CHAPITRE XX
Régne dn saltan Aboa*l*Abbè8-Afimed, fils da saltan Aboa- Hammoa Moassa. 834 (1431) 866 (1476)
Âbou-Fftres^ maître de Tlemcen et do son roi qu'il venait de faire prisonnier^ songea d'abord à quitter le pays, car le but de son expédition n'avait pas été la conquête d^un nouveau royaume, mais le châtiment qu'avait mérité un prince ambitieux, ingrat et cruel. Son premier soin, avant de reprendre le chemin de TOrient, fut de pourvoir à la tranquillité de la ville et de rassurer les habitants en leur donnant un gouverneur : son choix tomba sur un de ses caïds nommé Redouan. Ces dispositions prises, il se mit en route avec son armée triomphante, précédé de la renommée de sa gloire et de sa modération. Il s'était à peine éloigné de Tlemcen par quelques journées de marche, que, toute réflexion faite, il jugea plus sage et plus politique de substituer au gouvernement qu'il venait de créer celui d'un monarque qui régnerait sous ses auspices et sous sa suzeraineté, et,'comme on lui demanda à qui il voulait confier le pouvoir royal : « Au sage Ahmed, répondit-il, car je ne connais personne de plus digne du trône que lui. » Ce prince, le dernier des enfants d'Âbou- Hammou, répondit, en effet, aux espérances qu'avait fait naître dans les esprits Pidée de sa sagesse^ car dans
296 COMPLÉMENT DE l'hISTOIRE DES BBNI-ZBITÂN.
plus d'une circonstance difficile il donna des preuves non équivoques d'une rare habileté.
Ici finissent les renseignements qui se trouvent au dernier folio de notre manuscrit contenant l'histoire des sultans Abd'el-Wadites par Yahia-Ibn-Khaldoun, et que le copiste a extraits de celle de la dynastie des Hafsides par un auteur anonyme.
Le sultan Abou'l-Abbès- Ahmed, dernier fils de Mouley
Abo,u-Hammou, étant m^onté sur le trône, comme il a
été dit, dans le courant de Tannée 834 (1431) parvint à s'y maintenir, malgré les intrigues et les attaques de Tun de ses neveux, malgré les rébellions sans cesse renaissantes de certaines tribus arabes de son royaume, durant l'espace de trente-deux ans, au bout desquels (en 866) il finit par être renversé comme la plupiEurt de 3es prédécesseurs, par un de ses petits* neveux, Âbou- Abd'AlIah Mohammed, fils d'Abou-Zeiyan Mohammed, iils çl*Abou-Thâbit, fils d'Abou-Teschifin, fils d'Abou- Hammou.
En 837 (1433), le sultan Ahmed, voyant, d'un côté, son trône assez bien consolidé, et, de Tautre, son suzerain attaqué ou menacé par les puissances chrétiennes, ,qui venaient de s'emparer de l'ile de Djerbah, crut le moment favorable pour secouer le joug de la vassalité .et se déclarer indépendant, «selon la fâcheuse habitude, dit Al-Zerkechy, de ses aïeux. » C'est ce qui détermina le sultan de Tunis à entreprendre une troisième expédition contre le Maghreb-Moyen. Après le départ de la flotte espagnole.étant revenu dans la capitale, il se mit à ;, faire des largesses à ses soldats et à les récompenser de leurs fatigues, puis il s'apprêta à marcher sur TIem- . cen et à faire rentrer son vassal dans le devoir. Arrivé dans un endroit connu sous le nom de Waladjed el-Sidrahj la grotte du Sidr ah (ou jujubier sau- ^ vage),.oùsetrouve une source appelée la Source du Zal, dans Içs environs du Mont-Wanchéris^ contré^ qui