‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 56 sur 57 · I-IYD · texte numérisé non relu

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des symptômes qu'il observait le plus ordinairement dans les hydropisies, il ne pouvait hésiter à les ranger parmi les maladies asthéniques , à côté de la dyspepsie , Thypochondrie , la coqueluche , l'épilepsie , la paralysie, le tétanos, etc., singulier rapprochement qui ne peut s'expliquer que par l'esprit déplorable de système.

Les idées de Brown exercèrent sur ses contemporains, et sur les hommes qui embrassèrent depuis sa doctrine, une influence tellement grande que Ton ne considéra plus les hydropisies que comme des maladies asthéniques, et que l'on s'occupa de diriger contre l'asthénie cette thérapeutique incendiaire, entièrement composée de médicaments toniques et excitants : le vin, l'alcool, l'éther, le quinquina, les aromatiques, furent prescrits sous toutes les formes et à toutes les doses ; il fallait à tout prix se rendre maître de l'asthénie des membranes , dont les vaisseaux laissaient écouler la sérosité.

La voix toute-puissante de Brown et de ses élèves se faisait entendre avec tant de force , que les médecins du commencement du xixe siècle avaient presque perdu de vue les saines doctrines des médecins anciens. Ceux-ci avaient soigneusement distingué des hydropisies aiguësetchroniques, fébriles et non fébriles, chaudes et froides. Stoll , Bûcher, Tissot, et d'autres, avaient religieusement conservé ces doctrines. Cependant elles étaient déjà un peu oubliées et l'on cherchait à les étayer de nouveaux faits. Pinel accepta la division des hydropisies en actives et en passives. Mais ce furent surtout les travaux de l'immortel Bichat et de ses élèves qui achevèrent de démontrer que l'accroissement de l'excitation est la source d'une grande classe d'hydropisies à laquelle ils imposèrent le nom A' actives. Elles furent considérées comme un effet de l'excitation des propriétés vitales dévolues aux vaisseaux exhalants. L'irritation sécrétoire des vaisseaux devint donc le point de départ de ces hydropisies pour Dupuytrcn , Marandel, et pour M. Breschct, qui se proposa d'en prouver l'existence dans une dissertation inaugurale (loc. cit.; 1812). Grapengiesser avait déjà publié sur ce sujet une thèse importante (Disscrtatio inauguralis medica de hydropc plclhorico ; Gotting., 1795).

L'idée féconde développée par les auteurs précédents, savoir que les hydropisies sont souvent déterminées par une irritation sécrétoire, est d'une entière exactitude. En effet, l'anatomie pathologique prouve que, dans un certain nombre d'hydropisies, la sécrétion seule est altérée, sans que Ton puisse surprendre dans le tissu qui l'exhale aucune lésion phlcgmasique ou d'une autre nature. On a admis que dans ces cas l'exhalation est augmentée et l'absorption normale. Par contre, on a admis une autre espèce, l'hydropisie qui est produite par la diminution de

l'absorption, l'exhalation étant normale. Enfin une troisième espèce est l'hydropisie mixte, dans laquelle l'exhalation est augmentée et l'absorption diminuée. M. Bouillaud a soutenu la doctrine que nous venons d'exposer, et a rangé toutes les hydropisies dans les trois classes précédentes (art. cit. du Dict. de méd., p. 181 ). Nous ne reviendrons pas sur les observations critiques que soulève cette doctrine, qui est simple en apparence , mais fondée sur des spéculations théoriques, et contraire à tous les faits que nous avons rapportés plus haut. Itard a montré tout le vide de cette théorie dans un article auquel nous allons emprunter quelques passages qui se font remarquer par un esprit d'observation peu ordinaire : «Nous voici arrivés , dit-il , au mode de lésion par laquelle se rompt l'équilibre établi entre l'absorption et l'exhalation. Il faut le dire , on ne sait rien de positif sur ce que nous appellerons les propriétés vitales ; et quand il s'agit surtout de se rendre compte de ces mêmes lésions affectant les systèmes exhalants et absorbants , nos idées sont encore plus vagues et plus confuses. Nous ne connaissons ces altérations que par des phénomènes que nous sommes convenus de rapporter à tel ou tel état des propriétés vitales, que nous supposons avec plus ou moins de fondement tantôt exaltées , tantôt affaiblies , tantôt perverties ; mais nos idées sur ce point doivent nécessairement participer de la subtilité du sujet qu'elles embrassent , et le langage médical appliqué aux causes prochaines pourra longtemps encore changer de forme , sans acquérir plus d'exactitude.» Les expériences de M. Magendie, et les belles recherches de M. Dutrochet sur l'endosmose et l'exosmose , ont , sans contredit , jeté une grande lumière sur la physiologie de l'absorption , mais les remarques d'Itard n'en restent pas moins vraies. Il est encore impossible aujourd'hui « de déterminer rigoureusement de quelle espèce , active ou passive, est l'hydropisie soumise à notre jugement»: suivant Itard, l'action des exhalants tombe sous les sens (ce qui n'est pas très-exact); l'inaction des absorbants a quelque chose d'hypothétique : aussi les auteurs ontils donné là-dessus carrière à leur imagination. En cherchant à déterminer le rôle passif que jouent les absorbants dans la formation des congestions séreuses , ils les ont accusés tantôt de spasme , tantôt de faiblesse» (art. Hydropisie, Dict. des scienc. méd., p. 383; 1818). Itard aurait critiqué plus sévèrement encore l'hydropisie mixte, si elle avait été inventée de son temps. Nous avons déjà prouvé qu'il est impossible de soumettre à l'empire tyrannique de celte trinité toulcs les hydropisies, en admettant même qu'elle soit fondée sur une autre base que sur l'hypothèse. «Savons-nous quel rôle joue le sang dans la production des sécrétions? pourquoi le sang altéré de telle ou telle manière lais$e-t-il échapper du sang

