CHAPITRE PREMIER
MALADIES DU PAVILLON DE L'OREILLE
Destiné à recueillir les ondes sonores et à les diriger vers le conduit auditif externe, le pavillon de l'oreille est une partie utile, mais non point essentielle , à la perception des sons : aussi ses maladies ne donnent-elles pas lieu , comme celle des autres éléments de l'appareil auditif, aux troubles et à l'affaiblisstment de l'ouïe. Constitué, dans ses trois quarts supérieurs, par une charpente cartilagineuse, dans son quart inférieur, par une masse de tissu cellulo-graisseux, rcvflu de tous côlés par les téguments commims, alimenté et animé par des vaisseaux et par des nerfs d'un médiocre déveioppemcut, cet appendice n'est exposé qu'à un petit nombre de maladies , auxquelles cependant sa position isolée et .son délachemeni du reste du corp.t doniu'.nt parfois un caractère sjiécial.
Ces maladies se divisent naturellement en lésions traumaiiques, lésions vitales el organiques, et diitormités.
SECTION I
LÉSIONS TiUUMATIQUES.
Celle section comprend: 1° les contusions, 2° la compression , 3° les plaies , 4° les brûlures et la congélation.
Art. I".
Contusions.
Les contusions du pavillon de l'oreille portent habituellement sur la conque et sa bordure extérieure, mais non sur le lobule ; ce qui s'explique par cette circonstance , que la première de ces parties, correspondant aux régions temporale et mastoïdienne, se trouve prise entre uu plan osseux et résistant et les corps contondants, tandis que la seconde se soustrait à l'aciiondes vinlencesextéiieures en se retirant dans l'excavalion parotidienne. Ces coniusiuns s'accompagnent ordinairement d'ecchymoses, quelquefois dépanchiment de sang et de bosse sanguine, exceptiunnelltment de fracture ou plutôt de rupture du cartilage.
Celle di'rnière lésion, mentionnée par Celse, a été considérée comme impossible par quelques auteurs, particulièrement par Boyer : « Pour qu'une telle fracture piJt avoir lieu, il faudrait, dit-il , que le cartilage fi'it ossifié ; or, cette ossification n'cïisie jamais, même dans l'âge le plus avancé. » En prenant le mot fracture dans son acception rigoureuse, l'argumentation de Boyer est inattaquable, et le cartilage de l'oreille est assurément trop souple, trop flexible , et trop élastique, pour se briser jamais à la façon des os ; mais , s'il ne
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peut se casser, il peut être écrasé , rompu audessous des téguments restés intacts. C'est dans ce sens que plusieurs chirurgiens ont admis la possibilité de la division du cartilage , surtout dans les cas oii sa rigidité est plus grande qu'à l'ordinaire, soit par l'effet d'une disposition naturelle , soit par les progrès de l'âge. L'existence de cette lésion a d'ailleurs cessé d'être douteuse aujourd'hui, car M. Jarjavay en rapporte un exemple, dans son Analomie chirurgicale (t. i, p. 525), et notre confrère, M. Ménière , nous a dit avoir observé la même chose sur des boxeurs anglais. Il n'y a point ici de réduction à faire ni d'appareil spécial à appliquer, car les fragments sont retenus eu rapport par le périchondre et par les téguments : tout au plus pourrait- on , à l'aide d'une bande ou mieux d'un bonnet ouaté, maintenir l'oreille dans sa position normale. Dans le cas observé par M. Jarjavay, la consolidation n'eut pas lieu , et les deux fragments restèrent mobiles l'un sur l'autre, comme s'ils n'étaient réunis que par une substance fibreuse intermédiaire, de telle sorte qu'ils pouvaient <"tre facilement plies l'un sur l'autre comme les deux feuillets d'un livre.
Art. II. — Compression.
Le pavillon de l'oreille peut êti-e soumis à des pressions, plus ou moins fortes, plus ou moins répétées, plus ou moins durables, dont les effets diffèrent suivant ces diverses circonstauces.
Nous devons à M. Jarjavay des observations et des réflexions très-intéressantes sur les lésions qui succèdent aux pressions fortes et fréquentes que supporte le pavillon de l'oreille chez les athlètes et les lutteurs. Dans les efforts et les évolutions auxquels se livrent les combattants, cette partie se trouve souvent engagée sous le bras de l'adversaire ou prise entre les deux têtes fortement pressées l'une contre l'auire : or, le résultat de ces froissements , c'est souvent le décollement de lu peau, séparée du cartilage dans une plus ou moins grande étendue, et la foimatiou d'une poche qui se remplit de sang; d'oii un de ces kystes sérosanguins dont nous donnerons plus loin l'histoire (voy. p. -139).
