ACTE QUATRIÈME
j’ai suivi en sauvant le chevalier d’Orbigny, et vous, en délivrant le marquis de Monleuil.
GASTON
En vérité, duchesse, je ne comprends pas bien quel intérêt...
Une idée de femme... J’ai attaché mon bonheur à la délivrance de ce -mal heureux.
GASTON, se levant.
Vous me le dites, je vous crois, duchesse... mais, vraiment, c’est impossible !
LA DUCHESSE
Comte...
GASTON
Cet homme devrait être fusillé à cette heure. Le retard que le lieutenant général a apporté à son supplice est déjà un tort. J’ai juré sa perte, il périra.
LA DUCHESSE, se levant.
Ah ! prenez garde, comte ; moi qui vous connais, je sens dans vos paroles moins le sentiment de la justice que l’expression de la haine.
GASTON
Eh bien, oui, je le haisl
LA DUCHESSE
Vous ne lui faites pas l’honneur, je suppose, de le haïr comme un rival ?
GASTON, tressaillant.
Un rival?...
LA DUCHESSE
Pas dans mon cœur, vous n’en avez jamais eu et n’en aurez jamais!
GASTON
Vous ne parlez pas de mademoiselle de Pcnhoël?...
LA DUCHESSE
Pourquoi commettrais-je cette maladresse quand la rumeur publique s’explique pour moi?
GASTON
Mademoiselle de Pcnlioël, après tout, n’est pas responsable de l’insolence...
LA DUCHESSE
On vous croirait jaloux !...
GASTON
Je suis- jaloux de l’honneur de la femme qui doit porter mon nom.
LA DUCHESSE
Et que vous n’épousez que par ambition... vous me l’avez dit, du moins?
GASTON
Madame la duchesse, je vous ai trompée.
LA DUCHESSE
Ahl... et dans quel but?
GASTON
Je me trompais moi-même. Enfin, que j’aie ou non recherché mademoiselle de Pcnhoël par calcul, mou cœur seul me rapproche d’elle maintenant : je l’aime !... J’avais besoin de vous en faire l’aveu pour me relever à mes propres yeux dans votre estime.
LA DUCHESSE
A merveille ! Moi aussi, je veux être franche avec vous : lisez.
(Elle loi donne le papier. )
GASTON , avec nnc certaine crainte.
Qu’est-ce que cela?
Voyez...
LA DUCnESSE.