ACTE PREMIER
Vous avez dû y rencontrer la duchesse de Chaulnes?
GOBÉUS.
J’ai eu cet honneur, monsieur le comte. Elle vous attend avec impatience.
CASTON, à pari.
Il faut encore la ménager, (a Gobéus, apré» avoir regardé autour de
lui.) Eh bien, est-ce fait?
COBËUS.
Ce sera prêt demain soir. L’écriture est difficile à imiter.
Hein !
ROBERT, dans l'arbre; à part.
Demain?
CASTON.
GOBÉUS.
( Il écoule.)
Nous ne sommes pas en retard, monsieur le comte : mademoiselle Blanche de Penhoël est née le 1 6 novembre 1 584, nous sommes au 14 novembre 1604, vous avez donc quarante-huit heures, vous voyez, pour lui remettre da lettre que le comte de Penhoël, son père, vous a confiée en mourant, ou celle par laquelle nous la remplaçons; car, si je vous ai bien compris, pour exécuter la volonté du mort, la chose ne peut même se faire que le jour où mademoiselle de Penhoël accomplirait sa vingtième année?
C’est vrai. Mais qu’est-ce que ce bruit?
fcOBÉUS, regardant.
Un cavalier qui met pied àterre.
Mon écuyer!...
GASTON, regardant.
(L'Écuyer arrive.)
- L’ÉCUYER, à Gq>len, rv lui remettant nn pli.
Un message pressé venant de Paris.
GASTON, ouvrant lo message, à part, avec satisfaction.
De monsieur de Sully! (lî«3m.)« Je vous envoie votre brevet de » lieutenant-colonel et l’ordre de lever de nouvelles recrues.
» Quant à la lieutenance de roi en Bretagne, vous l’obtiendrez » en épousant mademoiselle de Penhoël.» (a iui-mème.) Blanche !... ali ! comme je l’aimerai pour m’excuser à mes propres yeux de l’avoir un instant recherchée et désirée par ambition. (Li ant.) « Mais ne vaut-il pas mieux justifier celte faveur par un nou- » veau service rendu ou Roi ? » (a lui-même.) Voyons ! (Lisant.) « Les » Guillery, de jour en jour, deviennent plus dangereux et plus » menaçants. Ils ont douze cents hommes sur la frontière du » Poitou ; cilfe[ escadrons faisant sept cents hommes effectifs » aux environs de Rennes; plus, leur château fort des Guillery » et la ferme du Ravin. Voyez à les soumettre. Je vous envoie » par le courrier la somme nécessaire à la formation de nou- » velles compagnies de troupes réglées. Ce étant, bonne » chance, et Dieu vous garde! » (a l’Écuyer.) C’est bien! (L’Écnyer s'éloigne.) Vive Dieu! messieurs les rebelles, si vous tenez à vos tètes, je tiens à ma lieutenance, moi, prenez garde! (a Gobéu«.) Mademoiselle de Penhoël sera ce soir à Rennes.