‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interneChapitre 1 sur 50 · BÉCIIET JEUNE, LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

BÉCIIET JEUNE, LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE

place de l'école de médecine, 4.

AVANT-PROPOS

Parmi les ouvrages qui brillent d'un vif éclat dans les annales de l'art, il faut placer au premier rang ceux qui renferment l'exposé des doctrines médicales d'une époque. Ils sont les dépositaires des méditations profondes de ces hommes privilégiés qui, appelés par les besoins de leur siècle à présider aux grands événements de la science, inscrivent leur nom en tête de ces révolutions nécessaires. Aussi est-ce dans ces livres que l'on retrouve les formules générales qui résument toutes les connaissances acquises en une synthèse vraiment philosophique : c'est là que sont tracés les préceptes qui doivent guider le médecin dans la carrière. Mais cette synthèse est-elle assez complète pour comprendre tous les faits connus? ces doctrines sont-elles si parfaites, qu'il soit permis de les suivre aveuglément dans la pratique? Il n'en est pas une seule, parmi celles qui jouissent d'une réputation méritée, dont on puisse faire l'application exclusive au lit du malade , pas une seule qui ne doive fléchir devant l'expérience d'un praticien impartial, pas une seule qui ne soit souvent en opposition avec le traitement qui guérit. Combien de fois le médecin n'est-il pas contraint de choisir entre l'exigence de sa théorie favorite et la certitude de l'insuccès qui l'attend, s'il obéit aux suggestions de ce maître absolu ?.... Quiconque a subi ce combat intérieur avouera que la situalion est bien souvent fâcheuse et difficile : heureux quand on sort vainqueur d'une lutte où la bonne cause succombe quelquefois sous le despotisme de la théorie !

En présence de ces difficultés sans nombre , tout médecin désintéressé, qui ne voit dans l'exercice de son art qu'un seul but ; celui de guérir, reconnaîtra que si de vastes génies ne

sont pas encore parvenus à enfanter un système complet, c'est que les observations ne sont point aujourd'hui assez multipliées, et que les faits n'ont pas été envisagés sous toutes leurs faces. Les doctrines constituent des méthodes naturelles qui rapprochent les faits analogues et conduisent à des conclusions générales ; elles doivent servir de base à tout enseignement régulier : mais pour qu'une méthode soit complète, il faut que les faits dont elle est l'expression soient bien connus, et groupés suivant leurs affinités respectives. Si ces conditions manquent, la méthode est mauvaise, puisque des faits mal compris ou mal observés ne peuvent engendrer que des classifications vicieuses. Voulez-vous élever une bonne doctrine médicale ? faites que toutes les questions qui composent le domaine de la science soient envisagées sous leurs différents rapports, et par des hommes opposés dans leurs systèmes. C'est seulement à ce travail important, qui sera l'œuvre d'un effort simultané de toutes les intelligences, que vous devrez une théorie complète et définitive.

Quel siècle fut plus propre que le nôtre à la connaissance de la vérité! Partout surgit une ardeur insatiable d'apprendre; partout se fait sentir le besoin d'une observation assidue des phénomènes naturels et une aversion prononcée pour tout ce qui est hypothèse. Il est impossible de méconnaître cette heureuse tendance de notre époque qui promet à la science un avenir si brillant.

S'il est vrai qu'une doctrine ne soit que le symbole de la réforme qui se prépare depuis longtemps, s'il est démontré qu'elle ne survient jamais que comme la solution définitive des difficultés qui suspendent le progrès , ou la repré-

sentation complète de toutes les opinions, on doit affirmer qu'il n'en est aucune aujourd'hui qui puisse prétendre à ce titre.

