‹ Compendium de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes d'après SanseverinoChapitre 70 sur 119 · Tout le monde est d'accord sur ce qu'il faut enten · texte numérisé non relu

Tout le monde est d'accord sur ce qu'il faut enten

(i) Concil. Lateran. V, Sessio VIIJ.

t>B L^IMMORTALiré DE L^AME HUMAINE tif

dre par le nom d'immortalité. On appelle immortel ce qui continue perpétuellement à exister ou à vivre ^ c'est-à-dire à exercer les opérations qui conviennent à sa nature.

475. Dieu seul est immortel par la nécessité de sa propre nature ; car, Dieu étant Vêtre par soi, le non^être et la priva-tion de la vie répugnent absolument à son essence. Parmi les créatures, celles qui n'ont en elles-mêmes aucun principe de dissolution, sont dites immortelles ab intrinseco ; mais nulle d'entre elles n'est, absolument parlant^ immortelle ab extrinseco^ parce que celui qui a fait passer les créatures du néant à l'être conserve toujours le pouvoir de les replonger dans le néant d'où il les a tirées. Quant à l'immortalité pro« pre à l'âme humaine, voici quels en sont les caractères: i® L'âme humaine est immortelle ab intrinseco^ parce qu'elle ne contient en elle-même aucun principe de corruption ; 2® elle n'est pas immortelle ab extrinseco^ parce que Têtre que Dieu lui communique dépend toujours de sa volonté. Mais, comme Dieu a fait l'âme incorruptible, et que les choses sont ce que Dieu a voulu qu'elles fussent, il est certain que l'âme humaine ne sera jamais anéantie.

476. Par conséquent, bien que l'âme soit contingente et par là même dépendante de Dieu dans son être, cependant l'hypothèse de son existence étant donnée, sa nature est telle que l'immortalité lui est due.

477. On nows objectera peut-être que, dans le VI* Concile oecuménique, IIP de Constantinople, on approuva les Let'très de Sophronius, patriarche de Jérusalem, où il est dit que les natures intellectuelles et invisibles, telles que les anges et l'âme raisonnable, sont immortelles par grâce et non par nature. Nous répondons que ces paroles et d'autres semblables que l'on rencontre chez les Pères signifient seulement qu'il faut refuser à la nature de l'âme l'immortalité qui n'est propre qu'à Dieu. Car Dieu a l'être par soi et son être ne dépend d^aucun autre ; tandis que l'âme recevant de Dieu son être et son incorruptibilité naturelle reste toujours sous sa dépendance pour l'un et pour l'autre (i).

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