AUX DEUX MACHOIRES
dans des ateliers oii l'on se servait de phosphore sans arsenic.
Les observations récentes de M. Chevalier, confirmées par celles de Al. Lailler, doivent faire admettre que la nécrose est surtout prodniie par le phosphore jaune, tandis que le phosphore rouge ou amorphe n'aurait pas la même propriété.
Symptômes. — Le premier symptôme digue d'attention, mais dont les malades s'occupent rarement , est un crachement de sang : il y a une ou plusieurs dents gâtées ; les gencives se tuméfient à leur niveau , saignent, et les liquides de la bouche sont colorés par le sang. Bientôt la dent ou les dents cariées deviennent douloureuses, ce qui décide souvent le malade à les faire arracher. Mais il est ordinaire qu'après celte opération, si on reprend les mêmes travaux, la maladie marche plus rapidement; le gonflement de la gencive augmente peu à peu , et un moment arrive où les joues elles-mêmes se tuméfient et prennent un aspect luisant comme dans l'érysipèlc. Ce gonflement, que l'on considère d'abord comme le résultat d'une fluxion ordinaire, persiste, au lieu de diminuer, comme cela devrait être s'il s'agissait en effet d'une fluxion. Un peu plus tard, après qu'un abcès s'est formé et ouvert dans la bouche , ou même sans que cette circonstance ait eu lieu, et après un simple travail d'ulcération, on trouve sur la gencive une solution de continuité plus ou moins étendue, par laquelle le doigt et le stylet arrivent sur l'os malade. La suppuration est abondante et fétide; la dent malade, si elle n'a pas été arrachée, s'ébranle et tombe ; pareille chose a lieu, quelques mois plus tard, pour les dents voisines. La mastication est de plus en plus difficile, et elle le devient davantage lorsque l'inflammalion prend , ce qui arrive de temps à autre, un peu plus d'acuité. Des aliments liquides ou en bouillie sont les seuls dont on puisse faire usage. Le malade s'affaiblit de plus en plus, tant à cause de cette insuffisance de l'alimentation que par l'ingestion du pus fétide, dont une partie est nécessairement avalée. Ajoutons que peut-être l'anémie est augmenlée par l'influence du phosphore sur l'économie tout entière; car l'opinion que nous avons émise sur la production de la nécrose par une action locale n'exclut pas l'idée d'une infection générale concomitante. En tout-cas, le malade pâlit, a souvent des digestions laborieuses , de la diarrhée. L'ulcération des gencives persiste et même augmente; l'os, de plus en plus dénudé, se colore en noir, par suite de l'action du pus altéré sur sa substance. On voit aussi , dans le cours de la maladie, des abcès symplomatiques s'ouvrir à la