Quel système pourrait subsister au milieu de la marche incessamment progressive des esprits ? Est-ce au moment où chacun s'isole pour étudier par lui-même, en dehors de toute influence étrangère , au moment où les intelligences, libres de toutes les entraves imposées par la théorie 5 se retranchent dans la stricte observation de la nature; est-ce au sein de cette indépendance générale , qu'une doctrine est possible? Ceux qui tenteront d'élever à notre époque un semblable monument succomberont , quel que soit leur génie , aux attaques des milliers d'observateurs qui recueillent avec une infatigable assiduité les éléments de cette vaste constitution scientifique : il n'est donné à personne de devancer son siècle , ni de deviner, au premier aperçu , ce qui préoccupe si péniblement les travailleurs les plus expérimentés.

Énumérer les opinions accréditées sur la nature , le siège , le traitement des maladies , les discuter avec conscience , avec impartialité , en laissant tenir à chacun le langage dont il s'est servi pour sa propre défense , mettre les faits en regard, afin que le lecteur puisse les apprécier dans sa pratique , tel est le but spécial du Compendium. Nous avons pensé qu'un semblable travail serait favorablement accueilli, maintenant que le triomphe exclusif de telle ou telle doctrine ne saurait avoir lieu.

Nous n'avons pas oublié que la guérison des maladies étant le dernier terme vers lequel tendent tous nos efforts, c'était surtout le côté pratique des questions médicales qu'il convenait d'envisager. L'expérience, en effet, est une dure preuve qui a fait pâlir plus d'un enseignement théorique ; mais c'est aussi le creuset où l'or se sépare du métal impur. L'homme qui a fondé sa croyance médicale sur une méditation approfondie doit appeler de tous ses vœux le jour où il pourra l'éprouver par l'exercice de son art. La science est compliquée , les opinions sont

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nombreuses et différentes : il faut prendre un

parti entre les avis contraires que l'on reçoit de part et d'autre ; et l'on ne trouve de bon guide qu'en faisant appel à la critique. Celle-ci nous a paru devoir être dénuée de toute amertume sérieuse , comme le sujet qui la commande. Pour satisfaire à cette obligation avec une scrupuleuse exactitude, nous nous sommes efforcés de mettre en parallèle les idées contradictoires, en laissant, autant que possible, à chaque auteur le soin de défendre ses opinions, et en présentant le texte même dans lequel il les a exposées. C'est ainsi que les assertions erronées tombent d'ellesmêmes, et que les vérités apparaissent dans tout leur jour.

Nous nous sommes attachés surtout à présenter les faits dépouillés de toutes considérations générales, qui souvent en imposent par le faux éclat qu'elles savent répandre sur les points obscurs de la science. Nous avons banni ces généralités philosophiques , car notre savoir n'est pas assez grand pour que les idées synthétiques qui le résument aient beaucoup de valeur. D'ailleurs nous avons pensé que ce serait rendre un vrai service à notre art , que de livrer à l'oubli ces généralités fausses et purement spéculatives. Elles entraînent trop souvent dans une mauvaise direction des esprits jeunes et heureusement doués, qui abandonnent, pour s'y livrer, la carrière peu brillante, mais fructueuse, de l'observation. Nous avons longtemps combattu pour nous soustraire nous-mêmes à ces influences fâcheuses, et nous nous estimerons heureux aujourd'hui si, par notre travail, nous épargnons à nos lecteurs le danger de ces perfides insinuations, que l'on décore trop souvent du beau titre de conceptions philosophiques.

On nous objectera sans doute qu'en procédant ainsi en dehors de toute théorie , de toute croyance, il est impossible de marcher d'un pas sur dans la voie de la pratique ; on nous opposera cet argument , tant de fois répété , que chacune de nos déterminations est inspirée par une autorité systématique , et que chacun de nous ,

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quelle que soit sa bannière , obéit à la volonté de ce maître absolu. A Dieu ne plaise que nous ayons la prétention de nier un semblable argument! Notre religion, à nous, est dans les faits et dans l'autorité qui les environne ; nous avons recueilli cet élément de notre foi scientifique partout où nous l'avons rencontré; à toutes les sources , dans toutes les langues , nous avons fait appel à toutes les théories, et c'est le vaste résumé de cette longue élucubration que nous émettons en cet ouvrage. Si le lecteur veut nous suivre dans les conclusions que nous avons posées, il se trouvera successivement l'adepte de toutes les écoles; s'il épouse l'opinion de tel ou tel, il rencontrera dans notre livre les arguments qui ont servi à l'appuyer. Notre livre est le livre de tous , chaque parti s'y trouve représenté , défendu, attaqué : quant à la conclusion de cette lutte active , nous laissons au temps le soin de la porter.

