MALADIES DU LABYRINTHE
Le labyrinthe ou oreille interne , partie fondamentale de l'appareil auditif, reçoit l'impression des ondes sonores. Il est formé de membranes d'une ténuité extrême, flottant dans un liquide, supportant les extrémités terminales du nerf acoustique, et logées dans un système de cavités et de conduits, creusé lui-même dans la partie la plus épaisse et la plus dure du temporal où il occupe à peine un espace d'un centimètre cube. Outre qu'il peut être compromis dans les affections du rocher et entraîné dans la destruction de cette partie du squelette, le labyrinthe est par lui-même exposé à un certain nombre d'altérations, soit congénitales, soit accidentelles, qui, à cause de l'exiguïté de ses proporportions, de la profondeur de sa position, et de l'épaisseur de son enveloppe , sont à peu près impossibles à reconnaître et à traiter, quoiqu'elles exercent sur les fonctions auditives une influence fâcheuse. Aussi, la pathologie de cette partie de l'appareil auditif se réduit-elle à quelques descriptions de lésions qui n'ont pu tout au plus qu'être soupçonnées pendant la vie et que l'autopsie a seule fait découvrir. Ce sont des matériaux, de peu d'intérêt pratique aujourd'hui, mais qui pourront servir un jour à compléter l'histoire des maladies de l'oreille.
I. On se rappelle ce que nous avons dit de la propagation de l'inflammation vers l'oreille interne, de la rougeur et de la matière gélatineuse sanguinolente que l'on a quelquefois trouvées, dans l'otite aiguë , sur le trajet du nerf aconslique. La connaissance de ces lésions fait comprendre la
surdité temporaire et permanente qui a lieu dans l'otite interne.
II. Leschevin [Prix de l'Académie de chirurgie,].. iv,in-4°) assure que les membranes de la fenêtre ovale et de la fenêtre ronde peuvent s'épaissir, se durcir, et se sécher, et que ce sont là des causes de surdité, parce que ces membranes ainsi altérées cessent de vibrer et de transmettre les ondes sonores aux cavités du labyrinthe.
III. Lobstein, dans un rapport sur les travaux anatomiques de l'Ecole de médecine de Strasbourg, dit avoir trouvé sur le temporal d'un enfant à terme la fenêtre ronde extrêmement petite, par suite d'un développement anormal du temporal tout autour d'elle.
IV. Saissy rapporte qu'un médecin anglais a vu, en disséquant le cadavre d'un sourd-muet, le limaçon et les canaux demi-circulaires remplis d'une substance qui avait la consistance du fromage.
V. On a quelquefois rencontré le nerf acoustique atrophié dans les cavités labyrinlhiques. Celte lésion a été parliculièreraent signalée par Sylvius [Prax. med.) et par Hoffmann, qui l'observa sur un chien borgne et sourd du côté droit , dans le crâne duquel les nerfs optique et acoustique de ce même côté furent trouvés jaunes et atrophiés (de Juditu difficile, § 12). Arends, à qui l'on doit une bonne dissertation sur la céphalalgie, a trouvé les nerfs de l'ouïe flétris et desséchés à l'examen de la tête d'un sourd. Itard ajoute, en citant ce dernier auteur, qu'il n'a vu qu'une seule fois