RÈGNE DU SULTAN ABOU-ABD*ALLAH MOHAMMED
« Certes on peut dire de rimam Abou-Abd 'Allah Al- Tcnessy ,que dans la solution de cette question il a atteint son but ; que dans la démonstration de la vérité il a prodige les richesses de son profond savoir ; qu'en traitant cotte question il a pleinement assouvi la soif des partisans de la vraie foi ; que, fort dans sa croyance et ferme dans ses convictions, il ne s'est nullement laissé séduire par Terreur ni par les illusions sataniques ; que, pour mettre au jour la vérité et en étaler les brillants étendards, il a déployé la force de son bras et la vigueur de son esprit ; qu'il a su faire valoir à l'appui de sa thèse les preuves tirées de la tradition aussi bien que les arguments fournis par la raison ; qu'enfin ses efforts ont été si puissants, que par la clarté de sa démonstration et par la lumière éblouissante de sa foi il est venu à bout de dissiper entièrement les ténèbres de l'incrédulité. Que Dieu accorde une digne récompense à son zèle et à son travail. »
Les faits qui suscitèrent la question dont il s'agit, et qui la firent soumettre au jugement du docteur Al-» Tenessy, ne sont pas restés jusqu'ici ensevelis dans Toubli : on peut en lire les détails curieux dans un savant mémoire publié, il y a longtemps, par feu M. Cherbonneau dans VAnnusiire de la société archéologique de la province de Constanfine(l); toutefois, comme ces faits sont de nature à dévoiler un coin de la morale musulmane et à mettre tout à fait à nu Tesprit intolérant de l'Islamisme, qu'il me soit permis de les rappeler ici en peu de mots.
Cidi Mohammed Ibn-Abd'el-Kerim al-Meghrîly, né à Tlemcen vers le milieu du IX* siècle de l'hégire, était un docteur très attaché à la Sonnah ou tradition mahométane, et ennemi juré des hérétiques et des mécréants.
(1) Année 1854-1855, article intitulé : Essai sur la littérature ST&be au Soudan, d'après le Takmilct el-dibadj d'Ahmed Baba, It Tombouctien,
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Dans son zèle pour la propagation de la vraie doctrine, il quitta sa patrie et alla s^établir comme alfakih ou plutôt comme missionnaire dans le pays des Nègres; mais, avant de porter ses pas plus loin, il s'arrêta dans la ville de Touat, où il trouva plusieurs communautés juives, comme il y en a encore de nos jours. Abusant de Tinfluence que son savoir et ses fonctions lui avaient acquise sur les notables du pays, il provoqua la persécution des Juifs. Non content de les réduire à l'avilissement et à la misère, il excita le peuple à les massacrer et à détruire les synagogues, notamment celle qu'ils venaient de bâtir à Tamentit, dans la circonscription de Touat.
Ces violents procédés ne furent pas approuvés de tout le monde : on trouva trop ardent ou intempestif le zèle du missionnaire et sa conduite fut hautement blâmée par le cadhi même de Touat, le cid Abd' Allah a1- Asnoûny, qui était d'un tempérament plus calme et connaissait mieux les hommes. Cette opposition eut pour effet d'arrêter pour le moment l'exécution des funestes projets d'Al-Meghrily. C'est alors que Ton se décida à consulter sur cette question les ulémas de Fez, de Tunis et de Tlemcen et que notre docteur Al-Tenessy rédigea la longue réponse dont il s'agit. Cet écrit qui abondait, en effet, en citations alkoraniques, en témoignages tirés de la tradition et des docteurs de la loi, on raisonnements théologiques plus ou moins convaincants, fut expédié à Touat et adressé àl'alfakih Al-Meghrily, avec une lettre d'amitié et de félicitation de la part du docteur Al-Sonoussy, qui approuvait en tout la conduite du zélé missionnaire. Al-Meghrily, se voyant ainsi approuvé et môme félicité par ces deux grands docteurs, réunit les notables de la ville et leur ordonna de prendre les armes, d'envahir la nouvelle synagogue, de la démolir, et de massacrer ceux qui tenteraient de s'opposer à leur dessein.
