PROPOS
notre immense capitale les documents précieux qui doivent enrichir un ouvrage nouveau , et associe à notre œuvre les médecins les plus recommandables , en tenant compte chaque jour des faits nombreux qu'ils observent et commentent.
N'ayant d'autre désir que de connaître la vérité , de servir la science ; et de sacrifier à ses progrès, nous n'hésitons pas, en terminant cet Avant-propos, à faire appel aux lumières des médecins qui voudront bien nous éclairer de leurs conseils. Les uns, entièrement adonnés à la pratique, savent quels écueils nombreux nous attendent dans l'exercice de l'art , par leur expérience , ils connaissent les préceptes qui conduisent à les éviter; les autres, qui cultivent la science avec ardeur, et fouillent comme nous dans les annales de la médecine, doivent nécessairement être servis par ces découvertes imprévues qui charment tant l'érudit dans ses travaux : à tous nous demandons des avis et les éclaircissements de la critique.
Ce 1er novembre 1836.
Louis DELABERGE, Edouard MONNERET.
COMPENDÏIJ
DE
xMÉDECINE PRATIOU
ou
DES TRAVAUX CONTENUS DANS LES PRINCIPAUX TRAITÉS DE PATHOLOGIE INTERNE.
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ABATTEMENT. — f'oy. Adynauie , Asthénie.) AB-IRRITATION. — {Voy. Irritation.) ACCÈS, s. in. On a donné à ce mot des acceptions différentes ; tantôt on s'en est servi pour désigner la réapparition de la même maladie après un temps plus ou moins long : c'est en ce sens qu'on nomme accès le retour de l'épilepsie, de l'hystérie, de la goutte, du rhumatisme; tantôt les symptômes d'une même maladie , disparaissant pendant quelques heures ou quelques jours pour revenir ensuite, on a encore dit qu'il y avait accès : les retours de fièvre intermittente quotidienne, tierce, quarte, etc., sont des accès. Il y a accès, pour certains auteurs, lorsque la maladie étant continue, les phénomènes qui la constituent deviennent plus intenses par intervalle ; on doit réserver le nom de paroxysme, d'exacerbations ou de redoublement, à cet accroissement momentané des symptômes, et en particulier de la fièvre, qui survient dans certaines affections à type rémittent. On peut considérer les accès comme étant la réapparition de la même maladie, ou comme formant à eux seuls une maladie distincte; dans ce dernier cas, chaque accès serait la maladie complète, tandis que dans l'autre elle ne serait qu'une partie de l'affection intermittente {Voy. Fièvre intermittente et Intermittence).
ACÉPHALOCYSTE , s. f. , formée de xuraç, vessie, ày.ecpaÀ7], sans tête. Ce nom a été donné, en 1804, par Laennec à un nouveau genre de vers vésiculaires , longtemps confondu avec d'autres espèces.
Dénomination française et étrangère. — Hydatide globuleuse, sphéroïdale, en grappe; hydatide des viscères; kyste, ver vésiculaire , social, solitaire, multiple; vers hydatiques; petites vessies, vessies libres et sans adhérence; taenia hydatigène; échinecoque de l'homme; môle vésiculaire; polycéphale de
l'homme. Fr. — kuorisç trompai, jutons. Gr. — Hydatidis globosa, visceralis, pendula; hydra-hydatula; vermis vesicularis; taenia hydatigenes, globosa, visceralis ; vermis vesicularis tœnise formis ; echinococcus hominis; polycephalus hominis. Lat. — Fischiosoma polycephalo ; fina idatoide. Ital. — Hydatida , acephalocysta. Angl. — Der hûlsemwurm , der menschenvielkopf. Ail.
Synonymie d'après les auteurs. — Kucrrïé; aiujtpat, pusilla crebra, Arétée. — Vermis vesicularis, Hartmann. — Taenia hydatigenes , Pallas. — Taenia globosa et visceralis, Gmelin et Mougeot. — Vers vésiculaires imparfaits, Goeze. — Tasnia visceralis socialis granulosa, Goeze. — Polycephalus humanus et polycephalus echinococcus , Zeder. — Echinococcus hominis, Rudolphi et Bremser. — Échinocoque de l'homme , Lainark. — Fischiosomi , eremiti , sociali , et fina idatoide , Brera. — Der menschenvielkopf , Joerdens.
