COMPLÉMENT DE L*HI8T0IIIE DES DENI-ZEIYAN
avons nommé lo docteur Abou-AbcValIah Mohammed Ibn-Marzouk. Mohammed, son ,ffrand-porc, né en 629, et mort en 681, fut enseveli Ix côté du prince de Moslim, Abou-Yahia Yaghrmorâcen dans hi demeure du repos attenant à la grande mosquée, et cela par 1 ordre du prince des Moslim ,qui voulut ainsi par ce voisinage attirer sur lui les bénédictions du saint Abou'l-Abbés. Ahmed, fils du précédent, était venu au monde dans lo mois de moharrcm de l'année 081. Aprùs avoir suivi les leçons des maîtres les plus habiles et les plus renommés de sa ville natale, entre autres les deux fils de Tlmam, il se rendit en Orient, où il demeura jusqu'à sa mort qui eut lieu en 741 . Il fut enseveli à la Mecque près de la porte Al'Maàly. Son fils Abou-Abd' Allah, lo prédicateur dont il est maintenant question, naquit en 711. « On le range, dit Yahia Ibn-Khaldoun, parmi les légistes et les traditionnistes les plus habiles de son temps. Il étudia TAlkoran sous la direction de Talfakih Abou- Zeid Abd'el-Rahman ben-Yâakoub ben-Aly. Il voyagea dans l'Orient et dans l'Occident, et il entendit les maîtres les plus célèbres. Comme prédicateur il se fit remarquer par son éloquence et par la véhémence de ses discours; les sultans professaient envers lui la plus grande vénération. Renonçant à la vie tranquille et solitaire qui avait été suivie par son père et son grandpère, Ibn-Marzouk embrassa la carrière politique et se mit au service dos Bcni-Mcrin. Après avoir rempli les plus hautes charges do l'Etat à la cour du sultan Abou- Suleni, étant tombé dans la disgrâce, il est rentré dans la vie privée. Il est allé se lixor en Egypte, où il compt<i parmi les jurisconsultes malekis. »
Tels sont les principaux traits de la vie de Mohammed-Ibn-Marzouk que nous lisons dans Yahia-Ibn- Khaldoun.
Cette biographie est plus complète dans VHistoire des Z^o^bères par Abd'el-Rahman Ibn-Khaldoun, laquelle
BIOGRAPHIE d'ibN-xMARZOUK. 101
abonde en détails sur la carrière politique de ce personnage, mais l'auteur néglige de nous faire connaître ce qui nous intéresse particulièrement, le mérite littéraire et scientifique d'Ibn-Marzouk, dont il semble, d'ailleurs, faire peu de cas, car, en parlant de la nomination de celui-ci, comme prédicateur de la cour par le sultan de Grenade, Abou'l-IIadjjaj, il dit qu'il devait cet honneur à la réputation assez mal fondée d'être Vhomme le plus capable de prêcher en la présence d^ un souverain. Ce n'était point l'avis du sultan Abou'l- Hassan, qui se plaisait à entendre notre prédicateur toutes les fois qu'il assistait à la prière du vendredi dans une mosquée. Il est vrai que Mohammed Ibn-Marzouk savait, en habile courtisan, amener dans ses sermons les allusions les plus ^flatteuses pour le sultan et les vœux les plus ardents pour la prospérité de son règne.
Comme la vie de ce personnage occupe une place considérable dans l'histoire de cette époque, puisqu'elle comprend le règne de plusieurs souverains qui ont dominé sur le Maghreb, et qu'elle nous dévoile les tendances, le génie et les goûts de ses contemporains, l'on nous permettra de réunir ici sur cette vie les renseignements que nous avons trouvéschez les biographes et les historiens arabes, tels qu'Almakarry, Ibn- Mariam et Ahmed Baba el-Soudâny.
Abou-Abd'Allah Mohammed ibn-Marzouk, surnommé Ibn-el-Khatib naquit à Tlcmcen en 711 , selon Yahialbn- Khaldoun et vers la fin de l'année 710 d'après Ibn- Mariam et Baba el-Souduny. Il descendait d'une famille qui sous le déclin de la dynastie des Almoravides avait quitté la ville de Kairouan pour venir s'établir dans la première de ces villes. Ses ancêtres étaient gardiens du tombeau des cheikh Abou-Médien et se transmettaient de père en fils cette dignité depuis l'un de leurs ancêtres qui avait servi le cheik pendant sa vie.
L'un de ses aïeux, le cinquième ou le sixième de ses