L'édifice religieux fut donc détruit de fond en comble,
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sans que les démolisseurs rencontrassent la moindre résistance de la part des malheureux Juifs. Après cette opération, Tardent missionnaire dit à ses partisans: « Quiconque tuera un Juif, aura droit à une prime de sept mithkals que je lui payerai de ma propre bourse. » Et il y eut, en effet, quelques massacres (1). A Toccasion de ces exécutions, Al-Meghrîly, qui *'tait aussi habile poèto que profond jurisconsulte, composa contre les Juifs et leurs adhérents un poème qui commence par les louanges du. prophète Mahomet et finit par les plus horribles imprécations contre ses ennemis.
Après ces beaux exploits il quitta le pays et alla parcourir le Soudan, pour y propager la connaissance de rislam, y rétablir les saines doctrines ou corriger les mœurs des habitants. Il se trouvait dans la ville de Kagho, à la cour du roi AMIadjj Mohammed, qui lui avait demandé de lui composer un ouvrage sur diverses questions de droit, lorsqu'on vint lui apprendre la mort de son fils qui avait été assassiné par les Juifs de Touat, Exaspéré à la nouvelle d'un pareil attentat, il supplia le Toi de Kagho de saisir tous les Juifs touatiens qui se trouvaient alors dans sa capitale et de les jeter dans les fers, ce qui fut exécuté; toutefois sur les représentations du cid Mohammed Ben-Omar, cadhi de la Cour, qui n'approuvait pas que Ton punit des hommes pour un crime
{\) Du reste, soit victimes de l'intolérance religieuse, soit objets de la jalousie des marchands musulmans, auxquels ils faisaient la concurrence, les Juifs n'ont jamais ou à se louer des habitants de l'intérieur de TAfririuo. Du temps de Léun l'Africain qui visita le Soudan dans les premières années du xvi" siôcle, le séjour de certaines villes, notamment de Timhectou leur était interdit. « Le roi de ce pays, dit-il, est mortel ennemi des Juifs, qui ne les endurerait pour rien du monde mettre le pied dans sa cité : et s'il était averti que les marchnnds do Barbarie eussent la moindre familiarité que ce soit ou qu'ils tralicpiasscnt avec eux, il ferait inconti-» nent confisquer leurs biens. » Voyez Historiale description de V Afrique, etc. f^ivre VII. Paragraphe Royaume de Tombui, fol. 339.
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dont ils n'avaient pas été les complices, le roi les fit relâcher. Le fougueux et irascible missionnaire repartit donc pour Touat ; mais à peine y fut-il arrivé, que le destin vint l'enlever: c'était en 909 de Thégiro (t504deJ..C.).
Le cheikh Al-Meghrîly est auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur diverses matières dont les biographes nous fournissent la liste, et qu'il n'est pas rare de rencontrer entre les mains des talebs de l'Algérie et du Maroc (1) ; mais ce qui le recommande surtout à la mémoire et à la vénération de ses coreligionnaires,, c'est le renom de sainteté et de zèle religieux qu'il a laissé après lui, et qui attire encore de nos jours à son tombeau une foule de dévots pèlerins. On raconte qu'après sa mort, un malheureux Juif, ayant eu l'audace d'uriner sur sa tombe, fut incontinent frappé de cécité.
Après la Réponse à la question des Juifs de Touat , il ne nous reste plus à citer du docteur Al-Tenessy qu'un travail assez peu important sur le droit et que nous mentionnons seulement pour ne rien omettre des productions sorties de sa plume : ce sont des notes sur Ibn-el-Hâdjeb al-Fareyi, ou Traité des diverses branches de la loi musulmane.
