DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III. Ig
fait remarquable, à peine la zone blanche, limite du cercle, sera-t-elle rosée par son contraste simultané avec la demizone verte qui renforcera notablement cette zone rosée.
iy4- Mais je ne m’en suis pas tenu à la couronne bichrome verte et rose circonscrite par deux courbes noires ; la pensée m’étant venue qu’il y aurait un véritable progrès à supprimer le fond blanc en lui substituant un fond gris.
En conséquence, une zone demi - circulaire verte, de 3 centimètres de largeur, fut collée sur la moitié d un cercle gris et une demi-zone circulaire de papier blanc de même largeur, correspondant à la demi-zone verte, le fut sur l’autre moitié du fond gris. La figure 4 représente cet arrangement; l’effet répondit à mon attente.
Le cercle gris a le grand avantage de présenter la complémentaire rose du vert sur toute la partie de ce cercle qui est blanche, partie dont l’étendue est précisément égale à l’étendue occupée par le vert, mère de cette complémentaire rose.
Les deux couleurs sont donc associées en forme d’une couronne en mouvement, visible à la fois dans toute son étendue, et présentant un contraste simultané et à la fois successif, puisque la même partie de la rétine voit en deux temps successifs les deux couleurs mutuellement complémentaires.
i y 5 . Mais ne peut-on pas alléguer contre cette explication que la vue des deux couleurs de la couronne du cercle rotatif en mouvement produisant un contraste simultané, contraste réel que je suis le premier à reconnaître, pourrait infirmer mon explication? Je ne répondrai qu’en recourant à l’expérience, qui encore ici me suggéra
un artifice fort simple propre à prévenir toute objection.
L’ artifice consiste à regarder la couronne bicolore en mouvement par une ouverture pratiquée dans un carton suffisamment rigide ; la largeur de l’ouverture est celle de la couronne (3 centimètres), et la corde de chaque courbe est de 5 centimètres. Grâce à ce moyen, l’œil du spectateur n’aperçoit à la fois, mais d’une manière continue, la couleur verte a dans un instant très-court et dans l’instant suivant sa complémentaire rose c. N’apercevant ces deux couleurs que successivement et sans voir aucune autre partie du cercle en mouvement, il faut bien que la complémentaire rose c de a soit causée par la lumière incolore, réfléchie par la surface blanche de la zone demi-circulaire de la couronne. Dès lors, plus de doute pour admettre que c’est bien la vue de la couleur a qui a préparé la rétine à voir ensuite la complémentaire c, et que, dans l’état actuel de la science, on ne peut attribuer cette couleur c qu’à la lumière blanche qui rencontre un organe affecté momentanément d’une anesthésie qui, le rendant incapable de percevoir une sensation complète de tous les rayens constituant la lumière blanche, ne lui permet de percevoir que les rayons dont la complémentaire est le rose ou le rouge.
176. Qu’est donc la vision du vert à laquelle succède immédiatement celle du rose, sa complémentaire?
Je réponds : la cause, je l’ai donnée il y a plus de cinquante ans, elle tient à la prédisposition de la partie de la rétine qui dans un premier temps a vu le vert à voir, dans un second temps, le rose complémentaire du vert.
Mais comment arrive-t-il que la rétine voie du rose, ne