‹ Complément des études sur la vision des couleursChapitre 153 sur 153 · DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE IX

voient des monstres qui, n’existant pas, sont bien la création de leur esprit.

270. La conclusion des alinéas 267 et 268, en ce qui concerne la science, est que les mots imaginer et inventer ne sont pas équivalents.

Imaginer s’applique à la conception d’une chose qui n’a pas son représentant connu dans le monde.

La Conception est vraie chez l’homme de génie doué d’un bon sens égal à son génie.

La Conception est fausse chez la plupart des gens qui prétendent à l’ invention d’une chose qu’ils sont incapables de réaliser.

Inventer est réaliser une conception vraie qui ne l’avait pas encore été.

Dirai-je que je n’ai jamais admis comme correcte ce que dit Descartes dans la première règle de sa méthode où il donne pour indice de la vérité d’une chose l’idée claire qu’on s’en fait? Assurément une personne, sans être déraisonnable, peut croire à la vérité d’une chose en raison de l’idée claire qu’elle en a, sans que cette chose existe. Dès lors on peut dire pour être exact : Lorsqu’on est dans le vrai, si la conception de la chose est toujours claire ; ce n’est point une raison pour qu’elle soit vraie, parce que cette idée peut être imaginaire et dès lors la règle dont je parle devient une pétition de principe.

Paris. — Typ. de Firmin-Didot et Ci#, imp. de l’Institut, rue Jacob, 56. — 7103.

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