‹ Compère Guillery drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 45 sur 121 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

BLANCHE, ANGELETTE.

B I. ANCHE, à part.

Me marier! (t Angelette.) Angelette, ne m’as-tu pas dit que lu avais passé dans la forêt de Rennes quelques heures avant mol et que tu avais rencontré un capitaine?

ANGELETTE.

Oui, mademoiselle, lé capitaine Guillefort.

BLANC H Kj à psi t*

Il se nomme Guillemin, lui.

ANGELETTE.

Il est bien facile à reconnaître : il est grand, bien fait, la lèvre moqueuse, de belles dents, et des cheveux noirs abondants roulés sous son feutre. Il aurait l’air d’un prince, s’il ne laissait pas traîner sa rapière sur ses talons comme un joujou.

BLANCHE, à paît.

Ce portrait lui ressemblerait... (mut.) Use nomme Guillefort?

ANGELETTE.

Comme moi, Angelette. C’est sans doute lui qui vous a protégée. Il est bon comme du bon pain... (niant.) Et il est si

drôle!... Un jour... — ce jour-là il pleuvait, — nous ôtions entrés dans la logelle du pastour. Le vent sifflait si fort, que le plancher de la logelle en remuait sous mes pieds... Je regardai. « Bon, dis-je, une trappe !... » Et lui de soulever la trappe.

« Ron, dis-je, un escalier!... » Et lui de le descendre comme s’il ne menait pas à la Citerne aux Loups... On appelle cette citerne ainsi, parce que des loups ont une fois dévoré un enfant dans les environs. Enfin, il descend!... et le voilà qui m’ap- » pelle !... « Ali ! que non ! répondis-je. » Et le voilà qui remonte, me prend dans scs liras, et redescend quatre à quatre pour me faire voir qu'il n’v avait pas de danger !... Je ne voulais pas y croire, de façon que je me cramponnai à son cou en criant comme une folle... et que lui, il m’embrassait comme un fou !... Voilà comment je l’ai connu, ce capitaine, et comment j’ai su qu’il se nommait Guillcfovt !

[ Eiilrc Goljous précipitamment.)

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