DIRECTION DU TRAITEMENT
Nous venons d’énoncer que :
1° Le traitement radiothérapique du lichen plan donne des succès, mais aussi des échecs.
2° Un médicament antisyphilitique convenablement choisi ne donne jamais d’échec.
C’est dire que le traitement par les antisyphilitiques « bien choisis » est supérieur au traitement radiothérapique.
3° Le traitement radiothérapique paraît exempt d’inconvénient s’il n’est pas toujours efficace.
4 Tandis que le traitement par des antisyphilitiques « mal choisis » est dangereux.
Voici comment, à Brest, dans le service de dermatologie dirigé par le Docteur Goüin, on conçoit le traitement d’un lichen plan cutanéo-muqueux prurigineux.
L'examen clinique, ayant montré que le malade ne présentait aucune contrindication aux différents médicaments antisyphilitiques, on cherche parmi ces agents spécifiques celui qui produit une hyperleucocytose à la 2° heure, il guérira l'affection.
‘ Quel remède éprouvera-t-on d’abord ?
Etant donné que les grands arsenicaux ont la meilleure réputation, il est raisonnable de commencer par un grand arsenical à moins qu’il n’y ait de contrindication du côté du malade. Nous. donnons la préférence au novarsénobenzol, puis au sulfarsénobenzol et enfin à l’acétylaisan plus discutable à cause de sa toxicité.
Si le novarsénobenzol a donné une hyperleucocytose on continue le traitement et si des phénomènes d’intolérance n’obligent pas à l’interrompre, on est certain d’obtenir la guérison au cours du traitement.
Elle survient en général dès la première série (4 à 5 gr.) si le résultat est incomplet, après un repos on reprend le traitement et nous n’avons jämais eu d’échec avec une deuxième série.
Si le novarsénobenzol est leucopéniant, c’est que l’organisme n’accepte pas le concours de cet agent.
Dans ce cas il ne faut pas insister avec ce remède, il est en effet dangereux d’en continuer l’emploi. Nous avons signalé dans notre thèse des accidents précoces ou tardifs au cours du traitement spécifique chez des syphilitiques. Nous n’en avons pas eu avec le lichen plan n’ayant pas voulu continuer un traitement que nous savions nuisible. Il est d’ailleurs vraisemblable que les accidents cités dans la littérature avec les antisyphilitiques, dans le traitement de lichen plan sont dûs le plus souvent aux remèdes leucopéniants.
Ne pouvant continuer le novar et ne voulant pas employer un autre antisyphilitique « à l’aveugle » on fait une irradiation dorsale parce que :
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1°) On est certain d’obtenir une hyperleucocytose, par conséquent de ne pas nuire à l'organisme.
2°) On a l'espoir d'améliorer ou même de guérir le lichen plan. Le plus souvent on obtient un résultat favorable sur le prurit même si l’éruption n’est pas modifiée.
3° Nous ne perdons pas de temps avec cette façon de procéder et on se trouve dans la situation du dermatologiste qui a commencé avec la radiothérapie.
Le mouvement leucocytaire durant trois semaines, il aurait fallu attendre trois semaines au minimum pour vérifier la réaction de l’organisme à un autre remède. Ici connaissant le sens de la variation leucocytaire nous agissons avec certitude.
Passé ce délai de trois semaines on revoit le malade.
Ou le lichen plan est guéri ou très amélioré par la radiothérapie; le traitement devient inutile ou il peut être avantageux d’achever la guérison par une deuxième séance de rayons X.
Ou bien l’amélioration est nulle ou insuffisante, la radiothérapie est à rejetée, l'emploi des rayons X est écarté du fait de cet échec comme lemploi du novar est exclu chez ce même malade à cause de la réaction négative, on est obligé de se rabattre sur un autre remède antisyphilitique.
À ce nouvel échelon :
Si le nouveau médicament essayé bismuth, par exemple, donne une réaction hyperleucocytosante on retombe dans le premier cas, on est certain de guérir le malade.
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Si le bismuth a donné une leucopénie, on peut s’il est impossible d’attendre d’avantage utiliser « à l'aveugle » un autre antisyphilitique sulfar-acétylarsanmercure. Nous avons en effet restreints les chances d’insuccès en éliminant déjà deux agents nuisibles (leucopéniants). :
La meilleure solution serait d’attendre létalonnage d’un troisième médicament, mais cette solution n’est pas toujours possible car certains sujets ne veulent, ou ne peuvent attendre.
Nous signalerons pour la recherche d’un Lanione remède qu’il est possible malgré la négativité d’un arsenical, 914 par exemple, de trouver un autre arseni- - cal — acétylarsan — sulfar déterminant dans l’organisme une réaction en hyperleucocytose. De même avec les sels de bismuth.
Ce qui signifie que : la réaction d’un hyperleucocytose ou leucopénie d’un sel d’un des groupes antisyphilitiques ne préjuge nullement de la réaction des autres sels de même groupe.
Résultats. Avec cette technique on n’a constaté auun échec.