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dans certains cas , de la sérosité dans l'autre?» Pourquoi, lorsque ses matériaux organiques sont diminués, se forme-t-il des hydropisies dans le tissu cellulaire et dans d'autres parties du corps ? D'ailleurs , les anciens ont-ils pénétré la nature des hydropisies , en les rapportant à l'augmentation ou à la diminution de l'exhalation ? Nous répétons qu'une pareille doctrine ne saurait être admise. Il y a des hydropisies où l'on ne constate qu'une simple augmentation de la sécrétion , et où les liquides exhalés conservent leurs qualités normales : ces cas sont les plus rares. Le plus ordinairement il se passe dans les capillaires des membranes exhalantes une élaboration toute particulière du fluide que fournit le sang , et qui doit être rejeté au dehors. Nous avons vu que la composition du sérum était loin d'être la même dans tous les cas, que tantôt il renferme beaucoup d'albumine , et tantôt que la quantité de ce principe est peu considérable. Ainsi donc, le seul fait que l'on puisse établir sans sortir du champ de l'observation , c'est que dans les hydropisies, l'irritation sécrétoire est le plus ordinairement accompagnée d'altération des produits sécrétés. Rappelons avec M. Andral que, dans toute sécrétion physiologique comme dans toute sécrétion morbide, le rôle principal ou secondaire peut être joué : 1° par le sang ; 2° par les solides où la sécrétion a lieu ; 3° par le système nerveux (Jnat. pathol., 1. 1, p. 310 ), et l'on comprendra que les éléments qui entrent dans la constitution des hydropisies ne sont pas aussi simples qu'on l'a prétendu.

Nous avons vu Brown ranger les hydropisies dans cette classe d'affections où l'excitement est diminué au-dessous de son type normal; Broussais, au contraire, les fait toutes provenir d'une irritation soit primitive, soit sympathique des membranes exhalantes. Il est fort remarquable de voir ainsi deux hommes partir d'un même point, et arriver à des résultats tout à fait opposés; l'un rattachant toutes les maladies à l'asthénie , l'autre s'efforçant de démontrer qu'elles sont toutes dues à l'excitement des tissus. En appliquant l'un et l'autre cette division aux hydropisies , ils se sont également écartés du vrai , car il est impossible de les faire toutes provenir de l'asthénie ou de l'hypersthénie , témoins les hydropisies de la maladie de Bright , que nous avons déjà tant de fois citées. Une des grandes vérités que Broussais a établies, et qui s'applique admirablement à la production des hydropisies , c'est que la faiblesse est rarement générale et répartie dans les différents systèmes, ainsi que le voulait Brown. Tandis que les symptômes de l'asthénie se manifestent eu un grand nombre de points de l'économie , l'excitation peut se développer dans une membrane séreuse; l'hydropisie alors en est le résultat. Dans un cas semblable on observe en même temps les signes de l'asthénie générale et

ceux d'une irritation locale. Broussais fait même remarquer que cette irritation sécrétoire tend à se rejeter dans un grand nombre de membranes séreuses quand la faiblesse est très-marquée. Dans les dernières années de sa vie, Broussais modifia sa manière de voir; il décrivait dans son Cours de pathologie générale des hydropisies par la débilité que produisent le jeûne, Tinédie, les mauvais aliments, et l'eau qui sature l'air {Cours de palh. et de thér. gêner., t. v, p. 390, 1835). Broussais repousse comme insuffisante la doctrine des modernes , qui veulent réduire les causes prochaines des hydropisies à deux : «l'excès d'exhalation et le défaut d'absorption»; mais cela ne dit pas assez. On a ajouté que Y excès est actif, et le défaut passif; car il fallait que toutes les maladies se réduisissent à ces deux états. A la rigueur, il est certain que dans les hydropisies il y a excès d'exhalation ou défaut d'absorption. Mais l'actif et le passif que l'on y mêle ne sont que des jeux de mots; la vérité n'est que dans l'antithèse, et l'induction à en tirer pour l'état des forces et les indications ne sont pas ce qu'on les croyait; car l'inertie de la résorption ne suppose pas toujours le défaut de forces et l'indication des excitants , et ces deux modifications peuvent être simultanées (ouvr. cit., p. 380). 11 est difficile de présenter une critique plus juste de cette doctrine que nous avons déjà examinée.

