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(erne et étrangère à l'organisme, qui porte son action sur les vaisseaux : telles sont les hémorrhagies par rupture, par déchirure, par érosion, par coupure (de Fluxibus sanguinis vere passivis, art. ix, p. 600; in Theor. med. ver.). Toutes les hémorrhagies spontanées sont actives pour Stahl.
Ses disciples Alberti et Juncker, entre autres , ont continué les recherches de leur maître et publié un grand nombre de dissertaljons; mais ils ont peu ajouté à ce qu'il avait dit, et n'ont été, comme la plupart des sectaires, que des copistes qui ont exagéré les doctrines de Stahl. Pour eux, les flux sanguins devinrent, en quelque sorte, le pivot sur lequel roule toute la pathologie (Alberti, Pathologia hœmorrhagiarum; Dissert. in-4° ; Hal., 1704; de Hœmorrhagiarum complicatione , in-4°, Hal. ; — Juncker. Voy. surtout Diss. de hœmorrhagiis naturalibus generalim consideratis, in-4°; Hal., 1 739 ; — Diss. de quadruplici hœmorrliagiarum naiuralium tespeclUj in-4°; Hal, 1746). Hoffmann, de son côté, trouva de nombreux partisans, qui adoptèrent sa doctrine, et la suivirent dans leurs écrits. Boerhaave, et son commentateur Van Swieten , ont embrassé son système , mais non d'une manière exclusive.
Un homme dont le nom et l'ouvrage ne figurent pas dans les bibliographies annexées aux articles Hémorrhagie , est Huxham ; cependant ses travaux sur les altérations du sang considérées comme cause des flux sanguins méritent d'occuper une place importante dans leur histoire. Nous avons fait connaître avec détail les opinions de Huxham sur la dissolulion du sang, et l'influence de cet état pathologique sur la production des hémorrhagies. On peut sans doute reprocher à cet auteur d'avoir entremêlé quelques hypothèses à des faits bien observés ; mais il faut aussi reconnaître qu'il a compris , un des premiers , toute l'importance des altérations du sang, et leur véritable rôle dans la détermination des hémorrhagies. Celles qui se montrent, dans le cours des maladies fébriles , accompagnées de symptômes généraux graves , ont été surtout étudiées par lui. L'état morbide , qu'il désigne sous le nom de dissolution du sang j correspond, à peu de choses près, aux altérations du sang par diminution de fibrine. Huxham l'a observé dans toutes les maladies qui nous l'offrent encore aujourd'hui , et à part quelques idées spéculatives sur la constitution du sang, on trouve dans l'ouvrage du médecin anglais des documents bien précieux sur les altérations du sang dans les hémorrhagies des fièvres. Il a constitué presque à lui seul toute cette branche de la pathologie humorale. Nous recommandons à ceux qui désirent prendre une juste opinion de l'influence qu'Huxham a exercée sur elle la lecture de son Essai sur les fièvres, et spécialement les chapitres \ et 5, de l'Etat
des fluides, de l'État de dissolu! ion et dç putréfaction du sang. Il existe aussi dans le chapitre 8 , des Fièvres putrides et malignes pétéchiales , des passages bien dignes d'être lus.
On peut compter dans l'histoire des hémorrhagies plusieurs grandes époques : la première est représentée par Hippocrate, Galien , et les copistes de ces deux hommes célèbres; la seconde par Stahl, Hoffmann, et leurs adhérents; la troisième par Huxham, et ceux qui ont marché dans la même voie que lui. La quatrième époque comprend les travaux que l'on doit à Gullen, Sauvages, Brown, Lordat, et aux vitalistes modernes. La cinquième époque, qui commence au xixe siècle , renferme tous les travaux fondés sur la localisation des maladies. L'étude des hémorrhagies est trop intimement liée à celle des phlegmasies, et surtout des fièvres, pour que les recherches anatomopathologiques , qui ont si fortement éclairé l'étude de celles-ci et des maladies réputées générales, n'aient pas en même temps projeté leur lumière sur l'histoire des hémorrhagies. 11 est impossible de séparer des objets qui se tiennent d'une manière si intime , et ce serait prendre une fausse idée de l'histoire de la médecine , que de penser qu'une découverte qui a pour sujet un point limité de la pathologie ne profile pas aux autres parties de cette science. Bichat, Marandel, Broussais, Corvisart, Laennec, n'ont-ils pas concouru à rendre plus parfaites et plus exactes nos connaissances sur les hémorrhagies , par leurs nombreuses recherches en anatomie pathologique?
