‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 5)Chapitre 51 sur 59 · Sorti guéri · texte numérisé non relu

Sorti guéri

(.(Dans tout autre temps que celui d'épidémie de peste,, ajoute M. Aubeit(ouvr. cité, p. 148), on aurait pu contester à des médecins qui n'auraient pas eu grande connaissance de la peste ce cas comme étant de cette maladie, et certes l'on se tromperait. »

Gomment! M. Aubert veut que ce fait soit considéré comme un exemple de peste au troisième degré, même hors le temps d'épidémie pestilentielle! Mais alors la peste sévit continuellement à Paris avec une grande intensité , et tous les jours nous voyons dans nos hôpitaux un grand nombre de pestiférés que nous osons à peine faire entrer dans les statistiques de fièvre typhoïde légère.

Nous avons rapporté ces observations in extenso, parce que bientôt elles nous serviront à apprécier la curabilitc de la maladie; mais elles nous autorisent,

dès à présent , à dire qu'on ne parviendra jamais à tracer une histoire scientifique et sérieuse de la peste, si l'on continue à réunir des éléments aussi hétérogènes.

Les cas de peste foudroyante dans lesquels on voit les malades succomber en quelques heures, sans bubon et sans charbon , sont fort rares, et n'ont pas encore été suffisamment étudiés; peut-être n'appartiennent-ils pas à la peste, peut-être faut-il les rapporter à des fièvres pernicieuses : or, ces cas exceptés, les pestiférés présentent constamment des altérai ions des glandes lymphatiques ou des taches gangreneuses , et, nous le répétons, il importe d'assigner à ces lésions un caractère palhognomonique si l'on ne veut pas confondre avec la peste des états morbides entièrement étrangers à cette affection : des embarras gastriques, des fièvres typhoïdes, des fièvres pernicieuses, erreur d'autant plus facile à commettre que l'on sait fort bien que, dans toutes les constitutions épidémiques , la plupart des maladies aiguës revêtent un caractère particulier qui les rapproche de la maladie régnante sans modifier toutefois leur nature.

«Le bubon, a-t-on dit. est loin de se présenter d'une manière constante dans la peste; ensuite, loin d'appartenir exclusivement à celte dernière, il peut compliquer d'autres maladies, telles que la fièvre jaune, sans en changer ni la nature ni le nom » (Boudin, Géographie médicale, p. 43).

Mais nous prétendons justement qu'il est douteux que la plupart des faits de peste sans bubon appartiennent à la peste; si, dans quelques cas de peste évidente , on a vu le bubon manquer, on a du moins constamment alors observé des charbons, et nous acceptons ceux-ci comme signe pathognomonique.

Les bubons, s'ils ont existé dans la fièvre jaune, sont, clans tous les cas, fort rares; car ils ne sont mentionnés par aucun des observateurs modernes qui nous ont donné les descriptions les plus exactes et les plus complets de cette affection (voy. le Compendium , art. Jaune (Fièvre); d'ailleurs cette question est étrangère au diagnostic ; car on ne confondra jamais la peste et la fièvre jaune.

Pronostic. — Les auteurs se sont beaucoup occupés du pronostic de la peste, mais il n'est pas une proposition émise par l'un, à laquelle on ne puisse opposer une proposition contradictoire émise par l'autre. Nous ne nous sentons pas le courage de reproduire, à l'exemple de M. Littré ( Dict. de méd., art. Peste, t. xxiv, p. 70), les quarante aphorismes de Diemerbroeck (loc. cit., p. 97-100), et le lecteur nous saura gré de ne pas lui apprendre «que ceux qui sont saisis de la peste vers la nouvelle lune ou la pleine lune sont surtout en danger de mort ; qu'une épistaxis est très-dangereuse un jour cri-

PES

PES

tique, mais qu'elle est mortelle un jour non critique , » etc.