Le docteur Mohammed al-Tenessy eut un grand nombre de disciples qui ont laissé un nom dans Thistoire des lettres : parmi les plus célèbres on doit compter Abou-Abd' Allah, fils de l'imam Ibn-el-Abbès, qui suivit ses leçons pendant dix ans, Abou-Abd' Allah Ben-Sâad, le prédicateur et cheikh, petit-fils du petit-fils Ibn-Marzouk, le cheikh Bel-Kassem al-Zouâwy, le cheikh Al- Sebt, Abd' Allah ben-Djellal et le cheikh Ahmed ben- Yahiaal-Wanchérissy,qui a enregistré dans son Miehar
(1) On doit ajouter à la liste déjà connue de ses ouvrages un grand commentaire sur VOuaghlissiyah, poème roulant sur la jurisprudence et devenu classique chez les Musulmans de l'AlgOrie. Il est ainsi appelé du nom de son auteur, le cheikh et alfakih Abou-Abd'Allah cl- Ouaghlissy, qui florissait^à Bougie, dans le VIII® siècle de Thégire.
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quantité de fetwa attribues à Al-Tencssy, et lui donne les qualifications de hàfidh^ de lettré, d'historien et de poète. C'est, d'ailleurs, avec raison qu'on lui décerne ce dernier éloge, qui suppose un talent poétique non commun, si Ton en juge par le poème qui couronne son histoire de la dynastie des Beni-Zeiyan, et dans lequel il chante avec enthousiasme la gloire et les belles actions du sultan Abou-Abd'AUah-Mohammed al-Motawekkel , son roi et son bienfaiteur.
D'après les notes nécrologiques (Al-Wafiât) du biographe Al-Wanchérissy, le docteur Al-Tenessy mourut à Tlemcen au mois de djomâda II, Tan 899 de l'hégire (en mars 1494), sous le règne du successeur d'Al-Motawekkel, Abou-Abd'Allah-Mohammed al-Thâbity.
Les savants dont nous venons d'esquisser la biographie ont vu le jour ou ont vécu dans la capitale du royaume ; mais, on dehors de Tlemcen, il y a eu aussi des hommes qui ont illustré le règne du sultan Al-Motawekkel par leurs vertus et leur savoir. Parmi ceux dont le nom mérite une mention particulière, nous citerons le cheikh Abou-Zeid Abd'el-Rahman al-Thaâleby, à qui la ville d'Alger se glorifie d'avoir donné naissance. Ce savant était né dans cotte ville en 786 ou 87 de l'hégire (1384-83 de J.-C), c'est-à-dire vers la fin du règne du célèbre sultan Abou-Hammou IL II était originaire, comme son nom Tindique, de la tribu arabe des Thaâlebah, qui était établie dans les plaines de la Métidja, sur le territoire d'Alger.
Les biographes font le plus grand éloge de sa personne et de ses écrits; ils le considèrent comme l'un des grands saints de l'Islam et ils lui attribuent une foule de nniiracles et d'actions merveilleuses. Les Algériens, ses compatriotes, professent pour sa mémoire laplus grande vénération ; ils lui ont érigé, auprès de la porte Bab-el- Oued, une mosquée où l'on conserve ses reliques et qui attire l'attention de tous Jes voyageurs.
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Le docteur Al-Sakhâwy s'exprime ainsi en parlant d'Abd'el-Rahman al-Thaâleby : « C'était, dit-il, un imam très docte, juste et impartial. Il a donné un abrégé du commentaire alkoranique d'Ibn-Attiyah, en deux volumes (1). Il a lui-même composé un commentaire sur le Faréhy d'Ibn-el-Hâdjeb, également en deux volumes. On lui doit aussi divers ouvrages contenant des conseils ou des sermons, et traitant de l'union de l'âme avec Dieu et d'autres sujets de morale ou de religion ».
Un autre écrivain, le cheikh Zarrouk, lui rend le témoignage suivant. Après l'avoir appelé notre professeur^ le vertueux al fahihy il ajoute : « Je dois dire que la piété surpasse chez lui Téminence de son savoir. Il cite los traditions avec la plus grande exactitude; seulement il en est quelques-unes qui, sous ce rapport,laissent à désirer».
Ibn-Selâmah dit du cheikh Abd'el-Rahman : « C'était un homme vraiment vertueux, entièrement détaché des choses de ce monde, verso dans les sciences religieuses, adonné à la contemplation, uni à Dieu et un véritable saint, l'un, enfin, des plus grands savants do son siècle. Il est auteur d'une foule d'ouvrages ».
