ACTE QUATRIÈME
A lui?
Écrivez !...
I.e fils se souvient des derniers moments de sa mère... Ma mère est morte ensevelie sous les débris de sa maison en flammes, et ce sont les mercenaires de cet homme qui y ont mis le feu !
GASTON
Voufe refusez?
Je couperais ma main, si elle pouvait consentir à celte lâcheté!
GASTON
11 n’est pas responsable de votre malheur.
Il était présent !... Vous avez le secret de toute ma haine... Le fils ne suppliera pas le meurtrier de sa mère.
GASTON
Je ne veux pas que vous vous perdiez. Des révélations peuvent vous sauver!
Les Guillery n’ont pas de ces échappées devant la mort; je vous ai fait une guerre de partisans qui ressemblait à une guerre de bandits, je le veux bien; nos représailles étaient presque des cruautés, j’v consens; mais, vive Dieu! j’étais un homme, non un lâche ; un soldat, non un voleur ; je ne vidais pas les poches, je pillais les villes; vos gros sous m’étaient sacrés, si vos forteresses me tentaient. J’élevais le pillage, enfin, jusqu’à la conquête, la tuerie jusqu’à la gloire. Je vous dis tout cela, monsieur, pour vous faire comprendre qu’entre notre ancien chef, le duc de Lorraine, et moi, la différence n’est pas grande : il commandait, en Allemagne, à quarante mille hommes, et moi, en Bretagne, à trois mille, voilà tout. J’ajouterai enfin que nous sommes gentilshommes, de sang breton, nés Guillery; et que nous sommes tous, de
celte môme couvre de faucons qu’il faut écraser ou respecter!... Ceci dit, continuez.
GASTON
Des révélations seules peuvent vous sauver; votre liberté n’est possible qu’à ce prix !
Vous l’ai-je demandée?
GASTON
La mort n’est rien, mais l’infamie du supplice?...
GUILLERY, se dominant.
N’aurai-je pas la tête tranchée?
GASTON
Non.
Ah!.*. Je serai pen.du?...
GASTON
Pas même cela!
Roué?... A merveille... On traite un chef de partisans comme un chef de voleurs : l’avenir jugera.
GASTON
En attendant, vivez.
Çà! pourquoi, tout d’un coup, préférez-vous la'tôte de mes compagnons à la mienne, qu’on disait seule redoutable?... quel intérêt avez-vous donc à me sauver?... Mademoiselle de
Penhoël vous aurait-elle demandé ma grâce ?...
GASTON
Pourquoi l’aurait-elle fait ?
Qui sait, elle a peut-être exagéré le service que je lui ai rendu?...