Il résulte du rapprochement des signes pronostiques indiqués par les différents loïuiograpbes qu'il est presque toujours impossible de se prononcer avec quelque certitude sur l'issue de la maladie. «La peste, dit Ghénot (Traclatus de peste, p. 93, Venise, 1766), est un vrai Protée qui prend en peu de temps différentes formes, présente de nouveaux phénomènes , offre des scènes qui varient singulièrement par leur origine, leurs liaisons, leurs progrès et leurs suites, non-seulement chez les différents malades, mais chez un seul et même sujet. Chez celuici, une légère attaque précède un enchaînement imprévu de maux; chez celui-là, une violente secousse se termine heureusement; un autre réchappe contre toute espérance, lorsque la force du mal semblait le condamner à mourir. Vous en voyez périr qui à peine se croient malades ; vous en voyez marcher comme des gens en bonne santé, qui meurent quelques heures après.»

Écoutons encore M. Pariset revêtir ce tableau de tout l'éclat de son style.

«Ce que la peste a épargné dans telle épidémie, elle l'immole dans telle autre; sexe, âge, tempérament, profession, régime, habiiude, tout en défend , tout y livre. Avec des symptômes doux , elle tue; avec des symptômes violents, elle laisse vivre. Dans la même année, dans le même lieu, à plus forte raison d'une année à l'autre, d'un lieu à l'autre, elle est bénigne, elle est mortelle. Les efforts critiques, les bubons , les charbons , ici favorables , là contraires. Elle cède à l'hiver, elle brave l'hiver, elle cède à la chaleur, elle brave la chaleur. Tel remède est utile aujourd'hui qui demain sera pernicieux. Ainsi de suite, avec une variété, avec une versatilité que nous qualifions de caprice et d'anomalie, et qui est l'effet nécessaire de mille causes que notre sagacité ne pénétrera jamais » (loc. cit. , p. 307 ).

Les signes pronostiques changent donc complètement de signification dans les différentes épidémies. Dans telle épidémie, les enfants et les vieillards ont presque tous guéri ; dans telle autre , ils ont presque tous succombé. Ici la grossesse, l'accouchement, l'éruption des règles étaient des circonstances mortelles, là des circonstances favorables; tantôt les charbons et les bubons ont été considérés comme des phénomènes critiques favorables , tantôt comme des signes précurseurs de la mort.

Toutes choses égales d'ailleurs , le pronostic varie suivant les périodes d'une même épidémie; il est toujours fâcheux dans la première , et c'est alors que l'on peut dire avec M. L. Frank (De peste, dysenteria et ophlhalmia œgyptiaca ; Vienne, 1820): « Omnis honio peste adfectus omnino pro pcrdito

haberi polest. » Le pronostic est incertain dans la seconde période , favorable dans la troisième.

Voici les seuls signes sur la valeur desquels les auteurs sont à peu près d'accord.

La peste est plus funeste aux étrangers qu'aux indigènes. M. Estienne (loc. cit., p. 61 ) a perdu le septième de ses malades arabes et la moitié des européens; M. Aubert le cinquième des Arabes, la moitié des Européens.

On regarde comme des signes favorables la limpidité des urines, la constipation, les transpirations abondantes , l'apparition du bubon vers le troisième ou le quatrième jour , la tranquillité de l'esprit et de l'âme.

On considère comme des signes funestes la peur, les vomissements et la diarrhée que rien ne peut arrêter , la non-apparition de bubons , leur brusque affaissement, leur non-suppuration ou leur développement au cou, derrière l'arcade crurale, dans la fosse iliaque; les charbons occupant la tête, le cou, ou situés sur la longueur de la colonne vertébrale ; le délire, les convulsions, les urines bourbeuses, la suppression de la sécrétion urinaire, l'hématurie, la cyanose , les pétéchies noirâtres.

Causes. — 1° Endémie. — Origine. — MM. Pariset, Lagasquieet Guilhon pensent que l'apparation de la peste dans le monde ne remonte pas au-delà de l'année 542 de notre ère. « La peste d'Orient, dit M. Pariset (loc. cit., p. 272), est une maladie nouvelle ; elle commença dans la Basse-Egypte , s'étendit dans la Palestine, Byzance, laLigurie, l'Espagne, les Gaules, Marseille, et ne disparut qu'après avoir désolé la terre pendant 52 ans.»