Gullen admet la division des hémorrhagies en actives et en passives. Il ne comprend sous le titre d'hémorrhagies que les premières, «c'est-à-dire celles qui sont accompagnées d'un certain degré de pyrexie, lequel paraît toujours dépendre de l'accélération du mouvement du sang dans les vaisseaux qui le laissent échapper, et cette accélération est particulièrement l'effet d'une cause interne. Hoffmann , dit Gullen, me sert en ceci de guide; il a joint les hémorrhagies actives aux maladies fébriles; et a en conséquence placé les premières comme un ordre dans la classe des pyrexies. J'exclus de cet ordre tous les épanchements de sang rouge, qui sont entièrement dus à une violence externe, et tous ceux qui, quoique produits par des causes internes , ne sont cependant pas accompagnés de pyrexie, et paraissent occasionnés par une fluidité putride du sang, par la faiblesse ou l'érosion des vaisseaux plutôt que par l'accélération de la circulation dans ces mêmes vaisseaux» (Éléments de médecine pratique } t. n, p. 98, in-8°; Paris, 1819). Le sens arbitraire que Cullen donne au mot hémorrhagie prouve qu'il n'a pas saisi toutes les conditions pathologiques qui déterminent l'écoulement sanguin ; il passe sous silence toutes les hémorrhagies des fièvres , quoiqu'il fasse de l'état fébrile un des ca-
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ractères des hémorrhagies. Cette contradiction aurait droit de surprendre, si l'on ne savait que Cullen a souvent sacrifié à ses opinions de nosographe les affinités que présentent certaines maladies.
La doctrine du médecin écossais diffère essentiellement de celle de Fréd. Hoffmann , en ce que le spasme et les phénomènes vitaux y occupent la première place; cependant la congestion et la distension des vaisseaux y jouent aussi un rôle que la théorie mécanique de Hoffmann peut revendiquer avec juste raison. «Quelque inégalité dans la distribution du sang occasionne une congestion dans certaines parties du système sanguin, c'est-à-dire que certains vaisseaux reçoivent une plus grande quantité de sang qu'ils ne peuvent en contenir en raison de leur capacité naturelle. En conséquence, ils se distendent extraordinairement, et cette distension, devenant pour eux un stimulus , augmente leur action à un degré plus considérable que de coutume; le sang alors, poussé avec-une force extraordinaire dans les extrémités de ces vaisseaux, les ouvre par anastomose ou par rupture, et si ces extrémités sont situées d'une manière lâche sur les surfaces externes ou internes de quelques cavités qui s'ouvrent extérieurement, il sort une certaine quantité de sang du corps.
«Ce raisonnement servira, en quelque sorte, à expliquer la manière dont se forme rhémorrhagie. Mais il me paraît que, dans la plupart des cas, quelques autres circonstances concourent à la produire; car il est probable que la congestion occasionne un sentiment de résistance qui excite l'action de la force médicatricede la nature, dout les efforts sont communément accompagnés de la formation de l'accès de chaud de pyrexie, lequel donne plus de force à l'action des vaisseaux : le concours de ces efforts contribue plus efficacement à ouvrir les extrémités des vaisseaux , et détermine le sang à sortir» (toc. cit., p. 100 et 101). La théorie de Cullen est, comme on le voit, plus vitale que mécanique; mais ce n'est plus le Mlalisme un peu subtil et quinlessencié de Slahl, c'est quelque chose de plus physiologique, en quelque sorte : c'est une théorie qui M rapproche plus de nos ,,1 , : ; m ! sur le dynamisme. Du reste, elle ne fait pas (DDii dire plus que les autres les phénomènes intimes et le mécanisme des hémorrhagies : elle fait supposer des mouvements dynamiques, probables saus doute, mais nullement démontrés.
aémorrnagiei n»' pouvaient échapper au vaste système fondé pai Browo, «i111 'rs considéra toutes comme étant liées i l'asthénie. Sa doctrine eul une influence immense sur 1 1 thérapeutique de i i tte maladie; et comme il e l d ins l ess< di e de U us l temes médictui . même le plus exclusifs, de porter eu etd le germe de quelque utile découverte, les idée* de Brown rendirent plu* d'un lervke, eu por-
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tant les praticiens à combattre quelques hémorrhagies par la stimulation. Cette médication est parfois efficace, non pas contre rhémorrhagie elle-même , mais contre les maladies dont elle est le symptôme.
