DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III
ARTICLE II
Distinction de trois phases dans le mouvement d’un cercle propre à l'étude du contraste rotatif.
169. Si presque toutes les expériences précédentes sont le fruit de cette pensée si simple, à savoir que du moment où des contemporains ont fondé de prétendues théories sur l’expérience d’un disque représentant, selon Newton, ses sept couleurs primitives par des étendues proportionnelles aux intervalles attribués à chacune des notes musicales avec l’intention de reproduire du blanc en mettant le disque en mouvement rapide, je me demande comment il est arrivé que ses imitateurs n’aient pas pensé à étudier les phénomènes qui se présentent depuis l’extrême vitesse du cercle en mouvement jusqu’au repos? Or c’est ce qu’ils m’ont laissé à faire, et je ne saurais trop les en remercier.
170. J’ai insisté ailleurs (23 c) sur la nécessité de distinguer le mouvement d’un cercle rotatif, depuis l’extrême vitesse jusqu’à la cessation du mouvement, en trois phases caractérisées chacune par des phénomènes spéciaux ; mais de nouveaux détails étant indispensables à une conception complète des phénomènes, je vais les exposer.
a) Première phase. — Elle comprend les phénomènes où le cercle ne présente aux yeux qu’une seule teinte, et cependant, en réalité, le cercle vu en repos pourrait présenter du blanchâtre, du noirâtre, du grisâtre, ou même une couleur quelconque. Quoi qu’il en soit, dans la pre-
mière phase d’extrême mouvement, la teinte ne cesse pas d’être uniforme à chaque instant, quelle que soit la modification de la surface en mouvement.
A cette phase se rattachent tous les phénomènes relatifs au mélange des couleurs.
Dans l’état actuel, je ne puis fixer le nombre des tours que fait le cercle à la minute.
b) Deuxième phase. — Elle comprend les phénomènes où la teinte du cercle en mouvement cesse d’être uniforme. Elle commence en général par présenter un aspect de moire, puis un jeu de couleurs extrêmement varié, dont la vue est indispensable pour en avoir une idée juste.
Je dirai dans un chapitre spécial les motifs d’après lesquels j’appelle mélodie des couleurs les phénomènes constituant la deuxième phase.
Dans l’état actuel, je ne puis fixer le maximum ni le minimum de tours à la minute.
c) Troisième phase. — Elle comprend les phénomènes où les couleurs sont séparées, et c’est à mon sens la plus importante par ses conséquences ; la raison en est qu’à elle se rattache ce fait incontestable, qu’il suffit qu’une couleur appliquée sur la moitié d’un cercle blanc d’un diamètre de i4 à 20 centimètres, de manière à former une zone demi-circulaire de 3 centimètres environ de largeur, pour faire naître, par un mouvement de rotation imprimé au cercle de 160 à 60 tours à la minute, une courbe demi-circulaire de la couleur complémentaire de la première, et comme elle de 3 centimètres environ de lar-