Indiquons en quelques mots le plan que nous avons suivi dans ce travail. De tant de matériaux importants , la mémoire la plus heureuse ne saurait rien extraire, si la méthode, qui doit présider à tout bon enseignement , ne lui venait en aide. Nous avons profondément senti la justesse de cette considération , et c'est dans le but d'y satisfaire avec exactitude , que nous avons arrêté pour la rédaction du Compendium les dispositions suivantes :

1° Exposer les faits dans l'ordre alphabétique, en les rattachant à une dénomination généralement usitée;

2° Multiplier convenablement les types pathologiques , afin d'en présenter les caractères en un article peu volumineux ;

3° Soumettre l'histoire de chaque maladie à des divisions nombreuses arrangées méthodiquement;

4° Adopter le même ordre d'exposition pour tous les cadres nosologiques.

En agissant ainsi nous espérons atteindre le but, faciliter particulièrement les recherches précipitées, et faire que le lecteur puisse sans

peine rencontrer le sujet qui préoccupe son intelligence.

Après avoir longtemps médité sur les diverses classifications proposées jusqu'à nos jours par les auteurs et les professeurs de pathologie , nous avons cru devoir ranger sous les titres qui suivent tout ce qui constitue l'histoire d'une maladie.

Étymologie grecque, latine, etc. — Dénominations françaises et étrangères. — Synonymie suivant l'ordre chronologique. — Définition. — Divisions. —Altérations pathologiques. — Symptomatologie. — Marche ou cours de la maladie.

— Durée. — Terminaisons. — Convalescence.

— Phénomènes consécutifs. — Rechules et Récidives. — Description des espèces et variétés.

— Complications essentielles, accidentelles.— Diagnostic. — Pronostic. — Étiologie. — Traitement.—Nature et classification dans les cadres nosologiques. — Historique, et Bibliographie.

Nous avons insisté particulièrement sur la synonymie des maladies. Ce travail est généralement négligé dans les livres français. La synonymie n'est pas un vain luxe , un étalage inutile de connaissances scientifiques : elle aide puissamment les recherches que chaque jour un médecin consciencieux est obligé de faire; elle établit des rapprochements qui, sans elle, lui resteraient inconnus ; enfin elle peut prévenir plus d'une erreur qui parfois ne porte que sur les mots.

Présenter la caractéristique d'un terme de pathologie n'est pas toujours une tâche facile; les discussions les plus vives n'ont eu souvent d'autre origine que la connaissance imparfaite de la valeur d'un mot. Nous avons cherché à rectifier, autant qu'il était en nous, le vocabulaire médical , et dans les cas difficiles , avant de nous prononcer , nous avons invoqué les opinions des principaux auteurs sur ce point important.

En plaçant en tête de chaque article la division du sujet dont il traite , nous avons eu l'intention d'exposer dans un cadre restreint les diverses formes qu'il revêt , pour que le lecteur

pût apprécier d'un seul coup d'ceil l'importance de la question qui lui est soumise.

Nous avons suivi la marche adoptée par plusieurs nosologistes qui commencent la description d'une maladie par l'étude de ses lésions anatomiques. Ne sont-elles pas bien souvent la source de nos connaissances les plus précises en pathologie? Aussi nous avons pensé que, pour procéder avec logique, il était indispensable de passer successivement de ce qui est bien connu à ce qui l'est moins.

La convalescence de certaines affections nous a paru digne d'une attention toute spéciale : on n'attache pas assez de prix , dans les livres classiques , à l'étude du déclin des maladies ; et cependant l'homme de pratique n'ignore pas que c'est contre cet écueil que viennent se briser les efforts tardifs d'une médication trop tôt suspendue.

