‹ Compendium de chirurgie pratique; ou, Traité complet des maladies chirurgicales et des opérations que ces maladies réclamentChapitre 44 sur 177 · LÉSIONS TRAUMATIQUES DU GLOBE OCULAIRE · texte numérisé non relu

LÉSIONS TRAUMATIQUES DU GLOBE OCULAIRE

Les lésions traumaliques du globe oculaire offrent toutes de l'intérêt, les plus légères en appa-

rence pouvant devenir graves, à cause de la sensibilité extrême de l'œil , de son apiilude à se modifier par le travail inflammatoire, et de la facilité avec laquelle les causes vulnérautes dérangent l'harmonie despai-lies cousiituantes de cet orjjauc. Ces lésions, assez nombreuses, sont la commotion, la compression, la contusion, la rupture de l'œil ; les plaies, soit simples, .soit pai- armes à feu; les corps étrangers, les déplacements et l'arrachcmcni, les brûlures et les caulérisalions.

MALADIES DU GLOBE OCULAIRE

Art. I*"'. — Commotion.

Le mot commotion n'exprime pas une lésion matérielle spéciale ; il indique seulement un mécanisme particulier, suivant lequel peuvent se produire des lésious physiques ou fonctionnelles variées. Ce mécanisme est celui de Tébranlement.

De même que le cerveau , l'œil présente dans sa structure des conditions favorables aux lésions par ébranlement : dans sa coque extérieure, résistante, sont enfermés des liquides et des membranes molles qu'une secousse violente ébranle facilement, et la délicatesse des tissus explique comment celle secousse peut les tirailler, les déchirer, troubler leur nutrition et leur vitalité.

Il y a commotion de l'œil lorsqu'un corps vulnérant lancé avec force vient tomber sur le front, la tempe, la région sous-orbitaire, la racine du nez , ou bien lorsqu'on fait une chute sur quelqu'une de ces parties du corps, ou qu'on vient à les heurter contre un objet résistant. Il y a également commotion lorsque les corps vulnérants agissent directement sur l'œil ; mais, comme alors l'œil est en même temps contusionné , les conséquences de l'ébranlement ne sont plus aussi évidentes. MM. Cunier et Heyfelder ( Jnnales d'oculistique, t. XHi ) pensent que des dérangements peuvent survenir dans les yeux à la suite de chutes sur les pieds et les fesses ou après de grands efforts pour éternuer et vomir. Nous sommes disposés à admettre cette proposition; car, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment (pag. 124), l'un de nous, M. Denonvilliers , a observé deux fois dans le cours de l'année 1 848, à l'hôpital Saint- Antoine, une amaurose incomplète survenue à la suite d'une chute sur l'épaule qui avait occasionné en même temps une fracture de la clavicule.

Désordres occasionnés par la commotion.

— Ils sont matériels ou fonctionnels . On ne devrait , à la rigueur, rapporter à la commotion que les derniers , les premiers se rapprochant davantage, par leur nature, des plaies et des contusions ; cependant leur mode de production nous autorise à en dire aussi quelques mois.

l°l;es désordres fonctionnels sont variables. Quand la commotion a été légère, le malade ressent un trouble momentané de la vue, tel que vision passagère de lumières brillantes, éblouissement, etc. ; quand elle a été plus forte , elle peut entraîner une amaurose ou une mydriase. l^L'amaurose est due sans doute à quelque lésiou de la rétine ; mais on n'a pas encore eu l'occasion de constater sur le cadavre la nature de cette lésion.

et peut-être serait-elle aussi difficile à déterminer que l'est celle qui affecte le cerveau à la suite des ébranlements de cet organe. L'amaurose dont il s'agit ici est ordinairement immédiate ; cependant M. Heyfelder pense qu'elle peut ne survenir que consécutivement, et qu'elle se produit alors à la suile de la rétinile provoquée par la commotion. Elle peut être complète ou incomplète, et, dans ce dernier cas, consister seulement en une hémiopie ou une diplopie. Nous n'en dirons pas davantage sur ces troubles de la vision, qui doivent être décrits plus loin. 2° Quelquefois, à la suite de l'ébranlement de l'œil , la pupille perd ses mouvements et reste dilatée sans que la rétine soit paralysée ni la vision perdue. Cette lésion fonctionnelle,qui porte le nom de mydriase traumatique, est-elle causée par la déchirure de quelques-uns des nerfs iriens , par le simple ébranlement de ces nerfs , ou par celui du tissu de l'iris ? Il est impossible de répondre aujourd'hui à ces questions. En tout cas , il est rare que la mydriase persiste indéfiniment : la pupille reprend presque constamment, au bout de deux ou trois semaines, ses dimensions et sa mobilité.

2''Les désordres matériels qui succèdent à la commotionoculaire coïncident souvent avec l'amaurose et par conséquent avec la perte de la vision. Ils peuvent aussi à la rigueur se produire sans elle. Ce sont l'hémophthalmie ou épanchement de sang daus l'œil, le décollement de l'iris, et diverses lésions de l'appareil cristallinien.

L'hémophihalmie est rare à la suite d'un ébranlement simple, elle arrive plutôt à la suite de la contusion : aussi en parlerons-nons avec plus de détails à propos de cette dernière.

Les ébranlements de l'œil ont quelquefois pour effet le décollement de l'iris au niveau de sa grande circonférence, et plutôt vers sa partie supérieurequedans les autres points: alors la membrane se plisse ets'enrouleen s'éloignant du cercle ciliaire, et laisse un espace libre dont la couleur est noire comme celle de la pupille; c'est en réalité une pupille artificielle. Une déchirure peut s'ajouter

I au décollement, s'étendre eu rayonnant de la circonférence vers le centre , arriver jusqu'à la pu-

1 pille normale , et déterminer ainsi une large perforation.

I Les lésions du cristallin, suiles de la commotion

! oculaire, sont des déchirures de la capsule cristalline et des déplacements.

i Les déchirures de la capsule cristalline ne sont pas suivies du déplacement de la lentille, lorsqu'elles ont lieu dans une étendue peu considérable. Lorsqu'elles sont un peu étendues au contraire,un déplacement a lieu. Celui-ci est incom-

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