‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 143 sur 153 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

EXPOSÉ DE PLUSIEURS CONSIDÉRATIONS SUGGÉRÉES PAR LES RECHERCHES PRÉCÉDENTES MAIS d’un CARACTÈRE PLUS GÉNÉRAL

238. Aussitôt que les dernières objections que je faisais au principe du contraste rotatif furent dissipées, craignant de n’être pas compris, je cherchai des mots propres à donner une idée claire de la théorie nouvelle de la vision des couleurs; il s’en présenta deux à mon esprit : Daltonisme d’abord, et Anesthésie ensuite. Le premier me paraissant trop absolu pour exprimer un état de l’organe en partie passager, bientôt le second lui fut préféré, quoiqu’il ne me satislasse pas complètement.. Et pouiquoi ces scrupules de conscience, pourra-t-on dire? C’est que tous les jours je déplore davantage l’introduction dans les sciences de mots nouveaux dont les inconvénients vont en croissant, soit que ces mots expriment des idées trop absolues, relativement à l’état actuel de la science, comme le mot plasma en botanique, par exemple, soit qu’ils pèchent par le défaut contraire, tels que protoplasma, pseudo-plasma et en chimie anhydrides, dont on fait des genres comme s’il exprimait des qualités , des attributs positifs, et cependant il n’exprime qu’une pure négation. Dans des classifications il s’applique d’une manière

précise à des corps dépourvus d’eau de combinaison. II faut convenir qu’un tel système de nomenclature est en opposition directe avec le principe scientifique de toute nomenclature dont l’objet est de donner à un corps un nom exprimant l’idée de sa nature même. Je renvoie le développement de ces idées à l’ouvrage dont j’ai suspendu la rédaction au mois de février de l’année dernière pour écrire cet opuscule.

239. Je me sers du mot anesthésie pour exprimer que la rétine, après avoir vu la couleur A est disposée à ne plus lavoir dans le temps qui succède immédiatement à celui où elle l’a perçue, et cette disposition l’a préparée en outre à en voir la complémentaire C. Cet état de choses a pour conséquence que la rétine venant à être frappée par la lumière blanche, après la vue de A, éprouvera V anesthésie à l’égard de la couleur A de la lumière blanche et ne sera sensible qu’à la perception de la complémentaire C de cette même lumière blanche. Tel est le sens que j’attribue au mot anesthésie ; s’il ne peut y avoir d’équivoque après cette explication, cependant je lui préférerais un autre mot qui n’exprimât pas, par exemple, à la fois l 'inactivité pour le rouge et X activité pour le vert.

2ijo. Aujourd’hui de nouvelles idées se présentent à mon esprit. Mon regretté confrère, M. Paul Gervais, avait senti spontanément l’analogie existant entre mes recherches actuelles sur la vision et celles qui occupent depuis longtemps M. le docteur Charcot, et j’ajoute M. le docteur Dumontp allier, car je ne puis trop insister sur l’intérêt avec lequel j’ai lu ses deux rapports sur les travaux du docteur Burq, que je n’ai pas l’honneur de connaître; mais dont

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