Il arrive que des phénomènes consécutifs, plus dangereux que la maladie même qui les a fait naître, ne sont que le résultat d'une thérapeutique vicieuse, ou fondée sur une connaissance imparfaite du mal. Cette considération nous a fait entrer dans quelques détails touchant ce point pratique de pathologie.

Une foule d'affections , qui ont cédé à un traitement heureux , sont sujettes à reparaître, plus graves et plus opiniâtres qu'elles n'étaient auparavant : dès lors le médecin doit s'efforcer de les prévenir par les conseils que lui suggère une longue expérience ; nous avons jugé nécessaire de les exposer avec soin.

C'est surtout au lit du malade que l'on reconnaît l'utilité de l'étude des espèces et variétés. Ne faut-il pas modifier la thérapeutique suivant les degrés du mal? n'est-on pas obligé chaque jour de satisfaire à quelques indications de traitement que commandent certaines variétés? Un ouvrage comme celui que nous entreprenons devait comprendre des faits de cette nature.

Combien de difficultés disparaîtraient de l'exercice de notre art , si les maladies ne s'offraient jamais que dégagées de complications ;

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la médecine serait alors simple comme les phénomènes qu'elle aurait à dissiper. Il n'en est pas malheureusement ainsi, et, pour être bon médecin , il est indispensable d'attacher incessamment le plus grand soin à la recherche des complications qui peuvent survenir. Nous avons voulu être de quelque secours en un semblable travail.

II y a longtemps qu'on a reconnu la nécessité d'un bon diagnostic ; nous ne sommes plus à l'époque où il semblait permis de faire la médecine aveuglément ; les méthodes d'observation sont aujourd'hui admirablement perfectionnées. Il a fallu que nous exposions les immenses conquêtes que les écoles modernes ont faites à cet égard.

La fortune du médecin repose sur la certitude du jugement qu'il porte touchant la marche, la durée , les terminaisons du mal pour lequel il est consulté : on a négligé beaucoup trop de nos jours cette étude importante. Nous serions heureux si , par l'attention que nous y avons portée, nous appelions sur cette matière de nouveaux documents.

Que dire au sujet de ces influences qui déterminent tant de maux cruels? Ne sait-on pas qu'elles ont été le motif de la méditation des pathologistes les plus distingués; et, de notre temps, les luttes animées qui ont retenti dans le sanctuaire de la science n'ont-elles pas été causées par les questions ardues qui s'y rattachent ? Témoins assidus de ce spectacle imposant, nous ne pouvions moins faire que d'en retracer fidèlement le récit.

Il ne faut pas borner uniquement la thérapeutique à l'emploi des agents médicamenteux que nous fournit la nature : l'hygiène nous offre dans ses préceptes de nombreuses applications qu'il convient de faire au traitement des maladies. Diriger avec discernement l'action des modificateurs qui nous environnent , dans le but de prévenir le mal , n'est-ce pas la fin vers laquelle doivent tendre les efforts de tous les médecins? En traçant l'histoire des moyens de gué-

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rîson qui conviennent à chaque cas pathologique, nous avons dû rattacher à la connaissance des indications l'exposé des divers modes de traitement usités , et y joindre l'énumération des formules nombreuses qui se trouvent disséminées dans une foule de traités épars.

La forme de dictionnaire, que nous avons adoptée, nous imposait le devoir d'insister sur les classifications nosologiques qui ont été introduites dans la science : aussi avons-nous réservé à cette étude un paragraphe séparé.

Suivant nous , on ne doit point se borner, dans une revue bibliographique, à signaler le titre de chaque ouvrage qui a été entrepris sur un sujet donné; il convient de pousser plus loin cette investigation, déjuger la valeur du livre que l'on cite, de signaler en quoi il a concouru à la marche de la science. Ce travail a été généralement négligé. Nous l'avons entrepris avec courage, et nous espérons trouver quelque compensation à la peine qu'il nous a fallu prendre si , par ces recherches, nous initions le lecteur à la connaissance des monuments précieux qui enrichissent les archives de la médecine. Nous ne pouvions pas, en parcourant cette carrière, tenir compte de tant de dissertations sans importance dont les citateurs ne manquent pas de donner le titre , lors même qu'ils en ignorent le contenu. Nous osons croire qu'on ne nous saura pas mauvais gré d'avoir omis de faire une énumération si superflue.

