SCÈNE II
GUILLERY, les Bourceois, GOBÉUS, GUILLAUME.
GOBÉUS, élevant la voix.
Oui, j’ai fait une hécatombe de Guillery!... J’en ai pendu, trois en effigie... Le premier à une vraie potence, avec son abominable nom de Guillery écrit en lettres longues de ça... (n montre sa main.) Le deuxième à un arbre ; et le troisième à la vieille tour, au-dessous des gargouilles, avec des lettres majuscules de CetlC pOUSSée... (il montre son bras. ) Ah 1 je suis ainsi, moi... quand le courage me vient, ça monte, ça monte, ça monte!... (Leur serrant la main.) Mes amis, je SUÎS COIltent de moi.
OUILLE R Y, raillant.
Et moi aussi, père Gobéus, et moi aussi je suis content de vous.
- GOBÉUS.
Vous êtes trop bon, mon cavalier.
Ah! vous avez tant écrit que ça... mais qui donc vous payera vos écritures?...
GOBÉUS.
Personne... J’ai travaillé pour la gloire... (aux au:re».) Mes amis, je vais mettre un peu d’ordre chez moi, maintenant...
KÉROUEC.
Vous ne ferez pas mal de recaler votre échoppe, papa Gobéus... elle a failli être tout à l’heure emportée par un coup de vent.
GOBÉUS, s'en allant.
B^, bon... elle est scellée au mur par une chaîne, et cette chaîne est solide.
(Il «a poser les volets de son échoppe, puis rcalrc chei lui et allume sa chandelle, dont on aperçoit la lumière à travers les fenlcs.)
KÉROUEC, au sccoud Bourgeois.
Allons voir ce qu’on dit par là.
( Ils s'éloignent.)
GUILLAUME, has, à Guillery.
Je vais rejoindre nos hommes, (lc letenant.) Àh 1... ce Gobéus est très-dévoué auxJussac; au comte en particulier; celte affection peut lui tenir lieu de courage au besoin. Voilà ce que ces bourgeois se disaient tout à l’heure entre eux. Fais-en ton profit
Le comte.
GUILLERY, montianl Gtslon qui arrive.
(Ils se mettent i l'écart.)