L'on n'en finirait plus, si l'on voulait relever tous les témoignages ologieuxque les savants et particulièrement ses professeurs ont rendus à son savoir, h sa piété et à ses vertus ; qu'il nous suffise de citer quelques noms, ceux du docteur Al-(Jbby, de l'ami do Dieu Al-Irâky et du
(1) Ce comincMilaire est le même ((iie cohii (|ue possède la HiI)li()thè(Hie Nationale (ancien fonds, n° 25!) et qui est intitulé : Al-Djaounhcr al-liissan fy tafsir el-Korân, ouvrai^e qui se compose égralement do deux parlies et porte le nom d'Ahd el-Raliman l>en-Mohannned ben-Makhlouf al-Tliaàleby. A la lin de l'ouvrage l'auteur nous apprend ([u'il termina son travail en 833 de riié^çire (1421) de J.-C). Le biographe BaUi Ahmed al-Soudàny qui cito le commentaire do l'Alkoran intitulé : nl-Dj aouùhero' l'hisfifin parmi les ouvrages attribués au cheikh Abd'el-Uahman al-Thaàleby, ajoute ces mots : « L'auteur y a recucMlli la crème d'Ibn-Attiyah; de plus, il l'a enrichi d'une foule de savantes observations. » {Tnltmilot el'dibadjy fol. 176 de mon mtanuscrit). »
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célèbre imam Ibn-Marzouk.II était à i)eine agc de quinze ans (c'était vers la fin du VIII* siècle) quand il quitta Alger, sa patrie. En 802 il se rendit dans la villede Bougie,où il connut des docteurs dont il s'appliqua à imiter les vertus, le savoir, la piété et la religion, savoir les disciples du docteur Ahmed Ibn-Edris, et ceux du cheikh Abd'el- Rahman al-Waghrlissy, gens de piété et de dévotion, qui étaient versés dans la connaissance des lois criminelles, tels que lehâfidh Aly Ibn-Othman al-MoukUUy, le pieux alfakih Suleyman Ibn-el-Hassan, Aly Ibn-Mohammed, Aly Ibn-Moussa et Timam Al-Nekâoussy : il suivit leurs doctes leçons, et il s'appuya depuis dans ses décisions sur l'autorité des deux premiers de ces docteurs.
En 809 ou 810, il alla à Tunis, où il s'attacha à renseignement des anciens élèves du docteur Ibn-Arafah, savoir: Eissa Al-Gabrîny,ralfakih Al-Obby,si versé dans les sciences traditionnelles et les sciences intellectuelles et dont il aimait à citer l'autorité, Al-Barzaly, Yaâkoub al- Zaghby et autres savants renommés. Après avoir acheva ses études auprès de ces savants professeurs, il partit pour f Orient.
Arrivé en Egypte, il se mit à suivre les leçons du doc- 'teur Al-Ballêly, qui expliquait alors Al-Bokhâry, et il put aussi entendre une bonne portion de Tabrégo do VYhia (d'Al-Ghazâly) fait par ce professeur et expliqué par lui dans son cours. Il assista également aux leçons du docteur Chams-el-dyn alBissâthy.
Mais là où il recueillit la plus ample moisson de connaissances, surtout en fait de traditions sacrées et de hadith, ce fut à l'école du saint professeur Al-Irâky, qui lui accorda le diplôme de liccmcc. Al-Thaâleby a dit quelque part en parlant de lui-même : « Immense fut alors le succès que j'obtins dans cette étude. Je revins ensuite à Tunis, etayanttrouvo qu'Al-Ghabriny qui venait de mourir avait été remplacé sur sa chaire par le docteur Al-Kolchâny, je m'attachai à renseignement de celui-ci.
<c A Topoquc dont je parle, il n'y avait personne à Tunis -qui me surpassât dans la science du Hadith] lorsque je la traitais, on acceptait mon enseignement sans difficulté et Ton était forcé de confesser qu'il était d'une parfaite exactitude. Quelqu'un me dit : Depuis votre retour de rOrient, vous êtes devenu un miracle dans la science du Hadith. Toutefois je dois avouer que j'ai encore beaucoup appris auprès de notre professeur Ibn-Marzouk, quand il vint à Tunis en Tannée 819, Pendant l'année qu'il est venu passer dans cette ville, j'ai assistéà l'explication qu'il a donnée du Mowatta, accompagnée de la lecture de l'alfakih Omar al-Kolchâny, fils de notre cheikh Abou-Abd'AUah, et il m'a permis, ainsi que le docteur Al-Obby, d'enseigner ce traité.» Telles senties paroles que l'on cite de lui, tels les renseignements que l'on tient de sa propre bouche.