Nous voici arrivés à une époque féconde en documents précieux pour l'histoire des hémorrhagies. L'anatomie pathologique, dont Morgagni a ouvert les trésors, répand sa clarté sur toute la pathologie. Bichat, dont l'immortel génie fonde, d'un même coup, l'anatomie générale et l'étifde des maladies par système d'organes, démontre de la manière la plus évidente que les exhalants, sous l'influence de causes directes ou sympathiques qui exaltent leur sensibilité livrent passage au sang, et deviennent ainsi la source d'un grand nombre d'hémorrhagies. Ces mêmes vaisseaux peuvent aussi exhaler le sang lorsqu'ils sont frappés d'atonie , et que leur propriété contractile est diminuée ou anéantie. Enfin, comme si Bichat ne devait rien laisser à découvrir à ses successeurs, il démontre l'analogie d'un grand nombre d'hémorrhagies avec l'inflammation (Jnatomic générale, passim). Marandel n'a fait que développer cette idée (Dissertation sur les irritations ; Paris 1807).
Broussais lui-même fait reposer sur elle toute sa doctrine au sujet des hémorrhagies, qu'il rapporte au phénomène général de l'irritation. 11 admet que les exhalants livrent passage au fluide sanguin quand l'irritation inflammatoire l'appelle dans les capillaires qui lui donnent naissance; il regarde aussi comme une prédisposition aux hémorrhagies l'activité de l'hématose jointe à une grande irritabilité du système sanguin (Examen des doctrines t proposition et phlcgmasies chroniques, t. i). Lefebvre avait déjà soutenu avec talent Y 'analogie des inflammations et des hémorrhagies ( Dissert, inaug. ; Paris, 1812); mais à Broussais revient l'honneur de l'avoir mise dans tout son jour, et d'en avoir tiré des déductions importantes pour le traitement des hémorrhagies.
L'étude des dh erses affections viscérales dont l'écoulement sanguin est le symptôme a plus contribué aux progrès de l'histoire des hémorrhagies considérées d'une manière générale, que les ouvrages où l'on s'en occupe uniquement sous ce dernier point de vue. Les travaux de Corvisart,deBayle, de Laenncc, sur les maladies du cœur et du poumon, ainsi que les ouvrages consacrés à l'élude dv^ fièvres et de l'anatomie pathologique, soûl a proprement parler les livres OÙ se trouve implicitement contenue la véritable histoire des hémorrhagies. C'est là seulement qu'on peu! prendre une juste i,]é,c des causes, du pronostic et du traitement des hémorrhagies. La (\v^cription générale de ce phénomène pathologique doit résulter de lélude particulière de* maladies qui
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lui donnent naissance ; toute autre manière d'envisager les héinorrhagies serait contraire au véritable esprit de la science.
Lordat, dans son Traité des liémorrhagics (in-8 ; Paris, 1803), a cherché à remettre en vogue des doctrines vitalistes déjà soutenues dans des temps plus anciens; mais, tout en les fondant sur une physiologie plus avancée , il s'est trop attaché à en découvrir la cause première : il en résulte de l'obscurité et un grand nombre d'hypothèses qui font perdre à ce livre une partie de l'autorité que lui donne la connaissance approfondie des auteurs anciens. L'ouvrage de Latour, qui fut accueilli avec une grande faveur à l'époque où il parut (1805), ne peut être considéré que comme un vaste recueil où l'auteur s'est complu à entasser presque toutes les observations connues d'hémorrhagies. Ce travail a rendu de grands services sous ce rapport; souvent il a été consulté par les auteurs qui se sont occupés de la description des hémorrhagies ; mais il ne peut prétendre au titre que lui donne son auteur : Histoire philosophique et médicale des causes essentielles , immédiates ou prochaines des hémorrhagies , 2 vol. in-8°; Orléans, 1815.
