servent dans leur ménage et même leurs embarcations.

Le Bulungu est une substance visqueuse, d’un jaune rougeâtre, qui s’accumule généralement au pied de l’arbre, y forme une masse dont la surface devient de plus en plus colorée ; en même temps le liquide durcit et se change en des sortes de lamelles noirâtres, très cassantes.

€’est à cet état que les indigènes recueillent généralement cette résine, à laquelle ils font subir, avant de l’employer, une sorte de purification qui consiste à la malaxer sous l’eau chaude et à en former des sortes de boudins qu’ils pétrissent dans les mains; pour éviter l’adhérence de la résine aux mains, le noir enduit celles-ci d’huile.

Il suffit de jeter un coup d’œil sur le produit brut pour se rendre compte que cette matière ne pourra jamais être employée, du moins sous cette forme, comme succédané de la vraie gutta.

Des fragments du produit recueillis par le commandant Ch. Lemaire furent soumis à des experts, qui émirent des avis opposés; plusieurs cependant déclarèrent, avec raison, qu’il n’y avait point là de gutta, mais bien une résine ou une cire végétale.

En 1901, r « Office national du commerce extérieur » de France, fit faire de nouvelles analyses dont le résultat fut publié dans le « Moniteur officiel du commerce ». De ces essais il résulte que les boudins du Bulungu, d’un noir brunâtre, relativement durs et à cassures écailleuses, sont faciles à pulvériser, que leur saveur et leur odeur son nulles et que dans l’eau, vers 5o“ C, la masse se ramollit. Elle prend alors assez facilement les empreintes sans adhérer aux objets, mais ces empreintes sont loin d’être fines. Ce manque de finesse serait dû, en grande partie, à une grande proportion de matières terreuses, tenant évidemment aux conditions dans lesquelles la masse s’est formée. Si ce dernier inconvénient existait seul, il ne serait probablement pas impossible d’y remédier.

Mais de la série des caractères chimiques : solubilité parfaite dans le sulfure de carbone, le toluène, la ligroïne, l’essence de térébenthine, le chloroforme, la presque entière solubilité dans l’alcool bouillant, l’éther, on peut conclure que ce produit diffère sensiblement des vraies guttas et se rapproche davantage des résines.

Cela ne veut point dire que ce produit doive être considéré comme sans valeur.

La plasticité notable de ce corps, quand il est chaud, pourrait permettre son utilisation pour la construction des moules en galvanoplastie, mais il serait nécessaire de faire pour cela une purification plus complète sur les lieux de production. Le procédé usagé par le noir est tout indiqué, il y aurait lieu de rechercher si en faisant fondre la résine dans l’eau, et en la maintenant en fusion pendant assez longtemps, on ne parviendrait pas à obtenir le dépôt des particules terreuses en excès. On pourrait alors décanter la masse purifiée. Peut-être aussi serait-il possible de recueillir le liquide avec un peu plus de soin et d’empêcher sa coagulation sur la terre, de cette manière on pourrait éviter une maind’œuvre longue.

Quant à l’emploi du Bulungu comme matière première pour la fabrication du vernis, on ne peut, semble-t-il, y songer. Dissous soit dans l’alcool, soit dans la térébenthine, il laisse déposer sur l’objet, par dessiccation, des granulations qui rendent la couche superficielle plus ou moins mate et rugueuse, les solutions sont d’ailleurs, avec le produit brut, toujours plus ou moins colorées.

Ce produit résino-guttoïde ne possède donc ni les propriétés utiles des guttas, ni celles des vraies résines. Il pourrait peut-être s’employer en mélange avec de la gutta ou du caoutchouc dont on voudrait augmenter le pouvoir isolant, propriété que le Bulungu semble posséder à un assez haut degré.

Des échantillons de cette résine provenant de l’Équateur, où la plante est connue sous les noms de « Boloka » et « Bokungu » ont donné à l’analyse :

Eau et matières volatiles 3.i p. c.

Cendres * . i . i —

Débris végétaux 25.8 —

Matières résineuses 70 —

Planche XL.

DIVERS ASPECTS DES RIVES DU KWA, MONTRANT S’ÉTENDANT JUSQU'AU BORD DE LA.

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