Ayant établi cette prémisse , M. Pariset en tire les conséquences suivantes :

La peste est endémique en Egypte , elle y est spontanée et elle s'y développerait par ses causes propres, quand même le reste de la terre n'existerait pas (p. 302); toutes les fois que la peste s'est montrée au delà de son domaine endémique , dans l'Europe occidentale par exemple, c'est au moyen de la contagion qu'elle s'est propagée.

Il est impossible d'accepter ces différentes propositions. En admettant avec M. Pariset, ce que nous croyons vrai, que la dénomination de peste a été donnée dans l'antiquité à toutes les maladies épidémiques meurtrières , qu'on a décrit sous ce nom des typhus, des fièvres pernicieuses, des dysenteries; en reconnaissant avec lui que certaines descriptions de peste ne peuvent s'appliquer à cette maladie telle que nous la connaissons aujourd'hui, on n'eu est pas moins forcé de reconnaître que Rufus a tracé d'après Denys, Dioscoride et Posidonius, un tableau dont la signification pathologique ne souffre qu'une seule interprétation.

PES

PES

« Les détails dans lesquels entre Rufus , dit M. Littré (/oc. cit., p. 45), la fièvre, le délire, les bubons dans les lieux ordinaires, c'est-à-dire aux aines et aux aisselles, la contrée où elle régnait (Egypte, Syrie , Libye ), tout cela prouve , sans réplique, qu'il s'agit véritablement de la peste orientale, de la peste à bubons. Or, Rufus d'Éphèse vivait sous Trajan , qui régna de 98 à 117 ans après J.-G. ; les médecins Denys , Dioscoride et Posidonius lui sont antérieurs : donc il demeure établi que la peste a régné dès avant le premier siècle de l'ère chrétienne , et que dès lors // n'est plus possible d'assigner une date à la première apparition de ce fléau. »

Si maintenant on étudie , au point de vue de la chronologie et de la géographie , les différentes épidémies de peste , on arrive forcément à ces conclusions ,:

La pesle n'est point une maladie propVe à l'Egypte : si aujourd'hui elle est endémique dans cette contrée, c'est parce que la civilisation a refoulé et circonscrit dans cette partie du globe les modificateurs hygiéniques qui président au développement de la peste; mais ces modificateurs peuvent être et ont été réunis dans tous les lieux , et dans tous les lieux ils peuvent avoir et ils ont eu pour résultat de donner lieu à une épidémie pestilentielle; c'est sous leur influence, et par v< ie de propagation épidémique , et non par voie de propagation contagieuse , que la peste s'est montrée, à différentes époques, dans différentes contrées du globe.

M. Aubert s'est livré à de nombreuses recherches pour justifier cette dernière manière d'envisager l'endémicité de la peste, et nous pensons qu'il a complètement réussi {De la Prophylaxie générale de la peste; Paris, 1843).

M. Aubert montre que, de 1491 ans avant J.-G. jusqu'en 203 de notre ère, c'est-à-dire pendant mille sept cent cinquante-quatre ans, l'Egypte a été exempte de peste parce qu'elle était placée à un haut degré de civilisation et qu'elle s'occupait de l'hygiène publique et privée. Alors la civilisation entre en décadence, les mesures hygiéniques sont négligées ou abandonnées, et l'an 263 de notre ère la peste éclate à Alexandrie. Vers 356 on renonce aux embaumements, les morts sont enterrés dans les églises, sur les places publiques, dans les maisons, quelques pouces de terre à peine les recouvrent; la plus horrible malpropreté souille les maisons particulières, les rues, les cités... Et en 542 éclate une épidémie qui ravage le monde. Quelle est la part exacte d'influence qui , au milieu de toutes ces circonstances , appartient à la cessation de l'embaumement ? C'est une question de plus ou de moins qui ne mérite pas une longue discussion, et cela d'autant moins qu'une appréciation rigoureuse est impossible (voy. Pariset, mém. cit., p. 277; —

Labat, Annales de médecine physiologique, t. XXV, p. 727 ;— Burdin, Journal général de médecine, n° du 2 juin 1830; — Glot, ouvr.cit. ,p. 190-192, 212-216).