La répétition des pressions et des froissements qui s'opèrent ainsi finit par déterminer une hypertrophie du tissu cellulaire sous -cutané ; aussi presque tous les individus qui se livrent à cette sorte d'exercice se font-ils remarquer par le développement extrême de leurs oreilles ; les téguments, plus rouges, plus épais, plus denses, ont perdu leur sou|)lesse et forment une sorte de bourrelet, de dimensions si monstrueuses, dans
quelques cas, qu'ils entraînent le pavillon elle font retomber comme celui de certains animaux. Des lésions encore plus fâcheuses peuvent résulter de la compression exercée sur le pavillon de l'oreille d'une manière permanente, et il n'est pas même nécessaire pour cela que cette compression soit forte. Un bandage médiocrement serré, qui se faisait à peine sentir d'abord , devient à la longue douloureux et difficile à supporter ; si on l'enlève alors , on voit que les parties les plus saillantes sont rouges et sensibles au toucher ; si on le laisse, les téguments peuvent se mortifier et se transformer en des eschares sèches, que remplacent plus lard des ulcères plus ou moins larges et profonds, La mortification peut même, dans des circonstances analogues , s'étendre jusqu'au cartilage. «J'ai vu , dit Boyer (édition de 1846, t. v, p. 5), sur un jeune étudiant en médecine affecté d'un large ulcère de la partie postérieure du bassin , qui le forçait à se tenir couché sur le côté, la partie la plus saillante du pavillon , c'est-à-dire l'anthélix, devenir le siège d'une eschare, dont la chute laissa un trou qui pouvait admettre l'extrémité du petit doigt. » On voit par cet exemple combien il importe d'éviter la compression du pavillon de l'oreille : c'est ce qu'on fait en ayant soin de garnir cette partie de charpie ou de coton eardé, qui la garantisse sans la gêner, toutes les fois qu'on veut appliquer uu bandage permanent dans lequel elle doit se trouver prise, ou quand, dans le cours d'une maladie grave , on a lieu de redouter les inconvéuieuts d'un décubitus latéral prolongé.
Art. III. — Plaies.
Les plaies du pavillon de l'oreille sont produites par des instruments piquants , tranchants , ou contondants.
I. Les plaies par instruments piquants sont peu graves, tellement qu'il est d'un usage général, surtout chez les femmes, de perforer le lobule pour y suspendre un anneau plus ou moins orné qui porte le nom de boucle d'oreille. Quelques médecins ont aussi conseillé cette perforation et le maintien de l'ouverture par un corps étranger laissé à demeure, dans le but de déterminer là une irritation et une suppuration qu'ils regardent comme salutaires dans quelques maladies des yeux, dans certaines fluxions catarrhales, etc.
La petite opération dont il s'agit ici est presque toujours abandonnée aux bijoutiers , qui se servent pour la pratiquer d'un poinçon ordinaire, à pointe très-aiguë , poussé à travers le lobule préalablement appuyé sur un bouchon , et qui substituent immédiatement au poinçon la boucle d'oreille.
PLAIES
Une manière de procéder si peu méthodique occasionne trop souvent des inflammations, des déchirures, des suppurations et même des petits abcès, qui forcent à ôter la boucle d'oreille et à recourir aux topiques émoliients : aussi serait-il mieux de régulariser l'opération en employant pour la faire un petit trois-quarts, dont la canule servirait de conducteur à un fil métallique léger qu'on laisserait à demeure jusqu'à ce que les bords de la petite ouverture fussent bien cicatrisés et qu'on ne remplacerait qu'alors par la boucle d'oreille. Quand ce bijou est d'un poids trop considérable , il détermine l'allongement disgracieux de l'oreille ou même l'aggrandisscmcnt progressif de l'ouverture et finalement la section du lobule , surtout quand la perforation a été faite trop bas. On prévient cet accident en soutenant la boucle d'oreille avec un ruban ou une agrafe qu'on fixe dans les cheveux; nous verrons plus loin, à propos des difformités , comment on y remédie , quand on n'a pu l'empêcher.
II. Les plaies par instrumenls Iranchnnls, lorsqu'elles sont bornées à la peau du pavillon ou à une partie de son épaisseur, rentrent dans la catégorie des plaies ordinaires et ne présentent aucune indication spéciale; mais il est très-fréquent, vu la minceur et l'isolement de l'oreille, que cette partie soit divisée dans toute son épaisseur. Trois cas peuvent alors se présenter : on la solution de continuité repiésente une boutonnière qui ne s'étend pas au bord libre; ou elle s'étend jusqu'à ce bord , de sorte que le pavillon est partagé en deux portions, l'une demeurée adhérente au crâne , et l'autre flottante sous forme d'un lambeau plus ou moins étendu ; ou bien enfin elle comprend toute la largeur du pavillon , dont une partie est entièrement séparée et détachée du reste du corps.
Dans le premier cas, les parties étant maintenues en position par les bords intacts du pavillon, les lèvres de la plaie restent en contact, cl la cicatrisation se fait régulièrement , sans qu'il reste de perforation et sans qu'on soit obligé d'employer d'autre moyen de réunion qu'un bandage contentif.
