‹ Comparaison des effets de divers traitements dans l'hystérieChapitre 1 sur 5 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La métallothérapie dans le passé.

LA MÉTALLOTHÉRAPIE EXTERNE.

Nous trouvons des traces de la métallothérapie externe dans les temps très-éloigés.

Les anciens employaient souvent le cuivre métallique d’après cette méthode

Aristote disait qu’il avait quelque chose de froid et de médicamenteux parce que les coupes et lestasses de ce mé-

tal qu’on appliquait sur les meurtrissures paraissaient apporter quelques soulagements aux malades (1).

Ce soulagement peut n’être dû qu’à la sensation du froid qu’ont les corps métalliques, mais il est permis de croire qu’on l’attribuait à une propriété spécifique, et il est à noter que même dans la théorie des idiosyncrasies spécifiques, le cuivre, dans certains cas, impressionne également tous les sujets (2).

D’autresfois on employait le plomb. Galien(3)le conseille en plaques appliquées sur les lombes contre les rêves libidineux, et pour amener la résorption des glandes. Paul d’Ægine (4) est du même avis et Œtius (5) le vante dans le traitement de la blennorrhagie.

Selon Mérat (6), on en faisait fabriquer des ceintures dont on revêtait les femmes dans l’intention de calmer les ardeurs amoureuses auxquelles elles étaient en proie.

Quand nous rappelons la théorie d’Aristote sur la nature de l’hystérie, la ressemblance de cette méthode avecun traitement moderne est frappante. Cette croyance aux propriétés calmantes du plomb existait encore au dernier siècle. On attribuait de grandes vertus à des amulettes de Saturne dans les accouchements difficiles.

L’û7~ eut aussi ses partisans. Marcellus Epicurus le recommande en plaques contre la colique; Alexandre de Tralles contre la goutte et Pierre d’Abano pour les douleurs néphrétiques (7). Mais ces praticiens célèbres igno-

(1) Dict. des sciences méd., art. cuivre.

(2) Du cuivre contre le choléra, par Y. Burq. Paris, 1867.

(3) Lib. II, cap. 3.

(4) Lib. VII, sect. 3.

(5) Sprengel, vol. II, p. 203.

(6) Dict. des sciences méd., art. plomb.

(7) Sprengel. Hist. de la méd.

raient l’aspect scientifique de la question et attribuaient l’efficacité de leurs remèdes aux inscriptions magiques qu’ils portaient.

L’histoire de l’application externe du fer est inséparable de celle de l’aimant, et la plupart des auteurs qui ont écrit sur ce sujet expliquent l’effet par une sorte quelconque de magnétisme.

Ætius(l) dit que ceux qui souffrent de la goutte dans leurs pieds ou leurs mains ou de convulsions, sont soulagés lorsqu’ils tiennent un aimant dans leurs mains.

Alexandre de Tralles conseillait un anneau en fer contre 1 a colique, et Avenzoar se figurait qu’il pouvait même gué' rir avec l’aimant les exostoses (2).

Paracelse (3) avait ses méthodes particulières d’employer ce remède. Elles [étaient au nombre de six, mais nous ne citerons qu’une seule comme exemple.

Il fallait imprégner un aimant avec de la momie et le mélanger avec de la terre. On y mettait des semences ayant une homogénéité avec la maladie et à mesure qu’elles croissaient on les arrosait avec une lotion qui avait servi à laver le patient. Ensuite on les transplantait dans le sol et, quand elles étaient arrivées à la maturité, la maladie avait disparu.

Peut-on mieux traiter l’hystérie? Voici en résumé tout le traitement moderne. — Hydrothérapie, occupation, distraction de l’attention de la personne d’elle-même à autre chose. Une impression puissante sur l’imagination et surtout une absence de médication.

(1) Acti Tetrabibli, 1, 2, 25.

(2) Sprengel. Hist. de la méd.

(3) Mackay. Memoirs of extraordinary popular delusiona.

Les guérisons magnétiques devinrent générales et on effectua des merveilles au moyen de divers appareils. Les cure-dents magnétiques guérissaient l’odontalgie et on fabriquait aussi des cure-oreilles contre les douleurs et les troubles de l’ouïe. L’emplâtre d’aimant exerça une action si puissante qu’au dire de Croll’ un couteau qui avait été avalé fut attiré par ce moyen vers la peau (1).

Plus tard succéda l’application d’armatures de fer aimanté.

Andry et Thouret (2) les expérimentèrent avec succès et observèrent ce qu’on appelle maintenant des « phénomènes de transfert ». « Quelquefois on n’a vu succéderàl’application des aimants qu’un simple déplacement des douleurs ou des symptômes qu’on cherchait à combattre. »

Observons que l’influence de ces applications sur les sensations spéciales avait déjà été notée par Gilbert Taloor Wecker, Borelli etc. (3). 4

Vers 1770, le père Hehl fit part à Mesmer des résultats qu’il avaitobtenus par ces armatures. Mesmer y trouva un moyen puissant d’impressionner les personnes nerveuses; mais il apprit bientôt qu’avec des sujets convenables il opérait tout aussi bien sans les accessoires métalliques qu’il rejeta plus tard comme inutiles.

Quelques années après, un traitement semblable obtint une grande vogue en Angleterre où Perkins avec ses tracteurs abolissait la douleur. Mais comme Perkins était simple aventurier n’ayant aucun droit de guérir, les médecins ne tardèrent pas à démontrer que les tracteurs n’agis-

(1) Dict des sc. méd., art, magnétisme .

(2) Dict. des sc. méd.

(3) Sprengel. Hist. de la méd.

saient que par l’imagination et le Dr Haygarth fit des expériences avec des appareils en bois à l’hôpital de Bath avec les mômes résultats que s’il avait employé des tracteurs métalliques (1),

Les tracteurs tombèrent dans l’oubli ; mais depuis le commencement du siècle de nombreux procédés du même genre se sont succédé. Laënnec reprit les plaques d’Andry et Thouret, Récamier les emplâtres électriques, et plusieurs médecins ont expérimenté les armatures, les bagues, les chaînes (2), etc. L’impressionnabilité dessujets nerveuxpar les métaux a été citée dernièrement par quelques auteurs à l’appui de diverses étranges théories telles que celles de la force écténéique, de l’Od-Force, le Psychisme et dont les auteurs se figurent que leurs sujets reconnaissent les divers métaux en vertu d’une force qu’ils irradient.

Reichenbach, par exemple, dans ses « Recherches sur une nouvelle impondérable » prétend qu’une de ses malades sentit l’influence des plaques métalliques à une distance de 80 mètres et vit des flammes diversement coloriées sur les métaux dans l’ombre. Nous avons plusieurs autres exemples de cette influence à distance des métaux.

Hahnemann (3) guérissait un mélancolique résolu à se suicider en le faisant flairer un peu d’or.

M. Burq (4) a démontré qu’il suffit de vivre dans le voisinage du cuivre pour se garantir du choléra, et on se rappelle que Moïse mit fin à une épidémie nerveuse au moyen d’un serpent en airain. (Guérison à distance ?)

(1) Sprengel. Hist. de la méd.

(2) V. Burq. Du cuivre contre le choléra.

(3) Renouard. Hist. de la méd.

(4) V. Burq. Op. cit.

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