DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE IX. 25g
les expériences concernant le retour cle la sensibilité normale par l'application externe de métaux déterminés sur la peau des malades, qui n’en jouissaient pas (c’est ce qu’il appelle la métallos copie), et un autre sur V administration à l'intérieur d’un malade dune préparation dont la base est le métal même qui agit efficacement à l’extérieur (c’est ce qu’il appelle la métallothérapie ), ont un intérêt incontestable.
24.1 . M. Charcot ayant eu l’obligeance de me rendre témoin des principales expériences de M. Burq, et de plusieurs autres faites par lui seul, ou en commun avec MM. Regnard, Vigouroux et Richer, les faits dont j ai été témoin m’ont reporté aux années de 1809 à 1812 où je m’occupais du magnétisme animal et m’ont suggéré quelques réflexions que je n’hésite point à écrire afin qu on ne se méprenne pas sur des opinions qui n ont pas varié depuis l’époque que je rappelle, et qui me donne occasion de revenir encore sur la méthode a posteriori expérimentale, mais pour en résumer seulement quelques parties (1).
2/j2. Je partage l’opinion émise par la commission des membres de l’Académie des sciences nommée par Louis XVI, pour examiner le. magnétisme animal tel que l’envisageaient Mesmer et Desion; et si avec raison on a considéré le rapport de cette commission comme le meilleur des écrits de Bailly, son rédacteur, je m’étonne qu’après avoir reconnu la réalité de phénomènes incontestables, rapportés par les commissaires au contact, à X attention, à l’ imitation, au regard, et surtout à l 'imagination,
(1) Elle sera plus Lard développée dans l’ouvrage intitulé les Connaissances humaines envisagées au point de vue de la méthode a posteriori expérimentale.
ils n’aient pas fait la moindre réflexion sur l’importance, pour la connaissance de l’homme, de l’étude approfondie des phénomènes précités. Effectivement n’a-t-on pas lieu de s’étonner que cette commission chargée de l’examen du magnétisme animal, composée de personnes si considérables par la profondeur de l’esprit et présentant un ensemble si varié de connaissances spéciales, ait gardé le silence sur les travaux scientifiques que provoquaient pour ainsi dire leurs conclusions? Pour peu qu’on y réfléchisse, ne semblait-il pas que la pensée conduisait à croire que des recherches suscitées par les expressions de contact, à' attention prolongée des heures entières, limitation, d’ influence du regard, et d’ imagination surtout, etc., devaient faire éclore des germes de sciences nouvelles?
243. Et comment en douter, à la fin du xvme siècle, où Gondillac parlait tant d’analyse, souvent d’une manière exagérée et toujours spéculative, où dans le premier quart du XIXe siècle la synthèse fut si grandement exaltée ! Gomment, avec cette disposition des esprits, ne s’en trouva-t-il pas un qui, frappé de la grande part de X expérience dans les sciences physico-chimiques, ne fût pas porté à croire qu’en appliquant X analyse et la synthèse mentales à des branches de connaissances où X expérience ne l’avait point encore été, des vérités nouvelles devaient sortir .d’un domaine de l’esprit humain vierge encore de X expérience scientifique !
244- En examinant avec profondeur et indépendance le sens des expressions que je viens de reproduire, je ne sache pas qu’elles aient été exactement définies autrement qu’elles l’ont été par une philosophie lettrée ou par des grammairiens plus ou moins habiles. Pouvaient-elles l’être