Pendant mille quatre-vingt-trois ans la Grèce ne connaît pas la peste ; dans le xvip siècle elle devient la proie des Turcs qui y portent la misère et la dévastation: la peste apparaît et y reste endémique.

En Italie la peste exerce d'horribles ravages depuis 500 ans avant J.-G. jusqu'en 300, alors que les Romains, occupés de guerres intestines ou lointaines, sont étrangers à toute civilisation ; la civilisation étrusque et grecque pénètre dans l'Italie, et les épidémies deviennent de plus en plus rares: on compte dix pestes de 500 à 400 : on n'en compte qu'une dans le siècle qui précède l'ère chrétienne. L'Italie devient la proie des Barbares, et la peste reprend son empire. On compte huit épidémies dans le xme siècle , onze dans le xive, quinze dans le xve ; mais l'Italie rentre dans la voie du progrès et y devance le reste du monde: dès lors le xvie siècle n'offre plus que neuf pestes, tandis que la maladie est à son maximum dans le reste de l'Europe; puis deux pestes dans le xvne siècle et pas une dans le xvme.

L'invasion des Barbares, en détruisant l'empire romain , fait de l'Europe un vaste foyer de peste , et celle-ci suit pas à pas la civilisation. Le xive siècle compte neuf pestes, le xve n'en compte que six, parce que les sciences et les lettres renaissent ; le xvie en compte treize , parce que le mouvement civilisateur imprimé par les croisades, l'émancipation des communes, la renaissance des lettres et des arts est arrêté par nos guerres religieuses qui ramènent les malheurs et la misère. La civilisation reprend sa marche progressive, et on compte cinq pestes dans le xvir8 siècle, une dans le xvme.Depuis 1 720 jusqu'en 1 844 la peste ne se montre plus.

Nous ne suivrons pas M. Aubert en Angleterre, en Espagne . en Allemagne ; mais nous insisterons sur les conclusions qui ressortent de son intéressant et utile travail.

Dans tous les temps, dans tous les lieux la peste a reculé et disparu devant la civilisation : elle est revenue avec la décadence et la barbarie; partout les mêmes causes ont produit les mêmes effets.

La peste, qui est aujourd'hui permanente en Orient, n'y existait pas du temps de la civilisation égyptienne, grecque et romaine, tandis qu'elle dévastait continuellement l'Europe occidentale plongée dans la barbarie. Aujourd'hui les rôles sont changés : l'Europe est délivrée du fléau , l'Orient lui est soumis. Destructeurs par excellence, les Turcs ont renversé ce qui restait de civilisation grecque et romaine , et ils ont fait du Levant un vaste foyer générateur de la peste ; foyer qui ne pourra jamais disparaître qu'avec eux.

PES

PES

La peste a été anéantie par la civilisation dans l'Orient; elle y a été ramenée par la barbarie; la civilisation seule l'anéantira de nouveau , en entendant par civilisation la réunion de l'agriculture , de l'industrie, delà science et de l'hygiène.

En étudiant les choses dans leur état actuel , on trouve les causes de l'endémicité de la peste en Egypte dans la misère , la malpropreté , les mœurs des habitants et dans la nature du pays. 11 faut lire dans le mémoire de M. Pariset la description de l'horrible désolation où, naguère encore, était plongée l'Egypte: ces populations , à peine vêtues de quelques haillons, se nourrissant de maïs et souvent d'écorces; ces repaires immondes servant d'asile commun aux hommes et aux bêtes ; ces cités infectes enterrées dans des monceaux d'immondices ; ces immenses foyers de putréfaction animale et végétale répandus dans les villes, dans les campagnes.