Nous avons caractérisé notre livre ; nous avons indiqué le but vers lequel il tend , les moyens dont il use , les besoins qu'il doit satisfaire ; il nous sera permis de dire un mot des auteurs du Compendium : on est en possession de cette prérogative lorsque l'on rédige une préface.

Sans doute jugera-t-on défavorablement l'ouvrage , si l'on trouve inscrits à son titre deux noms d'auteurs : «Comment, se dira-t-on, d'une semblable association peut-il surgir un travail régulier , une pensée unique et simple ? Arrive-t-il jamais que deux écrivains soient animés

du même esprit, qu'ils saisissent les faits sous un même point de vue , qu'ils obtiennent des conséquences identiques ? Et s'il n'en peut être ainsi , cet ouvrage ne manquera-t-il pas de l'unité qui doit lui constituer quelque valeur ? » Nous reconnaissons parfaitement qu'une œuvre d'imagination ne puisse être dictée que par une seule intelligence ; nous comprenons bien que l'exposition d'une doctrine ne puisse être faite que par la même plume ; nous voyons tous les jours que pour certains travaux qui demandent une tournure d'esprit toute particulière , il ne faut qu'une seule pensée : mais pour une œuvre semblable à la nôtre, qui exige des recherches nombreuses et pénibles, nous avons senti que l'association de deux activités était nécessaire : et, jusqu'à ce jour, nous n'avons eu qu'à nous applaudir de l'union que nous avons formée. Depuis longtemps nous avons su combiner nos efforts, nous avons parcouru la même carrière, éprouvé les mêmes embarras, surmonté les mêmes difficultés : nous sommes du même temps, de la même école, il est naturel que nous ayons la même pensée. A notre entrée dans la carrière, nous avons compris qu'avec un travail assidu et consciencieux , nous pouvions rendre un service à ceux qui nous ont succédé sur les bancs , éclairer nos anciens condisciples sur les embarras de la pratique; et , consultant peut-être plutôt notre zèle que nos forces, nous paraissons au grand jour avec la qualité d'auteurs.

Le fardeau que nous avons recherché est lourd à supporter; c'est un inventaire immense que celui que nous consentons à publier ; renfermer dans le cadre qui nous est donné les faits innombrables qui composent le domaine étendu de la pathologie interne , n'est-ce pas une tâche qui a effrayé plus d'un savant médecin? Si nous cherchons à la remplir, c'est que nous trouvons un appui dans les travaux de ceux qui nous ont précédés. Aussi, simples historiens, nous sommes loin de nous rendre garants de toutes les assertions contenues dans notre livre. Nos critiques n'auront guère à attaquer que sa forme; car

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nous rendons à chacun , autant par devoir que pour diminuer notre responsabilité, la part qu'il peut avoir prise à notre Compendium. Et puis, avant son apparition , ce contrôle était déjà fait minutieusement; désireux de mériter l'approbation du public, nous avons toujours livré à une discussion approfondie la teneur de chacun des articles de cet ouvrage.

Nous avons rencontré, dans notre position particulière, des avantages nombreux que nous mettons à profit pour la rédaction du Compendium. L'un de nous est appelé, par ses fonctions, à suivre chaque jour, au sein d'un hôpital spécialement consacré à l'enseignement , les savantes leçons d'un des professeurs les plus distingués de la faculté de Paris. Là il se forme à connaître par quels moyens on peut aplanir les difficultés de la science; il puise encore, dans ses entretiens avec les étudiants, des avis utiles qui peuvent diriger dans l'instruction de la jeunesse. L'autre, libre de tout engagement , et maître de son temps, recueille dans les divers hôpitaux de

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