Une doctrine très -ancienne, et que nous devons nous borner à signaler, a fait provenir les collections séreuses des grandes cavités de la rupture des kystes ou poches d'eau contenues dans leur intérieur. Cette croyance a pris son origine dans une fausse interprétation d'un fait exact. On trouve, en effet, dans un certain nombre d'hydropisies asci tiques ou hydrocéphaliques , des kystes plus ou moins volumineux développés au sein des viscères que revêtent les séreuses. On sait qu'il n'est pas rare de rencontrer dans les ovaires et les trompes des kystes plus ou moins nombreux, et en même temps une collection aqueuse dans le péritoine. Cette dernière affection est lice à l'irritation sécrétoire qui s'est établie au sein du péritoine; mais les anciens avaient cru que la source de cette collection aqueuse était la rupture d'un kyste semblable à ceux qu'ils constataient dans les organes. On sait aujourd'hui qu'une pareille rupture amène des accidents inflammatoires très-graves, et non ceux de l'hydropisie; cependant cette doctrine a été adoptée par un grand nombre d'auteurs, et même par Sydenham.La cause de l'hydropisie, pour cet auteur, est le développement des vésicules qui , venant à se rompre , produisent les symptômes propres à celte maladie {Traité de l'hydropisie, p. 895). Morgagni croit possible ce mode de développement chez un certain nombre de sujets.

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Les hydropisies ne constituent des maladies essentielles que dans des cas assez rares ; presque toujours elles sont un accident lié à une maladie évidente. 11 est donc impossible de les faire rentrer dans une classe distincte et isolée de toutes les autres , comme on peut le faire pour une phlegmasie , pour une névrose. C'est cependant ce qu'ont tenté les nosographes , et il en est résulté une confusion singulière. Sauvages qui a établi une classe pour tes flux (clas. ix), n'y range pas les hydropisies ; elles sont comprises dans la classe x des cachexies. L'anasarque est placée à côté de la polysarcie , de la pneumatose dans le deuxième ordre des cachexies ( ordre h , intumescenliœ). Les hydropisies partielles forment Tordre m : ce sont l'hydrocéphale, l'hydrorachis , l'ascite, etc. Il faut aller chercher l'hydrothorax dans la classe v, intitulée Anhelaliones {Gênera morborum ; in Apparatus ad nosolog. method.j Cullen, in-4°; Amsterdam, 1775).

Les autres nosographes n'ont pas été plus heureux que Sauvages. Linné place dans la classe x des affections qu'il appelle morbi déformes, les maladies avec enflure (ord. n , tumidosi), la leucophlegmatie, l'anasarque, qu'il distingue de la précédente, l'hydrocéphale, l'ascite, l'hyposarque. L'œdème est dans la classe des altérations humorales (vilia humoralia). Nous ne faisons que citer, par respect pour le grand classificateur (même recueil, passim).

Vogel admet une classe de maladies sous le nom de profluvia , mais il n'y fait point figurer les hydropisies. Il tombe dans une erreur qui a été partagée par les nosographes. Ignorant la nature intime et le siège des lésions, dont les flux séreux ne sont souvent que l'effet, il prend le change sur la véritable cause de l'état cachectique qu'il observe, et n'hésite pas à le considérer comme le point de départ de l'hydropisie, tandis qu'il n'est, comme cette dernière, qu'un effet de la maladie d'un organe ou d'un appareil. Cette fausse manière d'observer le conduit à ranger parmi les maladies par cachexie (class. vin, cachexia), l'hydrothorax, l'anasarque, l'ascite {Definitioncs gencrum morborum a clariss. Rudolp. aug. Vogel ; Gœtt., 1764).

Sagar prenant, comme Vogel, pour base de sa classification les phénomènes apparents et grossiers des maladies, range dans la classe m {cachexiœ, ord. n, intumcscenliœ) la pléthore, la polysarcie, la pneumatose, l'anasarque, etc.; dans un troisième orJre,les hydropisies partielles, comme l'hydrocéphale, l'hydrorachis, Tascile.

Cullen, pour classer les hydropisies, prend en considération leur cause, qu'il suppose être la cachexie, et un de leurs phénomènes le plus saillant, l'intumescence. Elles occupent donc dans la classe m Kcachexies)k deuxième ordre {inlumcsccnlUc). L'anasar-

