‹ Comparaison de l'action des Rayons X et des Antisyphilitiques dans le Lichen plan: Conclusions thérapeutiquesChapitre 27 sur 37 · UE LIU · texte numérisé non relu

UE LIU

parues soit des récidives plus ou moins graves, soit des manifestations à distance, splanchniques ou nervèeuses qui montraient que la syphilis n’était pas guérie, mais aggravée ou déviée au cours d’un traitement par ailleurs normal.

: Nous avons ainsi pu guérir « en apparence » avec des remèdes leucopéniants : une syphilide serpigineuse datant de plus de vingt ans (l’éruption a disparu à la 2° injection de bismuth leucopéniant), des roséoles étendues, des syphilis ulcéreuses, mais une observation prolongée de ces malades a montré ultérieurement que ces succès étaient éphémères et qu’ils étaient dans la suite chèrement payés.

Par exemple le malade qui présentait la syphilide serpigineuse a commencé dans les six mois qui ont suivi une tuberculose pulmonaire à évolution extrémement rapide.

* Une prostituée enceinte qui avait une roséole a avorté sous l’action de bismuth leucopéniant et a fait des accidents nerveux.

Un malade sans aortite soigné par un remède leu-

copéniant pendant trois ans a développé dans la suite une aortite nettement caractérisée à l’examen radiologique. .

.. Un malade qui faisait une roséole a accusé des troubles de la vue avec du 914 négatif et a fait une cecité presque complète que nous avons guéri par du mercure, nous avons publiée cette observation avec nos maîtres GoÜIN et BIENVENUE à la Société de Dermatologie du 15 avril 1935.

Nous pourrions citer d’autres cas.

Ajouterons-nous que nous avons vu trois malades atteints de cécité, anciennement soignés, l’un au Maroc, un autre en Chine, le troisième en France par des remèdes que l’étalonnage à postériori a montré être leucopéniant. Or l'expérience a prouvé qu’un sujet continue pendant plusieurs années à réagir dans le même sens au même remède. |

Nous faisons un rapprochement entre le malade que nous avons soigné avec un remède leucopéniant et qui a fait une cécité presque complète et les trois malades ateints de cécité actuellement. Ne peut-on pas invoquer les mêmes raisons dans les cas semblables.

MM. Goëûm et BIENVENUE nous ont montré d’autres observations de malades qui semblaient guéris mais présentaient ensuite des accidents graves syphilitiques : accidents cérébraux, accidents méningés, accidents vasculaires ou même qui étaient emportés par une maladie intercurrente qui était aggravée par la leucopénie.

3° En tuberculose cutanée.

Si chez un tuberculeux, syphilitique ou non, on emploie un remède antisyphilitique leucopéniant, on enregistre les mêmes effets néfastes. Nous avons soigné des lupus érythémateux, des psoriasis, des tuberculides par des antisyphilitiques, nous avons eu des succès mais aussi des échecs avec aggravation des lésions et parfois apparitions de lésions profondes (pulmonaire).

Chaque fois que des tuberculides, des psoriasis, des

CNSER

lupus érythémateux, des tuberculoses verruqueuses présentaient une leucopénie aux antisyphilitiques l’action médicamenteuse était nulle ou plus souvent néfaste, et nous ne craignons pas de dire que :

. la leucopénie fait toujours partie du processus nuisible à plus ou moins longue échéance.

‘En résumé :

. Dans le lichen plan l’hyperleucocytose obtenue soit par la radiothérapie sympathique, soit par les antisyphilitiques fait partie du processus de guérison et qu’inversement la leucopénie après les mêmes traite- . ments fait partie d’un processus nuisible.

Le traitement par les rayons X ou par les antisyphilitiques a-t-il donc une même valeur dans la thérapeutique du lichen plan ? Est-il donc indifférent d'employer lune ou l’autre ?

Nous répondons : non.

Le processus de guérison réalisé avec les deux ordres de médications (rayons X et antisyphilitiques) n’a pas la même valeur.

Jetons en effet un coup d’œil d'ensemble sur les résultats thérapeutiques que nous avons obtenus par ces deux méthodes en tenant compte du test biologique leucocytaire. Nous constatons que la radiothérapie axiale hyperleucocytosante a donné des échecs tandis qu'avec les médicaments antisyphilitiques hyperleucocytosants nous n’avons enregistré que des. succès constants et durables chaque fois que le traitement a pu être suivi correctement. | - Par contre avec la leucopénie post-radiothérapique,

Page 1