L'Egypte ne semble, d'ailleurs, pas avoir beaucoup changé depuis 1831. M. Aubert écrit encore en 1843: «La première chose qui frappe l'observateur, lors de son arrivée sur les cotes d'Egypte, c'est une terre basse, s'éteudant jusqu'à l'horizon, et au débarquement une population couverte de haillons , habitant une ville en ruines ; s'il est médecin , il peut déjà s'apercevoir de l'absence de toutes les lois hygiéniques. S'il quitte les bords de la mer, il traverse des marais ; s'il remonte au Caire, dans leDelta, partout, jusque dans la haute Egypte, il rencontre des eaux croupissantes, des terres sans culture et des villages ruinés. Pénètret -il dans l'intérieur des villes , il trouve des rues étroites , tortueuses. Si par sa position il parvient à se faire introduire dans les maisons , il n'y voit que misère et malpropreté : dans la construction, dans la distribution des appartements , sur les habillements et dans les aliments, partout il constatera des fautes contre l'hygiène publique et privée » (voyez aussi Hamont, Mémoire sur la peste, in Gazette des hôpitaux, n05 des 31 octobre, 1 9 et 28 novembre 1 844). 11 est incontestable, en outre, que l'humidité d'un sol bas et non accidenté, que l'élévation de la température, que les débordements du Nil, que l'abondance des pluies d'hiver (Hamont), sont autant de circonstances inhérentes à l'Egypte qui viennent encore accroître la funeste influence exercée par les foyers d'infection paludéenne, par les foyers de putréfaction animale, par les mœurs, les usages, le fatalisme des uns, la crainte de la contagion des autres , c'està-dire par toutes les causes que la volonté de l'homme et les progrès de la civilisation peuvent attaquer et détruire.

L'endémicité n'appartient pas d'ailleurs exclusivement à l'Egypte, et il nous semble impossible de contester l'exactitude des lignes suivantes que nous empruntons à M. Glot.

«La maladie est endémique sur toute la côte orientale et méridionale de la Méditerranée; mais cette endémicité n'existe pas partout au même degré Les principaux centres de développement sont l'Egypte, la Syrie et Gonstantinople. L'affection devient moins fréquente à mesure qu'on s'approche de la Grèce et de l'Adriatique d'une part; de l'autre de la Barbarie et du détroit de Gibraltar. Enfin , dans la même contrée , elle n'a pas toujours la même fréquence sur tous les points. Dans la haute Egypte l'affection est plus rare que dans la moyenne, et plus encore dans celle-ci que dans la basse. Le littora de la Syrie y est plus exposé que le Liban ou l'intérieur du pays , et les rives du Bosphore plus que le continent de la Turquie d'Europe et d'Asie» (ouvr. cité, p. 231).

Il est facile de voir que, dans tous les lieux énumérés ci-dessus , on retrouve la plus grande partie des causes d'endémicité que nous avons signalées pour l'Egypte.

Dirons-nous que quelques hommes systématiques se refusent encore à reconnaître l'endémicité de la peste? Ne suffit-il pas pour renverser cette opinion de rappeler que tous les bons observateurs déclarent avoir constamment vu , en Orient , des cas plus ou moins nombreux de peste sporadique ?

2° Épidémie. — Puisque quelques médecins ne veulent point placer la peste parmi les maladies épidémiques, nous sommes obligés de rappeler avec M. Glot (ouvr. cité, p. 225) :

1° Que la peste se montre à des époques déterminées , c'est-à-dire qu'elle apparaît à la fin de l'automne ou au commencement de l'hiver, pour finir avec le mois de juin ;

2° Que la peste est souvent précédée de changements météorologiques plus ou moins appréciables et que, souvent aussi, son apparition est annoncée par des fièvres de mauvais caractère , des varioles , des affections f uronculeuses , etc. ;

3° Que l'influence épidémique est ressentie par la généralité des individus et se manifeste par des douleurs glandulaires aux aines , aux aisselles , par de l'abattement, de la prostration, des vertiges;

4° Que la peste est bénigne ou maligne, circonscrite ou générale, sans qu'on puisse attribuer ces différences à aucune cause appréciable;

5° Que, dans son développement, sa marche, ses terminaisons , la peste présente la même physionomie que les maladies épidémiques. Les accidents sont d'abord peu nombreux , mais presque toujours suivis de mort; à mesure que le mal se propage et s'étend, ses effets sout moins meurtriers; à la fin de l'épidémie, le pronostic est presque toujours favorable;

6° Que les circonstances atmosphériques influent souvent sur le nombre des malades et la mortalité;

Page 1