que, l'hydrocéphale, l'hydrorachis, l'hydrothorax, l'ascite, l'hydrométrie , l'hydrocèle, se trouvent ainsi rapprochés (Cullen , Gênera morborum ; voy. aussi Élém. de méd. prat., t. m, p. 261,in-8°, 1819). La classification proposée par Cullen et par les auteurs précédents est entachée d'un grand nombre de défauts, que nous ne devons faire ressortir qu'en ce qui concerne les hydropisies. 11 faut reconnaître d'abord que ces affections ne se prêtent qu'à grand' peine aux classifications des nosographes; et, en effet, comment pourrait-il en être autrement ? Les hydropisies sont des affections qui n'ont pour caractère commun que l'épanchement de la sérosité dans le tissu cellulaire ou dans une cavité séreuse ; au delà, existent des différences telles qu'il n'est plus possible de les rapprocher. Les unes tiennent à une phlegmasie; les autres à une altération du sang; celles-ci à une simple compression mécanique ; celles-là à un vice de la sécrétion. Il est impossible , en un mot , de réunir, à l'aide d'un phénomène commun, des maladies aussi dissemblables que celles qui lui donnent naissance. Ce que l'on peut dire de plus général sur les hydropisies, c'est qu'elles dépendent d'une lésion de sécrétion, et qu'elles pourraient être rangées dans les maladies produites par une lésion de sécrétion ; et qu'on n'aille pas croire maintenant qu'on est beaucoup plus avancé quand on a émis cette proposition. En quoi consiste cette lésion de sécrétion ? C'est ce qu'il est impossible de déterminer.

Historique et bibliographie. — Les anciens possédaient sur les causes, les symptômes et le traitement des hydropisies, des connaissances fort étendues qui méritent encore aujourd'hui de fixer notre attention. Ils avaient distingué les hydropisies d'après leur siège, et Cœlius Aurelianus nous apprend qu'une opinion assez générale parmi eux était que l'hydropisie provenait surtout des indurations du foie , et l'anasarque des maladies des reins : «Dicunt hyderon «ex renibus generari , hydropem vero ex duritate je- «coris» {Morborum chronicor., t. u , lib. m, p. 251 , in-8°; édit. de Haller). Nous avons vu que par le mot hyderon ils désignent plus spécialement l'infiltration du tissu cellulaire. On retrouve ces distinctions établies par Héraclide deTarcnle, qui veut qu'on appelle catasarque (toc xoctoc aapxa) le gonflement œdémateux de tout le corps, ascite ou tympauite, l'épanchement de sérosité entre le péritoine. Dioclès et Ilippocrate admettent l'hydropisie par infusion et par infiltration : la première est Tascite; la seconde, l'anasarque. Cœlius Aurelianus critique cette distinction lorsqu'on veut la faire reposer sur la considéralion de la cause qui a provoqué l'hydropisie. Nous avons vu que l'hydropisie provient, suivant les Grecs, des maladies du foie , et l'anasarque de celles des reins. Cœlius repousse , avec juste raison , cette ma-

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nière d'envisager l'hydropisie, et affirme qu'elle a sa source dans bien d'autres maladies.

Hippocrate admet des hydropisies venant du foie, et d'autres des reins (Coacœ prœnot.). Suivant Galien , l'ouverture des cadavres d'animaux lui aurait appris que la cause de l'hydrothorax est le tubercule, et que les hydatides du foie occasionnent parfois l'ascite(Ve Inter. affcct., lib. vu, aph. 55). Hippocrate avait observé que les collections séreuses sont fréquentes chez les hommes qui sont exposés à une température humide, et vivent dans des pays couverts d'eaux marécageuses ; les hémorrhagies répétées, les affections chroniques, les engorgements du foie et de la rate , lui paraissent être aussi des causes ordinaires d'épanchements séreux (de Aère, locis et aquis prœdict., lib. u). Il avait observé que la saignée était utile dans l'anasarque qui attaque les sujets vigoureux et dans la force de rage. Sa thérapeutique consistait principalement dans l'emploi des moyens propres à exciter la transpiration cutanée , tels que les sudorifiques , l'exercice, et l'usage interne de la cantharide, du garou, du suc de tithymale, et de quelques autres drastiques. 11 ne proscrit pas entièrement les boissons , comme l'ont fait ses successeurs (de Victus ration, in Morb. acut.; de Morb. vulg.t lib. vu; de Inter. affection.).

Érasistrate ayant rencontré, dans les ouvertures cadavériques qu'il fit, le foie malade, et surtout fortement induré (saxeumjecur), attribua toutes les hydropisies aux engorgements de cet organe : par suite de cette lésion, le sang éprouvait une grande peine à le traverser, et ses parties les plus ténues et les plus aqueuses se répandaient dans tout le corps. «Ainsi, dit M. Liltré, dans l'opinion d'Érasistrate, le liquide était formé par la portion aqueuse du sang, l'épanchement était dû à un obstacle dans le cours de ce fluide, qui devait traverser le foie; et comme le foie a été pour les anciens physiologistes un organe essentiel où le sang devait passer, la théorie d'Érasistrate ressemble assez à celle de médecins plus modernes qui attribueraient toutes les hydropisies à une affection du cœur» (art. cit., p. 17). 11 ne croit pas que la paracentèse soit utile; car, suivant lui, s'il est vrai qu'on enlève le liquide , on ne détruit pas la cause qui l'engendre. 11 la proscrit même entièrement, parce que le foie induré, n'étant plus soutenu par le liquide renfermé dans le péritoine, pourrait exercer un tiraillement funeste sur le diaphragme et. les vaisseaux (Gœlius Aurelianus, loc. cit., p. 264). Érasistrate a eu sans doute le tort de vouloir généraliser un fait qu'il avait observé; toutefois l'opinion exclusive qu'il a formulée a servi à faire mieux connaître une des causes de l'hydropisie. Du reste , on connaissait déjà de son temps toutes les altérations vis-

cérales qui sont considérées par les modernes comme des causes d'hydropisies : les maladies du colon , de la rate, du péritoine, de la matrice et des reins, ont été rangées parmi les causes de l'hydropisie.

