DU CHAPITRE
179. D’après tout ce qui précède je me résume en disant : Le contraste successif témoigne depuis longtemps en faveur de cette explication du cercle de rotation présentant une zone demi-circulaire verte, et une zone demi-circulaire blanche dénuée de toute couleur et vue au repos ; de même pour 1 cercle gris sur lequel les deux demizones se détachent. Mais les cercles sont-ils en mouvement, chacune des deux couleurs, le vert et le rose apparaissent ; dès lors l’expérience confirme donc sans verbiage et sans ambages le contraste rotatif à couleurs complémentaires , et l’explication est en tout conforme à celle que j’avais donnée dès 1828 , des contrastes désignés par les expressions de successif et de mixte; puisqu’en définitive le contraste rotatif n’est que la répétition indéfinie d’un contraste successif essentiellement composé des deux temps ; et qu’il en est de même du contraste mixte, sauf que la moitié blanche du cercle rotatif est teintée d’une couleur inférieure en ton à celle de la moitié colorée, de sorte que la complémentaire de cette dernière moitié compose une couleur binaire, grâce à la complémentaire simple c, développée par le fait du mouvement de la couleur binaire la plus élevée en ton.
T. XLI
aoa SUR LA VISION DES COULEURS.
180. L’observation du mouvement du contraste rotatif, pour être exacte, exige des conditions de plusieurs genres et il me paraît d’autant plus nécessaire d’en parler qu elles sont moins connues. S’il existe une lacune regrettable dans l’enseignement des sciences expérimentales et dans celui des beaux-arts du ressort de la vue, c’est l’absence de toutes notions scientifiques relatives à l’exercice de nos sens ; et à cette ignorance il faut attribuer la raison pour laquelle tant de personnes auxquelles ce devoir incombait, ne l’ayant pas rempli, l’expression à' erreurs des sms s’est maintenue si longtemps; et cependant pour ceux qui ont donné une attention toute particulière à ce sujet, cette expression n’a d’autre signification que l’ignorance que nous avons de ce que nous devrions avoir étudié, parce que les erreurs des sens sont de pures apparences ; et si un fait particulier parle bien haut en faveur de mon opinion, c est 1 ignorance où l’on a été si longtemps du contraste des couleurs , et l’indifférence avec laquelle on a accueilli en b rance des recherches consciencieuses où les contrastes ont été distingués en plusieurs sortes et où des lois démontrées exactes ont confirmé l’exactitude de ces distinctions.
La première condition à remplir par 1 observateur des phénomènes du contraste l'Otatif est 1 étude de ses yeux, afin qu’il sache avant tout s’il voit bien les couleurs et si un de ses yeux les voit à l’égal de l’autre, et par ma propre expérience je puis dire avec assurance que cette inégalité n’est pas toujours de naissance, loin de la, fort heureusement elle est souvent accidentelle. Un cas fréquent d inégalité des yeux tient à ce que l ’un d eux a été plus longtemps frappé par une lumière plus vive que 1 autre.