Dans le second cas, la lésion est plus ou moins grave et la guérison plus ou moins assurée suivant que le lambeau flottant est plus ou moins grand et le pédicule qui le relie au corps plus on moins épais. Est-ce seulement la partie supérieure et libre du pavillon qui est divisée dans la moitié de sa largeur; il y a beaucoup de chances de réunion. Celles-ci diminuent à mesure que la solution de continuité s'étend et que le pédicule se rétrécit. Elles ne sont pas non plus très-grandes lorsque les téguments et le cartilage sont divisés et que le
lambeau ne tient plus que par la peau du côté interne. Enfin on doit les considérer comme plus incertaines encore quand, la blessure portant sur le point de jonction de la conque et du conduit auditif, le pavillon tout entier retombe sur la joue, retenu seulement par une languette de parties molles plus ou moins étroite. Dans tous ces cas du reste, il est indiqué de rapprocher les surfaces saignantes, après les avoir bien lavées, et de les assujettir à l'aide de points de suture qui comprennent le cartilage. Sans doute il n'est pas certain que la cicatrisation se fasse toujours bien , et il se peut qu'elle soit incomplète ou qu'elle manque tout à fait, et que le lambeau, frappé de gangrène, se sépare et tombe consécutivement; mais, comme ces fâcheux résultats ne peuvent être prévus d'une manière certaine, il n'en faut pas moins tenter la réunion, d'autant plus que celle-ci n'offre aucun inconvénient et que la suture des cartilages n'entraîne ni leur mortification ni les dangers que les anciens attribuaient à tort à la blessure des tissus blancs. Ce qui est vrai seulement, c'est que, la vitalité obscure du cartilage ne se prêtant pas à l'accomplissement rapide des phénomènes de la cicatrisation , la présence de ce tissu dans le pavillon nuit à la réunion des plaies et la rend plus incertaine , surtout quand la division est étendue et le pédicule peu fourni de vaisseaux.
Il peut arriver aussi qu'après la réunion les téguments de la conque et du conduit restent bour« souflés et qu'on ait à combattre ultérieurement un rétrécissement, ainsi que l'a vu M. Maisonneuve sur un malade dont l'observation a été rapportée, d'après ce chirurgien, par la Gazette médicale de Paris (année 1851).
Dans le dernier cas, c'est-à-dire quand une portion plus ou moins considérable de l'oreille a été entièrement séparée, on conçoit, d'après ce qui vient d'être dit, quelle faible espéraiice on doit fonder sur la réunion : les exemples de cicatrisation, assez multipliés pour les portions de nez ou pour les extrémités de doigts entièrement séparées , sont en effet tellement rares pour le pavillon de l'oreille qu'on en pourrait à peine trouver dans la science un ou deux qui réunissent les conditions d'authenticité désirables.
Dans le courant du mois de décembre 18(9, Percy donna communication à la Société de médecine du fait suivant, observé et recueilli par H. le D"" Magnin, chirurgien-major aux chasseurs de la Meuse. Augustin Lahalle , soldat au 3'' escadron, ayant eu la partie supérieure du pavillon tout entière emportée par un coup de sabre , apporta immédiatement son morceau d'oreille, enve- I lop|)é dans un mouchoir, au chirurgien, qui , après
MALADIES DU PAVILLON DE L'OREILLE
avoir arrêté rhcmorrhagie provenant d'une artériole divisée, remit le fragment en place et le maintint à l'aide de deux morceaux d'emplâtre agglulinalif, appliqués l'un en dehors et l'autre en dedans, et d'un bandage médiocrement serré, malgré les conseils du blessé et des assistants qui voulaient qu'on jetât la pièce séparée comme une partie désormais inutile. Le quatrième jour, l'oreille fut trouvée pâle, froide et inseusible, ce qui fit porter un fâcheux pronostic. L'appareil ayant été néanmoins laissé en place, grand fut l'étonnement du chirurgien lorsqu'au dixième jour il trouva le pavillon recollé et parfaitement repris sans suppuration. Cinq jours plus tard, l'oreille était solide, bien cicatrisée, de couleur et de sensibilité naturelles, avec une cicatrice linéaire et entièrement circulaire, dont la disposition suflirait, ajoute l'observation, à démontrer aux plus sceptiques l'évidence d'un phénomène qui a d'ailleurs eu pour témoin tout le régiment. (Sm/letins de la Faculté de médecine de Paris, t. VI, p. 507.)
Un autre fait, dû au D"" Manni {Jrch. gén. de méd. et de chir. , 2® série, t, V , p. 300), est encore plus surprenant, car il s'agit d'une oreille tout entière séparée par un coup de sabre et conservée dans la poche du malade, qui ne la présenta au chirurgien qu'au bout de quelques heures. Celui-ci, l'ayant trouvée froide et un peu écrasée, la nettoya avec de l'alcool étendu d'eau , raviva les parties par l'excision d'une lame de deux à trois millimètres d'épaisseur, les réunit et les maintint à l'aide de quatre points de suture , de bandelettes agglutiuatives , de compresses , et d'un bandage approprié. Le lendemain, le lieu de la réunion était rouge ; huit jours après , le pavillon commençait à reprendre sa chaleur vitale. L'extrémité lobulaire se consolida la première; les autres points suppurèrent, et des bourgeons charnus se développèrent sur le cartilage. Dans l'esfiace d'un mois, la guérison était complète. Le maade conserva cette oreille presque dans le même état que celle de l'autre côté , sans qu'on remarquât autre chose dans le lieu de la réunion qu'une cicatrice linéaire elliptique.