Définition. — Nous appellerons acéphalocystes les vers vésiculaires, consistant en une simple vessie sphérique ou ovoïde, remplie de liquide plus ou moins transparente , sans corps ni tête , et libre de toute adhérence.
Description générale. — Il est difficile de donner une description qui s'applique à toutes les acéphalocystes que l'on rencontre chez l'homme. La coloration , le nombre , le volume, établissent entre elles de si grandes différences, que certains auteurs les ont regardées comme formées d'espèces distinctes. Cherchons cependant à saisir les caractères communs que l'on retrouve le plus ordinairement.
Elles sont toutes renfermées dans une poche d'un tissu très-ferme, fibreux, d'une épaisseur assez souvent inégale, et que l'on connaît sous le nom àe kyste.
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Elles peuvent être réunies en grand nombre dans cette poche; quelquefois cependant chaque ver a son kyste particulier.
Les acéphalocystes ne contractent aucune adhérence avec les parois du kyste; libres et flottantes dans sa cavité, où existe presque toujours un liquide, elles ressemblent assez bien à des globes de verre un peu opaque et d'un blanc laiteux ; elles sont rarement claires et transparentes comme le cristal ; une teinte blanchâtre et nuageuse en altère presque toujours la limpidité. Les colorations différentes que nous signalerons plus loin tiennent surtout à l'enveloppe et aux corpuscules de forme et de grosseur variables, insérés sur sa surface, soit intérieure, soit extérieure. Enfin le défaut de transparence peut dépendre des détritus membraneux qui nagent dans le liquide.
Lorsqu'on fait rouler des acéphalocystes sur un plan uni, on voit qu'elles se comportent comme le ferait une masse de gélatine enfermée dans une membrane. Toutes leurs molécules s'ébranlent, agitées d'un mouvement ondulatoire ; elles rebondissent à la manière des corps médiocrement élastiques. Quand on les place dans l'eau, elles gagnent le fond; mais la différence qui existe entre la pesanteur spécifique du liquide et celle des acéphalocystes doit être bien petite , puisque par une légère agitation celles-ci tendent à remonter à la surface. Nous ne pouvons rien dire de plus général sur les acéphalocystes; toutefois, comme cette description ne suffirait pas pour les faire reconnaître dans toutes les formes qu'elles peuvent affecter , nous allons entrer dans les détails qu'exige ce vaste sujet.
Siège des acéphalocystes. — Elles se forment dans tous les organes et dans tous les tissus , excepté dans les cavités naturelles ; si on en a vu quelquefois sortir de ces cavités, c'est à la suite de la rupture du kyste qui les renfermait. On lit dans le Mémoire de Laennec sur les vésiculaires {Bull, de la Fac. de méd. de Paris, \ 805), qu'une jeune fille rendit par les narines des vésicules encore intactes et leurs débris membraneux. On a aussi trouvé ces kystes au milieu de la bile et de la vésicule biliaire ; mais dans tous ces cas les acéphalocystes provenaient d'un autre organe. M. Gruveilhier pense qu'elles peuvent se développer partout où existe du tissu cellulaire ; on les rencontre dans le poumon, le foie, le cerveau, le tissu cellulaire extérieur au péritoine , les épiploons , les intestins , les reins , les ovaires , la matrice , les parois du ventre, le cou, les épaules, le poignet, les membres inférieurs. Faut-il regarder comme des acéphalocystes les petits corps qui se montrent au sein des articulalions et du poignet en particulier? Ils se distinguent par leurs caractères extérieurs , leur forme, la texture de leurs membranes , des acéphalocystes, et nous se-
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rions tentés d'élever quelque doute sur leur animalité ; ils ont beaucoup plus d'analogie avec les bourses muqueuses accidentelles.
Divisions. — 11 faut considérer dans les acéphalocystes étudiées d'une manière générale : A. leur membrane propre; B. le liquide qu'elles renferment; C. le kyste dans ses rapports avec les organes environnants et avec les acéphalocystes ; D. les altérations que peuvent subir ces différentes parties. Nous chercherons encore : E. si l'acéphalocyste peut être considérée comme jouissant de la vie; F. les causes de son développement; G. la durée de son existence ; H. les symptômes qui annoncent sa présence ; I. la terminaison ; J. le pronostic ; K. le traitement; L. enfin les variétés et les espèces que l'on a admises ; M. les moyens de la reconnaître et de la distinguer des différentes vésicules morbifiques ou vers vésiculaires confondus avec elle ; N. classification historique et bibliographie.