CHAPITRE III
QUELQUES REMARQUES GÉNÉRALES RELATIVES AU BLANC ASSOCIÉ AUX COULEURS ROUGE , ORANGÉE , JAUNE , VERTE , BLEUE ET VIOLETTE , OBSERVÉES COMPARATIVEMENT EN MOUVEMENT ET EN REPOS.
4g. Une fois le plan de cet opuscule arrêté (comme je l’ai dit a3, 3a, 3g), ma pensée fut que l’ordre logique exigeait, avant tout, l’examen comparatif à l’état de repos et à l’état de mouvement circulaire des objets colorés soumis à l’observation, et que de là il fallait passer immédiatement à l’examen comparatif de chaque objet de couleur associé au blanc d’abord, puis au noir et au gris.
Mais après avoir saisi par un coup d’œil préalable l’ensemble des matières de l’opuscule, l’importance des résultats que me présenta l’étude du blanc associé aux couleurs, je ne doutai pas que, dans l’intérêt du lecteur, ce sujet devait commencer la seconde partie de l’opuscule, parce qu’il donnait la conviction de l’exactitude des lois des trois contrastes, et surtout de la démonstration de l’effet de la vue prolongée d’une couleur a qui cause la prédisposition des yeux à voir la complémentaire c de cette couleur hors de l’espace où a est visible.
5o. Qu’est-il arrivé dans ces derniers temps? Une hypothèse ancienne de Thomas Young a été reproduite, d’a-
Sl)R LA VISION DES COLLEURS.
près laquelle les couleurs fondamentales seraient le rouge , le vert et le violet, et cette hypothèse a été proclamée une vérité, quoique contraire aux faits démontrés vrais dans l’optique immortelle de ,'Newton, ouvrage fondé sur les expériences les plus précises comme les plus variées et les plus multipliées. Ici je ne parle pas de l’interprétation des faits, qui a conduit soit à la théorie de l’émission, soit à la théorie des ondulations. Je rappelle que des hommes les plus éminents, après Newton, n’ont jamais mis en doute ce que j’ai pris pour des vérités dans l’optique du grand homme !
Par exemple, avec Newton, j’ai admis :
i° La simplicité des rayons colorés dont le mélange constitue la lumière blanche.
2° J’ai admis que chaque rayon rouge , chaque rayon orangé, chaque rayon jaune, chaque rayon vert, chaque rayon bleu et chaque rayon violet ont un ‘pouvoir réfringent, eu égard à un milieu déterminé, pouvoir qui lui est inhérent et constant dans les mêmes circonstances, de même pour le degré de réflexibilité et de même encore comme cause d’une couleur spéciale en nous.
3° Un fait importe à signaler : c’est que, quel que soit le nombre des réfractions qu’on fasse subir à un rayon simple de la lumière, on ne parvient pas à en altérer la nature : il est toujours rouge, toujours orangé, toujours jaune, toujours vert, toujours bleu, toujours violet.
4° Autre fait remarquable : le rayon rouge et le rayon jaune réunis donnent de V orangé; le rayon jaune et le rayon