Asclépiade occupe une place distinguée parmi les auteurs anciens, à cause de la division importante qu'il a introduite dans l'histoire des flux séreux. Les uns , dit-il, affectent une marche aiguë ; les autres, une marche chronique; les uns sont accompagnés de fièvre , les autres sont apyrétiques. Il n'a jamais vu cette maladie se dissiper avec une grande rapidité (Cœlius Aurelianus, loc. cit., p. 252).

Celse, dans son chapitre intitulé de Hydropicis , admet trois sortes d'hydropisies qui sont : la tympanite , l'anasarque et l'ascite. Sa thérapeutique est plus simple et moins chargée de recettes barbares que celle de ses prédécesseurs : les fomentations émollientes , le régime, l'exercice, sont les agents thérapeutiques qu'il vante le plus. Il se conforme aux préceptes des médecins de son temps, qui soumettaient leurs malades à une abstinence très-rigoureuse des boissons (de Medicina , lib. ni, cap. 21, p. 160, in-8u; édit. d'Almeloveen). Arétée de Cappadoce a laissé une description générale de l'hydropisie qui ne manque pas d'exactitude. 11 a confondu cependant sous ce titre des affections qui sont tout à fait différentes : on peut en acquérir la certitude en relisant le passage obscur où il parle d'une hydropisie formée par des vessies remplies de liquide; nous l'avons rapporté tout au long dans notre article Acé-

PHALOCYSTE (t. I, p. 1 7).

Galien avait des notions assez précises sur les principales causes de l'hydropisie-ascite. Il démontra d'abord que la doctrine d'Érasistrate , qui voulait rapporter toutes les hydropisies au foie , n'est pas fondée , et que les maladies des intestins, du mésentère , du poumon , des reins , les flux sanguins trop abondants qui s'effectuent par les hémorrhoïdes et par l'utérus, enfin que l'aménorrhée sont aussi le point de départ des hydropisies (de Locis affeclis, passim). Galien considère comme la cause première de toutes les hydropisies un vice de la sanguificalion, et comme le foie est pour les anciens un organe qui concourt puissamment à la crase et au mouvement du fluide sanguin , il admet cette donnée fondamentale de la physiologie antique , et prétend que le fuie est toujours malade, soit secondairement, soit primitivement. Ainsi les affections de la rate , des reins , des intestins, etc., ne produisent l'hydropisie que parce que le foie, au bout d'un certain temps, participe à l'affection primitive , et que la sanguificalion s'altère ; dans les autres cas où le foie est primitivement lésé, le même effet a lieu, mais alors il est primitif au lieu d'être secondaire. Geltc opinion serait fort acceptable, ainsi que le fait remarquer

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M. Littré, s'il n'y avait pas ajouté des théories purement spéculatives. «Il prétend que le foie, dans toutes les hydropisies , est affecté d'une intempérie froide , laquelle parvient non-seulement aux veines , mais à la propre substance de l'organe. De cette intempérie froide sort nécessairement la conclusion qu'il faut y opposer des remèdes chauds , et bannir du traitement tous les moyens débilitants et antiphlogistiques (art. cit. , p. 18). Cependant cette théra. peutique n'était pas la seule qu'il proposa : dans le quatrième commentaire sur le régime dans les ma-' ladies aiguës par Hippocrate , on le voit prescrire comme lui , la saignée contre les hydropisies qui attaquent les personnes robustes et pléthoriques.

Gœlius Aurelianus, à l'ouvrage duquel nous avons emprunté plusieurs citations sur la médecine antique , énumère les diverses espèces de traitement mis en usage par ses prédécesseurs et ses contemporains. On y trouve exposées et discutées les opinions contradictoires d'Asclépiade, d'Érasistrale, de ?tolémée,de Thémison, de Soranus, sur l'opération de la paracentèse. Les frictions, les applications émollientes et huileuses , l'action de vapeurs stimulantes et aromatiques, l'arénation, l'exercice musculaire, formaient la base des traitements les plus usités (Morbor. chronic. , lib. m, cap. 8, t. h, in-8°; édit. de Haller).