Ces deux i'aits sont d'autant plus singuliers que, dans plusieurs autres circonstances où les conditions étaient bien meilleures , le pavillon tenant encore à la tête par un pédicule plus ou moins épais , il survint cependant une gangrène consécutive qui entraîna la perte de toute la partie séparée (voir Boyer, édition de 1846 , t. v, p. 3). On doit donc les considérer comme exceptionnels; mais ils suffisent néanmoins pour autoriser les tentatives de réunion, le fragment détaché fùt-il con-
sidérable, et le chirurgien n'eùt-il été appelé qu'au bout d'un certain temps.
in. Les plaies contuses et celles même qui résultent de Taclion des armes à feu doivent être traitées suivant les mêmes règles, en prenant la précaution d'aviver les bords de la solution de continuité, qui sout rarement réguliers. Nous avons, dit M. le professeur Nélaton [Éléments de path. chir. , t. ii, p. 771 ) , réuni, après la chute des eschares, les deux moitiés d'une oreille divisée par une balle, et le résultat fut tellement parfait que la difformité était à peine sensible.
Art. IV. — Brûlures et congélation.
A peine serait-il nécessaire de parler des brûlures , si elles ne se distinguaient par cette circonstance particulière qu'elles exposeut à des adhérences vicieuses, qui déforment le pavillon et peuvent le coller plus ou moins intimement aux parties adjacentes de la lèie. C'est un inconvénient qu'il est souvent difficile de prévenir, même par les pansements les plus méthodiques. Nous dirons plus loin (p. 4AA) comment on peut y remédier.
L'oreille est souvent affectée d'engelures , et l'ou y observe aussi la congélation dans les pays froids. Ce n'est pas que cette partie soit, comme on le répète à tort dans beaucoup de livres , prédisposée à celte lésion par son défaut de vascularité : les vaisseaux y sont fins à la vérité , mais nombreux, riches en ramifications ainsi qu'en anastomoses, et la circulation y jouit d'une grande activité, comme le prouvent la rougeur habituelle du pavillon chez les individus vigoureux et la facilité avec laquelle il partage , chez les sujets à peau fine, l'injection des téguments de la face. Ce serait d'ailleurs une erreur que d'attribuer à cette condition une grande influence sur la production du phénomène de la congélation : les parties qu'on voit le plus souvent congelées ne sont-elles pas le nez, les doigts, les orteils, c'est-à-dire des organes dont personne ne pourrait songer à contester l'abondante vascularité? La vraie raison pour laquelle ces organes cèdent si facilement à l'action du froid , c'est que , d'une part, ils sont plus exposés, et que, d'une autre part, en raison de leur minceui» et de leur isolement , ils perdent plus rapidement leur calorique et le recouvrent avec plus de peine quand une fois ils en ont été privés.
SECTION II
LÉSimS VITALES ET ORGANIQUES.
Ces lésions sont de deux ordres : au premier
KYSTES SERO-SANGUINS.
npparlieriiient les aftbclions inflammatoires, au second les tumeurs.
AuT. l". — Inflammation.
L'inflammation phlegmoneuse et les abcès sont ici très-rares : on y observe cependant des abcès douloureux, à la suile de la perforation du lobule. Lorsque, par exception, l'inflammation et la suppuration occupent le tissu cellulaire du pavillon , il en peut résulter di;s dpcollemenls de la peau et des ulcères sinueux difficiles à guérir. M. Ph. Bayer rapporte m('me, dans la nouvelle édition qu'il a donnée de la chirurgie de son père (t. 5, p. 6), l'exemple d'une nécrose de tout le cartilage occasionnée par un grand abcès.
La plupart des inflammations qu'on observe dans cette région apparlieiinent à la peau. L'érythème et Feczéina s'y voient fréquemment. Développés, tantôt sous l'influence d'une cause interne, tantôt sous celle du froid ou de la malpropreté , ces affections ont de la tendance à durer longtemps, parce que la configuration des parties permet aux sui'faces malades de rester en contact ou de frotter les unes contre les autres. Ainsi, lorsque l'éryilième occupe, sur la face externe du pavillon , la racine de l'hélix, il y a contact entre les parties enflammées, et, lorsqu'il occupe la face interne, il y a contact entre celle-ci et la peau de la région latérale du crâne : il n'en faut pas davantage pour que l'érylhème devienne sécrétant et suppure indéfiniment. C'est ce qu'on voit .surtout chez les enfants , dont la peau mince se pri'te encore mieux que celle des adultes à ce genre de lésion. Les pommades et les corps gras seraient nuisibles. Des pansements simples avec du linge fia et bien sec disposé de manière à séparer les parties malades , l'usage de la fécule ou de la poudre de lycopode pour absorber les liquides, l'administrai ion à l'intérieur des aniei-s et des toniques, sont les moyens de traitement les plus convenables.
