EXPERIENCES SUR LES PROUES
Les déplacements intérieurs qui se manifestent dans une masse solide soimoise à Taction d un poinçon ont été rendus encore plus manifestes dans une série d'expériences destinées à constater spécialement la déformation d'une partie géométrique du solide poinçonné.
Pour nous rendre compte des déplacements déterminés, dans ce solide partiel, par le poinçonnage, nous avons inséré dans le bloc, aous la tête du poinçon, des portions de sphères ou des cylindres de même nature que le bloc à poinçonner, dans l'espérance de retrouver, tant dans la débouchure que dans le bloc lui-même, les transformées des surfaces de séparation primitives, que nous ajustions toujours avec le plus grand soin.
Les expériences les plus décisives sont celles dans lesquelles le solide inséré avait la forme d'une demi-sphère dû même diamètre que le poinçon.
Si cette calotte hémisphérique avait, sans changement de forme, traversé le bloc de part en part, et s'était par conséquent retrouvée, avec ses conditions primitives, dans la débouchure, il aurait fallu admettre que, transportée ainsi d'une seule pièce au travers du bloc, elle aurait pu être considérée comme une sorte de proue précédant le poinçon pendant son mouvement et restant constamment avec lui en complète solidarité.
L'expérience prouve qu'il n'en est pas ainsi; l'hémisphère s'aplatit notablement, en conservant la forme d'une calotte sphérique ; on la retrouve sous cette forme à la partie supérieiu^e de la débouchure. Pour que cette déformation ait pu se produire, il fallait nécessairement qu'une partie de la matière appartenant au solideprimitif eût été chassée latéralement, sous l'influence des pressions déterminées par l'application du poinçon.
La matière ainsi éliminée se retrouve, en effet, dans le bloc
Poinçonnage des métaux. 7
percé, sous forme d'un tube d^épaisseur variable, déposé à Tintérieur du bloc et dont les coupes, faites après le poinçonnage terminé, permettent de reconnaître la disposition et là grande régularité.
Les indications fournies par ces coupes complètent, en la précisant , la connaissance des déformations déterminées par le poinçonnage. Elles en sont pour ainsi dire une autre expression plus directe et plus décisive, mais que Ton aurait pu prévoir cependant d'après les premiers fails observés.
Le tube déposé sur la paroi intérieure du trou du poinçonnage a une très-petite épaisseur vers le haut et vers le bas du bloc, et son épaisseur la plus grande correspond à une hauteur intermédiaire, à laquelle, comme nous le verrons ultérieurement, il a fallu développer la pression la plus considérable. Sans quil ait été nécessaire de multiplier davantage les expériences relatives à la formation des proues dans les opérations de poinçonnage, il est curieux de voir comment le travail des métaux conduit encore sur ce point à élucider des phénomènes entrevus, plutôt que démontrés, en ce qui concerne les liquides. En présence de ces résuhats, il est manifeste que, pour les métaux, le frottement de la matière sur 4e poinçon doit exercer une certaine influence. La partie de la surface supérieure du bloc qui était tout d'abord en contact avec ce poinçon y est restée adhérente, et son immobilité relative a retenu auprès d'elle , jusqu'à une certaine distance , les molécules voisines, qui ont été ainsi immobilisées, en quelque sorte, par le voisinage de la paroi du poinçon.
11 en est sans doute de même pour les proues liquides; les unes et les autres resteraient constantes, si le mobile traversait une masse indéfinie dans les mêmes conditions de pression et de vitesse; mais elles varient évidemment sous l'influence des variations de ces conditions.
Les expériences sur les proues. ont toutes été faites sur des blocs cyhndriques, avec les poinçons de o",020 à o"*,o5o de diamètre.
11 janvier i865.
POINÇONNAGE D'UN BLOC DE PLOMB DE 0",o65 DE HADTEUR PAR LE
POINÇON DE o^.oao, pbécédé d'One calotte hémisphériqde de