Aetius n'ajouta rien aux connaissances que l'on possédait sur les hydropisies; il consacre de longues pages à rappeler la composition de tous les remèdes qui ont été successivement proposés pour les combattre (Tetra bibi, m, ser. 2). «On doit à Alexandre de Tralles, dit M. ltard, d'avoir indiqué la part que le poumon pouvait prendre dans la formation des collections séreuses, et signalé plus distinctement qu'on ne l'avait fait avant lui l'hydropisie qu'accompagne la fièvre, et qui est la suite de l'inflammation, de quelque ulcère» (art. cit. , p. 365). Il conseille la saignée contre l'anasarque , parce que cette hydropisie pouvant tenir à la trop grande quantité de sang, on s'attaque, par ce moyen, à la cause de la maladie, et l'on débarrasse la nature qui en est opprimée; enfin, quand il y a de la fièvre et de la soif, il veut qu'on préfère les rafraîchissants aux échauffants, parce qu'ils ont pour effet d'abattre la fièvre (de Aile medica , lib. ix et m). On doit savoir gré à ce médecin d'avoir secoué le joug de la doctrine galénique, qui exigeait surtout l'emploi de médicaments réfrigérants. Paul d'aine se déclare partisan de la phlébotomie dans les anasarques symplomatiqucs de la suppression des menstrues et des hcmorrhoides^/c lie medica , Cornar. inlcr., liv. m, ch. 48, p. 471). Avicenue accepte la saignée dans les mêmes circonstances, et prétend que toute hydropisie ne provient que d'une cause froide; toutefois, il veut que l'on évite la saignée autant que

possible. Les auteurs arabes et les commentateurs de Galien, pendant le moyen âge, n'ont rien écrit d'important sur les hydropisies; ils ont continué , comme leurs prédécesseurs, à accumuler les médicaments, et surtout à les séparer en deux classes : ceux qui conviennent aux hydropisies chaudes, et ceux qui réussissent le mieux contre les hydropisies froides.

Ce fut surtout à partir des travaux d'Aselli (de Lactibusy in- 12 ; Lugd. Batav., 1640), que l'on commença à rapporter les hydropisies à la rupture ou à d'autres maladies des vaisseaux lymphatiques. Les recherches ultérieures faites par Pecquet , Rudbeck , Th. Bartholin, donnèrent du crédit à cette doctrine; Mascagni, en Italie, Sœmmering, en Allemagne, Hunter, en Angleterre, s'en déclarèrent plus tard les partisans, et l'autorité de ces grands noms donna quelque vogue à une théorie que les expériences et les faits pathologiques venaient démentir. Elle a été entièrement abandonnée dans ces derniers temps, et l'on peut dire qu'elle a peu servi aux progrès de l'art.

Une autre découverte, bien autrement féconde en résultats, et qui a brillé d'un vif éclat dans l'histoire de la médecine et des hydropisies spécialement, fut la découverte de la circulation. Jusqu'à Harvey, l'on avait admis, mais vaguement , que les troubles qu'apportent au mouvement du sang diverses altérations du foie et des autres viscères, produisent un certain nombre d'hydropisies; mais aucun fait positif n'avait été apporté à l'appui. 11 était réservé à Lower d'en fournir des preuves, et de montrer, par des expériences décisives, le véritable mécanisme des hydropisies par obstacle à la circulation. Elles furent faites avec une habileté qui ne laissa aucun doute dans les esprits, et désormais l'origine de certains épanchements séreux fut parfaitement connue (Tractalus de corde, déj. cit., p. 1 1 7). Nous avons vu que Hoffmann et Boerhaave firent des applications importantes de cette théorie à l'étude des hydropisies. Le premier, adoptant une doctrine trop exclusive, voulut les faire rentrer toutes dans les maladies par obstacle à la circulation (Hoffmann, de Hydrope, Thés, pathol., t. in, rap. 14, p. 323, in-P. ; Genèv., 1761. — Boerhaave, Comment, hiaphor.^i.w^. l01,in-4°; Paris, 1773). Haller adopta l'opinion de Lower, et se servit de ses expériences pour montrer que le développement d'un grand nombre d'hydropisies tient à la stase et au ralentissement du fluide sanguin. Haies contribua puissamment à démontrer le rôle de l'absorption veineuse, et son influence sur la production des hydropisies, en injectant de l'eau dans les veines. M. Magendie répéta plus tard celte expérience, et en lira des déductions d'un grand intérêt pour la physiologie de l'absorption. Il établit : 1° que la pression à laquelle est soumis le sang dans les vaisseaux contribue à faire passer la partie la plus aqueuse de

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ce liquide à travers les parois vasculaires; 2° que l'injection d'une certaine quantité d'eau dans les veines détermine une exhalation abondante et une véritable hydropisie , 3°, et que l'absorption est complètement suspendue par la plénitude des vaisseaux (Précis élém.de physiologie, t. n,p. 453). M. Bouillaud fit paraître, en 1823, un mémoire dans lequel il apporta de nouveaux faits à l'appui de la doctrine si solidement fondée par Lower (de l'Oblitération des veines , et de son influence sur la formation des hydropisies partielles ; Arch. gén. de mèd., t. h, p. 88). Pour ne pas rompre les rapports naturels qui unissent les diverses parties de l'histoire des hydropisies, montrons sur-le-champ de quelle manière les autres travaux dont le système circulatoire a fait le sujet ont concouru à perfectionner l'étude des épanchements. On avait entrevu, dans les temps anciens, la part que prennent dans la production des hydropisies les affections du cœur, mais il était réservé aux médecins de notre époque de l'établir nettement par l'anatomie pathologique. Morgagni y contribua puissamment par les descriptions exactes qu'il a données de plusieurs maladies du cœur.Gorvisart, Laennec, M. Bouillaud, et les auteurs qui ont écrit sur ces dernières affections, ont dévoilé la vraie cause d'un grand nombre d'hydropisles. Enfin, l'étude plus complète des maladies des veines a révélé un autre ordre de causes d'hydropisies partielles.