Dans les érysipèles de la face et du cuir chevelu, il est ordinaire de voir l'aU'ection s'étendre à l'oreille et s'y montrer avec des caractères particuliers qu'explique très-bien la disposition auatomique de cet organe. Le tissu cellulaire qui double la peau s'infiltrant facilement de sérosité, le gonflement e.^t considérable, mais inégal comme la laxité de ce tissu : tandis que la face externe du pavillon est à peine tiuuéliée , la face interne et les bords sont boursouflés et monstrueusement développés. Ces changements, joints à la tension et à l'aspect luisant de la peau, produisent une diltormité bizarre et repoussante, qui épouvante
les malades et leur entourage , d'autant plus qu'elle est accompagnée de douleurs vives. La gravité de la lésion principale n'en est cependant point augmentée, et il n'en résulte aucune indication particulière, si ce n'est peut-être celle de quelques ponctions avec la lancette dans les cas où la tuméfaction deviendrait excessive et la douleur insupportable.
Comme les inflammations cutanées du pavillon donnent souvent lieu à l'engorgement des ganglions lymphatiques .situés dans les régions parolidienne ou sous-maxillaire, il faut avoir soin d'examiner ces régions , afin de remplir inmiédiafeinent les indications nouvelles qui pourraient naître de cette complication.
Art. il — Tumeurs.
Les tumeurs du pavillon ne sont ni Irès-nombreuses ni très-fréquentes. On y voit quelquefois des kystes dermoïdes, que l'on guérit par l'extirpation lorsqu'ils deviennent gênants par leur volume ou leur extension du côté du conduit auditif. On a aussi observé sur le lobule des tumeurs fibreuses, as.'^ez gênantes et a.s.sez douloureuses pour qu'il ait été nécessaire de les enlevai'; et cette opération a été parfois suivie de récidive. Dans certains pays, ces fumeurs semblent exister à l'état endémique. D'après une relation faite par le D'' Campbell à la Société médicale de Calcutta, en 1833, beaucoup d'habitants de la vallée de Kipal sont sujets à la fois au goitre et à des tumeurs auriculaires, inégales, charnues , comparables à ce qu'il appelle le sarcome mammaire. L'éléphantiasis du pavillon n'est pas non plus sans exemple : M. Ph. Boyer en cite un cas, et ajoute que M. Cazenave lui a dit l'avoir observé cinq fois dans sa pratique.
Deux autres espèces de tumeurs, les ky.stes séro-sanguins et les tumeurs érectiles , méritent une mention particulière.
§ a"'. — HiyBtea séro-sanguina.
Sur la face externe du pavillon, dans cette parlie qu'on appelle la fosse uaviculaire, se dévelo|)peut des kystes, remplis de sang presque pur ou de sérosité sanguinolente, et connus pour cette raison sons le nom de kystes séro-saiii:;uins.
Ils surviennent dans deux conditions diliérentes : 1° chez les lutteurs, 2° chez les aliénés.
1" Les kystes séro-.sauguins des lutteurs ont été signalés à l'atlenliou deschiruigienspari\I.Jarjavay, qui les décrit, dans son traiié d'anatomie chirurgicale (t. i, p. .521), sous le titre A'hé-
MALADIES DU PAVILLON DE L'OREILLE
matocèles du pavillon. Ils ont manifestement pour causes les pressions fortes et répétées auxquelles se trouve exposée l'oreille , pressions qui décollent la peau, déchirent les vaisseaux, et préparent la cavité accidentelle qui recevra plus lard la matière de l'épancliemeut. Celui-ci est formé par un mélange de sérosité claire ou sanguinolente, de sang, et de caillots, qui occupent le fond de la cavilé. Il est probable que la maladie guérirait d'elle-même si les sujets renonçaient à leurs exercices, car elle s'améliore sensiblement dans l'intervalle des séances ; mais, à chaque lutte nouvelle , les pressions se reproduisant , la tumeur reparaît, augmente ou devient douloureuse, et à la longue elle finit par acquérir des proportions telles qu'il devient nécessaire d'y appliquer des moyens de trailement énergiques. Dans un des cas observés par M. Jarjavay, la guérison fut obtenue en trois semaines par l'incision de la poche, qu'on tamponna ensuite avec de la charpie, de manière à pi'ovoquer la suppuration , la granulation , et le recoilunient de ses parois. Dans un second cas, huit jours de trailement suffirent : six pondions successives avaient été faites avec la lancette ; la première avait donné issue à du sang pur; les suivantes fournirent de la sérosité, d'abord sanguinolente, puis trouble, puis limpide, et de plus en pins rare. Le choix entre l'incision et les pondions devrait èire déterminé par le volume et ■ l'ancienneté de la tumeur, ainsi que par l'épaisseur de ses parois et la consistance delà matière qu'elle renferme.
