GUILLERY, LE GEOLIER
(Au lever du rideau, Cuiller; est assis sur son lit. On entend clouer; puis entre Kéroucc, geôlier; il porte une botte de paille qu'il pose prés du lit; il regarde Guiller; et, le voyant silencieux, il se relire après l'avoir de uouveau regardé.)
GUILLERY, seul.
Ce geôlier a parfois un drôle d’air en me regardant. (Examinant le lit de paille.) Eh ! bon Dieu! que de fois me suis-je endormi les pieds dans l’herbe et la tâte posée sur une pierre I
(Se couchant.) Voilà !... (il s’arrange pour dormir. On entend clouer.) Encore!... (So meltant sur ton séant et écoutant.) Toujours!... Condamné, c’est bien... Exécuté, c’est moins bien... Mais ce qu’il y a d’irritant et d’absurde, c’est d’entendre ainsi clouer éternellement sous ses talons, (sci.Y.m.) C’est intolérable!... Je sais bien que si je disais poliment au geôlier : Monsieur le geôlier, qu’est-ce donc qu’on cloue ainsi avec acharnement?... il me répondrait : Monsieur de Guillery, c’est votre échafaud qu’on prépare... Belle conclusion, pour un homme qui n’a pas encore dormi!... Ah! le sommeil!... On oublie en dormant... et j’ai besoin d’oublier... non pas ma vie, non pas la mort, mais elle!... c’est-à-dire un rêve, à peine une espérance, une chimère, un mot...
( Le Geôlier entre.)
LE GEOLIER, & Cuiller;.
Le moine viendra.
(il son.)
GUILLERY, retombant dans sj rêverie.
Oui, un mot... Un mot qu’elle m’a jeté en passant, et qui