Au nombre de ses professeurs ont compte encore les noms suivants : le cheikh Abd'el-Wâhed al-Ghrariâny, le hâfidh Abou'l-Kâssem al-Abdoussy et Ibn-Farchiah,
On lui attribue une vingtaine d'ouvrages dont la plupart roulent sur des sujets religieux ou traitent de questions de droit maléki. Ahmed-Baba en donne la liste dans son Takmilet al-Dibadj , page 1*76 de notre manuscrit. Les titres des plus importants ont été cités plus haut (1 ).
Nous avons dit que le cheikh Al-Thaâleby était venu au monde l'an 786 ou 87 de l'hégire. Si Ton s'en réfère au témoignage du cheikh Zarrouk, il mourut Tan 875 (2) (1471 de J.-C), à l'âge d'environ 90 ans.
(l)Feu M. Chcrbonneaii a transcrit les titres arabes do tous ces ouvrages dans r Annuaire de la Société archéologique de ConS" tantine (1854-55), parmi les notes (jui acconipag-nent son Essai sur la liltéralure arabe au Soudan^ etc., p. 45 et 46.
(2) Cette date n'est point conforme à celle qui se lit dans une inscription placée au-dessus de la châsse d'Al-1 hacàleby dans la mosquée qui lui est conbacrée hors de la porte Bab-el-Wed k Alger. S'il n'y a point erreur dans la transcription des chiffres, la date précise de la mort du célèbre marabout, et (elle qu'elle est
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Parmi les disciples qui lui font le plus honneur on compte le savant Mohammed ibn-Marzouk al-Kefîf, le fameux docteur Al-Senoussy avec son frère le cheikh Al-Talloûty, et le fouj^ueux docteur et missionnaire du Soudan Ibn-Abd'el-Kerim al-Meghrily.
Après avoir esquissé le portrait des principaux savants qui vécurent sous Al-Mohammed-Motav^ekkel, et signalé le fruit de leurs travaux, nous allons jeter un dernier coup d'œil sur le règne dont la fin est si obscure et si incertaine. Nos renseignements s'arrêtent, on l'a vu par la citation que nous avons faite de l'historien Al-Zerkechy, au milieu de Tannée 871.
Après cette date, nous perdons tout à fait la trace des événements qui se succédèrent àTlemcen jusqu'au règne suivant, les docutnents nous faisant entièrement défaut pour nous éclairer sur cette période de l'histoire africaine. Toutefois, il est à présumer qu'il ne se passa rien de très important dans cet intervalle, et qu'à la mort du sultan régnant, qui ne dut pas survivre bien longtemps à la date en question, le pouvoir souverain passa sans tropjde secousse, ni trouble grave àson successeur : c'est, du moins, ce qu'il est permis de conjecturer d'après la peinture que nous fait do la tranquillité et de la prospérité de Tlemcen, un Tiuteur bien connu, Léon l'Africain, qui visita ce royaume peu d'années après le décès du sultan Al-Motawekkel (1).
Dans les notes qui se lisent dans un de nos manus-
marquée dans l'inscription, serait de Tannée 873, par conséquent antérieure de deux ans à celle (jui est indiquée par le cheikh Zarrouk. Voyez Albert Devoulx, /es Edifices ixligieux de Vayicien AlgeVt chap. VII, p. 37 et suivantes. Cet excellent mémoire contient en abrégé la biographie de cidi al-Thaàleby, une description minutieuse de la mosquée de ce célèbre marabout et la notice de tous les habous affectés anciennement à l'entretien du culte et à la gtirde de Tédifice religieux.
(1) Historiale description de r Afrique, tierce partie du monde. Livre IV, du royaume de Telensin.