2.° Les kystes séro-sanguins des aliénés sont assez communs , puisque, bien qu'ils n'aient été étudiés que depuis quelques années, l'on en possède déjà un bon nombred'observalions. A lui seul, M. le D'' Bird en a fait connaître six cas ( Jrch. gén. de méd., 2^ série, t. iv , p. 524); un exemple en a été présenté par M. le D'' Belhomme à la Société d'émulation (Gazelle des liôpilaux , 20 août 1842); trois autres faits ont été recueillis à Bicêtre par M. Cossy {Jrch.gén. de méd., 3' série, t. xv, p. 290); enfin, M. Merland a pris, en 1853 , cette affection pour sujet de sa thèse inaugurale, dans laquelle il rapporte quatorze faits recueillis pendant une seule année à la maison d'aliénés de Charenton. Notre cher et excellent collègue, M. Lélut , nous a dit en avoir observé une quarantaine d'exemples et les regarde comme très-communs dans les asiles d'hommes.
Ces kystes ont pour siège habituel , chez les aliénés , la cavité de l'hélix et par conséquent la surface externe du pavillon. La couvexité de cette pariie, l'hélix, le tragus, l'antitragus , et le lobule, sont ordinairement intacts. Les deux oreilles
peuvent être affectées simultanément, mais le plus souvent il n'y en a qu'une de malade. L'affection débute par la tuméfaction générale de l'oreille, qui devient en même temps rouge ou bleuâtre dans toute son étendue, chaude, luisante, et légèrement douloureuse. La tumeur proprement dite occupe le point indiqué. Suivant M. Cossy, elle arrive , dès le premier jour, à son summum de développement, comble toute l'excavation de la conque , et se met de niveau avec la bordure de l'hélix. M. le D"" Bird fait remarquer au contraire que les progrès de la tumeur sont graduels, mais variables, et qu'elle prend, au bout de quelques jours, l'aspect d'une moitié d'oeuf coupé longitudinalement , qui aurait été appliquée sur l'oreille et y serait resiée adhérente. Plus tard encore, la tumeur devient assez considérable pour cacher complètement la conque et l'ouverture du conduit auditif exlerne et pour faire une saillie qui donne au malade une physionomie singulière. La tumeur offre alors, à son centre, une fluctuation obscure, quelquefois une légère crépîlalion, et, dans toute son étendue, une coloration brun noirâtre, dont la pression diminue momentanément l'intensité sans la faire disparaître eniièrement et sans laisser aucune empreinte. On a vu, dans certains cas, la maladie de l'oreille compliquée d'echymose étendue , sur la partie latérale du cou , de l'apophyse mastoïde à la clavicule. L'ouïe parait intacte, et la santé générale des sujets ne subit aucune modification.
La ponclion de la tumeur, pratiquée dès le premier jour chez les trois malades de M. Cossy, donna lieu à l'écoidement d'une sérosité visqueuse, sanguinolente, inodore, dont le quantité fut évaluée au contenu d'une petite cuiller à soupe. En outre, la pression fit sortir deux centimètres cubes d'un sang noir, coagulé, semblable, pour l'aspect et la consistance, à la gelée de groseille , accompagné une fois d'un débris de fausse membrane de formation récente. Enfin un stylet , introduit par l'ouverture, pénétra dans une cavité qui ne parut pas cloisonnée, et dont le fond, un peu inégal, était suivant toute apparence constilué par le cartilage auriculaire. M. ftlerland a trouvé, trois fois , le kyste rempli de sérosité sanguinolente, et, une fois, de sérosité pure.
Dans les six cas observés par le D' Bird, la maladie ayant été abandonnée à elle-même, il se passa trois ou quatre semaines au moins depuis le début du gonflement jusqu'au moment où la tumeur perdit sa chaleur et cessa d'être douloureuse. A cette époque , sa couleur devint d'un rouge plus foncé ou même pourpre, la peau se fendilla, et de ces fissures s'écoula une sérosité jaunâtre. Huit
TUMEURS ÉRECTILES
jours plus tard, la tumeur se perça à son sommet et douna issue à une matière semblable à du sang noir coagulé, dont l'écoulement eut pour effets l'affaissement de la tumeur et le dégagement du tragus et de l'anlitragus , qui étaient masqués par la maladie sans y parliciper. La couleur bleue du pavillon disparut lentement et fut enfin remplacée par une blancheur extraordinaire. La partie de l'oreille occupée par la maladie resta dans quelques cas épaissie et même indurée ; d'autres fois elle secontracta, de telle sorte que la confusion deses éminences et de ses anfractuosités défigurait complètement l'oreille. MM. Belhomme, Cossy,etMer!and indiquent également, comme conséquence de cette maladie, l'épaississement permanent du pavillon de l'oreille , épaississement qui s'expliquerait, suivant les recherches anatoraiques du premier, par l'hypertrophie du tissu cellulaire sous-culané et du cartilage, tandis qu'il tiendrait, suivant les deux autres, à la production d'un cartilage de nouvelle formation sur la paroi externe du kyste cl à la déposition entre le cartilage nouveau et l'ancien d'un magna fibreux rougeàtre, quelquefois même d'une petite collection séreuse.
