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DENTELLE. C’est en Flandre, puis en Italie, k Venise et à Gènes, que furent fabriquées les premières dentelles. J u«qu*nti dix-septième siècle, la France fut tributaire de l'étranger, dont les produit* étaient de beaucoup supérieurs à scs premiers essais. Mais, sous l’ad-
ministration de Colbert, la fabrication de la dentelle fut si bien encouragée, et ses progrès furent si rapides, qu’elle ne tarda pas à soutenir honorablement la concurrence de l’industrie étrangère. Aujourd’hui, malgré la supériorité considérable, sous lè rapport de la quantité, de la productioif belge, la France n'a pas dégénéré. Le point d'Alençon témoigne encore du rang que ses produits ont conquis par les soins du ministre de Louis XIV ; la Valenciennes et la dentelle de Lille, quoique fabriquées en grando pnrtieà Ypres, à Bruxelles et à Courtrav, portent dos noms qui rappellent leur origine. Cette dernière, d’ailleurs, n'a pas complètement émigré, et co sont encore nos manufactures qui produisent les ouvrages les plus remarquables dans cotte catégorie.
La fabrication moderne est restée dons la voie où elle est entrée au dix-septième siècle, c'est-à-dire qu'elle a continué à chercher, surtout dans ses produits, ta finesse, la souplesse et la légèreté. Au commencement de cette industrie, 1a bissette, la gueuse et la rauipane étaient des tissus en fil plus solides qu'élégants. Iji guipure , qui vint ensuite, ressemblait assez, quant au dessin, à la guipure inoderno; mais la soie, l’argent et l'or étaient les matières dont olle était formée. Le point de Venise et le point do Gènes lui succédèrent pour se voir, à leur, tour, remplacés por les produits d'Anvors et de Bruxelles.
Il y a maintenant cinq catégories principal, s de dentelles on 61 fabriquées ii In main. C’est un do cos cas rares ou l'industrie échappe à la mécanique.
Ces cinq catégories sont :
Le point d'Alençon; c’est le point do France, c’est la dentelle que nous devons à Colbert. Elle se fait h l'aiguille.
I.e point d’Angleterre, qn’on appelle encore, moins souvent, mais plus justement, punit do Bruxelles. A l'instar do la France, l’Angleterre eut un moment l'intention d'eneonrnger la fabrication de la dentelle et d'en faire uno industrie anglaise. Pour y parvenir, elle voulut attirer chez elle les ouvrières du la Flnndrc. Kilo n’y réussit pas; mais, à la même époque, uno qnantité considérable de marchandises fut achotée :i l'étranger par scs agents, importée et revendue sous le nom de point d'Angleterre. Telle ost l'origine de cctto dénomination trompeuse, car le produit qu’cllo désigne n'a jamais été fabriqué que sur le continent. Le point d'Angleterre est l’œuvre de doux classe* d’ouvrières ; les premières brodent l'ornement, les autres tissent le fond; on applique ensuite l'un sur l'antre. Lorsque le fond est fait à ln mécanique, la dentelle prend le nom d'application d’Angleterre.
I-n dentelle de Malincs ou broderie de MoJines. Ce deuxièmo nom lui vient de ce que les fleurs sont entourées et en quelque sorte mises en relief par un fil qni est comme le trait apparent du dessin. Elle est fabriquée nu fnseau. fond et fleurs ensemble.
La Valenciennes, également faite au fuseau et d'un seul coup.
Enfin la dentelle do Lille, dont la fabrication est semblable à ht précédente, mais sans atteindio la même solidité.
Tels sont les produits supérieurs de cette industrie.
Il en est beaucoup d'autres qui, de mémo, tirent leurs noms dos localités où on les fabriqno; mais il est inutile d'insister.
Si remarquables et véritablement artistiques qne fuguent les tissus connus sous le nom do guipure, de point de Gènes et de point de Venise, il faut le reconnaître, le jour où ta dentelle sut allier la souplesse à la solidité du réseau, elle entra de plain-picd dans le caractè*j||^ qui lui convient avant tout. Néanmoins an peut regre (V ter que la fabrication moderne ait aussi complètement^ détrôné ses devancières. Je ne crois pas, en effet, qn’il
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