MALADIES COMMUNES
caliou, laquelle en effet donue lieu à la vaporisation du phosphore.
La maladie a été plus souvent observée sur des femmes que sur des hommes , mais c'est sans aucun doute parce que les fabriques de ce genre occupent plus de femmes que d'hommes.
D'après les observalions de Geist, Neumann , et M. Lailler, la principale cause prédisposante est une carie dentaire. M. Lailler du moins, parmi les faits qu'il a rassemblés, n'en possède qu'un seul dans lequel aucune dent n'avait été allérée avant l'envahissement de la nécrose. Il parait que les vapeurs phosphorées, trouvant une voie ouverte dans la perforation d'une dent cariée, vont porter leur action loxique sur la racine, et de proche en proche sur la portion d'os attenante. Si une dent cariée vient à être arrachée, et que, sans attendre la cicatrisation , l'ouvrier s'expose aux émanations délétères, la nécrose se développe encore plus sûrement. Mais puisque, d'après le fait unique de M. Lailler, elle arrive quelquefois sans carie préalable, il faut bien admeitre que le phosphore peut agir aussi sur la mâchoire sans l'intermédiaire d'une dent malade, probablement en passant à travers la muqueuse ou au-dessous de la gencive.
Il est difficile d'expliquer le mode d'action du phosphore , et on ne peut à cet égard que s'en tenir à des conjectures : cette substance , mise en contact avec le périoste, l'irrite d'une manière toute spéciale et en amène la destruction; dès lors l'os, privé de ses moyens de nutrition, meurt. Baur pense qu'il se fait un action chimique, consisiant en ce que l'acide phosphorique , apporté en vapeurs, change le phosphate basique de chaux insoluble des os en un phosphate acide , qui est soluble et irritant , et dont la pi'ésence fait perdre à l'os sa résistance et l'enflamme. Suivant M. Zorinser, l'affection osseuse est consécutive à une altération générale de l'économie, sorte d'infection qui serait analogue à la stomatite et à la salivation données par l'emploi des mercuriaux; mais, si l'on considère que, d'une part, le mal commence souvent par les dents gâtées, et que, d'auii'e part , les autres pi'éparalions phosphorées ue l'occasionnent pas, on sera peu disposé à admettre cette opinion, et on croira plutôt qu'il s'agit d'une intoxication locale, consistant, ainsi que nous l'avons déjà dit, eu une ostéite spéciale qui se termine par nécrose.
Le C Diez croit avoir remarqué que le phosphore des allumettes chimiques produit la nécrose loi'sqn'il contient de l'arsenic; mais ses observations sont contredites par celles de M. Geist, de Nuremberg, qui est stir d'avoir vu la nécrose