‹ Complément de l'histoire des Beni-Zeiyan, rois de Tlemcen, ouvrage du cheikh Mohammed Abd'al-Djalil al-TenessyChapitre 44 sur 90 · COMPLÉMENT DE L*HIST0IRE DES BBNI-ZBITAN · texte numérisé non relu

COMPLÉMENT DE L*HIST0IRE DES BBNI-ZBITAN

les promesses, consentit à sortir de son asile et descendit sans défiance dans le camp ennemi (1).

Voici l'élégie que la nouvelle de cette mort tragique inspira à un poète du temps.

VERS

« L'un de nos plus grands rois vient de disparaîtra et Tastre du jour, ne s'est pas couvert de ténèbres.

Et les demeures des morts n'ont pas été ébranlées ni renversées; et les monts aux cimes sourcilleuses ne se sont point écroulés.

Et les hautes régions de la terre ne se sont point affaissées en signe d'humiliation.

Dis aux coursiers quïls déplorent le jour qui lui a ravi la vie; où les braves cavaliers qui les commandaient ont été taillés en pièces par le. tranchant de Fépée ; où Ton n'a plus entendu la voix triomphante des combattants, mais des lamentations répétées par les tristes hennissements des chevaux.

Ne soyez point étonnés que le ciel se fonde en tor-

(1 ) Al-Zcrkechy raconte un peu différemment la cause pour laquelle le sultan Mohammed fut trahi et livré aux mains des assiégeants. « Le sultan Abou-Fàres, dit-il, .ayant fait son entrée dans Tlemcem dont les portes lui avaient été ouvertes après un siège des plus vigoureux, expédia le caïd Nabil ibn-Abou-Cottaiyah à la tête d'un corps d'armée vers la montagne, où le sultan de Tlemcen s'était retiré. Après quelques jours de siège, les habitants demandèrent l'aman, en promettant de livrer le prince Mohammed : ce qui fut fait. Mohammed fut donc livré et conduit devant le sultan Abou-Fàres, qui lui pardonna, c est-à-dire lui fit grâce de la vie, mais il s'assura de sa personne et le cliargea de chaînes. Après cela, ayant donné l'investiture du gouvernement de Tlemcen à l'émir Ahmed, fils de feu le sultan Abou-Hammou Moussa, le zeiyanidc, et l'ayant installé sur le trône de ses pères, il reprit le chemin de sa capitale, en 833 (1431-2), emmenant avec lui le prince Mohammed, fils d'Abou-Teschifin, qu'il renferma comme prisonnier de guerre dans la citadelle de Tunis. C'est là que celui-ci périt misérablement dans le courant de Tannée 840 (1428;.

SUITE DU nÈGNE DU SULTAN MOHAMMED. 293

rents de pluie : ce sont les larmes que les nues on deuil répandent sur nos têtes. »

Arrivé dans le camp le roi de Tlemcen fut conduit devant le khalife, qui, en effet, lui fît grâce de la vie; mais il le retint prisonnier, et Temmena avec lui, quand il retourna à Tunis, la capitale de son royaume.

(c Quand il fut dans cette ville, dit l'historien anonyme de la dynastie des sultans hafsides, l'émir Mohammed fils d'Âbou-Teschifm fut mis aux arrêts et vécut en prison jusqu'en 840 (1426-27), époque où il mourut misérable' ment », c'est-à-dire qu'il fut mis à mort par Tordre du sultan,châtiment qu'il avait bien mérité et qui aurait dû lui être infligé dès les premiers jours de sa captivité. Il avait occupé le trône de Tlemcen un peu plus de quatre ans, une première fois de l'an 827 à 831 et la seconde fois environ deux mois et demi, depuis le mois d'hou'-lkiadah 833 jusqu'au mois de redjeb de l'année suivante 834.

Al-Tenessy qui, dans les portraits qu'il nous trace des souverains de Tlemcen, ne sait trouver que des paroles de louange , s'exprime ainsi quand il parle de ce malheureux prince : « Abou-Abd' Allah Mohammed fils de Mouley Abou-Teschifin, dit-il, prit possession du siège deTempire le dimanche 16 de djomâdah Tan 827. La fortune le prévint par ses faveurs ; elle répandit sur les premiers jours de son règne tant d'éclat et de bonheur, que chacun d'eux ressemblait à une solennité et à une fête... Ses sujets le chérissaient comme ils chérissaient leurs propres enfants, et sa personne leur était plus agréable que l'eau douce et Hmpido. »

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