Nous venons de montrer les phases diverses par lesquelles a passé l'histoire des hydropisies; nous savons que, depuis Harvey et Lower, elle s'est enrichie de faits nombreux, sur lesquels l'anatomie pathologique a jeté une vive lumière. Il nous reste maintenant à l'examiner sous un autre point de vue, et spécialement dans ses rapports avec les autres doctrines médicales. Tandis que l'expérimentation physiologique, habilementdirigée par les disciplesde Harvey, montrait aux médecins la véritable cause d'un grand nombre de collections séreuses , d'autres auteurs cherchaient à les expliquer par la faiblesse générale et par l'atonie des vaisseaux. Nous avons dit, en traitant de la nature des hydropisies , que la plupart des nosographes, Linné, Vogel, Sauvages, Gullen, Sagar, les rapportaient à des altérations de tout le solide vivant, et les plaçaient dans les cachexies. La débilité dont tout le système est frappé leur avait fait croire à un état d'asthénie générale. Gullen, cependant, comprit que l'altération du sang est une cause qui concourt à ia formation des hydropisies , tout aussi bien que la faiblesse générale et le relâchement des vaisseaux; il tient également compte des obstacles à la circulation du sang. Le chapitre consacré par Gullen à l'histoire des hydropisies renferme des documents qui le recommandent à la méditation des médecins (Élcm, deméd.pratiq., t. m, p. 261, in-8°; Paris,

1819). L'opinion la plus généralement admise consistait à attribuer les hydropisies à l'asthénie générale et à la débilité des vaisseaux spécialement. Brown et les partisans de son système contribuèrent à répandre cette doctrine ; elle ne fut pas cependant acceptée par tous les auteurs. Stoll, dont nous avons rapporté l'opinion, affirme que l'hydropisie peut être causée par la pléthore (Médecine pratique,, t. m, p. 262 , trad. de Mahon). Monro (Essai sur l'hydropisie , trad. de Savary; Paris, 1789), Bâcher (Bêcher, sur les maladies chroniq., particul. sur les hydropisies, 1776), Tissot, et beaucoup d'autres, rapportèrent un certain nombre de flux séreux à la pléthore et à l'état sthénique, et conseillèrent l'emploi de la saignée et des antiphlogistiques contre les hydropisies qui se présentaient avec les apparences de l'état sthénique. Pinel accepta encore celte division surannée des hydropisies en actives et en passives, et les rangea dans la classe des lésions organiques (clas. v, ordre des maladies du système lymphatique ). Il continue à les considérer, avec la plupart de ses élèves, comme une débilité générale, et comme un effet de l'atonie des vaisseaux lymphatiques (Nosographie philosophique).

Tous les auteurs qui ont écrit avec quelque distinction, vers la fin du siècle dernier et au commencement du xixe siècle, se sont partagés sur celte distinction des hydropisies en actives et en passives, qui avait déjà tant occupé et divisé les médecins grecs et latins, ainsi que les arabisles. Au lieu de s'attacher à l'étude des altérations pathologiques dans lesquelles les collections séreuses prennent leur source, ils se préoccupèrent constamment de l'état général qui leur sembla indiquer la véritable nature de l'hydropisie. C'est à Broussais que devait revenir la gloire de montrer nettement que l'état général peut être sthénique ou asthénique sans que la cause morbide change de nature, et qu'il faut penser surtout à cette dernière. Parmi les auteurs qui étendirent le champ des hydropisies actives, on doit surtout signaler Grapengiesser,qui fut sur la trace des flux séreux par irritation des tissus (Dissert, inaug. medica de hydropeplcthorico; Gott., 1795); de Baraillon (Mém. dans lequel on expose la nature , les causes, le mécanisme et le traitem. des di/Jér. sortes d'hydropisies; Mém. delà Soc. roy. deméd., p. 1 79; an. 1 784, 1 785), de Désessartz (An detur hydrops, inquo humectaniia dilucntiaquchydragog. prœmit- *<Wa; Paris, 1 768), P. Franck (dcCurand. hominum morbis ; de Inflammatione), de Arm. Jobard (Con~ sidér. génér. sur l'hydrop., dissert, inaug., n° 1 1 4, in-4°; Paris, 1811), de Fauchier (des Indicat. de la saignée, mémoire qui a remporté le prix proposé par la Société des médec. et des natural. de Souabe ; et rapport de M. Gastelier sur le mémoire précédent,