Parmi les nombreux articles qui ont été publiés sur ce sujet, nous devons mentionner celui du Dictionnaire des sciences médicales [Hémorrhagie, par Pinel et M. Bricheteau , t. xx, p. 339; 1817), où les auteurs ont donné une description générale des hémorrhagies. Leur tort est d'avoir envisagé cette maladie comme l'avaient fait leurs devanciers, et de ne pas avoir poursuivi la localisation que l'un deux avait si habilement appliquée a l'étude des lièvres et de la nosographie. Les articles des dictionnaires qui ont paru depuis cette époque n'ont rien ajouté à ce que l'on savait déjà : aussi devons-nous seulement indiquer celui du Dictionnaire de médecine (M.Ghomel, p. 242, 2e édit., 1837), qui est incomplet et rempli de généralités qui ont vieilli, et sont sans application pratique. Nous n'avons trouvé que de bien faibles documents dans les ouvrages suivants: Copland, Dictionn. of practical médecine, art. Hé.uormugie, t. h, p. 61 ; The Cyclopedia of praciical médecine, par Watson, t. n, p. 409; Naumann, Handbuch der medinischen Klinik , t. n, p. 756. L'histoire des hémorrhagies renfermée dans le premier volume de l'ouvrage de M. Gendrin {Traité philosophique de médecine pratique, p. 22, in-8°; Paris, 1838) est un travail long et diffus, où l'auteur a entassé pêle-mêle et sans critique toutes les généralités que l'on peut écrire sur un pareil sujet.
Une des dernières phases de l'histoire des hémorrhagies est celle qui a été dignement ouverte par Huxham , et continuée , dans ces derniers temps, par des observateurs dont nous avons souvent cité les
noms dans le cours de cet article. On avait presque entièrement oublié le rôle important que joue le fluide sanguin dans la détermination des maladies, et spécialement dans le flux sanguin , lorsque M. Magendie appela de nouveau l'attention des médecins sur les altérations du sang , et institua un grand nombre d'expériences curieuses pour en démontrer les effets pathologiques. Les recherches de MM. Le Ganu, Prévost et Dumas, Andral et Gavarret, ont enfin achevé d'établir les véritables bases de la pathologie humorale , sans laquelle il est impossible de comprendre le véritable mode de production d'un grand nombre d'hémorrhagies. €'est donc aux travaux de ces auteurs qu'il faut recourir pour compléter les documents nécessaires à l'étude historique des hémorrhagies.
HÉMORRHOÏDES , s. f.
Dénominations françaises et étrangères. — Flux hémorrhoïdal , hémorrhoïdes, mari s que s > tumeurs hémorrhoïdales , tumeurs sanguines du, rectum, varices du rectum. Fr. — AîjAoppoiç. Gr. — Hœmorrhois. Lat. — Morice , morici , morene, Ital. — Almoranas , sangre de espaldas. Esp. — Piles, hemorrhoids. Angl. — Goldadcrfluss , Hœmorrhoiden, Hdmorrhoidalgeschwûlste, Htimorrhoidalzacken, Goldaderknoten, Hàmorrhoidalknotcn. Ail. — Speenen , ambegen, daamen. Holl. — Gyldenaare. Dan. — Gyllenàder. Suéd.
Synonymie suivant les auteurs. — Afywpjoiç, Hippocrate r Galien , Celse ; hœmorrhois , Pline , Sauvages, Linné, Sagar, Cullen; hœmorrhoidalis fluxus , Hoffmann ; hœmorrhoides, Juncker ;/?/*<?cialgia hœmorrhoidalis, Macbeth ; marisca, Sauvages , Sagar , Ploucquet , Good ; leucorrhois , Vogel ; hœmorrischesis , Ploucquet ; ischœmia hœmorrhoidalis, Jiœmorrhœa vasorum hœmorrhoidalium , Swediaur; achorrœa, proctorrhœa , aut. div.
Étymologie et définition. — L'histoire des hémorrhoïdes est aujourd'hui encore un chaos où viennent se heurter des assertions contradictoires, des dénominations mal définies, des opinions pathogéniques qui ne sont plus en rapport avec l'état actuel de la science : il est impossible , en lisant les articles les plus récents , de se former une idée précise de la matière, et il ne saurait d'ailleurs en être autrement, puisque les auteurs se sont contentés, pour la plupart , de se copier les uns les autres , et ont continué , à l'exemple des anciens, de confondre des phénomènes qui nous paraissent devoir être complètement séparés. Après avoir montré comment l'on a envisagé jusqu'à présent l'étude des hémorrhoïdes, nous la présenterons telle qu'elle nous semble devoir être constituée.
Hémorrhoïdes vient de aîfi.a, ?ang, et de pîw,
ffippoerate. en
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