L'origine de cette singulière affection est trèsdifficile , sinon impossible , à déterminer. Invoquera-t-on , chez les aliénés comme chez les lutteurs, l'influence des contusions? Sans doute il serait possible à la rigueur que la lésion qui nous occupe reconnût celte circonstance pour cause , et il est très -probable qu'il en était ainsi dans le cas rapporté par M. Belhomme, dont le malade passait sa vie constamment assis dans un grand fauteuil à coussins latéraux contre lesquels il se frappait sans cesse les côtés de la tête. Beaucoup d'aliénés emploient une partie de la journée à se gratter et à se tirailler les oreilles ou à se frotter contre des corps durs. Ceux qui ont la camisole se frappent la tête et les oreilles en voulant se dégager. Quelquefois aussi le pavillon est pincé par les gens de service, qui cherchent ainsi à se rendre maîtres des malades indociles. Cependant les sujets dont l'observation a été relevée parle D'' Bird et par M. Cossy ne paraissent pas s'être trouvés dans les conditions indiquées, et ces deux observateurs , dont l'attention s'est fixée d'une manière particulière sur ce point , disent n'avoir rien découvert qui pût faire penser que le développement de la tumeur se rattachât à quelque violence extérieure. Faut-il admettre, avec M. Belhomme, que la formation de ces kystes doive être rapportée à un ralentissement général de la circulation , ralentissement surtout sensible dans les parties excentriques et isolées, comme le pavillon de l'oreille? Mais cette doctrine n'est-elle pas
fondée sur une série d'hypothèses tout à fait gratuites ? Dans cinq cas sur six, dit le D"" Bird , il y avait des symptômes de congestion active vers la tête, les carotides battaient avec force, et le crâne était chaud. M. Cossy note, chez ses malades, l'absence d'ecchymoses sous-cutanées , d'épistaxis, d'héinorrhagie , en un mot de tout signe d'affection scorbutique ; mais, comme l'émaciation était , chez eux poussée à un point extrême, il se demande si l'affaiblissement général de la constitution ne serait pas la cause principale de la lésion auriculaire, dernière supposition tout aussi hasardée que la précédente. M. Merland regarde cette affection comme le cachet des formes incurables d'aliénation mentale et comme liée intimement à la paralysie générale; c'est pourquoi, dit-il , on l'observe rarement chez les femmes, qui sont aussi beaucoup moins exposées à la paralysie générale.
On a pu voir, d'après les observations empruntées au D"" Bird, que les kystes séro-sanguins des aliénés, abandonnés à eux-mêmes, sont susceptibles de guérison. Est-ce à dire pour cela qu'il ne faille recourir à aucun traitement? Non assurément, puisque les individus chez qui on laisse marcher la maladie conservent ordinairement une induration et une déformation de l'oreille, et que, d'im autre côté, les malades observés par M. Cossy ont été conduits à la guérison, en moins d'un mois et sans avoir éprouvé aucun accident , par la méthode des ponctions successives répétées à peu près tous les jours. On pourrait aussi, et c'est ce que nous préférons, vider le kyste par une incision , puis favoriser la détersion et le recollement de ses parois au moyen de la cautérisation avec l'azotate d'argent et d'une compression légère.
Cette méthode de traitement est préférable aux injections iodées , et surtout au séton , qui a occasionné des accidents inflammatoires et des abcès .
§ II. — Tonienra éreetiles.
Les tumeurs éreetiles de l'oreillene sont pas trèscommunes. On les a cependant observées sous les deux formes principales qu'elles affectent, savoir: sous la forme veineuse, et sous la forme artérielle.
Les lunieurs éreetiles veineuses .se présentent le plus souvent à l'étal de taches superficielles, étendues, à peu près irrémédiables, et constituant une difformité plutôt qu'une maladie.
Les liiineurs éreetiles artérielles demeurent bien rarement circonscrites. Elles ont pour caractères à peu près constants la coloration bleuâtre du pavillon, l'hypertrophie des tégumeuts, et la dilatation variqueuse des rameaux artériels de l'oreille s'étendant plus ou moins loin aux vaisseaux
MALADIES DU PAVILLON DE L'OREILLE
du voisinage : aussi avons -nous dû parler déjà de cette maladie à propos des varices artérielles du crâne (t. ii, p. 702). Nous avons peu de choses à ajouter à ce que nous en avons dit alors. Les observations que nous avons rassemblées dans cette partie de notre livre montrent l'insuffisance et le danger des ligatures portées, soit sur les artères dilatées, soit sur la carotide primitive; et pourtant c'est encore le seul mode de Irailement auquel on puisse recourir en cas de nécessité , c'esl-à-dire quand la tumeur principnle s'est ulcérée et qu'il en est résulté des liémorrliagics qui mettent la vie en péril. Deux faits rcceuts confirment celte doctrine.