Bullet. de la Facult. de médec, n° 1 1 1 ; 1 812) , de Poilroux (Mém. sur l'hydropisie pléthorique, Annal.clin.de Montpellier, n° 105), deM.Breschet [Recherches sur les hydropisies actives en général, et sur l'hydropisie active du tissu cellulaire en particulier; thés, de Paris, n° 1 73, in -4°, 1812). Ce dernier travail, écrit sous l'impression des idées deBichat, propagées par Dupuytren et Marandel, mérite d'être distingué de tous les autres; on y trouve solidement établie l'opinion qui fait dépendre certaines hydropisies de l'irritation sécrétoire des vaisseaux exhalants. L'auteur montra les affinités intimes qui existent entre cette irritation , dune part, et entre l'inflammation et l'exhalation sanglante et purulente de l'autre (p. 9 et suiv.). C'était, sans doute, un nouveau pas de fait dans l'histoire des hydropisies; mais les auteurs qui ont cru avoir trouvé dans cette irritation sécrétoire la cause première d'une grande classe d'hydropisies se sont évidemment exagéré leur découverte. En effet, ils ont établi un fait important, qui consiste à soutenir que souvent la seule modification appréciable est un vice de sécrétion; mais c'est aller au delà des faits, et avancer une pure hypothèse que de dire qu'il y a irritation sécrétoire : nous n'en savons rien , et ce qu'il nous est permis seulement de supposer, c'est qu'il y a vice de sécrétion, parce que nous n'exprimons de celte manière que le fait en lui-même. L'esprit se refuse à admettre qu'il y a irritation sécrétoire dans la maladie deBright, lorsque, sous l'influence de l'altération du sang, le tissu cellulaire se remplit d'eau, tout aussi bien que dans ces hydropisies qui se rattachent évidemment à un certain degré d'irritation dont la membrane séreuse est devenue le siège. M. Breschet eut raison de dire que l'augmentation de l'exhalation était précédée d'un dérangement dans les propriétés vitales des vaisseaux exhalants; mais ce n'est qu'exprimer en des termes obscurs la cause inconnuedes hydropisies. Du reste, cette théorie ne diffère que quant à la forme, de l'ancienne doctrine, qui rapporte les hydropisies à la force ou à la faiblesse; c'e.4 toujours la n.êiiie idée, à laquelle on a seulement ad.iplé une inta prétation plus en rapport avec les progrès de l'anatomie et de la physiologie. Nous répétons qu'elle est acceptable, maisqu'elle ne suffit pas pour expliquer toutes les hydropisies, cl ne met pas fin aux difficulté» que soulève le sujet.

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Parmi les auteurs qui ont accordé une certaine part aux altérations du sang dans la production des hydropisies, nous devons citer Willis, Huxham et Cullen, dont nous avons exposé les opinions. Elles furent entièrement abandonnées, et disparurent de la scène sous l'influence des doctrines exclusivement solidistes du commencement du xixe siècle : elles commencent aujourd'hui à repreudre quelque faveur.

La découverte importante de Bi ight opéra une véritable révolution dans l'histoire des hydropisies, en montrant la vraie cause d'une classe de flux séreux dont l'origine avait échappé jusque-là (Reports of médical cases, t. i, p, 78; Lond., 1827; et extr. dans les Arch. génér. de méd. , t. xxm, p. 548 ). Ghristison, dans ses recherches sur le sang des malades atteints de celte espèce d'hydropisie, a démontré qu'il était altéré et qu'il avait perdu de l'albumine. Cette découverte acheva de jeter un grand jour sur la vraie nature de l'hydropisie (Observations an the varie fy of dropsy which dépends on discased kidney ; \x\Edinb. med, and surg.journ. ,oct. 1 829, t.xxxn). MM. Andral et Gavarret ont mis ce fait hors de doute par leurs études sur le sang (Recherches sur les modifications de quelques principes du sang, br. in-8°, 1840; et Annales de chimie et de physique, t. 75).

Les traités généraux qu'il nous reste à signaler sont ceux deBlackall (Observations on the nature and cure of'dropsies, in-8°; Lond., 1813) et de Geromini (Sullegcneri ecura delï idrope, in-8°; Crem., 1810), qui renferment quelques idées nouvelles sur les causes des hydropisies; de Voilai (Observât, sur la nature et le irailem. de l'hydropisie, 2 vol. in -8°, 1814); cet ouvrage n'offre aucune espèce d'intérêt, et ne supporte même pas la lecture. L'article d'Itard renferme un historique que l'on peut consulter avec fruit (Kydropisie, Dictionn. des sciences médicales, t. xxh, 1818). Les deux dictionnaires anglais que nous avons sous les yeux contiennent deux articles récents, dans lesquels on ne trouve qu'une description fort incomplète des hydropisies (Darwal, art. Ditoi-sv, in The Cyclopcdia oj pvactual niedic. , t. i ; et Copland, Diciionary of practical medicine, 1 834). L'historique de ces maladies a été fait avec soin par M. Lillré dans son travail sur les hydropisies (Dict. de méd., 2 édit.,in-8°; Paris, 1837).

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