‹ Complément au Mémoire sur l'écoulement des corps solidesChapitre 57 sur 146 · POINÇONNAGE DU SABLE · texte numérisé non relu

POINÇONNAGE DU SABLE

Nous comprendrons, parmi les expériences complémentaires qui se rapportent à notre sujet, les essais de poinçonnage que nous avons faits avec plusieurs masses de sable maintenues dans des enveloppes cylindriques.

L*état moléculaire de la matière employée est si différent de celui des métaux que nous ne saurions trop insister sur Tidentité des effets obtenus dans des conditions si diverses.

Ces expériences ont été tentées à la suite de recherches ti'èssuivies sur les propriétés des sables soumis à Taclion des pressions énei^iques , recherches dont nous aurons à rendre un compte spécial, pour établir que les matières pulvérulentes transmettent, malgré quelques anomalies apparentes, les pressions comme les liquides et comme les solides, mais avec une perte de pression relativement très-grande d'un point à un autre.

La plupart de ces expériences ont été faites avec un des appareils de décinirement par le sable, que Ton doit à M. Beaudemoulin, et qui jouissent de la propriété de se décharger successivement par périodes aussi minimes que Ton veut, et pour ainsi dire différentielles.

Dans chacune d'elles, le vase était rempli de sable bien sec et bien fluide, et, par l'application d'un poinçon bien concentrique avec la paroi extérieure, on forçait le sable à s'élever autour du poinçon d'une manière tout à fait régulière.

Pour acquérir une notion exacte sur les déplacements opérés, nous avons placé suivant un plan diamétral une feuille très-mince de papier de soie, sur laquelle avaient été tracées à l'avance un certain nombre de lignes horizontales et verticales. Ce papier devait se déchirer dans les parties où le sable se déplaçait par extension; il devait, au contraire, se plisser dans les parties soumises à la compression.

Poinçonnage de% métaux. 1 1

Ce mode d'observation nous a parfairement réussi, et sans décrire, pour le moment, toutes les indications qu'il a fournies, nous nous bornerons à donner une copie des déformations constatées, dans l'expérience du 2 mars 1869, sur un tuyau cylindrique de o", I 78 de diamèlre.

a mnr» .869.

l'OlNÇONNAGE D<(]N BLOf. DE SABLE PAR UN POINÇON DE O", t 3.0

DE DIAMÉTIŒ.

Fignrc 57.

Dans cette opération, le sable s'est d'abord comprimé d'une manière notable, el s'est ensuite relevé, autour du poinçon, d'une hauteur de o^.oSS.

La pression, d'abord faible, s'est élevée jusqu'à i^Ôio kilo* grammes, ce qui correspond k une pression de 33 kilogrammes par centimètre carré.

I^ partie supérieure du sable est seule restée fluide, et, à quelques centimètres au-dessous du poinçon, la masse était devenue

très-dure et très-résistante; on pouvait la couper suivant un plan vertical sans produire aucun éboulement.

Le papier s'est déchiré sur les bordis, suivant des verticales successives qui accusent la continuité de Télimination latérale de la matière, et ces parties déchirées ont été en partie entraînées dans le soulèvement du sable.

Sous le piston, le papier s'est plissé d'une manière très-régulière, mais très-inégale. Les plis paraissent tons concentriques avec le cylindre; la courbure la plus prononcée se remarque à une distance de la face inférieure du poinçon égale au rayon de cette face.

Au-dessus de ce pli principal, les plis sont peu marqués, comme si l'hémisphère que l'on pourrait considérer au-dessous de la face inférieure du poinçon avait fait l'office d'une proue de moindre déformation, ainsi que nous l'avons déjà remarqué pour les solides.

Au-dessous du pli principal, tout le papier est fortement plissé, mais cet effet diminue notablement à mesure que l'on s'éloigne du poinçon, et, au fond du cylindre, il est manifeste que les déplacements ont été trè3-petits.

La figure reproduit les résultats de l'expérience, mais nous avons pensé que la feuille de papier serait encore plus caractéristique, et nous l'avons, en conséquence, jointe au dessin.

Au reste, ce mode de constatation a été employé aussi avec succès dans une autre série d'expériences, à l'aide desquelles nous avons pu reconnaître, dans la transmission des pressions par les matières pulvérulentes, des circonstances très-remarquables qui n'avaient pas encore été signalées.

Nous n'en parlons en ce moment à titre accessoire, que pour établir que ces matières subissent les mêmes déformation^ que les matières solides amenées à l'état de fluidité. On y observe le même mode de transmission, les mêmes proues et les mêmes déplacements.

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