PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE III
bleu donnent du vert ; le rayon bleu et le rayon rouge donnent du violet; si ces rayons binaires, orangé, vert et violet produisent les mêmes sensations que les rayons simples, orangé, vert et violet du spectre, ils ne résistent pas à la réfraction : le prisme de verre en sépare les deux rayons simples constituants.
5° S’il n’existe, comme l’a pensé Brewster, que trois couleurs simples, le rouge , 1 e jaune et le bleu, et qu’en réalité V orangé, le vert et le violet du spectre solaire se réduisent à des rayons simples, en traversant certains milieux doués de la propriété d’absorber une couleur en laissant passer l’autre, cela ne changerait rien à l’interprétation des faits exposés dans mes écrits.
5i. Newton s’est demandé le nombre des rayons diversement colorés qui était nécessaire pour reproduire la lumière blanche ; après avoir constaté que tous les rayons colorés du spectre réunis la reproduisent, a montré de plus qu*on n’obtient que des rayons colorés en interceptant certains rayons avec ce qu’il appelait un peigne, au moyen duquel il laissait passer les uns entre les interstices et réfléchissait en sens contraire les autres par les parties pleines du peigne.
Evidemment il avait une idee fort claire de ce que nous appelons aujourd’hui les couleurs complémentaires; mais cette idée, il ne 1 a ni developpee ni même exprimée ; loin de là, s étant pose la question de savoir combien il fallait de rayons de diverses couleurs pour reproduire de la lumière blanche, il a dit explicitement qu’on ne peut y parvenir avec deux rayons seulement ; qu’avec trois il n’en
avait pas la conviction, tandis qu’il ne doutait point qu’on y parviendrait avec cinq ; mais il a dit explicitement que son intention n’était pas d’approfondir ce sujet dans le moment où il en parlait.
5a. L’homme qui contribua le plus à répandre l’idée juste et précise des couleurs complémentaires est Arago. L’invention de son po/ariscope rendit un grand service en donnant le moyen de reconnaître et de démontrer à la fois la facilité d’obtenir de la lumière blanche par la réunion des lumières rouge et verte, par la réunion des lumières orangée et bleue, et par la réunion des lumières jaune et violette. A la vérité, il opérait avec des lumières dont il n’avait pas démontré préalablement la nature élémentaire ; il ne faudrait donc pas tirer des résultats de ses expériences des propositions relatives à la simplicité des rayons élémentaires de Newton ; mais en affirmant que le po/ariscope est un instrument tout à fait conforme aux idées du grand physicien anglais, on est fidèle et à la vérité et au raisonnement.
En définitive, on peut dire que Mayer (1755), Biot, Arago, etc., etc., ont admis avec Newton le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu et le violet comme couleurs primitives et comme susceptibles de reproduire la lumière blanche par leur mélange. Je rappelle que Brewster n’a admis comme simples que le rouge, le jaune et le bleu.
53. J’arrive maintenant à l’année 1828, où je présentai, le 7 d’avril, à l’Académie des sciences de l’Institut mon premier écrit sur les contrastes de couleur, ayant pour titre : Mémoire sur l'influence que les couleurs peuvent avoir l’une sur l’ autre, quand on les voit simultanément, — il est