RI6INE DE L^AME HUMAINE
et doivent se multiplier comme les corps qu^elles doivent animer (i).
469. Loin de rendre plus intelligible la transmission du péché originel, la théorie de Leibnitz crée des difficultés bien autrement inextricables. Car, si les âmes n'ont qu^une nature sensible, comment le péché originel, qui est quelque chose de spirituel, a-t-il pu s'imprimer en elles. Si elles ont une nature intelligente^ nous demanderons si elles ont uni ou non leur volonté à celle d^Adam. Si elles n^ontpas uni leur volonté à la sienne, leur présence dans Adam est inutile. Si elles avaient uni leur volonté à la volonté d'Adam, le péché originel disparaît pour faire place à un péché actuel.
470. Wolff croit trouver une confirmation de la théorie de Leibnitz dans ces paroles de la Genèse : Le septième jour Dieu se reposa de tout le travail quMl avait fait. Il est facile de voir que tel n'est pas le sens de ces paroles ; elles signifient en effet que Dieu, après avoir achevé la construction du monde, cessa de créer des espèces nouvelles, et non qu'il cessa complètement de créer, même des individus.
471. Vâme humaine est créée à V instant même où elle est unie au corps. C'est la conclusion des propositions précédentes : si rame humaine n'a pas joui d'une existence antérieure à son union avec le corps, si elle n'a pu préexister dans un corpuscule organique, elle est créée par conséquent à rinstant même où elle est unie au corps humain. A cet argument iWirecf joignons quelques preuves directes, i* Quoique l'âme humaine ne soit pas tirée de la matière, sa création présuppose Inexistence d'une matière organisée capable de la recevoir. 2** L'âme fait partie de l'espèce humaine, et, comme la partie est coordonnée au tout, l'âme doit être créée à l'époque de la procréation de l'homme. Or l'homme est • procréé lorsque Tâme et le corps s'unissent dans l'unité de personne. Donc l'âme est créée à l'instant même où, par son union avec le corps, la procréation de l'homme s'accomplit. Telle est aussi la pensée de l'Église catholique, comme le déclare le pape saint Léon : « La foi catholique, dit-il, a constamment enseigné que les âmes des hommes n'existaient pas avant d'être introduites dans leurs corps (2). »
(i) Concil. Lateran. V, Sessio VI JL
(a) Epist. XCIII, ad Turibium Asturtcensem, n« 9 et io«
472. Pour ce qui est du moment précis où l'âme s'unit au corps, les opinions varient : les uns le fixent au conunencemcut de la génération, lorsque le germe est fécondé ; d^autres après que le fœtus est devenu capable de quelques opérations vitales ; enfin saint Thomas est d'avis que Tâme inteliective n'est créée et unie à son corps qu^à la fin de la génération, lorsque le corps a déjà acquis un organisme de corps humain convenable. Voici la raison qu'il en donne : Puisque Tânfie s^unit au corps comme sa forme^ elle doit s'unir à un corps dont elle soit proprement l'acte ; or Tâme est l'acte d'un corps organique ; par conséquent, comme l'âme raisonnable est la forme du corps, elle ne doit pas s'unir à lui avant que ce corps ait reçu l'organisme du corps humain, ce qui n'a certainement pas lieu au commencement de la génération. Cette doctrine de saint Thomas est conforme à la pratique de rÉglise, d'après laquelle l'enfant du sexe masculin n'est supposé animé que le quarantième jour et l'enfant du sexe féminin le quatre-vingtième.