NECROSE PRODUITE PAR LE PHOSPHORE
ladie bénigne en elle-même, (out en recommandant d'enlever tout le mal, nous croyons qu'il est inutile de saci'ifier une partie trop étendue de l'os, et nous considérons comme un grand avantage de pouvoir conserver une partie de la continuité de l'os soit en hauteur, soit en épaisseur. La conservation du bord supérieur ou du bord inférieur du maxillaire fait disparaître la plupart des inconvénients attachés à la résection de toute la hauteur du corps de cet os et assure une guérison à peu près exemple de difformité. La division des parties molles est moins étendue, Thémorrhagie moins à craindre, la suppuration moins abondante; la langue ne saurait se rétracter. Plus tard la déglutition et l'expuilion se font sans difficulté, la difformité est à peine appréciable, le menton ne s'affaisse pas, ne se dévie pas, et la mastication peut conserver sa régularité an moyen d'un râtelier artificiel. Il n'est personne qui ne comprenne ces avantages,, et qui n'hésite à considérer la résection partielle comme un avantage dont il faut profiter, toutes les fois que l'étendue de la lésion le permet. Nous serions heureux d'avoir active le progrès sous ce rapport, en décidant les chirurgiens à tenter plus souvent qu'on ne l'a fait jusqu'à présent l'ablation de certaines tumeurs , sans interrompre la continuité de la mâchoire; c'est an moins ce but que nous nous sommes proposé dans les articles consacrés aux tumeurs fibreuses, aux kystes, etc. (voy. p. 610, 614, etc.).
Dans les cas de cancer, comme il est extrêmement important de dépasser les limites du mal, il sera rarement possible d'éviter la résection de l'os dans toute sa hauteur ; mais nous ne croyons pas, avec M. Heyfelder, que la récidive soit plus fréquente quand on laisse une portion de l'os , ni qu'il faille pratiquer la désarticulation, lorsque la branche du maxillaire est restée saine. Cette manière de faire, qui a pour résultat d'étendre la mutilation, paraît avoir été acceptée implicitement par M. Maisonneuve ; car sa malade opérée eu 1857 portait un ostéosarcôme qui ne s'étendait que de l'avant-dernière molaire droite à la première molaire gauche, et cependant tout le maxillaire fut enlevé {Gazette des hôpitaux, 1857, p. 379).^
Enfin l'étendue de la lésion a pu rendre nécessaire l'ablation de la mâchoire inférieure en grande partie et en même temps celle d'une portion du maxillaire supérieur. M. Heyfelder s'est comporté ainsi dans un tAi {Gazette des hôpknnx, 1853, p. 90); la même opération a été pratiquée par M. Uû'iQnm\i.S&{Monileur des hôpitaux, 1855, p. 179) et par M. Sanchez de Toca {Gazette hebdomadaire, 1856, p. 656). Ce sont -lîi de
ces opérations complexes pour lesquelles l'étendue et le nombre des incisions sont laissés à l'interprétation du chirurgien, qui a pour guides les limites et le siège de la lésion elle-même.