Dans le premier cas, qui a été communiqué à l'Académie de médecine, le 7 mars 1854, par M. Peixoto, la tumeur offrait, avec l'hypertrophie en longueur et en épaisseur du pavillon, un développement insolite très-remarquable des troncs et des rameaux auriculaires, accompagné de pulsations appréciables aux doigis sur tout le contour de l'organe. Après avoir subi inutilement à Paris la ligature des artères auriculaires, le malade continua à être exposé à des hémorrhagies abondantes à la suite des moindres écorchures et quelquefois sans cause appréciable. Retourné au Brésil , sa patrie , il eut des retours si fréquents de ces hémorrhagies que M. Peixoto crut devoir pratiquer la ligature de l'artère carotide primitive; au moment où le fil tomba , il y eut une hémorrhagie abondante, à laquelle on remédia au moyen d'une ligalure passée sons le tronc brachio-céphalique, mais qui ne fut pas serrée, et dont on se servit seulement pour faire une compression pendant quelques jours. L'hémorrhagie ne se reproduisit pas, et la guérison parait avoir été complète. Le second fait, publié en 1853 par les journaux américains , reproduit par les Archives généi'ales de médecine, dansle n° de mars 1854, n'est pas moins intéressant. Il s'agit d'un jeune homme de dix-muf ans qui portait plusieurs tumeurs pulsatiles du pavillon de l'oreille gauche et drnt la vie était menacée par suite d'hémorrhagies répétées provenant de l'ulcération de ces tumeurs. Vainement l'artère carotide primitive du côlé malade avait été liée par M. le D'' Mussey ; les hémorrhagies se reproduisaient toujours. C'est alors qu'après avoir laissé' passer quelques semaines le hardi chirurgien se résolut à pratiquer la ligature de l'antre carotide. Depuis celte dernière opération , les hémoirhagies ne reparurent pas, les tumeurs s'affaissèrent, et le malade parut guéri à la fois des accidents et de la maladie qui les avait occasioimés.
Ainsi donc , en résumé , si les tumeurs ércctiles
du pavillon existaient seules et sans complication de dilatation artérielle, ce qui est le cas le plus rare , on les attaquerait avec chances de succès par les moyens ordinaires, c'e^t-à-dire par la cautérisation, par la galvano-puncture, par les sétons-ligatures, ou par les sutures épinglées. Si, comme on l'observe le plus souvent, il s'agissait de varices artérielles, on devrait se dii'igerd'aprèsles principes exposés précédemment (t. ii, p. 704). Seulement nous ajouterons ici qu'il serait peutêtre plus sage de ne pas attendre que la période del'ulcéraliun et des hémorrhagies Kit aiTivéc,et de tenter franchement la guérison radic;ile en combinant l'emploi des moyens locaux , galvanopuncture, cautérisation, excision même, avec la ligalure d'une des artères principales, de l'artère carolide externe, par exemple, et non pas de la carotide primitive, rinterrupiion du cours du sang dans ce dernier vaisseau exposant les malades à de trop grands dangers.
SECTION III
DIFF0I\MITÉS.
Les difformités de l'oreille sont congénitales ou acquises, et consistent, soit dans l'hypertrophie générale ou partielle de l'organe, soit dans son absence plus ou moins complète, soit dans l'altération de sa forme, soit dans les adhérences vicieuses qu'il a contractées avec les parties voisines.
I. L'hypertrophie générale du pavillon, qu'elle soit naturelle ou accidentelle , ne donne lieu à aucune indicaiion spéciale. Partielle, celte hypertrophie porte habituellement sur le lobule, qui peut présenter une longueur démesurée. «J'ai vu , dit Boyer ( t. v, p. 3 , édition de 1846), chez un jeune homme , cette partie se porter sur la joue d'iuie niauière désagréable; j'en fis l'excision avec des ciseaux , après avoir marqué d'une ligne d'encre la forme que je voulais donner à l'incision ; la plaie fut guérie promplement et la difformité détruite. » On ne pourrait qu'imiter Boyer en pareille circonstance.
II. L'absence congénitale du pavillon de l'oreille, observée dans un certain nombre de cas, ne parait pas entraîner de modifications sensibles dans Tau» ditioQ. A l'appui de celte proposition, nous citerons le fait suivant, emprunté par Krammer au D'' Steinmeiz. Un enfant naquit sans pavillons auriculaires. Du côté droit , cet appendice était remplacé par trois lobules cutanés, et, du côté gauche, par un seul. Les deux conques étaient de plus fermées par la peau , et cependant la perception des sons avait lieu comme à l'ordinaire.