COMPLÉMENT DE L HISTOIRE DES BENI-ZBIYAN
crits ot que le copiste a ajoutées à la fin do rhistoire des sultans A bd'el-Wâdites parAbou-Zakaria Ibn-Khaldoun, nous trouvons un renseignement malheureusement très court, mais qui peut compléter en quelque sorte la lacune dont il s'agit, parce qu'il nous fournit la date pré< cisedelamort de notre sultan. Voici ce que nous y lisons:
« Le sultan Abou'l-Abbès Ahmed al-Akily régnait depuis trente-deux ans, quand il fut dépouillé du pouvoir par son neveu Mouley-Abou-Abd'AUah Mohammed Ben^Kalmous (1), cartel était son sobriquet. Celui-ci l'ayant saisi, le fit partir pour TEspagne où il resta prisonnier jusqu'à sa mort (2). Le sultan Abou-Abd' Allah Mohammed Ben-Kalmous mourut sur le trône après onze ans moins deux mois de règne. »
La conclusion que Ton doit tirer de ce détail chronologique, c'est que le sultan qui était monté sur le trône le premier jour de djomâda I*' de Tan 860 de l'hégire, mourut dans le mois de safar de Tan 877 de la même ère, ce qui correspond juste au commencement de l'année chrétienne 1473.
Nous avons dit plus haut que le sultan Al-Motawekkel laissa en mourant six enfants mâles^ savoir : les L'mirs AboU'Teschilia , Abou-Hammou , Yaghmom*, Abou-Abd'Allah, Abou-Saàd et Abd' Allah. Il en avait perdu deux de son vivant, l'un nomme Sâlciji et l'autre Abou-Hafs Omar, dont on a retrouvé les tombeaux dans l'ancien cimetière royal du Vieux-Château, àTlemcen. La suite de notre récit nous apprendra les noms de ces sixprinces qui montèrent successivement sur le trône après la mort de leur père.
(l) A la lettre le fils du cmpuchoUi ou l'homme encapuchonnè.
ri) Ce détail n'est pas exact, car le sultan Ahmed qui avait éU^ exilé en Espagne, trouva le moyen de s'échapper de sa prison, et étant revenu en Afriipie ver:i la lin de l'année 867, il fut tué sous les murs do Tlemcen quil étail en traui d'assiéger.
RÈGNE DU SULTAN ABOU-ABD*ALLAH IfOHAM&fED. 399
Nous connaissons le nom do l'une des femmes du sultan Ai-Mot awekkel. Ce nom se lit sur son tombeau qui a été découvert à Tlemcen par M. Ch. Brosselard et décrit par lui dans son intéressant Mémoire sur les monuments des émirs F^eni-Zeiyan (p. 90 et 91). Voici la traduction de cette curieuse épitapho :
« Louange à Dieu ! Ce tombeau est celui de haute noble et fortunée dame maintenant en possession de la miséricorde divine, Mcloukah, lille de feu le cheikh Ottoman ben-Maschcal (que Dieu la reçoive en sa miséricorde !), épouse du sultan, le roi pur et de noble race, Abou-Abd'AUah Mohammed (que Dieu lui soit en aide !). Elle est décédée dans le mois divin de redjeb de l'année huit cent soixante-sept (867). »
Sur le Châhed qui fait face à l'épitaphe, on lit l'inscription suivante :
«c Préservez-moi, mon Dieu, de Satan le la])idé » et un verset (le 5**) de la XXIX* surate de l'Alkoran :
« Dis : ô mes serviteurs ! Vous qui vous êtes perdus N'ous-mêmes, ne vous désespérez pas cependant de la rniséricorde divine, car Dieu pardonne tous les péchés. XI est rindulgent, le Miséricordieux. »
€ La date de redjeb 8(57, ajoute le savant interprète,
csorrespond à avril 1463 de notre ère. Lorsque mourut
lô sultane Meloukah, il y avait juste un an que son époux
^/kbou-Abd' Allah Mohammed s'était emparé du pou-
Aroir. Une autre épitaphe trouvée dans le voisinage de la
précédente nous signale aussi la perte que fît le même
s^Tiltan dans la personne de Tun de ses fils, du nom
d'Abou-Hafs, qui doit être décédé entre les années 866
«5t 873 de l'hégire, car la date n'est pas indiquée, et le
t-cxte autorise à penser que ce prince mourut du vivant
de son père.
On sait que la monnaie des sultans de Tlemcen est d'une extrême rareté. Comme M. Ch. Brosselard, qui nous a fourni tant de précieux renseignements sur cette
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ancienne capitale des Beni-Zeiyan, a eu la bonne fortune de s'en procurer une pièce, nous allons transcrire ici la description sommaire qu'il en donne, dans la pensée qu'elle intéressera les numismates et tous ceux qui s'occupent de Thistoire de la monnaie.
« C'est, dit ce savant, un dinar d'or frappé sous le règne d'Al-Motawekkel mesurant dans sa rondeur deux centimètres et demi de diamètre. Elle a un demi-millimètre d'épaisseur et son poids est de deux grammes deux décigrammes. Comme il n'y entre pas pour plus d'un vingtième d'alliage, elle représente, eu égard à la pureté de son titre, une valeur intrinsèque d'environ sept francs et vingt centimes de notre monnaie. Du temps où elle avait cours, elle valait douze dirhems d'argent, ce qui permet d'évaluer le dirhem (pièce d'argent) à soixante centimes. Elle est ornée, sur chacune de ses faces, d'une légende en lettres maghrébines, encadrée dans un champ de quatorze millimètres de côté, autour duquel court une exergue un peu fruste. Voici ce que nous y lisons :
1. Exergue : Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux. Frappé à Tlemcen.
2. Légende de l'avers : Par ordre du serviteur de Dieu, ([ui met sa confiance en Dieu (^Al-Motawekhel âl-Allah) Abou-Abd'Allah.
3. Légende du revers : Celui qui met sa conliance en Dieu {Al-MotawekkelâV Allah). Dieu lui suffira. Dieu mène ses arrêts à bonne fin.
<« Ce verset de la LXV*' Surate de F Alkoran, ajoute Tautcurque nous citons, formait la devise adoptée par Abou-Abd'Allah et justifiait son suriiou d\Al-Motawek^ kelàl'Allah, »